Fraternités monastiques de Jérusalem

Fraternités monastiques de Jérusalem
Ordre religieux
Institut Institut religieux de droit diocésain
Type contemplatif
Règle Livre de vie de Jérusalem
But prière
Structure et histoire
Fondation 1975 (il y a 47 ans)
Paris
Fondateur Pierre-Marie Delfieux
Site web jerusalem.cef.fr
Liste des ordres religieux

Les Fraternités monastiques de Jérusalem forment deux instituts religieux catholiques séparés d'inspiration monastique. Les frères et les sœurs, moines et moniales - vivent l'esprit de la solitude monastique au cœur des grandes villes.

Fondées en 1975 par le père Pierre-Marie Delfieux, les Fraternités ont été érigées en Instituts diocésains de vie religieuse (séparément pour les frères et pour les sœurs) en 1996 par le cardinal Lustiger, archevêque de Paris.

FondationModifier

 
L'église Saint-Gervais, où se célèbrent les offices de la fraternité de Paris

Les Fraternités de Jérusalem sont nées dans le mouvement de renouveau qui a suivi le concile Vatican II, à l'initiative du cardinal Marty, alors archevêque de Paris, et du père Pierre-Marie Delfieux, alors aumônier d’étudiants à la Sorbonne[1]. Elles rassemblent des moines, des moniales et des laïcs désireux de partager une même spiritualité qui les invite à vivre « au cœur des villes, au cœur de Dieu », pour y ouvrir une « oasis de prière »[2].

Le père Pierre-Marie Delfieux est l'auteur du Livre de Vie de Jérusalem, qui en est la règle monastique et qui se veut aussi un « tracé spirituel » adressé à tous ceux qui sont sensibles à la dimension urbaine et universelle de la vocation chrétienne[3].

Les Fraternités sont aujourd'hui composées de trois branches, la première étant la principale :

  • les deux Instituts monastiques des Frères et des Sœurs de Jérusalem, dont la vocation principale est liturgique et contemplative ;
  • les Fraternités apostoliques, dont la vocation principale est évangélisatrice, nourrie par l'esprit monastique de « Jérusalem » (silence, prière, lectio divina) ;
  • les Fraternités laïques, dont l'engagement est varié (catéchuménat, culture et foi, groupes de prière, accompagnement, retraites...) et qui ont en commun l'inspiration qu'ils trouvent dans le Livre de Vie de Jérusalem.

Esprit et orientation religieuseModifier

Moines et moniales sont citadins, considérant que les grandes villes sont un des phénomènes les plus marquants de l'époque contemporaine, et souvent anonymes elles semblent conduire vers le repli individuel et l'absence de Dieu.

Moines et moniales vivent en locataires des lieux qu'ils occupent, ainsi que le sont la grande majorité de leurs contemporains. Ils cherchent à éviter l'installation et l'esprit de possession.

Moines et moniales ne cohabitent pas, mais partagent des moments de prière, d'études, de rencontre et des offices religieux.

Moines et moniales sont des salariés, vivant de leur travail, considérant que le travail est le lot et la dignité de l'homme moderne. Ils choisissent cependant un travail à mi-temps pour se garder de tout esprit d'accumulation de richesses et de réussite socio-professionnelle.

Moines et moniales vivent en communion et symbiose avec l'Église locale, dans l'esprit du concile Vatican II qui est à l'origine de la fondation des Fraternités.

Moines et moniales vivent sans clôture religieuse, mais se préservent néanmoins des temps et lieux de silence, recueillement et prière.

Pourquoi Jérusalem ?Modifier

Le choix de Jérusalem est expliqué dans le Livre de Vie des Fraternités monastiques de Jérusalem :

« Parce que Jérusalem est la ville donnée par Dieu aux hommes et bâtie par les hommes pour Dieu, devenant en cela la patronne de toutes les villes du monde, et que ta vocation est d’être citadin, tu es moine et moniale de Jérusalem. » § 161[4].

« Veille à garder aussi en ton cœur un vrai souci de communion avec tous les fils d’Abraham, juifs et musulmans, qui sont comme toi des adorateurs de l’unique Dieu et pour qui Jérusalem est également une Ville sainte. » § 174[5].

Offices et liturgieModifier

Les Fraternités monastiques retransmettaient en direct depuis l'église Saint-Gervais-Saint-Protais à Paris leurs offices religieux sur la chaîne de télévision KTO et sur internet via YouTube (du mardi au samedi : laudes du matin, office du milieu du jour, messe du samedi soir). La retransmission sur KTO a cessé fin 2020[6] ainsi que sur YouTube en mai 2022[7].

Abus d'autorité du fondateur et dysfonctionnements internesModifier

En novembre 2019 paraît le livre Quand l'Eglise détruit écrit par une ancienne membre des Fraternités monastiques de Jérusalem (FMJ), Anne Mardon, qui met en cause le fondateur, le père Pierre-Marie Delfieux[8],[9]. Les FMJ mettent en place une cellule d'écoute « à l’adresse des personnes qui auraient pu être victimes d’abus »[10]. En septembre 2020, paraît un nouveau livre d'Anne Mardon : Silences dans l'Eglise : par action et par omission. Le 3 décembre 2020 le magazine La Vie publie un article qui confirme l’existence de sérieux dysfonctionnements au sein des FMJ[11].

À la demande des FMJ, une visite apostolique est diligentée par l'archidiocèse de Paris. Parallèlement, une visite apostolique est conduite début mars 2021 par la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique. Une nouvelle cellule d'écoute indépendante est mise en place[12]. En décembre 2021, les FMJ publient le bilan de la cellule d'écoute indépendante[13] en l'assortissant d'un communiqué[14]. Le prieur de la branche masculine se dit prêt à « réparer ce qui doit l’être par la reconnaissance de nos responsabilités communautaires et des injustices qui ont touché une partie » des anciens membres[15]. En février 2021 et janvier 2022 sont publiés les témoignages de deux anciennes membres des FMJ, L’amour est plus fort que la mort : histoire de ma vocation de l'italienne Erika Martino et Liturgies sous Prozac : récit d'une emprise spirituelle d'Anne-Charlotte de Maistre[7].

Le 5 mai 2022, les prieur(e)s des branches féminines et masculines annoncent que deux assistants ont été nommés par la Congrégation pour les Instituts de la Vie Consacrée pour « accompagner un processus de discernement et de réforme »[16],[17].

ImplantationsModifier

 
Moniales des Fraternités monastiques de Jérusalem à l'abbaye du Mont Saint-Michel.

Au total en 2013, les Fraternités monastiques comptaient 52 frères engagés et une dizaine de postulants et novices, ainsi que 104 sœurs engagées et une quinzaine de postulantes et novices.[18]

Ces communautés, catholiques, existent en :

Par ailleurs, Benoît Rivière, évêque d'Autun, Chalon-sur-Saône et Mâcon est l'unique prélat, à ce jour, issu de cette communauté.

PublicationsModifier

  • Revue Sources Vives
  • Jérusalem, livre de Vie, éd. Cerf, 2014
  • Moine au cœur de la ville, éd. Bayard, 2003

Notes et référencesModifier

  1. http://jerusalem.cef.fr/frere-pierre-marie-delfieux-biographie
  2. https://www.abbaye-montsaintmichel.com/qui-sommes-nous/les-fraternites-monastiques-de-jerusalem
  3. « Livre de Vie de Jérusalem - Fraternités de Jérusalem », sur Fraternités de Jérusalem (consulté le ).
  4. Livre de vie, paragraphe 161
  5. Livre de vie, paragraphe 174
  6. « Communiqué : 21 ans de diffusion des offices depuis Saint-Gervais. », sur paris.fraternites-jerusalem.org
  7. a et b Yves Hamant, « Les fraternités monastiques de Jérusalem mises sous tutelle par Rome », sur lenversdudecor.org,
  8. « Audition de Mme Anne MARDON, ancienne membre des Fraternités monastiques de Jérusalem », sur CIASE,
  9. Sophie Lebrun, « Anne Mardon : « Il faut qu’on sache combien de vies ont été cassées chez les Fraternités de Jérusalem » », La Vie,‎ (lire en ligne)
  10. Céline Hoyeau, « Les Fraternités monastiques de Jérusalem lancent un appel à témoignage au sujet de leur fondateur », La Croix,‎ (lire en ligne)
  11. Sophie Lebrun, « Fraternités de Jérusalem : « enquête » apostolique et nouvelle cellule d’écoute », La Vie,‎ (lire en ligne)
  12. Sophie Lebrun, « Fraternités de Jérusalem : « enquête » apostolique et nouvelle cellule d’écoute », La Vie,‎ (lire en ligne)
  13. « Cellule d'écoute indépendante dédiée aux fraternités monastique de Jérusalem - Bilan des travaux », sur fraternites-jerusalem.org,
  14. « Communiqué : le bilan des travaux de la cellule d’écoute indépendante nous est remis », sur fraternites-jerusalem.org,
  15. Frère Jean-Christophe, prieur général et les frères de son conseil, « Lettre ouverte à nos frères sortis de l’Institut », sur fraternites-jerusalem.org,
  16. Frère Jean-Christophe Calmon et Sœur Rosalba Bulzaga, « Une nouvelle étape pour nos deux Instituts religieux », sur fraternites-jerusalem.org,
  17. Christophe Henning, « Les Fraternités monastiques de Jérusalem encouragées à se réformer », La Croix,‎ (lire en ligne)
  18. « Les Fraternités Monastiques de Jérusalem », sur youtube.com, émission de la chaîne kto diffusée en 2013
  19. Fraternités monastiques de Jérusalem, « Maison de Prière - Saint-Hilaire »

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier