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Georges Wodli

cheminot militant communiste, syndicaliste et résistant français
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Georges Wodli
Georges WODLI.jpg
Photographie publiée dans le journal L'Humanité du 8 décembre 1944.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 42 ans)
StrasbourgVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Georg WodliVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
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Parti politique
Distinctions
Plaque commémorative dans la rue Georges-Wodli à Strasbourg.

Georges Wodli, né le à Schweighouse-sur-Moder (Bas-Rhin, alors en territoire allemand), et mort à Strasbourg sous la torture au cours de la nuit du 1er au 2 avril 1943, est un cheminot militant communiste, syndicaliste et résistant français.

Sommaire

BiographieModifier

Apprenti ajusteur aux ateliers ferroviaires de Bischheim du Réseau d'Alsace et de Lorraine, ce fils de cheminot fut mobilisé à 18 ans dans la marine allemande, où il prit part à un soulèvement spartakiste à Kiel. Après la fin de la guerre et les trois départements annexés redevenus français, il effectue son service militaire de 1920 à 1922 à Toulon. Puis il se rend en région parisienne où il apprend la langue française et se fait embaucher aux usines Renault, Farman puis Hispano-Suiza. Il s'implique dans les luttes sociales et rencontre le cheminot Pierre Semard, qui l'incitera à rejoindre le Parti communiste. Il en reste membre malgré la scission qui a lieu en Alsace en juillet 1929 et se voit promu au bureau régional Alsace-Lorraine du parti en 1930, année où il entreprend un voyage en URSS.

De retour en Alsace en 1925, il reprend son activité à Bischheim, s'installe à Schiltigheim et milite pour l'unification du syndicalisme cheminot et devient en 1930 secrétaire général de l’Union des syndicats des cheminots d’Alsace-Lorraine à la CGTU puis à la CGT, qui soutient activement le Front populaire, dans la seconde moitié des années 1930.

Il est candidat pour le Parti communiste aux élections législatives de 1932 à Molsheim, où il n'obtient que 1 330 voix contre 10 891 face au catholique Henri Meck (Union populaire républicaine). Quatre ans plus tard, 2 658 voix se portent sur lui face au même adversaire. Depuis 1933, il se consacrait à l'aide à la résistance allemande des communistes en participant à l'édition des journaux clandestins Die Rote Fahne et de Die Deutsche Volkszeitung, qu'il faisait parvenir en Allemagne par la Suisse ; il anime des campagnes pour les antifascistes victimes des nazis, comme Ernst Thälmann, Edgar André, Liselotte Herrmann et autres opposants au régime hitlérien[1].

Mobilisé dans l'armée, il est fait prisonnier lors de la débâcle. Il s'évade le , fait pour lequel il est condamné par contumace pour désertion, et rejoint Paris. Le PCF, dont il a été membre du comité central de 1932 à 1937 (il devient suppléant au Congrès de 1937), étant alors interdit, il est chargé de rétablir la liaison avec les communistes de la zone annexée. Il revient en Alsace début 1941 sous le pseudonyme de « Jules » avec une moustache pour se rendre moins identifiable. Il participe à une édition bilingue clandestine de L'Humanité. Il dirige le réseau Wodli, organisant la résistance d'inspiration communiste dans la région, avec son adjoint Georges Mattern (pour le Haut-Rhin), et en liaison avec le groupe Mario (actif en Moselle)[2]. Le sabotage de l'exploitation ferroviaire, l'organisation de filières de passage entre les zones française et annexée, l'aide à l'évasion des prisonniers français, soviétiques, polonais dans les camps allemands installés en Alsace-Lorraine, la diffusion de tracts constituèrent des formes privilégiées d'action des groupes qu'il dirigea[1].

Sa famille est expulsée et se réfugie à Gretz en 1942. C'est en allant la rejoindre qu'il est arrêté par la police de Vichy à Chatou (Yvelines) le . Il est livré à la Gestapo puis interné par les nazis au camp de Schirmeck-La Broque en janvier[3]. Il succombe finalement à la torture au siège de la Gestapo, rue Sellénick, à Strasbourg[4]. Son corps est aussitôt brûlé au four crématoire du camp de concentration du Struthof[5].

PostéritéModifier

Georges Wodli fut nommé à titre posthume chevalier de la Légion d'honneur avec le grade de sous-lieutenant, décoré de la Croix de guerre avec palmes et de la Médaille de la Résistance[1].

Des rues portent son nom à Strasbourg, Gretz-Armainvilliers et dans plusieurs autres villes.

La vie militante de Georges Wodli est mise en scène en 2011 au Palais des Fêtes de Strasbourg, dans une pièce de théâtre de Fouad Alzouheir. La troupe L’autre sentier présente cette pièce au Théâtre de la Rotonde lors du festival du théâtre Off d'Avignon 2011.

RéférencesModifier

  1. a b et c Le Maitron
  2. Jean Morawski, « Il y a cinquante ans, Georges Wodli était assassiné par la Gestapo », L'Humanité, 5 avril 1993, sur le site humanite.fr.
  3. « Les arrivées de 1940 à juillet 1944 (I.295) », site de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.
  4. « Annexe de l'école ORT - 11 rue Sellénick », sur Archi Strasbourg Architecture et histoire des bâtiments et lieux.
  5. Abert Ouzoulias, Les bataillons de la jeunesse, p.233.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse : les jeunes dans la Résistance, Éditions sociales, 1972, p.231-233
  • (de) Heimat untern Hakenkreuz : Georges Wodli : am 2. April 1943, im Gedenken und steter Anerkennung aller Opfer der Kämpfer gegen Faschismus und Barbarei (préface de Georges Mattern), Union des syndicats des cheminots A. L.-C.G.T., Impr. de A. Zetzner et fils, Schiltigheim, 1953, 198 p.
  • « Quelques faits marquants de Georges Wodli », in Le Cheminot unifié, 1993
  • Georges Ribeill, « Wodli Georges, Charles », in Jean Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, 1993, vol. 43 (lire en ligne).
  • Léon Strauss, « Georges Wodli », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 40, p. 4283
  • « 50e anniversaire : l'assassinat de Georges Wodli », in Strasbourg Magazine, 1993-1994

Articles connexesModifier

  • Alexandre Drevet (1920-1991), fondateur du Camp Wodli, maquis FTPF.
  • René Birr (1922-1943), cheminot, résistant, un des dirigeants du réseau Georges Wodli.

Liens externesModifier