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Gazon du Faing

montagne française

Le Gazon du Faing est un sommet granitique du massif des Vosges situé sur la ligne de crête entre le col du Bonhomme et le col de la Schlucht. Ce sommet presque plan aux abords arrondis qui compte parmi les dix plus hauts du massif, présente un flanc assez abrupt du côté alsacien, donnant naissance à une auge glaciaire qui abrite le lac Noir 350 mètres en contrebas.

Gazon du Faing
La chaume du gazon du Faing.
La chaume du gazon du Faing.
Géographie
Altitude 1 306 m[1]
Massif Massif des Vosges
Coordonnées 48° 06′ 50″ nord, 7° 04′ 46″ est[1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Départements Haut-Rhin, Vosges
Ascension
Voie la plus facile Sentier de randonnée
Géologie
Roches Granites

Géolocalisation sur la carte : Vosges

(Voir situation sur carte : Vosges)
Gazon du Faing

Géolocalisation sur la carte : Haut-Rhin

(Voir situation sur carte : Haut-Rhin)
Gazon du Faing

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Gazon du Faing

Quatre cents mètres au sud, le Soultzereneck, soit Soultzeren Eck ou « coin-borne de Soultzeren », est un point frontière partagé entre trois communes, celles de Soultzeren et d'Orbey versant alsacien, et celle de Plainfaing côté lorrain.

Le panorama vers le val d'Orbey et le val de Munster (Soultzeren-Stosswihr) est remarquable.

Sommaire

DécouverteModifier

La vaste chaume-montagne à vaches au nom évocateur, aujourd'hui en partie abandonnée, s'étendait sur le versant lorrain, dominant le col du Louschbach et surtout le val de la Haute Meurthe presque 600 mètres en contrebas. Elle a été attribuée à la commune de Plainfaing au terme des partages de chaumes sommitales avec la commune du Valtin, durant la Restauration. Sa ferme-auberge est en bordure de la route des Crêtes, à 1 225 mètres d'altitude, au sud de l'ancienne chaume.

Le Soultzeren Eck, c'est-à-dire le « coin-borne de Soultzeren », est un point frontière partagé entre trois communes, celles de Soultzeren et d'Orbey versant alsacien, et celle de Plainfaing côté lorrain. Cette formation toponymique tardive, pour des nécessités de repérage altimètrique à la Belle Époque, obéit à la même genèse linguistique que celle du Ringbuhl.

Une vaste chaume autrefoisModifier

La tradition orale identifie encore aujourd'hui les hautes Chaumes, occupées autrefois par les pasteurs orbelais, au Gazon du Faing. Pourtant, les documents de l'époque moderne distinguent cinq gazons principaux (voisins en français adapté, vase ou wase en ancien dialecte alsacien, wazo en patois vosgien) ou grandes chaumes[2] :

  • le Monthabeu associée aux Haut et Bas Fourneau, mais aussi au Montabey au sud de la Schlucht (Montebuhel au XVIe siècle, Montebulle jusqu'au XVIIIe siècle, Montabey ou Montebeu fin XVIIIe siècle[3]) ;
  • le Tannet aujourd'hui Tanet (Thanneck au XVIIe siècle, Astenbach au XVIe siècle) ;
  • le Gartelin ou Voisin-de-Feste (Gazon Saint-Martin au XVIIe siècle) ;
  • le Gazon de Faing (parfois écrit Gazon de Feing au XIXe siècle) ;
  • le Reichsberg (Reissberg au XVIIIe siècle, Rossperg ou Rossberg au XVIe siècle), dominant les cols du Calvaire et du Louschbach.

Il faudrait à cette liste sans doute ajouter la chaume de Béliure, en aval de la chaume du Tanet et de Gazon Martin. Mais la tradition orale conserve la mémoire d'un pâturage indivis, quelle que soit la multiplicité des acteurs, seigneurs contrôlant l'acensement, fermiers ou chaumistes. Il faisait partie pleinement du finage de la montagne vosgienne appartenant au duché de Lorraine, en limite ou fin de finage. C'est l'origine du toponyme faing.

Les Orbelais auraient nommé à l'époque médiévale la vaste montagne Rossberg et sa chaume étendue sur le finage lorrain, le Gazon du Fin de Plein finage.

Réserve naturelleModifier

Plus de 500 hectares de hautes chaumes résiduelles sur les communes du Valtin et de Plainfaing ont fait l'objet d'une protection officielle sous forme d'une réserve naturelle nationale.

Selon le biologiste Roland Carbiener, la pelouse de cette haute chaume serait primaire au-dessus de 1 250 mètres d'altitude[4]. La forêt est en croissance depuis plus d'un siècle, la hêtraie-sapinière gagne sur l'ancienne pâture à l'extrémité septentrionale. Au nord également de la zone sommitale, des trous d'eau permanents favorisent l'installation de faignes (tourbières) et de zones marécageuses, dans une végétation qui s'apparente à une lande nordique.

RandonnéeModifier

Desservie notamment par les deux sentiers de randonnée du Club vosgien, celui qui monte du Rudlin ou qui jalonne la route depuis le col du Calvaire ou du Louschbach, elle est le point de départ et d'arrivée d'une promenade circulaire qui permet d'aller observer au Soultzeren Eck à 1 302 mètres d'altitude, à proximité du sommet, ou depuis la corniche rocheuse qui gagne le Taubenklangfelsen, empilement spectaculaire de rochers granitiques en limite de la chaume à 1 299 mètres d'altitude, le lac du Forlet ou des Truites, 240 mètres plus bas.

Un sentier de grande randonnée reliant le col du Calvaire à la Schlucht suit à quelques mètres près la ligne de crête. Il gravit le sommet très faiblement proéminent de ce haut plateau.

Un départ de randonnée depuis l'auberge du Gazon du Faing permet également un accès rapide et peu pentu aux zones de la crête vosgienne surplombant le lac Noir d'une part, et le lac Blanc avec son rocher Hans d'autre part, offrant au randonneur une vue d'amas rocheux spectaculairement plongeante.

BibliographieModifier

  • Henri Nonn, « Gazon du Faing » in Encyclopédie de l'Alsace, éditions Publitotal, Strasbourg, 1984, page 3276.
  • Louis Hergès (ancien président du Club Vosgien de Mulhouse), Jean-Pierre Boudot (spécialiste des sols), « Haute Chaume » in Encyclopédie de l'Alsace, éditions Publitotal, Strasbourg, 1984, pages 1646-1653.
  • Pierre Boyé, Les Hautes Chaumes des Vosges, Paris/Nancy, 1903 (sur la gestion ducale des chaumes).

Notes et référencesModifier

  1. a et b Cartes IGN disponibles sur Géoportail
  2. Louis Hergès, op. cit., en particulier page 1652. Le passage est d'ailleurs emprunté à Pierre Boyé, op. cit., page 106. La tradition orale joint une modélisation historique des chaumes agro-pastorales qui permet de fournir l'époque d'appellation.
  3. Cette vaste montagne-gazon, soit littéralement la montagne où l'on monte (en estive), de part et d'autre du col de la Schlucht est ancienne. Elle est nommée Monteabeul en 1158 (AD88 G548), Montebulle au XVIe siècle (AD54 B617 n°25), Montabeu ou Montabue en 1753, Monteben en 1813. Pour compliquer nos représentations, il existait en 1755 trois Montabey, c'est-à-dire trois chaumes admodiées sous les dénominations : Montabeu roman ou welche Montabey, Le neuf Montabey, Montabey. Mais il est facile de retrouver leur localisation, aujourd'hui sur la commune du Valtin, respectivement au nord, au niveau du col et plus au sud.
  4. J.P Boudot, op. cit..