Ford France

ancien constructeur automobile

Ford France
logo de Ford France

Création 1916
Dates clés 1929 : la société réorganisée prend le nom de Ford SAF.
1954 : Ford SAF rachetée par Simca laisse la place à une nouvelle société Ford France
2002 : immatriculation de la société actuelle (le 12 juin)
Fondateurs Henry Ford
Personnages clés Maurice Dollfus, dirige Ford SAF de 1930 à 1950
Forme juridique Société par actions simplifiée à associé unique
Siège social Nanterre
Île de France
Drapeau de la France France
Direction Louis Carl Vignon (2017)
Actionnaires FordVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Commerce de voitures et de véhicules automobiles légers
Société mère Ford Europe
Effectif 217 (2018)
Site web www.ford.fr

Fonds propres 8 136 400 € (2018)
Chiffre d'affaires 2 319 308 600 € (2018)
Résultat net -42 680 100 € (2018) perte

Ford France ou FMC Automobiles (anciennement Ford SAF) est une filiale de Ford Europe, qui elle-même en est une de la Ford Motor Company. Elle porte ce nom depuis 1954. Le siège social de Ford France est basé à Nanterre.

Action de la Ford S. A. Française en date du 21 juin 1929

HistoriqueModifier

Ford Motor CompanyModifier

Henry Ford est l'inventeur de méthodes de production en grande série, qu'il applique à la construction automobile et qui sont devenues la référence des pratiques industrielles au cours de la première moitié du XXe siècle. Le 16 juin 1903, il crée la Ford Motor Company avec le soutien de onze investisseurs ayant réuni un capital de 28 000 dollars en espèces. Les premières voitures seront livrées le 23 juillet 1903.

Henry Ford réalise ainsi son rêve de produire une automobile à un prix raisonnable, fiable et efficace grâce à la T en 1908. Facile à conduire et à entretenir, cette automobile se comporte bien sur les mauvais chemins et connait de fait un succès immédiat.

Filiale française de montage sur l'île de la JatteModifier

À partir de 1907, les premières Ford importées des États-Unis en pièces détachées sont assemblées sur l’ile de la Jatte, près de Paris. Afin d'assurer l'ensemble des services de vente et d'après-vente qui sont attendus par un public français déjà exigeant, un nouveau type de commerce commence à s'implanter, sous la forme de ce qui s'appelle toujours "une concession automobile."

Le succès de l'automobile modèle Ford T, présentée au Salon de Paris en 1908, amène Ford à racheter les installations bordelaises de son importateur-distributeur en se dotant d'une véritable stratégie industrielle.

Première guerre mondiale: création de la Société des Automobiles Ford(SAF)Modifier

La création de la Société des Automobiles Ford (S.A.F.) date de 1916, et Ford livrera près de 1 1000 modèles de Ford T assemblés à l'usine de Bordeaux durant les deux années suivantes, en particulier aux forces armées.

Création de Ford Société Anonyme Française (Ford SAF), filiale de Ford Grande-BretagneModifier

En 1929, la société est réorganisée et devient Ford Société Anonyme Française (Ford SAF) placée sous l'autorité de Ford Grande-Bretagne et assemble toujours des Ford Model A.

De 1932 à 1934, Ford SAF produisit la version française de la Ford V8 Model B (4 cylindres) ainsi que le modèle Y (d'origine britannique) sous la dénomination commerciale Ford 6 cv Aérodynamique. Cette dernière disposait d’un moteur Ford Sidevalve de 933 cm3, d’une puissance de 6 ch (8 HP). Ce fut la première Ford spécifiquement conçue pour les marchés hors des États-Unis, pour remplacer le modèle A en Europe. produite en Angleterre de 1932 à 1937 (Ford Model Y ou Ford 8), l'Y fut également assemblée en Allemagne (Ford Köln) de 1933 à 1936, de même qu'en Australie (où même une version coupé a été produite), au Japon, Lettonie (Ford Junior) et en Espagne (Ford Forito).

Ford SAF reste placée sous l'autorité de Ford Grande-Bretagne jusqu'en 1934.

Ford SAF, filiale de Ford USAModifier

À partir de 1935, la société dépend directement de Ford USA. Sous l'impulsion de Maurice Dollfus Ford SAF s'associe avec Mathis fondée par l'ingénieur Mathis, donnant naissance à la marque "Matford" dont les automobiles sont inspirées par les silhouettes américaines de la marque Lincoln, une marque de la Ford Motor Company.

En tant que constructeur français, Matford a accès aux marchés de l'administration et fournit dès 1937, à l'armée française des camionnettes bâchées de 5 tonnes, le V8-75 2,2 litres, capables de transporter dix à quatorze hommes équipés ou du matériel. Les Matford, en raison de leur puissance élevée de60 cv comparée aux 45 cv du Renault ADK, elles sont affectées aux troupes de montagne et d'outre-mer. L'armée de l'air passe commande en 1938 et 1939 des nouveaux camions légers bâchés de 2,5 tonnes, le V8-F-817 T, et les troupes coloniales de 3 tonnes, le V8-F-817 TS[1].

Deuxième guerre mondialeModifier

La guerre est déclarée à l'Allemagne en septembre 1939 par le Royaume-Uni et la France. Le programme de mobilisation de l'armée (Plan E) prévoit la mise en production de 8 545 véhicules neufs par mois, et Matford se voit attribuer la fabrication en grande série d'un camion de 5 tonnes que le constructeur ne possède pas dans son catalogue et que son bureau d'étude va créer à partir du châssis long de 3,99 m du V8-F-817 et du V8 3,6 l, en avançant la cabine au dessus du moteur pour gagner de la charge utile sur le châssis. La formmule séduit les militaires, et fin septembre une première commande de 5 000 unités de V8-F-917 WS bâchés avec moteur de 3621 cm3 est passée. Matford doit aandonner sa production civile d'automobile pour se consacrer aux commandes militaires[1].

À l'automne 1939, l'usine de camions et d'automobiles de Strasbourg se trouvant menacée par la guerre, Matford doit la déménager en Région parisienne dans la nouvelle usine Ford de Poissy qui était en construction pour remplacer l'usine d'Asnières[1].

Matford, qui est alors en mesure de produire 1250 camions par mois, est exceptionnellement autorisé à importer des pièces détachés des États-Unis[1].

Mais à peine 500 camions produits sont en service fin avril 1940, et environ 1 200 (bâchés et citernes) ont été produits avant l'ordre d'évacuation vers Bordeaux[1].

Le 12 juin 1940, la Région parisienne est évacué, puis occupé par l'Allemagne. Après l'armistice signé le 25 juin 1940, Ford Cologne prend le contrôle des usines Matford. Quelques jours plus tard, le 30 juin 1940, selon un calendrier prévu de longue date après le rachat des parts de Mathis par Ford et l'achèvement de la nouvelle usine de Poissy, la société Matford est dissoute avec effet en juin 1941, Ford disposant désormais de sa propre unité de fabrication ultra-moderne dans l'ouest parisien, qui lui permet une production de grande série avec des nouveaux modes d'usinage, dont certains se sont maintenus jusqu'à la période actuelle[1].

Comme celle de Cologne, l'usine de Poissy continue à produire pendant toute la guerre pour l'armée allemande, sans subir de bombardement anglo-américain, sauf à la fin de la guerre le raid de la RAF des 2 et 3 avril 1942 qui n'a pas fait de dommages importants.

Les États-Unis étant restées neutres dans la guerre, Ford USA et Ford Cologne coopèrent pendant toute la guerre, et les usines Ford et General Motorss situées en Allemagne ne seront jamais bombardées. Les filiales Ford de la France occupée bénéficient des évolutions intervenues aux USA: le moteur de 3924 cm3 qui équipe en 1939 les camions Mercury produits par Ford US arrive en Europe un peu plus tard. La calandre carrée apparait pour sa part sur les modèles US 1940[1].

À partir de 1946, ces camions militaires de 5 tonnes deviennent le camion civil Ford Cargo et la production des voitures particulières recommencera. Le modèle (F472) était une automobile Matford 13CV F92A 1939 V8 modernisée disposant de freins hydrauliques, de barres stabilisatrices puis d'un changement de vitesses au volant[1].

Après guerreModifier

Bien qu'ayant collaboré beaucoup plus que Renault pour l'armée allemande, Ford SAF n'est pas sanctionné ni nationalisé.

La production de camions militaires devient une production de camions civils (Ford Cargo) et la production des voitures particulières à partir de 1946. Le premier modèle (F472) était une Matford 13CV F92A 1939 V8 modernisée disposant de freins hydrauliques, barres stabilisatrices puis changement de vitesses au volant.

En 1948, lancement de la Vedette à moteur V8 (2 158 cm3), basée sur une étude de Ford USA. Il s'agit d'une berline cossue deux volumes (surnommée "à dos rond"). Sur l'insistance de François Lehideux, le nouveau patron, elle est européanisée fin 1952 pour être présentée avec un coffre proéminent, la Vedette 53.

En 1952, lancement de la Comète, un coupé de luxe basé sur la Vedette et carrossé industriellement par Facel-Métallon (sur un dessin des Stabilimenti Farina (en)), disponible en option avec une boîte Cotal. En janvier 1954, lancement de la Comète Monte-Carlo qui disposait d'un moteur bien plus puissant de 4 litres de cylindrée et une Vedette haut de gamme disposant de ce même gros moteur, la Vendôme.

Rachat de Ford SAF par SIMCAModifier

Les nouvelles Vedette 55 Trianon, Versailles, Régence (étudiées à Dearborn au Michigan) ne portèrent le sigle Ford que de septembre à décembre 1954 et deviennent vite des Simca Vedette à la suite des accords avec Simca, qui reprend intégralement les usines de Poissy en décembre 1954 ainsi que le réseau des concessionnaires.

Création de Ford France, société de commercialisation de Ford AllemagneModifier

Ford SAF est dissous et une nouvelle société, uniquement commerciale, appelée Ford France est créée pour importer simplement les modèles du groupe, essentiellement des modèles de la gamme allemande.

En 1962, Ford devient le premier importateur d’automobiles français grâce à la Taunus allemande.

Le 19 juin 1966, Ford remporte sa première victoire aux 24 heures du Mans avec la Ford GT40 (Amon/McLaren). En 1967, 1968 et 1969, Ford s'adjuge à nouveau la victoire.

En 1967, le siège social de Ford France s’installe sur la RN 13 face au bas de la cote de La Jonchère à Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine.

Reprise d'une production industrielle en FranceModifier

En 1973, Ford inaugure une nouvelle usine de production de transmissions à Blanquefort près de Bordeaux en présence d'Henry Ford II et de Jacques Chaban-Delmas.

En 1976, ouverture d'une seconde usine de transmissions à Bordeaux.

L'usine de Charleville-Mezières devient un des principaux centres de production d'équipement thermique automobile du groupe en Europe.

En 1976, Ford lance la Fiesta produite à Valence en Espagne mais conçue conjointement par les équipes britannique et allemande.

1982 : En ouvrant trois centres à Lyon, Paris et Bordeaux, Ford France investit massivement dans la formation technique pour son réseau d’après-vente.

1996 : La Ka, dessinée par le Français Claude Lobo, est dévoilée au Mondial de l'Automobile de Paris.

Lancement du concours annuel "Le cas d'école Ford", cas marketing destinée aux étudiants de l'enseignement supérieur.

1997 : Création du groupe Ford France fédérant les sites de production de Bordeaux, Charleville-Mezières et les marques Ford et Jaguar.

1998 : Lancement en France d'IdéeFord, une formule qui permet aux clients de rouler dans une voiture neuve en la changeant tous les deux ans, pour un budget limité. Depuis, IdéeFord a été choisi par plus de 100 000 clients.

Accord de coopération signé par Ford et PSA Peugeot Citroën pour des groupes motopropulseurs.

1999 : Lancée à Paris au Mondial de l’automobile 1998, la Ford Focus est élue Voiture européenne de l’année.

À Paris, Ford et PSA Peugeot-Citroën présentent le 1er moteur diesel issu de la coopération technique entre les deux groupes. En 10 ans, quatre familles de moteurs diesel seront ainsi développées en commun.

Ford propose pour la 1ère fois Ford Assurance Automobile à ses clients français.

2002 : installation du Groupe Ford France dans de nouveaux locaux à Saint-Germain-en-Laye.

2006 : les trois Ford GT40 qui terminèrent ensemble la légendaire course d'endurance les 24 Heures du Mans sont réunies exceptionnellement durant l'édition du Mans Classic.

Ford livre la première flotte de Focus Flexifuel, fonctionnant au superéthanol E85, au Conseil Général de la Marne.

À l'édition 2008 du Mans Classic, la Ford T-Montier de 1923 qui a participé à la première édition des 24 Heures du Mans revient sur le lieu de ses exploits.

1999 : Retour de la production de véhicules militairesModifier

En remportant un important contrat avec l'UGAP (la centrale d’achat des administrations et collectivités publiques), Ford devient fournisseur de l'administration française, (gendarmerie, CRS, Police Nationale, Administrations).

En 2015, l'Armée française passe commande de 1000 Ford Ranger pour remplacer ses Peugeot P4 arrivés en fin de vie, qui assureront des missions de transport et de liaison, dévolues aux véhicules militaires légers. Le Ranger a été choisi pour la réponse qu'il apportait à l'appel d'offres des Marchés Publics émis par l'État Français. Bonne charge utile, capacité de franchissement d'un obstacle, économie d'entretien, performances, et budget.

2019 : Déficit et restructurationModifier

En 2018, Ford France est déficitaire de 42 millions d'euros.

En juin 2019, Ford annonce une restructuration de ses activités en Europe, avec la suppression de 12 000 emplois, soit presque un quart de ses effectifs européens, et la fermeture ou la vente de six de ses vingt-quatre usines sur le Vieux Continent[2]. Après dix-sept ans à Saint-Germain-en-Laye, Ford France installe son siège à Nanterre dans de nouveaux locaux[3].

Parrainage et communicationModifier

Entre 1956 et 1969 Ford développe de nombreuses activités visant à faire rayonner sa marque en France, avec le soutien de son président, William Reiber.

Durant les saisons 1965 et 1966, la marque parraine une équipe cycliste emmenée par Jacques Anquetil qui remporte notamment le Tour de France 1966 grâce à Lucien Aimar

En 1983, trois Rondeau M482 roulent sous les couleurs de Ford France en collaboration avec Jean Rondeau aux 24 Heures du Mans. Les moteurs, préparés par Ford, connaissent pourtant des soucis de fiabilité et les trois voitures abandonnent avant la quatorzième heure[4].

Au cinémaModifier

La Ford Mustang, importée en France à partir de 1964, figure dans le film Le Gendarme de Saint-Tropez, sorti en cette année là. Ce modèle deux ans plus tard partage l'affiche, avec Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant, du film Un homme et une femme, Palme d’or au Festival de Cannes 1966.

SubventionsModifier

Ford a demandé et reçu des subventions lors de l'inauguration son usine de Blanquefort, en juin 1973. Près de 50 millions d’euros lui ont été versés pour la période 2011-2019[5].

Sources et référencesModifier

  1. a b c d e f g et h François Vauvilliers, L'Automobile sous l'Uniforme 1939-40, Paris, Massin, 1992.
  2. lemonde.fr - Eric Beziat - 27 juin 2019 - Ford va supprimer...
  3. https://media.ford.com/content/fordmedia/feu/fr/fr/news/2019/09/03/nouvelle-organisation-et-nouveau-siege--pour-ford-france.html
  4. (en) François Hurel, « The limpet! », le Mans Racing, no 73,‎ , p. 98
  5. « Chronique d’un combat contre le fatalisme », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)

Liens externesModifier