Goma

ville de la République démocratique du Congo

Goma
Goma
Goma et le lac Kivu en 2015.
Administration
Pays Drapeau de la république démocratique du Congo République démocratique du Congo
Communes Goma, Karisimbi
Province Nord-Kivu
Députés de la ville 4
Maire François Kabeya
Démographie
Gentilé Gomatracien, Gomatracienne
Population 2 100 000 hab. (2021[1])
Densité 2 333 hab./km2
Géographie
Coordonnées 1° 41′ 36″ sud, 29° 14′ 43″ est
Superficie 90 000 ha = 900 km2
Divers
Langue nationale swahili
Langue officielle français
Localisation
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Goma
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Goma

Goma est une ville de l'est de la République démocratique du Congo située sur la rive nord du lac Kivu et à 1 500 mètres d'altitude dans la vallée du Rift, elle est le chef-lieu de la province du Nord-Kivu. La ville touristique est bâtie sur d'anciennes coulées de lave issues de la chaîne volcanique de Virunga, et principalement sur celles du volcan Nyiragongo, situé à 14 km au nord, qui la domine à près de 2 000 mètres.

HistoireModifier

En 1894, l’explorateur Gustav Adolf von Götzen suivait les traces d’un missionnaire en provenance de la côte orientale d’Afrique. Pendant qu’il se rendait au Rwanda, il découvre un petit village de pécheurs appelés Ngoma qui signifie tam tam en swahili, par déformation il écrivit Goma. Ngoma devint un poste belge en face de celui de Rubavu (au Rwanda) habité par les Allemands. Au début, la cohabitation entre ces deux postes n’était pas facile. À un certain moment, les chefs coutumiers du Rwanda, en complicité avec les Allemands attaquent les Belges de Goma. Ces derniers se réfugient à Bukavu et laissent les envahisseurs occuper la ville. Après des négociations, les Allemands se replient vers le Rwanda et les Belges reprennent leur position initiale comme poste colonial. La ville s'est ainsi développée à partir de 1910 lorsque la Belgique y a établi un centre administratif[2]. Les colonisateurs venaient d’installer le chef lieu du district Belge à Rutshuru où vivait l’administrateur colonial. Le chef-lieu passera de Rutshuru à Goma.

A ce moment-là, Goma reste un poste de transaction lacustre avec Bukavu qui était une ville minière. Plus tard, des villes comme Rutshuru, Masisi, Kalehe et Gisenyi déverseront leurs populations dans Goma, qui sont à la recherche d'un emploi auprès des colonisateurs. C’est en cette période que vit le jour le quartier Birere (un bidonville de Goma) autour des entrepôts, bureaux et habitations des colons. Le nom Birere (littéralement feuilles de bananier) vient du fait qu’à l’époque, les gens y construisaient en feuilles de bananiers.

La ville fut la base arrière de l'opération Turquoise organisée en 1994 à la fin du génocide des Tutsi au Rwanda. La ville et ses environs abriteront dans des camps environ 650 000 réfugiés hutus, de 1994 jusqu'à la chute du Zaïre, dont certains supposés anciens génocidaires. Selon des ONG, l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo procède à des massacres dans les camps entre 1996 et 1997[3].

De 1998 à 2002-2003, la ville, sous contrôle du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) pro-rwandais échappe au contrôle du gouvernement congolais.

De nombreux viols, massacres et crimes de guerre y ont été perpétrés entre 1996 et 2006 par les troupes des généraux rebelles de la RCD, essentiellement sous les généraux Nkundabatware et Mutebusi.

 
Vue de Goma.

En 2002, le Nyiragongo, volcan situé à environ 14 km au nord, entre en éruption, et une coulée de lave atteint le centre de la ville[4]. La lave n'a pas atteint le lac Kivu fort heureusement, car ce lac est un lac méromictique et un changement brutal de chaleur aurait des conséquences graves, soit possiblement une éruption limnique. Toutefois, la ville est à ce moment en grande partie détruite par la coulée de lave en provenance du Nyiragongo. De nombreux bâtiments du centre-ville ainsi que l'aéroport de Goma sont touchés. Environ 1 250 000 habitants de la ville ont dû fuir et plusieurs centaines de personnes sont mortes[4], de nombreux réfugiés restés sans abri avaient construit des abris d'urgence en bordure des champs de lave.

Débordant de populations fuyant les violences, Goma compte en 2012 plus de 400 000 habitants. Ceux qui ne peuvent pas trouver d'abri remplissent les camps de réfugiés, où l'ONU et les ONG se débattent pour leur fournir nourriture, eau et combustible. Le 22 mai 2021, une grande partie de la population de la ville de Goma avait fui vers Sake, en territoire de Masisi, Rutshuru et le Rwanda voisin lors de l'éruption du mont Nyiragongo en 2021[4].

GéographieModifier

 
Rond point INSTIGO Goma

La ville doit son nom au volcan éteint autour duquel elle s'est installée, le mont Goma, qui lui-même doit son nom au mot swahili « ngoma » qui signifie « tambour », dénomination due à sa forme et, peut-être, à la résonance particulière des lieux. Le cratère du mont Goma, envahi par les eaux du lac Kivu avec lequel il communique, abrite le port de la ville fréquenté quasi exclusivement par la navette, fret/passagers, Goma/Bukavu.

Ville frontalière, elle côtoie Gisenyi, à l'est, petite ville rwandaise aux plages de mica blanc étonnement scintillantes.

  Relevés météorologiques à Goma (altitude 1 530 m)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 14,4 15 12,2 15 14,4 13,9 12,8 14,4 13,9 13,9 13,9 14,4 14,03
Température maximale moyenne (°C) 26,1 25,6 25,6 25 25 25 25,6 26,1 25,6 26,1 25 25,6 25,5
Précipitations (mm) 117 71 102 155 142 51 20 66 140 157 124 112 1 257
Source : www.weatherbase.com[5]


SubdivisionsModifier

 
Rond point Tcukudu Goma (Vue de près)

La ville est constituée de deux communes urbaines, divisées en quartiers administratifs :

Communes Population
(2016)
Quartiers
Goma 319 351 Les Volcans, Mikeno, Mapendo, Katindo, Himbi, Keshero, Lac Vert
Karisimbi 622 105 Kahembe, Katoyi, Majengo, Mabanga-Nord, Mabanga-Sud, Kasika, Murara, Virunga, Ndosho, Mugunga, Bujovu
Goma 941 456

CultureModifier

 
Construction au bord du lac kivu à Goma

Le deuxième week-end de février est organisé chaque année un festival international de musique et de danse : le Festival Amani. Chaque année, ce sont plus de 30 000 festivaliers qui se rendent à Goma pour voir Lokua Kanza, Tiken Jah Fakoly, Jose Kameleon, Akon, Nneka, Ismaël Lô, Werrason, etc. Il est organisé par le Foyer culturel de Goma et plus de 650 bénévoles.

Les activités théâtrales étaient très développées dans la ville au cours de la décennie 1970 avec des troupes de théâtre bien organisées comme : AMIKI avec Kembo et Mazingi, CLB avec Tshiaba, Kainos et Robert De Souza, NGOMA avec Mpozayo Jean-Paul, etc... Les spectacles se déroulaient dans la salle du Ciné Palace en ville. L'Institut de Goma organisait aussi une troupe scolaire sous l'impulsion du préfet d'alors Lumaya Ombwel avec des élèves acteurs talentueux comme Robert De Souza dit Kablan ou Gilima alias Detty et Mwamba alias Ringo.

TransportsModifier

La ville est reliée par le transport aérien avec l’Aéroport international de Goma.

Enseignement supérieurModifier

L’Université libre des Pays des Grands Lacs a été fondée en 1991 et l’Université de Goma a été fondée en 1993.

Lieux de culteModifier

Parmi les lieux de culte, il y a principalement des églises et des temples chrétiens : Diocèse de Goma (Église catholique), Église kimbanguiste, Communauté baptiste du Congo (Alliance baptiste mondiale), Communauté baptiste au centre de l'Afrique (Alliance baptiste mondiale), Assemblées de Dieu, Province de l'Église anglicane du Congo (Communion anglicane), Communauté Presbytérienne au Congo (Communion mondiale d'Églises réformées) [6]. Il y a aussi des mosquées musulmanes.

SportsModifier

Personnalités liéesModifier

Notes et référencesModifier

  1. [1]
  2. Koen Vlassenroot, Timothy Raeymaekers, Conflict and Social Transformation in Eastern DR Congo, Academia Press, USA, 2004, p. 105
  3. Rapport de Human Rights Watch
  4. a b et c « Au-dessous du volcan, Goma tremble », Courrier International, no 1596,‎ , p. 24, traduit d'un article publié dans The Economist le 23 mai 2021
  5. (en) (en) « weatherbase Goma, Democratic Republic of the Congo », sur www.weatherbase.com (consulté le ).
  6. J. Gordon Melton, Martin Baumann, ‘‘Religions of the World: A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices’’, ABC-CLIO, USA, 2010, p. 777

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier