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Hominoidea

super-famille de primates

Hominoïdes • Grands singes

Les Hominoidea (Hominoïdes, ou grands singes, ou encore singes sans queue[a],[1]) forment l'une des deux super-familles de singes de l'Ancien Monde ou Catarrhiniens. Les Hominoïdes comprennent les gibbons, les orang-outans, les gorilles, les chimpanzés et les humains. L'autre super-famille est celle des singes à queue de l'Ancien Monde, ou Cercopithecoidea.

DénominationModifier

L'expression « grands singes » est utilisée pour nommer l'ensemble des singes sans queue qui constituent cette super-famille, comme traduction de l'anglais « apes », qui s'oppose dans cette langue à « monkeys », qui ne désigne que les autres singes de l'Ancien Monde et les singes du Nouveau Monde.

Classification phylogénétiqueModifier

SingesModifier

Phylogénie des familles de singes, d'après Perelman et al. (2011)[2] et Springer et al. (2012)[3] :

 Simiiformes 
 Catarrhini 
 Cercopithecoidea 

 Cercopithecidae (babouins, macaques, colobes...)


 Hominoidea 

 Hylobatidae (gibbons)



 Hominidae (orang-outans, gorilles, chimpanzés et hommes)




 Platyrrhini 

 Cebidae (sapajous, singes-écureuils, ouistitis, tamarins...)




 Pitheciidae (sakis, ouakaris, titis...)



 Atelidae (atèles, singes-hurleurs...)





HominoideaModifier

HistoriqueModifier

Aristote faisait déjà la distinction entre singes avec queue (kèbes) et sans queue (pithèques)[4]. Cette distinction s'est poursuivie au cours des siècles. Et on la retrouve par exemple chez Buffon, avec le magot puis les autres macaques comme intermédiaire entre les singes sans et avec queue, conformément à la théorie de l'échelle des êtres[5].

Dans les classifications anciennes, la famille des Hominidae ne comprenait que le genre Homo, les singes hominoïdes étant regroupés dans la famille des Pongidae.
 
Puis les gibbons (les singes hominoïdes les moins proches de l'homme) ont été placés dans la famille des Hylobatidae[6].
 
Puis, corrigeant la classification, tous les plus grands singes et les hommes ont été placés dans la famille des Hominidae, la sous-famille des homininae ne comprenant que le genre Homo, les plus grands singes étant regroupés dans la sous-famille des Ponginae.
 
La compréhension de la phylogénie des singes a conduit à dépasser l'opposition entre singes et humains : les grands singes africains ont été rassemblés dans la sous-famille des Homininae, laissant alors le genre Pongo (les orang-outans) dans celle des Ponginae. Les chimpanzés, plus proches de l'homme, furent placés dans la tribu des Hominini et les gorilles dans celle des Gorillini.  

Classification actuelleModifier

 
Un Gibbon à mains blanches au zoo de Berlin

Liste des familles actuelles selon ITIS[7] et Mammal Species of the World[8]:


Phylogénie des genres actuels d'hominidés, d'après Shoshani et al. (1996)[9] et Springer et al. (2012)[10] :

Hominidae 
 Ponginae 

 Pongo (les orang-outans)


 Homininae 
 Gorillini 

 Gorilla (les gorilles)


 Hominini 
 Panina 

 Pan (les chimpanzés)


 Hominina 

 Homo (les humains)






Sur le plan génétique, les humains possèdent 23 paires de chromosomes, alors que les autres espèces vivantes d'Hominidae possèdent 24 paires de chromosomes. Néanmoins au sein de cette famille, les cinq chromosomes {6, 19, 21, 22, X} sont pratiquement identiques. Les Hylobatidae, quant à eux, possèdent un nombre de chromosomes différent dans chacun de leurs quatre genres.

 
Squelettes des cinq groupes d'hominoïdes actuels

Histoire évolutiveModifier

Les plus anciens singes connus sont datés d’environ 45 millions d’années et ont été trouvés en Chine et en Asie du Sud-Est. Il appartiennent à d'anciennes familles aujourd'hui éteintes[11]. On trouve des singes en Afrique à partir d'environ 40 millions d’années. Ils auraient peut-être utilisé des radeaux flottants, issus de l’embouchure d’un possible très grand fleuve d’Asie occidentale, pour accéder aux côtes arabo-africaines, alors séparées de l'Asie par des bras de mer[12]. Peu de temps après, durant l'Éocène supérieur, les singes auraient atteint les Amériques, peut-être en passant par l'Antarctique, alors libre de glaces et au climat tempéré[13]. Ces singes américains forment les Platyrrhiniens, ou singes du Nouveau Monde, tandis que les singes restés en Afrique forment les Catarrhiniens, ou singes de l'Ancien Monde.

La Grande Coupure, il y a 34 millions d'années, qui marque la limite entre l'Éocène et l'Oligocène, se caractérise par un refroidissement rapide qui a un impact négatif important sur la flore et la faune, notamment celle des primates. Après une longue phase fraiche, le climat global se réchauffe à la fin de l'Oligocène, et les forêts s'étendent à nouveau en Afrique et en Eurasie. Il y a au moins 25 millions d’années apparaissent sur le continent africain deux groupes distincts, les cercopithécoïdes (macaques, babouins, colobes) et les hominoïdes (singes sans queue)[14]. Chez ces derniers, les vertèbres terminales se sont atrophiées et soudées pour former un coccyx[15],[b].

Vers la fin du Miocène inférieur, partant d'Afrique, certains groupes d'hominoïdes vont coloniser l'Asie et l'Europe, formant notamment les Hylobatidae et les Hominidae, puis ces derniers vont se subdiviser à leur tour en Ponginae (en Asie) et Homininae (en Afrique et en Eurasie).


 
Les différentes lignées d'hominoïdes subsistantes et fossiles, depuis 20 millions d'années

Familles fossilesModifier

 
Reconstitution de Proconsul africanus
par Nobu Tamura

Il a existé plusieurs familles d'hominoïdes aujourd'hui éteintes[16] :

Les espèces du genre Proconsul, le plus connu des hominoïdes fossiles, vivaient en Afrique de l'Est durant le Miocène inférieur et moyen, de 22 à 14 millions d'années, dans un écosystème de forêt tropicale humide, c'est-à-dire un environnement complètement différent de ce qu'il est devenu aujourd'hui.

Au cours du Miocène inférieur et moyen, la super-famille des hominoïdes comptait un très grand nombre d'espèces. Beaucoup ont disparu vers la fin du Miocène moyen, peut-être en relation avec le refroidissement climatique qui s'est amorcé vers 15 millions d'années. La baisse consécutive des précipitations a pu entrainer une réduction du couvert forestier.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. En anglais, on distingue ape de monkey, grand singe de singe, mais cette distinction est récente en français pour mieux traduire le mot Apes qui correspond aux Hominoïdes.
  2. La perte de la queue chez le magot, un macaque d'Afrique du Nord, est un phénomène d'évolution parallèle ; il fait partie du groupe frère des Cercopithecidae.

RéférencesModifier

  1. http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/singe/92020
  2. (en) P. Perelman, W. E. Johnson et al., « A molecular phylogeny of living primates », PLoS Genetics, vol. 7, no 3,‎ , e1001342 (PMID 21436896, PMCID 3060065, DOI 10.1371/journal.pgen.1001342, lire en ligne)
  3. (en) Mark S. Springer, Robert W. Meredith et al., « Macroevolutionary Dynamics and Historical Biogeography of Primate Diversification Inferred from a Species Supermatrix », PLoS ONE, vol. 7, no 11,‎ , e49521 (ISSN 1932-6203, PMID 23166696, PMCID 3500307, DOI 10.1371/journal.pone.0049521, lire en ligne)
  4. Hendrik Cornelius Dirk de Wit, Histoire du développement de la biologie, vol. III, (ISBN 2-88074-264-1, lire en ligne), p. 58
  5. Buffon, Œuvres choisies de Buffon, t. 2, (lire en ligne), p. 359
  6. Simpson G.G., 1961. Principles of animal taxonomy. Columbia University Press, New-York.
  7. ITIS, consulté le 30 septembre 2017
  8. Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le 8 août 2016
  9. (en) J. Shoshani, C. P. Groves, E. L. Simons et G. F. Gunnell, « Primate phylogeny : morphological vs. molecular results », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 5, no 1,‎ , p. 102-54 (PMID 8673281, lire en ligne)
  10. (en) Mark S. Springer, Robert W. Meredith et al., « Macroevolutionary Dynamics and Historical Biogeography of Primate Diversification Inferred from a Species Supermatrix », PLoS ONE, vol. 7, no 11,‎ , e49521 (ISSN 1932-6203, PMID 23166696, PMCID 3500307, DOI 10.1371/journal.pone.0049521, lire en ligne)
  11. K.C. Beard et al., « Earliest complete dentition of an anthropoid primate from the late Middle Eocene of Shanxi Province », China Science, 272 (1996), pp. 82-85
  12. Michel Brunet, Jean-Jacques Jaeger, « De l’origine des anthropoïdes à l’émergence de la famille humaine », Comptes Rendus Palevol, vol. 16, no 2,‎ mars–avril 2017, p. 189-195 (DOI 10.1016/j.crpv.2016.04.007).
  13. M. Bond et al., « Eocene eprimates of South America and the African origins of New World monkeys », Nature, 520 (2015), pp. 538-541
  14. (en) N.J. Stevens, et al., « Paleontological evidence for an Oligocene divergence between Old World monkeys and apes », Nature, 497 (2013), pp. 611-614
  15. http://www.museum.nantes.fr/pages/07-actioneducative/dossiervisites/dossier_galerie_zoo/Panno.pdf
  16. (en) David R. Begun, « The miocene hominoid radiations », A Companion to Paleoanthropology, Oxford, Wiley-Blackwell,‎ , p. 398–415 (lire en ligne)

Références taxonomiquesModifier

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Voir aussiModifier