Marches

région d'Italie centrale

Marches
(it) Marche
Blason de Marches (it) Marche
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Chef-lieu Ancône
Provinces 5
Communes 228
Président
Mandat
Francesco Acquaroli (FdI)
2020-2025
NUTS 1 ITE (Italie centrale)
ISO 3166-2 IT-57
Démographie
Population 1 528 210 hab. (2018[1].)
Densité 163 hab./km2
Langues officielles italien
Géographie
Superficie 940 138 ha = 9 401,38 km2
Localisation
Localisation de Marches(it) Marche
Liens
Site web regione.marche.it

Les Marches (en italien le Marche [ˈmarke]) sont une région d'Italie centrale dont le siège se situe sur les bords de l’Adriatique, dans la ville portuaire d'Ancône, et qui compte 1 528 210 habitants sur 9 401,38 km2 au [1].

Elle est divisée en cinq provinces, celles d'Ancône, de Macerata, de Pesaro-Urbino, d'Ascoli Piceno et de Fermo, situées entre la chaîne des Apennins et la mer Adriatique.

HistoireModifier

Les PicéniensModifier

La première période d’unité culturelle des Marches a eu lieu à l’âge du fer, quand la région était habitée presque entièrement par les Picèniens. La propagation de la civilisation picène marque le passage de l’âge du bronze à celui du fer, ainsi que le passage à l’Histoire, avec l’introduction de l’écriture.

Les témoignages laissés par cette civilisation sont très riches et fortement caractérisés, en particulier dans la sculpture, parfois de dimension monumentale, dans l’Art figuratif, par une imagination remarquable des figures produites et une tendance à l’abstraction, dans l’originalité des formes de la céramique, dans l’utilisation abondante de l’Ambre, dans la grande variété d’armes, dans les kits féminins voyants. La langue de la plupart des inscriptions est italique et dite Sud-picène; quatre inscriptions retrouvées atteste de l’existence d'une énigmatique Langue de Novilara.

AntiquitéModifier

Les Grecs fondent Ancône et s’établissent sur quelques territoires voisins au IVe siècle av. J.-C. Grecs et romains ont alors des échanges commerciaux. Ancône est annexée par les Romains au IIIe siècle av. J.-C. et les Marches sont envahies par le peuple gaulois des Sénons qui fondent Senigallia. Il en demeure des vestiges en particulier à Fano et à Ancône. Ces derniers sont chassés par les Romains avec l'aide des Picéniens, qu'ils défont ensuite vers 300 av. J.-C.

 
Fragment de cratère attique datant du Ve siècle av. J.-C. (Pesaro).

Période médiévaleModifier

Après la chute de l'Empire romain d'Occident lors des migrations germaniques, se produit l'invasion des Ostrogoths . Au haut Moyen Âge, les villes d'Ancône, Fano, Pesaro, Rimini et Senigallia forment la Pentapole d’Italie avant de devenir le théâtre d'affrontements de deux maisons seigneuriales : les Malatesta de Rimini, et les Montefeltro d'Urbino[2].

C’est au Xe siècle, sous les Ottoniens qu’est apparu le nom de « Marca » (du germanique marka « signe de frontière »).

Au IXe siècle, les nombreuses razzias des Sarrazins expliquent l’installation, le long des côtes, sur les hauteurs des collines, de nombreuses forteresses et villes fortifiées, et plus particulièrement dans la moitié sud de la région.

Au XIIe siècle des communes libres se constituent et la région voit l'affrontement entre Gibelins et Guelfes[2].

Les Marches deviennent durant le XIIIe siècle l’une des terres de prédilection des communautés franciscaines naissantes[3] qui luttent contre la surpopulation et le désordre alimentaire.

RenaissanceModifier

C'est à la Renaissance pour que la République d'Ancône, république maritime apporte la prospérité. cette dernière s'émancipe du marquisat d'Ancône et s'enrichit du commerce avec l'Orient, malgré la redoutable concurrence Vénitienne.

L’archéologue Cyriaque d'Ancône nait alors à Ancône.

Les Marches font partie des territoires des États pontificaux de 1532 et 1860[2].

RisorgimentoModifier

Durant cette période, elle donne naissance à neuf papes qui contribuent pour la plupart au renouveau urbanistique et architectural de ses villes.

À la suite de l'invasion française au début du XIXe siècle, et après quelques vicissitudes (création de la République cisalpine, annexion à Naples, tentatives de Murat), le congrès de Vienne structure la région en cinq provinces dont les chefs-lieux sont : Ancône, Ascoli Piceno, Fermo, Macerata et Pesaro).

Une bataille décisive du Risorgimento a lieu en 1860 à Castelfidardo, où Enrico Cialdini défait les troupes pontificales du général Lamoricière : elle permet l'union des territoires du Sud, libérés (ou conquis) par Garibaldi et de ceux du Nord, dépendants du roi Victor-Emmanuel II[2].

Période contemporaineModifier

GéographieModifier

 
Altimétrie des Marches.

La région des Marches se situe au centre-est de l'Italie, le long de la mer Adriatique, entre la Romagne au Nord, l'Ombrie et la Toscane à l'Ouest et les Abruzzes au Sud.

Elle est bordée par la dorsale des Apennins (Appennino Umbro) à l'ouest : l'altitude y varie de 1 702 m au monte Catria au centre-nord à 2 472 m dans les monts Sibyllins au sud au monte Vettore.

Le paysage se compose de :

Monts et lacs des MarchesModifier

  • 45 cours d'eau dont 18 fleuves côtiers dépassant à peine 100 km de longueur (Foglia, Métaure, Esino, Misa, Chienti, Tenna, Tronto...) qui viennent plonger directement dans la mer Adriatique.

AdministrationModifier

 
Les cinq provinces des Marches.

Au , la région des Marches est divisée en cinq provinces[2] :

NatureModifier

La région partage avec l'Ombrie le parc national des Monts Sibyllins[4], institué en 1993 et caractérisé par une grande variété de paysages et d’animaux.

Les Marches partagent, avec les Abruzzes et le Latium, le parc national du Gran Sasso e Monti della Laga, institué en 1991[4].

 
Urbino en hiver.

La commune d'Arquata del Tronto est comprise au Nord et au Sud dans ces deux parcs[5].

Les Marches disposent de quatre parcs régionaux :

  • parc naturel régional des Gorges de la Rossa et des Grottes de Frasassi[6] ;
  • parc naturel du Sasso Simone et Septmoncel ;
  • parc naturel régional du Mont San Bartolo.

Elles abritent six réserves naturelles dont trois nationales et trois régionales :

  • réserve naturelle nationale des Gorges du Furlo[7] ;
  • réserve naturelle nationale de l'Abbaye de Fiastra ;
  • réserve naturelle nationale de la Montagne de Torricchio ;
  • réserve naturelle régionale du Mont San Vicino et du Mont Canfaito[8] ;
  • réserve naturelle régionale Ripa Bianca di Jesi ;
  • réserve naturelle régionale della Sentina[9].

Elles comptent 27 zones de protection spéciale Natura 2000[10].

SismicitéModifier

 
Effet du tremblement de terre de 2016 sur un édifice hors du centre de la ville universitaire de Camerino, moindrement touchée au regard d’autres villes et villages de la région. L’ensemble du centre-ville de Camerino était encore fermé à la population en août 2019.

Le territoire est sujet aux tremblements de terre : en effet, en 2006, 97,3 % de la région, soit 230 municipalités, a été classée comme étant à risque moyen ou élevé[11].

En 2016 et 2017, les provinces de Macerata, Fermo et Ascoli Piceno ont été frappées par une longue série de tremblements de terre atteignant des magnitudes au-delà de 6.0 sur l’échelle de Richter.

Les villes d’Amandola, Acquasanta Terme, Arquata del Tronto, Comunanza, Cossignano, Force, Montalto delle Marche, Montedinove, Montefortino, Montegallo, Montemonaco, Palmiano, Roccafluvione, Rotella, Venarotta, Acquacanina, Bolognola, Castelsantangelo sul Nera, Cessapalombo, Fiastra, Fiordimonte Gualdo, Penna San Giovanni, Pievebovigliana, Pieve Torina, San Ginesio, Sant'Angelo in Pontano, Sarnano, Ussita ont été les plus touchées. Et les dommages sont encore visible en 2020.

Les villes d'Urbisaglia, Apiro, Appignano del Tronto, Ascoli Piceno, Belforte del Chienti, Belmonte Piceno, Caldarola, Camporotondo di Fiastrone, Castel di Lama, Castelraimondo, Castignano, Castorano, Cerreto D’esi, Cingoli, Colli del Tronto, Colmurano, Corridonia, Esanatoglia, Fabriano, Falerone, Fiuminata, Folignano, Gagliole, Loro Piceno, Macerata, Maltignano, Massa Fermana, Matelica, Mogliano, Monsapietro Morico, Montappone, Monte Rinaldo, Monte San Martino, Monte Vidon Corrado, Montecavallo, Montefalcone Appennino, Montegiorgio, Monteleone, Montelparo, Muccia, Offida, Ortezzano, Petriolo, Pioraco, Poggio San Vicino, Pollenza, Ripe San Ginesio, San Severino Marche, Santa Vittoria in Matenano, Sefro, Serrapetrona, Serravalle del Chienti, Servigliano, Smerillo, Tolentino et Treia ont également subi des dégâts importants. Les moyens attribués à la reconstruction sont insuffisants et inadaptés au vu des besoins[12],[13].

DémographieModifier

Les Marches comptent 1 470 581 habitants dont la tranche d'âge se trouve en majorité entre 30 et 54 ans, aussi bien chez les hommes que chez les femmes (16 %).

9 % de la population est d'origine étrangère, et contribue à entretenir la jeunesse dans la région puisque 51 % des immigrés ont entre 15 et 39 ans. Parmi ces immigrés, plus de 58 % proviennent du continent européen et 21 % d'entre eux proviennent du continent africain, avec en majorité les nationalités albanaise, roumaine et marocaine.

PolitiqueModifier

Les Marches constituaient l'un des bastions de la gauche italienne.

À l'issue des élections régionales de 2010, le conseil régional des Marches est composé de quinze élus du Parti démocrate, douze élus du Peuple de la liberté, quatre élus de l'Italie des valeurs, trois élus de l'Union de Centre, deux élus de la Ligue du Nord, un élu de la Fédération de la gauche, un élu de l'Alliance réformiste, un élu de Gauche, écologie et liberté, un élu de l'Alliance pour l'Italie et un élu de la Fédération des verts.

En 2020, a été élu président de la région Francesco Acquaroli du parti de droite des Frères d'Italie[14].

ÉconomieModifier

L'économie de la région consiste principalement dans un éventail de PME industrielles distribuées sur l'ensemble du territoire.

  • Industrie de la Chaussure, avec de nombreux emplacements dans les provinces de Fermo, Macerata et d'Ascoli ;
  • Industrie du Meuble et celle de la Mécanique à Pesaro ;
  • Entreprises viticoles des Castelli de Jesi, patrie du fameux Verdicchio ;
  • Industrie navale de Fano et Ancône ;
  • Activité touristique, avec des centres balnéaires et artistiques[2].

La région reste relativement enclavée, ne disposant pas de ligne TGV, avec un petit aéroport international mal desservi, celui d'Ancône-Falconara.

L’autoroute A14 de Bologne à Tarente dessert les localités de villégiature.

CultureModifier

  • La quantité de musées et de bibliothèques rapportée au nombre des Villes de la région est une des plus importantes d’Italie.
  • L’ensemble de la région regorge de petites villes médiévales aux fondations romaines que les habitants célèbrent par un grand nombre de fêtes et de reconstitutions historiques.
  • Ces petites cités de briques ocre jaune — 28 villages sont recensés au titre des plus beaux villages d’Italie — sont pour la plupart cernées de remparts à l’intérieur desquels rivalisent lieux commerçants et lieux de pouvoir, petites places traversées d’anciennes voies romaines et centrées de fontaines renaissantes, palais d’anciennes familles patriciennes, théâtres du Risorgimento, édifices religieux et sièges ecclésiastiques de première importance.

Personnalités des MarchesModifier

 
Armoiries de Sixte V figurant au plafond de l’escalier jouxtant la chapelle Sixtine.

La région des Marches fut un pôle culturel et religieux majeur de l’Europe des XIIIe et XVIIe siècles, elle a en outre vu éclore des Génies comme le peintre renaissant Raphaël, l’Architecte et polymathe de la Renaissance Bramante, le compositeur baroque Pergolèse, le compositeur d'Opéra Gioachino Rossini, l’un des fondateurs du mouvement romantique Giacomo Leopardi, l’inventeur de l’Archéologie moderne Cyriaque d'Ancône mais également des figures historiques comme l’ami et rival de Jules César : Pompée, l'Empereur du saint Empire connu comme la Stupeur du Monde : Frédéric II de Hohenstaufen, ainsi qu’un nombre important d’Artistes, écrivains, hommes politiques, scientifiques, dont les trésors demeurent encore et pour partie dans la région, citons :

Peintres, architectes et musiciensModifier

Écrivains et philosophes nés dans les MarchesModifier

Politiques et religieux nés dans les MarchesModifier

 
Polyptyque de la Madone et des Saints, 1348 env. Allegretto Nuzi, Fabriano.

Quelques personnalités originaires des MarchesModifier

(Catégorie:Naissance dans les Marches)

Beaux-ArtsModifier

Exemples d’œuvres d'art conservées dans les MarchesModifier

Bien que la grande partie des œuvres d’art de la région peuple désormais les plus grands musées du monde les Marches conservent un patrimoine artistique, archéologique, architectural, religieux et culturel, qu’il s’agisse des vestiges de l’époque des colonies grecques, romaines, de l’architecture et de l’art gothique cistercien, de la Renaissance ou du Risorgimento.

Exemple d'Œuvres marchisanes consignées hors des MarchesModifier

Peintres, musiciens et autres personnalités ayant œuvré à l’essor culturel de la région.

Appartenant jadis aux États pontificaux, Les Marches portent également les traces du travail de célèbres peintres tels que Piero della Francesca, Paolo Uccello, Guido Reni, Lorenzo Lotto († Loreto), le Titien, Guercino, Orazzio Gentileschi, Carlo et Vittorio Crivelli, Luca Signorelli, Melozzo de Forlì, Pinturicchio, Palma le jeune, Antonio Solario, Justus van Gent, Giovanni Bellini, Giuliano da Maiano, Giuliano da Sangallo, Antonio da Sangallo le Jeune, Marino di Marco Cedrino, Pietro da Rimini, Claudio Ridolfi, Andrea Boscoli, Cristoforo Roncalli, Pietro Alemanno, Eusebio da san Giorgio, Bernardino di Mariotto.

ArchitectureModifier

Outre Fabriano, ville membre du réseau des 116 villes créatives mondiales de l’UNESCO, et Urbino inscrite au patrimoine mondial de l’humanité.

La petite région des Marches compte 28 châteaux, 38 théâtres dont le fameux sferisterio de Macerata, 26 cités ceintes de remparts ou forteresse zoomorphes réalisées par des architectes renaissants de renom, citons Antonio da Sangallo le Jeune, Giuliano da Maiano, Luciano Laurana ou Francesco di Giorgio Martini (un des maîtres de Léonard de Vinci), mais aussi plus de 90 musées, 46 abbayes, 183 sanctuaires et plusieurs milliers d’églises. (Cf. l'article Églises dans les Marches)

Les Marches, pôle de la Majolique européenne à la RenaissanceModifier

Les Majoliques d'Urbino et Casteldurante (actuelle Urbania) sont probablement les Majoliques les plus inventives de tous les temps. Déployant des trésors de sophistications ornementales, des thèmes mythologiques, religieux ou grivois, le savoir-faire des Marches a été exporté par la suite en France et aux Pays-Bas.

Monuments et patrimoineModifier

Musées principauxModifier

Édifices religieuxModifier

(lire l’article : « Églises dans les Marches » )

Châteaux et ForteressesModifier

(lire l’article : « Châteaux et forteresses dans les Marches ».)

Fresques d'Ars SacraModifier

Nombreux sont les édifices religieux à conserver des fresques médiévales et renaissantes. Concernant les sites de première importance, citons :

Prédelle du Miracle de l’hostie profanée de Paolo Uccello à Urbino

Lorenzo Lotto et les MarchesModifier

 
Lorenzo Lotto par lui-même.

Dans la région des Marches, l’on trouve, disséminée sur tout le territoire, des œuvres majeures de la maturité du grand peintre renaissant Lorenzo Lotto :

Principaux Sites Archéologiques romains et Vestiges AntiquesModifier

CommunesModifier

Les communes principales, capitales des provinces sont au nombre de six (avec Pesaro/Urbino) :

Villes d'artModifier

Plus beaux villages d’ItalieModifier

Villes fortifiéesModifier

Autres villes et villages d'intérêtModifier

VillasModifier

TourismeModifier

Les Marches comportent 180 km de côtes, de nombreuses plages, 26 localités en bord de mer Adriatique, le port maritime d'Ancône et neuf ports de plaisance ; une chaîne montagneuse aux nombreux sommets supérieurs à 2 000 m, 35 pistes de ski réparties sur quatre stations, 500 places et plus de mille monuments significatifs ; une centaine de villes d'arts, 28 villages classés parmi les plus beaux Villages d'Italie par l’Association nationale italienne ANCI, des milliers d'églises, dont 200 romanes, et 163 sanctuaires, 34 sites archéologiques romains et médiévaux, 71 théâtres historiques ; la plus grande densité, en Italie, de musées et de pinacothèques (265 sur 265 communes), 315 bibliothèques qui gardent plus de quatre millions de livres ainsi que de nombreuses aires protégées dont 2 parcs nationaux, 4 réserves naturelles et 15 forêts domaniales.


Festivals, événements culturelsModifier

L'année des Marches est ponctuée par un grand nombre de fêtes religieuses, médiévales, de foires locales culturelles et culinaires. Pratiquement chaque commune de la région possède son Palio, l’épreuve-phare de ces journées de fêtes se décline sous une forme spécifique pour chacune des villes de la région, lui conférant son identité-propre. Par exemple : La corsa del Drappo à Lorette est une course de côte pour chevaux, le Palio san Giovanni à Porto Recanati est une épreuve consistant à parcourir la Ville en portant un plateau rempli de poissons, le Palio storico dell'oca de Cagli est une course médiévales d’oies domestiques, le Palio delle Botti à Montefiore dell'Aso consiste à monter un tonneau de vin en haut de la ville, le quartier vainqueur remporte le droit de boire les tonneaux des adversaires : autant de Palii, donc, que de communes.

Événements d’envergure nationale ou internationaleModifier


Calendrier des festivités régionalesModifier

ReligionModifier

 
Statue de la Madone sur la façade de la basilique de la Santa Casa.
  • Le cœur religieux non seulement des Marches mais de l'Europe entière fut, durant trois siècles, le sanctuaire de Loreto, lieu originel du culte lié à la Sainte Maison de Lorette, dont les murs, rapportés de Terre sainte, ont été témoins de l'Annonciation, et où l'on vénérait, depuis le Moyen Âge jusqu’en 1797, les saintes Reliques de la Vierge Marie. Parmi les personnalités liées au culte marial de Lorette figurent le philosophe humaniste et théologien Érasme[27] qui composa une messe « à succès » en l'honneur de la Madone de Lorette, Wolfgang Amadeus Mozart composa, après avoir séjourné à Lorette, ses Litaniae Lauretanae. Montaigne, qui y laissa un ex-voto assista au miracle de Michel Marteau. René Descartes s'y rendit également en pèlerinage en 1623 en action de grâce pour le songe qu'il rapporte dans ses Olympiques[28], et qui est à l'origine de sa Mathesis universalis. Citons également Chateaubriand dont la femme fit à genou l'ascension de la scala santa. Lorette fut pendant plus d'un siècle le lieu du pèlerinage le plus important de la chrétienté en Occident. Il provoqua ainsi l'afflux de pèlerins de toute l'Europe, de nombreux personnages y adressèrent leurs prières (Anne d'Autriche, les marins de Christophe Colomb rescapés d'une tempête en 1493 dont est encore visible un ex-voto), des rois et reines ainsi que de grands aristocrates y envoyèrent des procureurs (émissaires chargés de faire le pèlerinage à leur place). Plus surprenant, le Marquis de Sade y séjourna[29].
  • La fête de la Madone de Lorette a lieu tous les depuis le XVIe siècle.

Quelques proverbes en dialecte des MarchesModifier

  • Chi ha i dent, ‘en c’ha ‘l pan; chi ha ‘l sacc, ‘en c’ha ‘l gran. (Qui a des dents n’a pas de pain, qui a un sac n'a pas de grain.)
  • Co li denti mia ce magna più lu dentista che io. (Avec mes propres dents, le dentiste mange plus que moi.)
  • Sci nasci purittu, morì anchi straccu. (L’on naît pauvre et en plus on meurt fatigué.)
  • La vita è comme ‘na cipolla: più la sfoglj più te fa piagne. (La vie est comme un oignon, plus nous l’épluchons, plus nous pleurons.)
  • Quanno parlà li quatrì, la veretà la fa zitti. (Quand l’argent parle, la vérité se tait.)
  • Cassa da mortu, vestitu che nun fa ‘na piega. (Le cercueil est l’unique habit qui ne fait pas de pli.)
  • Ne sa più un cojó a casa sua che cento saputi a casa d’ardri. (En sait plus un couillon en sa propre maison que cent savants en celles des autres).
  • 'Gni cend'anni de storia, mille vergogne e 'na gloria. (Tous les cent ans d’histoire, mille hontes font une Gloire.-

Notes et référencesModifier

  1. a et b (it) Dato Istat, population résidente au .
  2. a b c d e f et g (it) « Marche », sur treccani.it (consulté le ).
  3. Les Fioretti de Saint François d'Assise, Paris XIX, Editions Points, , 400 p. (ISBN 978-2-7578-5024-4).
  4. a et b « Marches », sur fr.turismo.marche.it (consulté le ).
  5. (it)Narciso Galiè e Gabriele Vecchioni Arquata del Tronto - il Comune dei due Parchi Nazionali, Società Editrice Ricerche s. a. s., Via Faenza 13, Folignano (AP), Stampa D'Auria Industrie Grafiche s.p.a., Sant'Egidio alla Vibrata (TE), Edizione marzo 2006, p. 7, (ISBN 88-86610-30-0).
  6. (it) « Le parc naturel de Rouge et de la Gorge Frasassi: zone Fabriano «  Nostra Italia », sur nostraitalia.it (consulté le ).
  7. https://www.riservagoladelfurlo.it
  8. (it) Anna Scoppola, « Flora vascolare della Riserva Naturale Monte Rufeno (Viterbo, Italia centrale) », Webbia, vol. 54, no 2,‎ , p. 207–270 (ISSN 0083-7792 et 2169-4060, DOI 10.1080/00837792.2000.10670680, lire en ligne, consulté le ).
  9. (it) « réserve naturelle de Sentina », sur fr.turismo.marche.it (consulté le ).
  10. (it) « Diario del viaggio in Italia di Aleksandr, Pavel e Pëtr Demidov (20 gennaio-8 febbraio 1758) », dans I Demidov fra Russia e Italia. Gusto e prestigio di una grande famiglia in Europa dal XVIII al XX secolo, Casa Editrice Leo S. Olschki s.r.l. (ISBN 9788822270467, lire en ligne), p. 5–16.
  11. (it) protezionecivile.it, « Classificazione 2006_perRegione », sur web.archive.org, (consulté le ).
  12. (it) « Gli eventi sismici del 2016-2017 in Italia centrale », sur camera.it, 31 juillet 2020 - (consulté le ).
  13. (it) Lucio Luca, « Quattro anni dopo il terremoto di Amatrice, finito solo l'8% degli interventi pubblici », sur rep.repubblica.it, (consulté le ).
  14. « Élections en Italie : l’extrême droite progresse dans les Marches », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne).
  15. « Casa Raffaello, Urbino », sur casaraffaello.com (consulté le ).
  16. a et b (it) « Fondazione Pergolesi Spontini - Teatro, lirica e prosa », sur Fondazione Pergolesi Spontini (consulté le ).
  17. Bruno Somalvico, « La Voce et la reformulation de l'identité culturelle italienne », Cahiers Georges Sorel, vol. 5, no 1,‎ , p. 131–141 (ISSN 0755-8287, DOI 10.3406/mcm.1987.950, lire en ligne, consulté le ).
  18. (it) « Casa Leopardi » (consulté le ).
  19. Arasse, Daniel, 1944-2003., L' homme en jeu : les génies de la Renaissance, Hazan, (ISBN 978-2-7541-0427-2 et 2754104275, OCLC 699937528, lire en ligne).
  20. (it) « Cinema e Pennello », sur cinemaapennello.it.
  21. (it) Raimondo Fugnoli, Silvio Sorcini et Alberto Monti, « Les lieux du Silence », sur https://www.iluoghidelsilenzio.it.
  22. (it) « Domus del Mito », sur comune.santangeloinvado.pu.it (consulté le ).
  23. (it) fondation Pergolèse-Spontini, « Fondation Pergolèse-Spontini ».
  24. (it) Cinematica Festival d'Ancône, « Cinematica Festival ».
  25. Carnaval de Fano, « Carnaval de Fano ».
  26. (textes anonymes autour de Saint François d’Assise), Les Fioretti de Saint François - suivis d’autres textes de la tradition franciscaine., Paris, Editions franciscaines, , chapitre 40 à 53.
  27. Augustin Renaudet, Erasme et l'Italie. Nouvelle édition corrigée : Préface de Silvana Seidel Menchi, Librairie Droz, , 450 p. (ISBN 978-2-600-00509-8, lire en ligne).
  28. Les Olymiques de Descartes, Librairie Droz (ISBN 978-2-600-04627-5, lire en ligne).
  29. Marquis de Sade, Voyage d’Italie, Paris, Fayard, , « Note sur Lorette, p. 305-306, cité dans : François Moureau (professeur emérite de l’université Paris-Sorbonne), « Le Pèlerinage à Lorette de quelques voyageurs français entre Renaissance et Lumières » (consulté le ).
  30. « Gallery », sur www.vatican.va (consulté le ).
  31. (it) « Papa Francesco a Loreto accolto da migliaia di fedeli - Vatican News », sur www.vaticannews.va, (consulté le ).
  32. (it) « Papa Francesco è a Camerino - Vatican News », sur www.vaticannews.va, (consulté le ).
  33. « La région italienne des Marches se réjouit d'accueillir le Pape François - Vatican News », sur www.vaticannews.va, (consulté le ).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Christine Delplace, La Romanisation du Picénum : l'exemple de l'Urbs Salvia, Rome, École française de Rome, coll. « Publications de l'École française de Rome » (no 177), , 444 p. (ISBN 2-7283-0279-0, lire en ligne).
  • Ancône et Province, et Le Marche, guide photographique aux éditions Plurigraf.
  • Itinerari della fede, Regione Marche, assessorato al turismo.
  • Il quaderno delle Marche, Appunti sullo statuto della Regione, Conseil régional des Marches, 1983.

Articles connexesModifier

Administratif
Architecture
Communes
Fleuves
Histoire
Personnalités nées dans les Marches
Personnalités ayant œuvré pour la région
Musées principaux
Arts, sciences et techniques

Liens externesModifier