Sainte Maison de Lorette

église italienne

La Sainte Maison de Lorette (couramment nommée La Santa Casa en italien ou Holy House en anglais ) est selon la tradition chrétienne occidentale, la Maison où Jésus-Christ fut conçu par le Saint-Esprit en la Vierge Marie. Rapportée de Terre Sainte aux environs d', elle est vénérée dans la ville de Loreto, en province d'Ancône, dans la région des Marches, en Italie centrale. La sainte Maison se trouve aujourd’hui au centre de la Nef de la Basilique de Loreto à l'intérieur d’un revêtement dessiné par Bramante.

Sainte Maison de Lorette
Basilica della Santa Casa 01.jpg
Présentation
Type
Église, sanctuaire international (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Diocèse
Dédicataire
Style
Construction
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Localisation
Adresse
Coordonnées

Lieu et objet du pèlerinage le plus important d’Occident durant près de trois siècles, notamment par la via Lauretana reliant Rome à Loreto, la Sainte Maison présente en son sein la statue de la Madone, statue originelle de type Vierge noire, et conservait jusqu’aux spoliations napoléoniennes de 1797 où la sainte Maison fut mise sous scellé, les reliques les plus importantes du culte marial, à savoir le manteau de la Vierge et les saintes écuelles (Vaisselle de la sainte Famille).

Contexte historiqueModifier

Fin des CroisadesModifier

Du royaume de Jerusalem, la Ville de Jérusalem fut prise par les musulmans en 1244 et l’antique basilique de la Nativité probablement incendiée par les troupes de Baybars.

Après la chute de Tripoli en 1289, le pape Nicolas IV (premier pape franciscain et originaire d’Ascoli Piceno dans les Marches) proclame une autre croisade. Le siège du Royaume se trouve alors à saint-Jean-d’Acre qui est prise à son tour par les mamelouks le . Fin de la quatrième et dernière croisade.

TranslationModifier

Selon la tradition, aux environs du , la sainte Maison de Marie aurait été transportée (Translation) par des anges de Terre Sainte jusqu'en la Ville de Trsat alors dominée par la Famille Frankopan (aujourd’hui localité du mont Rauniza de la Ville de Rijeka en Croatie).

 
Le quartier de Trsat sur le mont Rauniza surplombant Rijeka en 1207.

Il est rapporté qu’en 1291, Nikola Frankopan envoya une délégation à Nazareth pour mesurer la Sainte Maison après qu'elle eût été sauvée, probablement par les croisés, et transportée à Trsat où les Frankopans avaient un château. C’est à cet endroit qu'elle fut reconstruite. En 1294, Nikola Frankopan aurait donné ladite Sainte Maison au Pape Boniface VIII pour être placé sur les terres pontificales, à Lorette, près d’Ancône.

Selon d’autres sources, c'est un prince byzantin, Nicéphore Ier Doukas Comnène, qui aurait pris en 1290 l'initiative de transférer une maison typique de Palestine depuis Nazareth jusque dans les Marches italiennes (sans doute contre rémunération, puisque cela avait réussi quelques décennies plus tôt avec le roi de France Louis IX).

 
Madone de Lorette

La Maison aurait été démontée à Nazareth en 1291, débarquée ensuite sur les côtes de Dalmatie et finalement ré-assemblée à Loreto en 1294. Ce qui ne serait pas en contradiction avec les affirmations actuelles à savoir que la structure de la Santa Casa serait typique des constructions nabatéennes, et qu’elle aurait été transportée des territoires nabatéens ou de Bethléem ou d’ailleurs encore jusqu’à Nazareth. Puis de Nazareth jusqu’à saint-Jean-d’Acre, peut-être même jusqu’à Rachana au Liban pour être acheminée par voie maritime jusque dans l’Adriatique. Autre source, autre interprète : de Angelis serait le nom de famille des personnes à l’origine de la Translation et qui aurait créé la légende du transport par les Anges dans l’écart entre le latin écrit et l’italien vulgaire parlé.

À son arrivée sur les territoires pontificaux, la Sainte Maison aurait connu trois nouvelles translations, sur les hauteurs de Recanati, puis les deux dernières sur une colline entre Recanati et l’Adriatique, dans la marche d'Ancône, où elle aurait été selon une légende recueillie sur la colline où une dame nommée Lorette possédait un bois[1], le , trois jours donc avant la renonciation du pape bénédictin Célestin V. Le nom de Lorette provenant bien plus probablement du terme latin Lauretum signifiant lieu planté de lauriers à l’instar d'une partie du mont Aventin à Rome, l’actuelle Loreto ayant au fil de l’histoire portée les noms de Lauretum, Laureto, Laureta, Loreta et Loreto. Le sanctuaire s’est peu à peu étendu (C’est seulement Sixte V qui lui donnera le statut de Ville). En 1294, Dante Alighieri écrit alors sa Vita Nova.[2]

HéritageModifier

En 1488, l’évêque de Recanati confia la desserte du sanctuaire à une congrégation de Carmes réformés. Dans la bulle In sublimia du , Jules II a défini la petite église « ut pie creditur et fama est, camera sive thalamus ubi ipsa beatissima Virgo concepta, ubi educata, ubi ad angelo salutata Salvatorem seculorum verbo concepit » et a placé Lorette sous la tutelle directe du Saint-Siège[3] : la sainte Maison de Lorette devient Chapelle papale. Les papes Pie II, Paul II, Sixte IV, Clément VII, Léon X et Sixte V furent parmi les premiers souverains pontifes à reconnaître officiellement ce prodige. Le sanctuaire de Lorette fut élevé en cité mariale et épiscopale et devint l'un des plus importants lieux de pèlerinage d'Europe.

L'histoire de la Sainte Maison intéressa plusieurs figures chrétiennes pendant et après la Renaissance, dont spécialement Érasme, René de Bathernay, Louis d’Arpajon et Battista Spagnuoli.

René Descartes s'y rendit en pèlerinage en 1623 en action de grâce pour le songe qu'il rapporte dans les Olympiques, et qui est à l'origine de sa mathesis universelle.

La sainte Maison provoqua l'afflux de pèlerins notamment les jours de fêtes mariales, de nombreux personnages y adressant leurs prières (Anne d'Autriche, Les marins de Christophe Colomb rescapés d'une tempête y déposèrent un ex-Voto en 1493), de nombreux Rois et Reines ainsi que de grands Aristocrates y envoyèrent des procureurs (émissaires chargés de faire le pèlerinage à leur place).

Les 1er et , le pape Benoît XVI se rend à Lorette pour vivre une fête de la foi avec les jeunes de la ville[4]. Il y revient le , renouvelant ainsi le pèlerinage que Jean XXIII y avait effectué 50 ans auparavant, à quelques jours de l'ouverture du concile Vatican II[5].

Le , le pape François vient se recueillir dans le sanctuaire[6].



Évolution du SanctuaireModifier

Une maison de Notre Dame avant la sainte Maison ?Modifier

 
Illustration du chant XXI du Paradis de la Divine Comédie (rencontre de Dante et Beatrice avec Pier Damiani) par Giovanni di Paolo qui représente deux églises semblant exclure l’hypothèse de l’abbaye de Pomposa.


"...In quel loco fu'io Pietro Damiano, e Pietro Peccator fu' ne la casa di Nostra Donna in sul lito adriano..."

traduction : « ...En ce lieu je fus Pierre Damien ; et Pierre Peccator était dans la maison de Notre-Dame, sur le rivage adriatique... "

Dante Chant XXI du Paradis de la Divine Comédie.

 
Pietro degli Onesti (détail), Ercole de' Roberti, Brera
 
Eglise Romane de Santa Maria de Portonovo sur le littoral d'Ancône, à seulement 20km du sanctuaire de Loreto. La probable maison de Notre Dame du Chant XXI du Paradis de Dante (?)

De quelle "maison de Notre Dame sur le littoral adriatique" Dante évoque l’existence peu de temps après 1300 ?

À faire porter l’accent sur les termes Notre Dame et littoral adriatique, au XIe siècle, certains évoquent l’église de Santa Maria di Portonovo à Ancône. D’autres, l’abbaye de Pomposa en Emilie-Romagne.

À faire porter l’accent cette fois sur maison, il y aurait eu une église antérieure en lieu et place de la sainte Maison et de la basilique de Lorette, c’est l'hypothèse que retient un visiteur pour le moins inattendu de la basilique de Lorette, à savoir le Marquis de Sade. [7]

La sainte Maison avant la basiliqueModifier

 
Xylogravure de 1524 montrant le Castrum de la Santa Casa avec inscriptions de Recanati, Ancône, san Ciriaco.

De la provenance de la sainte Maison de terre sainte posée sans fondation sur la colline entre Recanati et Ancône, ne demeure aucune certitude. Le peu de traces écrites qui subsistent sont sujettes à caution, car prises dans des querelles politico-religieuses et des transmissions orales contradictoires. Si des lettres gravées dans la brique-même de la sainte Maison semblent dérivées de l'alphabet araméen ou nabatéen, l’on retrouve le type-même d’habitat de la Santa Casa aussi bien au Moyen-Orient que dans la région des Marches ou de l'Ombrie.

 
Origines de la Translation.

Il faut attendre une vingtaine d’années pour qu'autour de la sainte Maison posée au cœur de la Magna Silva de Laureto en 1294 se crée un petit bourg. La première mention écrite faisant référence à Lorette remonte à 1315, quand il est fait allusion à un rustique sacellum visité par des fidèles pieux. Le petit village qui a grandi tout autour est appelé Villa Loreti. Dans la description Marchiae Anconitanae de 1360 par le cardinal Egidio albornoz, la Villa sanctae Mariae de Laureto est recensée parmi les Castra appartenant à la commune de Recanati. Cette dernière, déjà grand centre de la Marche d'Ancône, organisait chaque année une foire de grand attrait tant pour l’Italie du centre-nord que pour l’Europe. Le commerce, la curiosité et la dévotion mariale s'y mêlèrent. La piété populaire et le nombre de visiteurs augmentèrent à tel point qu’en 1437, la commune de Recanati nomma un capitaine de la Villa Loreti.

La basilique autour de la sainte MaisonModifier

Grandes étapes de la construction de la basiliqueModifier

Les sources semblent insuffisantes pour dater l'origine de la construction de la basilique : selon Giorgio Vasari, Piero della Francesca et Domenico Veneziano peignent la nouvelle sacristie en 1450 (probablement la Sacristie della Cura). Leur travail est interrompu par la peste. Seulement, selon Honoré Bouche, l’édification de la basilique débute sous Paul II en 1465. Autre source, autre date, dès 1468, par la volonté de Nicolò de Astis, évêque de Recanati, auraient commencé les grands travaux de la basilique-forteresse selon Gaetano Ferri. L’année suivante, en 1469, le Pape Paul II aurait donné une forte impulsion au chantier.

La grande construction de la basilique débute probablement à partir du projet du Vénitien Marino di Marco Cedrino, de style gothique-tardif-pré-renaissant. Ledit Marino di Marco Cedrino est nommé, en 1472, generali magistro et ingenjero ; il construit les murs maîtres et les piliers de l’abside à partir du bras sud du transept, et collabore à l'édification du sanctuaire jusqu’en 1476 ou 1477. Au gothique vénitien de Marco Cedrino succède le style renaissant de Giuliano da Maiano en 1482 auquel est supposé avoir pris part Francesco di Giorgio Martini.

La construction de la basilique se poursuit sous Sixte IV, Innocent VIII et Alexandre VI, et s’achève en 1510 sous Jules II, pape le plus impliqué dans l’édification des lieux.

 
Basilique primitive de Loreto à l’époque de Piero della Francesca
Fresques principalesModifier

Luca Signorelli y peint la Sacristie della Cura entre 1470 et 1480 avec l’aide de Girolamo della Genga da Urbino. Un peu plus tard, Melozzo de Forlì y réalise l’un des premiers sottinsù[8] en lévitation et la toute première coupole peinte de l’histoire de l’Art en la Sacristie de San Marco entre 1477 et 1479. À partir de 1480, le rayonnement du sanctuaire attire un nombre croissant d'habitants et de travailleurs. Un hôpital est alors construit pour les pèlerins venus de toute l’Europe. Entre 1480 et 1487, Giuliano da Maiano entreprend le Cammino di Ronda (chemin de ronde au-dessus des murs de la basilique), travaux poursuivis par Baccio Pontelli entre 1487 et 1492.

La façadeModifier
 
Place de la Madone de Lorette telle qu’en 1534 (?)

Un projet est commandé à l’architecte et polymathe de la région, Donato Bramante, qui se trouve à Loreto entre 1507 et 1509[9] ; le dessin original fut remanié dans le style de la fin de la Renaissance par Giovanni Boccalini, qui commença en 1571 la partie inférieure jusqu’à la corniche; il fut ensuite poursuivi par Giovan Battista Chioldi et terminé en 1587 par Lattanzio Ventura par la volonté du Pape Sixte V, dont le nom est écrit dans le rebord supérieur. Elle se présente en pierre blanche de l’Istrie, divisée verticalement en trois parties par quatre paires de piliers, pour suggérer les trois nefs intérieures.

L’habit de marbre de la sainte MaisonModifier

Véritable maison renaissante sur le modèle des sarcophages romains entourant l'antique maison sainte en briques, c’est Bramante qui en conçoit le plan. Leon X fait venir par mer en 1514 de Carrare et d’autres lieux d’Italie le marbre propre à sa construction. Andrea Sansovino et ses successeurs enrichissent la structure initiale de sculptures et de bas-reliefs. Antonio da Sangallo le jeune est chargé par Clément VII d’en terminer l’ouvrage de 1531 à 1538. "En cet ouvrage, ont travaillé en l’espace de vingt-quatre ans, quarante des plus grands sculpteurs qui se sont trouvés en Italie (...) ayant coûté en ce temps-là 26 692 écus (...) et tout autant les vingt statues des prophètes et sibylles (...) et les quatre portes d’airain de La Chapelle » H.Bouche. (1646)

La coupoleModifier

En 1499, Giuliano da Maiano et Benedetto da Maiano construisent le tambour octogonal de la coupole. Giuliano di Francesco da Sangallo y ajoute la calotte et en achève solennellement la construction le . La coupole, d’un diamètre de 22 mètres, fut, à la date de son achèvement, la deuxième plus grande réalisée à l’époque de la Renaissance, inférieure seulement à celle de Santa Maria Del Fiore de Florence, à laquelle Sangallo s'est manifestement inspiré, quatrième de l’époque après le Panthéon de Rome et Sainte-Sophie d’Istanbul.

Le palais apostoliqueModifier

 
Palais apostolique tel qu’en 1752, avec sa vingtaine de statues aujourd’hui disparues.

Commence en 1507, sous Jules II, l’édification du Palais Apostolique de Lorette conçu par l’Architecte et polymathe Donato Bramante présent sur les lieux. Le bâtiment doit en effet être pourvu de trois ailes ainsi que d'une double rangée d'arches de manière à entourer toute la place devant le façade de la Basilique. Le projet semble poursuivi par Antonio da Sangallo le jeune, interrompu durant les sacs de Rome et de Florence et repris en 1531. Le projet du palais apostolique est interrompu par Grégoire XIII, en 1581. Ce dernier ordonne la construction d'un collège illyrique sur le versant Ouest de la place pour accueillir les étudiants provenant d’Illyrie, mettant ainsi un terme au projet de Bramante. En 1643, le pape Urbain VIII tente d'exproprier les maisons situées au sud de la place pour prolonger la palais apostolique selon le projet de Bramante, en vain. En 1750, le palais apostolique a grosso modo l’aspect que l’on peut voir aujourd’hui, rehaussé cependant d’une vingtaine de sculptures à la manière de celles de Saint-Pierre de Rome.

Les RempartsModifier
 
Remparts

Dans un contexte de guerres vénéto-ottomanes, la Cité de Lorette est enceinte d'une muraille entre 1518 et 1521 par décision de Léon X et ce, d’après les dessins d'Antonio da Sangallo le Jeune. La muraille est flanquée de quatre bastions à la fin du XVIe siècle sous Sixte V qui conçoit pour la ville une extension monumentale inachevée (le secteur du Montereale constitue la partie encore visible du projet.)

Le nouveau campanileModifier

Œuvre de l'architecte Luigi Vanvitelli (auteur du palais royal de Caserte) est incorporé au palais apostolique entre 1750 et 1754 qui confère à l’ensemble architectural du sanctuaire l’aspect qu’il conserve encore aujourd’hui.

les chapellesModifier

L’on recense huit chapelles, dont la chapelle du Crucifix, la chapelle des Ducs d’Urbino, et les chapelles française, allemande, polonaise, slave, espagnole et suisse.

Inventaire des objets et pratiques cultuels de la Sainte MaisonModifier
 
Fête à l’occasion de l'entrée des monuments spoliés par Napoléon à Paris où se doit se trouver également la statue de Lorette (visibles sur la gravure les chevaux de saint Marc)
Reliques recensées depuis le XVII°siècleModifier
  • La Sainte Maison, ou Maison de la Vierge, couramment nommée la « Santa Casa », consistait en un ensemble de trois murs adossés à une grotte creusée dans un rocher (laquelle se trouve à Nazareth, dans la basilique dite « de l'Annonciation »). L'analyse pétrographique et architectonique aurait tour à

tour démenti puis confirmé l'origine palestinienne de l'édifice, dont les éléments rappellent fortement la taille de pierre des Nabatéens, une peuplade voisine des Hébreux. Les graffitis trouvés sur certains blocs de maçonnerie auraient été datés du IIe au Ve siècle. Cependant, l'étude des moellons a confirmé qu'ils épousent parfaitement les traces repérées sur la grotte de Nazareth. Il pourrait donc s’agir d’une église primitive construite ultérieurement à la supposée demeure virginale.

  • Sa statue, nommée parfois la sainte image, est une Vierge noire, due à des siècles de fumée de lampe. Comme la Sainte Maison, elle est associée à une série de miracles réels évoqués dans un certain nombre de récits de voyage (celui de Montaigne notamment). La statue d'origine datant probablement de la fin du XIIIe début XIVe siècle, a été dérobée par Joseph Villetard de Vincelles et Gaspard Monge de l’institut national[10], suite au traité de Tolentino, exposée à la Bibliothèque nationale de Paris, puis, restituée au pape Pie VII, elle retourne à son emplacement le [11] avant le concordat. Version plus prosaïque de la restitution : celle de T.M.Dumersan[12] . Elle brûle ensuite durant un incendie dans la nuit du 22 au [13] avant d’être remplacée par une nouvelle statue sculptée dans du cèdre du Liban provenant des jardins du Vatican[14], portant un manteau appelé dalmatique[13], elle fut modélisée par Enrico Quattrini et peinte par Leopoldo Celani[14],[13]. Celle-là-même qui est actuellement exposée.
  • Les citoyens de Recanati apposent sur la tête de la statue de la Vierge une triple couronne d’or que l’on appelle "Règne » et semblable à celle du Pape, en 1496. Ils font de même sur la tête de l’enfant Jésus. Les deux couronnes triples y demeurèrent jusqu’en 1643 remplacées par celles envoyées par Louis XIII et Anne d'Autriche en action de grâce pour la naissance de Louis XIV avec l’accord d'Urbain VIII.
  • Les reliques de la sainte Vierge complétaient la Santa Casa : Honoré Bouche[15] note, en 1646, que la sainte Maison renfermait une petite armoire ayant appartenu à Marie qui contenait des éléments de sa vaisselle. Une tunique en laine moirée de la Sainte Vierge ainsi que trois écuelles de vulgaire faïence appartenant à sa vaisselle étaient exposés dans la Santa Casa en 1797. Durant les spoliations napoléoniennes, ces reliques moins authentiques semble-t-il que chargées d’une forte valeur symbolique et affective ont alors été dérobées et envoyées à Paris. Dans les Mémoires historiques et secrets de l’Impératrice Joséphine, l’on apprend qu’après avoir envoyé la statue de la Madone au directoire, Napoléon garda pour lui les reliques de la Vierge[16]. Il offrit un morceau du manteau de Marie à Joséphine qui l’accepta et le plaça dans un médaillon. Il voulut lui offrir également l’une des trois écuelles ébréchée, mais elle refusa. Des reliques en possession de Napoléon, à l’exception de ce morceau de manteau, il est ensuite perdu toute trace.
  • Statue de la Madone de Lorette avec saintes reliques telle que dessinée en 1797 pendant les spoliations napoléoniennes. Le dessin relativement peu réaliste ne laisse pas penser qu’il puisse s’agir d’une statue du Trecento ou du Quattrocento.

  • Gravure représentant la statue de la Madone de Loreto en 1898, et conforme à une photographie de 1913 de la statue par Edward Hutton. Ce qui atteste que la statue emportée par Napoléon n’est plus la même que celle exposée avant l’incendie de 1921.

  • Le crucifix des apôtres d’un bois incorruptible placé au-dessus de la fenêtre par laquelle eut lieu l’Annonciation de l’Ange Gabriel[17].
Pratiques cultuelles propre à la Sainte Maison de LoretteModifier
  • Messes et litanies mariales furent approuvées au début du XVIIe siècle. Les Litanies de Lorette sont les litanies de la Bienheureuse Vierge Marie, l'une des cinq litanies approuvées pour la récitation publique par l'Église.
  • L'ornementation marmoréenne de la Maison originelle est une œuvre collective de la Renaissance. Elle ressemble à un sarcophage romain monumental, structure générale du célèbre architecte et peintre renaissant Donato Bramante, à l’intérieur de laquelle ont été ajoutée les sculptures de Andrea Sansovino, Baccio Bandinelli, Domenico Aimo da Bologna, Aurelio Lombardi, Giovanni Battista della Porta, Niccolo Tribolo, Francesco di Vincenzo da Sangallo. Les pèlerins en font jusqu’encore aujourd’hui le tour à genoux ; de cette pratique remontant au XVI°siècle, le marbre en conserve les traces d’usure.

ArtsModifier

 
Transport de la Sainte Maison de Lorette
Modèle pour le plafond perdu
de l'Église Santa Maria di Nazareth à Venise par
Giambattista Tiepolo, 1743
Gallerie dell'Accademia de Venise[18]

MusiqueModifier

Peinture et ArchitectureModifier

  • En , les troupes napoléoniennes dérobent la statue et les reliques de la Madone de Lorette exposées à l’intérieur de la Santa Casa. Suite audit Traité de Tolentino, Un grand nombre des statues en argent du trésor de la Santa Casa sont fondues, des tableaux envoyés à Paris. Une partie des biens dont la statue de la Madone elle-même sera restituée au Vatican en 1801, mais des peintures du Titien, de Bellini, de Guido Reni, de Carracci, Barocci, le Corrège, Andrea del Sarto n’ont jamais regagné la Basilique. Ni même les reliques de la Sainte Vierge, brisées lors du trajet et que Napoléon aurait donné négligemment à Joséphine comme preuve accablante d'une superstition populaire indigne des Lumières.
  • Au tout début du XIX°siècle, des peintres du mouvement nazaréen réalisent les fresques de plusieurs chapelles de la Basilique de la Santa Casa.
  • La Santa Casa est victime d'un incendie en 1921. La statue de la Madone est détruite ainsi qu'une grande partie des fresques du XIII°siècle à l’intérieur de la Santa Casa.
  • La nuit du 5 au , à 3h45, la Coupole de Giuliano da Maiano et Giuliano de Sangallo est bombardée, le cycle pictural interne de la coupole peint par Cesare Maccari qui avait remplacé les fresques de Cristoforo Roncalli dit le Pomarancio déjà détruites au XIX°siècle, est détruit. Elle est restaurée les années suivantes.
  • A l’occasion du Jubilé de l’an 2000, la Basilique inférieure ou Crypte des Saints Pèlerins, sous la Santa Casa a été remise à jour. La croix processionnelle a été créée par Valeriano Trubbiani et donnée par l’Ordre équestre du Saint Sépulcre de Jérusalem. La porte d’entrée où est représentée l’Annonciation à portes fermées, le Transport de la Sainte Maison et la Vierge lauréate à portes ouvertes, est l’œuvre de Massimo Aranci.
  • Durant l’année 2019-2020, la Coupole a fait l’objet d’une campagne de restauration, tant intérieure qu’extérieure.


Artistes dont les œuvres ont été recensées dans la Basilique.Modifier

En 1765, le graveur et dessinateur Charles-Nicolas Cochin recense à l’intérieur de la Basilique les oeuvres suivantes :

Peintures :

  • Le tableau d’Annibale Carracci, la Naissance de la Vierge aujourd’hui visible dans la galerie des peintures italiennes du Louvre[20].
  • L'Annonciation originale de Federico Barocci, aujourd’hui visible dans les musées du Vatican, alors présente dans la même chapelle où étaient présentes des peintures de Taddeo et Federico Zuccari.
  • La Cène de Simon Vouet n’était pas encore dans la pinacothèque du Palais apostolique mais dans la Basilique-même.
  • Trois Tableaux de Girolamo Muziano pour l’Autel de sainte Elisabeth.
  • Un tableau de Filippo Bellini dans La Chapelle de l’Enfant-Jésus.
  • Un tableau de Giovanni Baglioni dans La Chapelle du Secours.
  • Un tableau du Pomarancio dans La Chapelle saint Charles.
  • Une immaculée conception de Bellini ( ? probablement Filippo) et une Nativité de la Vierge de Giovanni Battista della Marca (Giovanni.Batt. di Monte Nuovo).

Fresques :


 
Madone de Lorette attribuée à Marco Palmezzano

Notes et référencesModifier

  1. « Les voyages du Seigneur de Villamont »
  2. Dante's Vita Nova: An Introductory Note, a Preface, and an Excerpt by Andrew Frisardi, from Poetry Daily.
  3. Yves-Marie Bercé, À Lorette, en Italie, la plus extraordinaire relique de la chrétienté, Canal Académie, 21 août 2011.
  4. Benoît XVI vers la rencontre avec les jeunes à Lorette
  5. A Lorette Benoît XVI a mis ses pas dans ceux de Jean XXIII, La Croix, 4 octobre 2012
  6. Vatican News, « Le Pape à Notre-Dame de Lorette », sur vaticanes.va, -, (consulté le 6 avril 2020)
  7. DAF Marquis de Sade, Voyage d'Italie, Paris, Maurice Lever éditions Fayard, , p.305-306 p., Note sur Lorette
  8. Raccourci de perspective utilisé par les designers et les peintres pour représenter une figure, un objet observé d'en bas, en perspective verticale et non horizontale.
  9. (de + fr) Von Bar. Heinrich von Geymüller, Die ursprünglichen Entwürfe für Sanct Peter in Rom von Bramante ..., Volume 1, Vienne et Paris, Lehmann und Wentzel / Verlad von J.Baudry, , 380 pages p. (lire en ligne), Pages 93 à 97
  10. sous la direction de Noël des Vergers et Léon Renier, Complément de l’encyclopédie moderne - dictionnaire abrégé des sciences, des lettres, des arts, 56 rue Jacob, Paris, Firmin Didot frères, (lire en ligne), Tome 7°.
  11. Walter Scott, « Vie de Napoléon Buonaparte, empereur des français », tome 6° - Ed.Charles Gosselin. Paris,‎ , p. 143-144 (lire en ligne).
  12. T.M.Dumersan, Histoire du cabinet des Médailles antiques et pierres gravées., rue neuve des petits champs, Marion du Mersan, (lire en ligne), p. 174.
  13. a b et c « Santuario della Santa Casa di Loreto », sur www.santuarioloreto.it (consulté le 1er juin 2019).
  14. a et b « Loreto, Italie : visite de la cathédrale et la Sainte Maison de Marie à Lorette », sur italythisway.com (consulté le 1er juin 2019).
  15. (fro) Honoré Bouche, LA Sainte Vierge de Laurete, Paris, Claude Le Beau, mdcxxxxvi, 257 pages p. (ISBN 978 201 284 9969, Gallica), p-97-99
  16. Melle M.A.Lenormand, Mémoires historiques et secrets de l’impératrice Joséphine, Marie-Rose Tascher de la Pagerie, première épouse de Napoléon Bonaparte - Tome 1er - seconde édition, Paris, Dondey Dupré, père et fils, imp-lib., , 463 pages p. (lire en ligne), p. 326-327.
  17. J-A-S Colline Plancy, Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeuses, Tome 1°, 23 bd Montmartre Paris, Guien et compagnie, Libraires, , 450 p. (lire en ligne), p 202.
  18. Gallerie dell'Accademia
  19. Galerie de l'Académie
  20. (it) Conte Carlo Cesare Malvasia, Felsina Pittrice : Vite de’Pittori Bolognesi, Volume I., Bologne, Guido All'Ancora, , 414 pages p. (lire en ligne), p.359


 
Panorama de la place de la Madone

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Par ordre chronologique de publication :

  • Pietro di Giorgio Tolomei, prévôt de Teramo, Translatio miraculosa ecclesiae Beatae Mariae Virginis de Loreto, 1472.
  • La Saincte Vierge de Laurete, Histoire des Divers tranfports de la Maison de la glorieufe Vierge Marie qui eftoit en Nazareth., par Honoré Bouche, Docteur en Saincte Théologie et Prévoft de Sainct Jacques., ed.Claude LeBeau, Paris, 1646.
  • Pietro Valerio Martorelli, Teatro istorico della Sana Casa nazarena della B. Vergine Maria e sua ammirabile translazione in Loreto, III, Rome, Stamperia di Antonio de’ Rossi, 1732, p. 411-413.
  • Vincenzo Murri, Relazione Istorica delle Prodigiose Traslazione della Santa Casa di Nazarette ora venerata in Loreto, ed.Fratelli Rossi, Loreto, 1841
  • Antonio Riccardi, Storia apologetica della santa Casa a Loreto, Stamperia Mazzoleni, Bergamo, 1842
  • Gaetano Ferri, La Santa Casa di Nazareth e la Città di Loreto descritte storicamente e disegnate da Gaetano Ferri, ed.Cortesi, Macerata, 1853
  • Chanoine Ulysse Chevalier, Notre-Dame-de-Lorette, Étude critique sur l'authenticité de la Santa Casa, Alphonse Picard & fils libraires, Paris, 1906, 519 pages (notice BnF no FRBNF36023584) (lire en ligne)
  • Kathleen Weil-Garris, « The Santa Casa di Loreto: Problems in Cinquecento Sculpture », thèse de doctorat, Harvard University, 1965
  • Floriano Grimaldi, La basilica della Santa Casa di Loreto. Indagini archeologiche, geognostiche e statistiche, Pieve Torina, imprimerie Mierma, 1986.
  • Silvio Serragli, La Santa Casa Abbellita, Loreto, Paolo e Giovanni Battista Serafini Fratelli, 1639, p. 44 ; Floriano Grimaldi, Il Libro Lauretano. Secoli xv-xviii, Loreto, Tecnostampa di Loreto, 1994, p. 133, 138.
  • Giuseppe Santarelli, « Vicende storiche della Basilica di Loreto », dans Monelli et Santarelli, 1999, cités n. 2, p. 7-50.
  • Floriano Grimaldi et al., L’Ornamento marmoreo della Santa Cappella di Loreto, Loreto, Tecnostampa di Loreto, 1999.
  • Nanni Monelli, Giuseppe Santarelli, La Basilica di Loreto e la sua reliquia, Ancône, Aniballi Grafiche s.r.l., 1999.
  • Marco Moroni, L’Economia di un grande santuario europeo. La Santa Casa di Loreto tra basso Mediovevo e Novecento, Milan, Franco Angeli s.r.l., 2000
  • Yves-Marie Bercé, Lorette aux XVIe et XVIIe siècles : histoire du plus grand pèlerinage des Temps modernes, PU Paris-Sorbonne, Paris, 2011 (371 p.) (ISBN 978-2840507529)
  • Giuliana Buttini, Ma vie à Nazareth, messages de la Vierge Marie 1973-2003, Editions du Parvis, Suisse, 2011, 610 pages
  • Marco Moroni, « Entre histoire économique et histoire des mentalités : aumônes et objets de dévotion dans la ville-sanctuaire de Lorette (XVe-XXe siècle) », dans Albrecht Burkardt, L'économie des dévotions: Commerce, croyances et objets de piété à l'époque moderne, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2016, p. 39-67, (ISBN 978-2-7535-4890-9) (lire en ligne)
  • Hervé Roullet, Les sept demeures de Marie, Nazareth, Jérusalem, Ephèse, Lorette..., Paris, 2018, 368 pages (ISBN 978-2-9563-1370-0)


 
Madone de Lorette par Joseph Heintz le jeune (1560/78)

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