Ouvrir le menu principal

Edmund Hillary

alpiniste, vainqueur de l'Everest en 1953
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hillary.
Edmund Hillary
Edmund Hillary, c. 1953, autograph removed.jpg
Edmund Hillary (vers 1953).
Fonction
Ambassadeur de Nouvelle-Zélande au Népal (d)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 88 ans)
Auckland City (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Edmund Percival HillaryVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Conjoints
Louise Mary Rose (d) (de à )
June Mulgrew (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Peter Hillary (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Conflit
Distinctions
signature d'Edmund Hillary
signature

Edmund Percival Hillary est un alpiniste, explorateur et philanthrope néo-zélandais né le à Auckland et mort dans cette même ville le . Le , lors d'une expédition britannique dirigée par le général de brigade John Hunt, Edmund Hillary et le sherpa Tensing Norgay sont les premiers hommes à avoir gravi l'Everest. De 1985 à 1988, il exerce les fonctions de haut-commissaire de la Nouvelle-Zélande en Inde et au Bangladesh et, simultanément, d'ambassadeur au Népal.

Hillary s'intéresse à l'alpinisme à l'école secondaire et fait sa première ascension majeure en 1939, atteignant le sommet du mont Ollivier. Il sert dans la force aérienne royale néo-zélandaise en tant que navigateur pendant la Seconde Guerre mondiale. Avant l'expédition de l'Everest, Hillary participe à l'expédition de reconnaissance britannique (en) dans la montagne en 1951, ainsi qu'à une tentative infructueuse d'escalade de Cho Oyu en 1952. Dans le cadre de l'expédition trans-antarctique du Commonwealth, il atteint le pôle Sud par la terre en 1958. Il atteint ensuite le pôle Nord, faisant de lui la première personne à atteindre les deux pôles et le sommet de l'Everest.

Après son ascension de l'Everest, Hillary se consacre à aider le peuple sherpa du Népal par l'intermédiaire de l'Himalayan Trust qu'il créé. Ses efforts permettent la construction de nombreuses écoles et hôpitaux au Népal. Hillary reçoit de nombreux honneurs, dont l'ordre de la Jarretière en 1995. À sa mort, en 2008, il reçoit des funérailles nationales en Nouvelle-Zélande. Longtemps seul Néo-Zélandais à apparaître de son vivant sur un billet de banque, il laisse aussi son nom au ressaut Hillary, sous le sommet de l'Everest.

Sommaire

BiographieModifier

Famille, enfance et étudesModifier

Edmund Hillary né à Auckland le [1],[2]. Il est le fils de Percival Augustus et de Gertrude (née Clark)[3]. Son père Percy est un vétéran de la bataille des Dardanelles et est démobilisé de l'armée en 1916 pour « incapacité médicale ». C'est à son retour en Nouvelle-Zélande qu'il épouse Gertrude. Ses grands-parents avaient émigrés du Yorkshire dans la région au nord du Wairoa au milieu du XIXe siècle[4]. a famille Hillary déménage en 1920 à Tuakau, au sud d'Auckland, après que Percy reçoit l'attribution d'un terrain d'un peu plus de trois hectares à titre d'ancien combattant[2]. Journaliste avant-guerre, Percy devient le rédacteur en chef et fondateur de l'hebdomadaire local Tuakau District News, ainsi qu'un apiculteur. Gertrude est elle enseignante. Edmund Hillary a une sœur, June (née en 1917), et un frère, Rex (né en 1920)[5].

 
Gertrude, la mère d'Edmund Hillary (vers 1909).

Edmund Hillary fait ses études à l'école primaire de Tuakau puis à l'Auckland Grammar School[2]. Il termine l'école primaire à l'âge de onze ans, soit deux ans en avance et, à la Grammar, il obtient des notes moyennes[6]. Sa mère souhaitant qu'il rejoigne une « bonne école », il effectue un trajet contraignant en train pour se rendre à la Grammar, environ h 40 par allé, avant que la famille déménage à Remuera en 1935, plus proche[7]. Très timide durant son enfance, il se réfugie dans les livres et ses rêves d'une vie pleine d'aventures. Il apprécie peu la Grammar, où ses longs déplacements école-maison l'empêchent de faire des activités parascolaires. Il atteint la taille imposante 1,88 mètre[8] et prend de l'assurance après avoir commencé la boxe.

En 1935, il se prend de passion pour l'escalade à l'âge de 16 ans durant un voyage scolaire au mont Ruapehu[9]. Il se rend alors compte que son ossature dégingandée et peu coordonnée est en fait plus forte et endurante que celle de ses compagnons. Il se montre alors plus intéressé par les randonnées que par les études et déclare qu'il « veut voir le monde »[10]. Il fréquente ensuite l'université d'Auckland où il rejoint le club de randonnée universitaire. En 1938, après « deux années remarquablement infructueuses d'études en mathématiques et en sciences », il renonce à l'éducation formelle[11].

Il devient apiculteur avec son père et son frère Rex, pour la gestion des 1 600 ruches familiales[1],[11]. Il s'occupe donc les abeilles en été et se concentre sur l'escalade en hiver. Son père édite également le journal The N.Z. Honeybee et sa mère Gertrude est célèbre pour l'élevage et la vente de reines[12].

En 1938, il assiste à un discours d'un promoteur d'une philosophie de vie appelée « Radiant Living » (« vie radieuse ») Herbert Sutcliffe (en) avec sa famille. La famille devient membre de la fondation et sa mère en est la secrétaire en 1939. Edmund Hillary se rend à Gisborne pour devenir assistant de Sutcliff et, en 1941, il passe des examens pour devenir professeur de cette philosophie, dont les principes comprennent la saine alimentation et le pacifisme. Il rejoint le Radiant Living Tramping Club et développe son amour du plein air dans les chaînes de Waitakere (en)[13],[14].

En 1939, il accomplit sa première grande ascension, atteignant le sommet du mont Ollivier, près de l'Aoraki/Mont Cook dans les Alpes du Sud[2],[15]. L'escalade lui permet de se lier d'amitié avec Harry Ayres (en) et George Lowe : « les premiers vrais amis de ma vie » selon ses mots[16].

Seconde Guerre mondialeModifier

 
Edmund Hillary dans l'uniforme de la RNZAF au camp Delta de Blenheim, pendant la Seconde Guerre mondiale (entre 1939 et 1945).

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Hillary demande à rejoindre la force aérienne royale néo-zélandaise (RNZAF) mais retire rapidement la demande, écrivant plus tard qu'il est « harcelé par [sa] conscience religieuse »[17]. En 1943, avec la menace japonaise dans le Pacifique et l'arrivée de la conscription, il rejoint la RNZAF en tant que navigateur au sein du No. 6 Squadron RNZAF (en), puis du No. 5 Squadron RNZAF (en) sur les hydravions Consolidated PBY Catalina[17],[18],[19]. En 1945, il est envoyé aux Fidji et aux îles Salomon où il est gravement brûlé dans un accident[17].

Pour sa participation à l'effort de guerre, il est décoré de la 1939-45 Star et de la New Zealand War Service Medal (en)[19].

ExpéditionsModifier

En janvier 1948, Hillary et un groupe montent sur l'arête sud de l'Aoraki/Mont Cook, le plus haut sommet de Nouvelle-Zélande. En 1951, il participe à une expédition de reconnaissance britannique (en) dirigée par Eric Shipton avant de se joindre à la tentative britannique réussie de 1953.

En 1952, Hillary et George Lowe font partie de l'équipe britannique dirigée par Shipton, qui tente l'ascension de Cho Oyu. Après que cette tentative échoue en raison de l'absence de route du côté népalais, Hillary et Lowe traversent le col du Nup La au Tibet et atteignent l'ancien camp II, au nord, où toutes les expéditions précédentes campaient.

Expédition britannique à l'Everest de 1953Modifier

En 1949, le Tibet sous contrôle chinois ferme la longue voie d'escalade menant au sommet de l'Everest. Au cours des prochaines suivantes, le Népal n'autorise qu'une ou deux expéditions par an. Une expédition suisse (à laquelle participe Tensing Norgay) tente d'atteindre le sommet en 1952 mais est forcée de rentrer à cause du mauvais temps à environ 240 mètres sous le sommet[20]. En 1952, Hillary apprend que Lowe et lui sont invités par le Joint Himalayan Committee à participer à la tentative britannique de 1953, et ils acceptent immédiatement[21]. Au cours de l'expédition, Hunt mentionne à plusieurs reprises avoir discuté de plans avec Evans et Hillary.

 
Carte de l'itinéraire de Tensing Norgay et Edmund Hillary à l'Everest.

Shipton est nommé en tant que chef mais est remplacé par Hunt. Hillary objecte de ce point mais est immédiatement impressionnée par l'énergie et la détermination de Hunt[22]. Hillary a l'intention de grimper avec Lowe, mais Hunt nomme deux équipes pour l'ascension : Tom Bourdillon et Charles Evans, et Hillary et Tenzing. Hillary fait donc fait un effort concerté pour nouer une complicité professionnelle avec Tensing Norgay[22].

L'expédition de Hunt totalise plus de 400 personnes, dont 362 porteurs, 20 guides Sherpa et 4 500 kg de bagages. Lowe supervise la préparation de l'ascension de l'une des faces de Lhotse, une partie glacée et escarpée. Hillary trace une route à travers la piégeuse cascade de glace du Khumbu[23]. L'expédition établie son camp de base en mars 1953 et, en travaillant lentement, elle établie son dernier camp au col Sud, à 7 900 mètres. Le 26 mai, Bourdillon et Evans tentent l'ascension, mais font demi-tour lorsque le système à oxygène d'Evans tombe en panne. Les deux hommes avaient atteint le sommet sud et se trouvaient à moins de 91 mètres du sommet. Hunt demande ensuite à Hillary et à Tenzing de tenter à leur tour l'ascension vers le sommet.

La neige et le vent retardent le départ du col Sud de deux jours. Hillary et Tenzing ne partent ainsi que le 28 mai avec le soutien de Lowe, Alfred Gregory (en) et Ang Nyima[24]. Les deux hommes plante une tente à 8 500 mètres le 28 mai, tandis que leur groupe de soutien redescend. Le lendemain matin, Hillary découvre que ses bottes sont complètement gelées à l'extérieur de la tente. Il passe deux heures à les réchauffer sur un poêle avant que lui et Tenzing, portant des sacs de 14 kg, ne tentent l'ascension finale[25]. Le dernier obstacle est une paroi rocheuse de douze mètres qui sera par la suite appelée « Hillary Step (en) ». Hillary écrit à ce sujet : « J'ai remarqué une fissure entre le rocher et la neige collée à la face est. J'ai rampé à l'intérieur et me suis secoué […] jusqu'au sommet […] Tenzing m'a lentement rejoint et nous sommes passés à autre chose. Je coupai pas à pas, bosse après bosse, me demandant un peu désespérément où pourrait se trouver le sommet. Ensuite, j'ai vu la crête qui s'abaissait devant moi au nord et au-dessus de moi, à droite, un dôme enneigé. Quelques coups de plus avec mon piolet et Tenzing et moi nous sommes tenus au sommet de l'Everest ». Tenzing écrit plus tard qu'Hillary avait fait le premier pas vers le sommet et qu'il le suivi. Ils atteignent le sommet de l'Everest de 8 848 mètres d'altitude, le point culminant de la planète, à 11 h 30[1].

 
Edmund Hillary et Tensing Norgay.

Ils passent environ quinze minutes au sommet. Hillary prend une photo de Tenzing posant avec son piolet, mais il n'y a pas de photo d'Hillary. BBC News attribue ce manque au fait que Tenzing n'a jamais utilisé d'appareil photographique. L'autobiographie de Tenzing indique elle qu'Hillary a tout simplement refusé de se faire prendre en photo. Les deux hommes prennent également des photos sur la vue depuis le sommet. Tensing laisse des chocolats au sommet en guise de cadeau et Hillary y laisse une croix que John Hunt lui avait donnée[26]. Leur descente est compliquée par la neige qui recouvre leurs traces. La première personne qu'ils rencontrent est Lowe. Hillary lui dit : « Eh bien, George, nous avons fait tomber le bâtard »[8],[Note 1].

Ils retournent à Katmandou quelques jours plus tard et apprennent qu'Hillary a été nommé Chevalier commandeur de l'ordre de l'Empire britannique et Hunt est fait Knight Bachelor. La nouvelle de l'ascension réussie parvient au Royaume-Uni le jour du couronnement de la reine Élisabeth II, et la presse qualifie celui-ci de « cadeau de couronnement ». Les 37 membres du groupe reçoivent ensuite la médaille du couronnement de la reine Élisabeth II avec la mention mount everest expedition gravée le long du bord. En plus des distinctions d'Hillary et de Hunt, Tenzing — non éligible au titre de chevalier car népalais — reçoit la médaille de George. Tenzing reçoit également l'étoile du Népal (en) du roi Tribhuvan Shah.

Après l'EverestModifier

Article détaillé : Expédition Fuchs-Hillary.
 
Edmund Hillary en Antarctique (1957).

Hillary gravit dix autres sommets dans l'Himalaya lors de visites ultérieures en 1956, 1960-1961 et 1963-1965. Le , il atteint également le pôle Sud dans le cadre de l'expédition trans-antarctique du Commonwealth — l'expédition Fuchs-Hillary —, pour laquelle il dirige la section néo-zélandaise. Son équipe est le première à atteindre le pôle par la terre depuis l'expédition Amundsen de Roald Amundsen en 1911 et l'expédition Terra Nova de Robert Falcon Scott en 1912. Il est aussi le premier à le faire en utilisant des véhicules à moteur.

En 1960, Hillary organise une expédition à la recherche du légendaire yéti. Hillary participe à l'expédition pour cinq mois, mais celle-ci va durer le double. Aucune preuve de « l'abominable homme des neiges » n'est trouvée et il est prouvé que les empreintes de pas suspectes découvertes proviennent d'autres causes. Au cours de l'expédition, Hillary se rend dans des temples reculés contenant des reliques de yétis et, après avoir rapporté trois d'entre-elles, démontre que deux proviennent d'ours et l'autre de caprins. Après l'expédition, Hillary déclare : « Le yeti n'est pas une étrange créature surhumaine comme on l'a imaginé. Nous avons trouvé des explications rationnelles à la plupart des phénomènes [attribués au] yéti ». En 1960-1961, il est accompagné de Griffith Pugh (en) lors d'une expédition qui démontre que l'Everest peut être escaladé sans système à oxygène. Une tentative d'ascension sur la cinquième plus haute montagne du monde, le Makalu, échoue.

En 1962, il est invité anonymement au jeu télévisé What's My Line? et déconcerte le panel composé de Dorothy Kilgallen (en), Arlene Francis, Bennett Cerf et Merv Griffin qui cherche à déterminer sa profession. En 1977, il dirige une expédition intitulée « Ocean to Sky », de l'embouchure du Gange à sa source. De 1977 à 1979, il réalise les commentaires à bord de vols de tourisme antarctiques exploités par Air New Zealand.

En 1985, il accompagne Neil Armstrong dans un petit avion de ski bimoteur au-dessus de l'océan Arctique et atterrit au pôle Nord. Hillary devient ainsi le premier homme à être allé aux deux pôles et au sommet de l'Everest. Cet exploit inspire des générations d'explorateurs à se mesurer à ce que l'on a défini plus tard comme le « défi des trois pôles (en) ». En janvier 2007, Hillary se rend en Antarctique au sein d'une délégation commémorant le 50e anniversaire de la fondation de la base antarctique Scott.

Reconnaissance publique et postéritéModifier

 
Statue d'Edmund Hillary au Mount Cook Village (2014).

Déjà chevalier commandeur de l'ordre de l'Empire britannique et récipiendaire de la médaille du couronnement de la reine Élisabeth II en 1953, il reçoit également la médaille polaire en 1958 pour sa participation à l'expédition trans-antarctique du Commonwealth, à l'ordre de Gorkha Dakshina Bahu (en) du royaume du Népal en 1953 et à la médaille du couronnement en 1975. Le , il est le quatrième membre de l'ordre de Nouvelle-Zélande. Le , Hillary est nommée Chevalier compagnon de l'ordre de la Jarretière et, le , Hillary est Commandeur de l'ordre du Mérite de la république de Pologne. Le gouvernement indien lui décerne sa deuxième plus haute distinction civile, le Padma Vibhushan, à titre posthume en 2008.

À l'occasion du cinquantième anniversaire de la première ascension de l'Everest, le gouvernement népalais lui confère la citoyenneté honorifique au cours d'une cérémonie du jubilé d'or à Katmandou. Il est le premier étranger à recevoir cette distinction. Depuis 1992, le billet de cinq dollars néo-zélandais présente le portrait de Hillary, faisant de lui à l'époque le seul Néo-Zélandais à apparaître de son vivant sur un billet de banque. En donnant sa permission pour cela, Hillary insiste pour que le Aoraki/Mont Cook apparaisse en fond plutôt que l'Everest.

Les sondages annuels du Reader's Digest de 2005 à 2007 désignent Hillary comme « l'individu le plus digne de confiance de la Nouvelle-Zélande ». L'association néo-zélandaise préférée d'Hillary est le Sir Edmund Hillary Outdoor Pursuits Centre (en), dont il est un mécène pendant trente-cinq ans. Il est particulièrement enthousiasmé par la manière dont cette organisation initie les jeunes Néo-Zélandais au grand air de la même manière que lors de sa première expérience de voyage scolaire au mont Ruapehu.

Une statue en bronze de 2,3 mètres regardant l'Aoraki/Mont Cook est érigée à l'extérieur de l'hôtel Hermitage du Mount Cook Village. Elle est dévoilée par Hillary lui-même en 2003. Diverses rues, institutions et organisations en Nouvelle-Zélande et à l'étranger portent son nom, par exemple l'école Sir Edmund Hillary Collegiate (en) d'Otara, fondée par Hillary en 2001.

Deux toponymes de l'Antarctique sont nommés d'après Hillary : la côte d'Hillary (en) qui est une partie de la côte située au sud de l'île de Ross et au nord de la côte de Shackleton, et le Canyon de Hillary, un élément sous-marin de la mer de Ross.

Vie privéeModifier

Mariages et descendanceModifier

Hillary épouse Louise Mary Rose le , peu après l'ascension de l'Everest. Il admet qu'il était terrifié à l'idée de lui demander sa main et est passé par sa mère pour qu'elle fasse l'intermédiaire. Ils ont trois enfants : Peter (en) (né en 1954), Sarah (née en 1955) et Belinda (1959-1975)[1]. En 1975, alors qu'ils rejoignent Hillary dans le village de Phaphlu où il participe à la construction d'un hôpital, Louise et Belinda sont tuées dans un accident d'avion près de l'aéroport de Katmandou peu après le décollage. En 1989, il épouse June Mulgrew, veuve de son ami proche Peter Mulgrew (en), mort en 1979 lors du vol 901 Air New Zealand.

Son fils Peter est également aventurier et alpiniste, gravissant l'Everest en 1990. En mai 2002, il gravit l'Everest une nouvelle fois dans le cadre des célébrations du cinquantenaire de l'ascension de son père. Jamling Tensing Norgay, fils de Tenzing Norgay, fait également partie de l'expédition.

PhilanthropieModifier

Après son ascension de l'Everest, Edmund Hillary se consacre à aider le peuple sherpa du Népal par le biais de l'Himalayan Trust, qu'il fonde en 1960 et qu'il dirige jusqu'à sa mort en 2008. Ses efforts permettent la construction de nombreuses écoles et hôpitaux dans cette région escarpée de l'Himalaya. Il est président d'honneur de l'American Himalayan Foundation (en), une organisation américaine à but non lucratif qui contribue à améliorer l'écologie et les conditions de vie dans l'Himalaya. Il est également président d'honneur de Mountain Wilderness, une organisation non gouvernementale internationale consacrée à la protection des montagnes.

Engagement politiqueModifier

Hillary soutient le parti travailliste lors des élections législatives néo-zélandaises de 1975, en tant que membre de la campagne Citizens for Rowling (en). Son implication dans cette campagne l'empêche d'être nommé gouverneur général et le poste est offert à Keith Holyoake en 1977. En 1985, Hillary est nommé haut-commissaire de la Nouvelle-Zélande en Inde et au Bangladesh, ainsi que simultanément ambassadeur auprès du Népal, et passe quatre ans et demi à New Delhi.

 
Une foule portant le drapeau de la Nouvelle-Zélande au passage du corbillard d'Hillary.

En 1975, Hillary est vice-président de l'Abortion Law Reform Association of New Zealand (en), une association néo-zélandaise pour la réforme du droit de l'avortement lié au mouvement pro-choix. Il est également un mécène de REPEAL, une organisation cherchant à abroger le Contraception, Sterilisation, and Abortion Act 1977 (en), une loi restrictive de 1977 sur la contraception, la stérilisation et l'avortement.

Mort et hommages posthumesModifier

Le , lors d'un voyage à Katmandou, Hillary fait une chute et est hospitalisé à son retour en Nouvelle-Zélande. Le , il meurt d'une insuffisance cardiaque à l'hôpital d'Auckland[27],[28]. Les drapeaux sont mis en berne dans les bâtiments publics néo-zélandais et à la base antarctique Scott, et le Première ministre Helen Clark qualifie la mort d'Hillary de « perte profonde pour la Nouvelle-Zélande ».

Le , le cercueil d'Hillary est exposé dans la cathédrale de la Sainte-Trinité d'Auckland. Des funérailles nationales ont lieu le après quoi son corps est incinéré. Le , la plupart de ses cendres sont dispersées dans le golfe de Hauraki à Auckland, selon sa volonté. Le reste est envoyé dans un monastère népalais près de l'Everest, dans le but d'une dispersion future au sommet de la montagne.

Le , la reine Élisabeth II, des dignitaires néo-zélandais, dont la Première ministre Helen Clark, ainsi que des membres des familles d'Hillary et de Norgay, assistent à un service d'action de grâce en l'honneur d'Hillary à la chapelle Saint-Georges de Windsor. Des soldats Gurkhas népalais montant la garde à l'extérieur de la cérémonie.

En octobre 2008, l'Hillary Shield (en) est créé en hommage à Hillary afin de servir de trophée pour le vainqueur des test matchs de rugby à XV opposant l'Angleterre et la Nouvelle-Zélande. En 2009, le prix du duc d'Édimbourg (en) en Nouvelle-Zélande est renommé « prix Hillary du duc d'Édimbourg ». Le , la poste néo-zélandaise émets une série de cinq timbres commémoratifs.

Il y a eu de nombreux appels pour des hommages durables à Hillary. Le premier grand hommage public est la tournée Summits for Ed organisée par la Sir Edmund Hillary Foundation. Cette tournée hommage se rend dans 39 villes pour inviter le public à gravir une colline ou un site significatif dans leur région afin de montrer leur respect pour Hillary. Le public est également invité à apporter de pierres pour un mémorial consacré à Hillary, au pied du mont Ruapehu. Les fonds versés au cours de la tournée sont utilisés par la fondation pour parrainer de jeunes Néo-Zélandais.

La chanson hommage Hillary 88 du duo néo-zélandais The Kiwis est la chanson officielle du mémorial mondial de Hillary, avec l'aval de la veuve d'Hillary.

Une piste de randonnée quatre jours dans les chaînes de Waitakere (en), le long de la côte ouest d'Auckland, porte le nom d'Hillary Trail, en hommage. Edmund Hillary avait sa maison de vacances dans cette région.

 
Vue depuis l'Hillary Trail sur la baie Mercer (2009).

La crête sud de l'Aoraki/Mont Cook, la plus haute montagne de Nouvelle-Zélande, est renommée Hillary Ridge le . Hillary et trois autres alpinistes sont les premiers à avoir réussi à gravir la crête en 1948. En septembre 2013, le gouvernement népalais propose de nommer en son honneur une montagne de 7 681 mètres d'altitude située au Népal Hillary Peak. Après que la mission New Horizons découvre une chaîne de montagnes sur Pluton le , la National Aeronautics and Space Administration (Nasa) la nomme officieusement monts Hillary. Depuis 2008, l'aéroport de Lukla au Népal porte le nom d'aéroport Tenzing-Hillary. Hillary laisse aussi son nom au ressaut Hillary, sous le sommet de l'Everest.

La Sir Edmund Hillary Mountain Legacy Medal (en) décernée par l'organisation non gouvernementale népalaise Mountain Legacy « pour services remarquables dans le domaine de la conservation de la culture et de la nature dans les régions montagneuses » est créée en 2003 avec l'approbation d'Edmund Hillary.

Un buste en bronze d'Hillary (vers 1953) d'Ophelia Gordon Bell (en) se trouve au musée Te Papa Tongarewa de Wellington, en Nouvelle-Zélande. Les archives d'Edmund Hillary sont également ajoutées aux archives de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) Mémoire du monde en 2013 et sont conservées au musée du mémorial de guerre d'Auckland.

ŒuvresModifier

  • Un regard depuis le sommet, City, Grenoble Glénat, , 453 p. (ISBN 2723429156).
  • Au sommet de l'Everest : Il y a 50 ans l'Everest, l'expédition qui a vaincu le toit du monde, Paris, Hoëbeke, , 263 p. (ISBN 2842300076).
  • (en) High adventure : Our Ascent of the Everest, New York, BCL Press, (1re éd. 1955) (ISBN 1932302026).
  • (en) High adventure : The True Story of the First Ascent of Everest, Oxford New York, Oxford University Press, , 50e éd., 245 p. (ISBN 0195167341).
  • East of Everest - An Account of the New Zealand Alpine Club Himalayan Expedition to the Barun Valley in 1954, avec George Lowe (1956), E. P. Dutton and Company, Inc. ASIN B000EW84UM
  • No Latitude for Error (1961), Hodder & Stoughton. ASIN B000H6UVP6.
  • The New Zealand Antarctic Expedition (1959), R.W. Stiles, printers. ASIN B0007K6D72.
  • The crossing of Antarctica; the Commonwealth Transantarctic Expedition, 1955-1958 avec Sir Vivian Fuchs (1958). Cassell ASIN B000HJGZ08
    • traduction française : Rendez-vous au pôle sud - La première traversée du continent antarctique, Presses de la Cité, 1959, 313 pages.
  • High in the thin cold air; the story of the Himalayan Expedition, par Sir Edmund Hillary, World Book Encyclopedia, avec Desmond Doig (1963) ASIN B00005W121
  • Schoolhouse in the Clouds (1965) ASIN B00005WRBB
  • Nothing Venture, Nothing Win (1975) Hodder & Stoughton General Division (ISBN 0340212969)
  • From the Ocean to the Sky: Jet Boating Up the Ganges Ulverscroft Large Print Books Ltd (November 1980) (ISBN 0-7089-0587-0)
  • Two Generations avec Peter Hillary (1984) Hodder & Stoughton Ltd (ISBN 0340354208)
  • Ascent: Two Lives Explored: The Autobiographies of Sir Edmund and Peter Hillary (1992) Paragon House Publishers (ISBN 1557784086)

BibliographieModifier

  • (en) Edmund Hillary, High Adventure, vol. 649, Oxford University Press, (ISBN 978-0-195-16734-4)
  • (en) Alexa Johnston et David Larsen, Reaching the Summit : Sir Edmund Hillary's Life of Adventure, DK Publishing, (ISBN 978-0-756-61527-7)
  • (en) Alexa Johnston, Sir Edmund Hillary : An Extraordinary Life, Penguin Random House New Zealand Limited, (ISBN 978-0143006466)

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Citation originale : « Well, George, we knocked the bastard off ».

RéférencesModifier

  1. a b c et d (en) « Sir Edmund Hillary », sur Academy of Achievement (consulté le 23 juillet 2019)
  2. a b c et d (en) « On top of the world: Ed Hillary - Edmund Hillary » (consulté le 23 juillet 2019)
  3. Heather Moore Niver, Sir Edmund Hillary Explores Mount Everest, The Rosen Publishing Group, , p. 6.
  4. (en) « Authorised Hillary biography reveals private touches », sur NZ Herald (consulté le 23 juillet 2019)
  5. Johnston et Larsen 2005, p. 16.
  6. (en) Simon Robinson, « Sir Edmund Hillary: Top of the World », sur TIME.com, (consulté le 23 juillet 2019)
  7. Johnston et Larsen 2005, p. 20, 22, 23.
  8. a et b (en) David Fickling, « Portrait: Sir Edmund Hillary », sur The Guardian, (consulté le 23 juillet 2019)
  9. (en) Timothy R. Gaffney, Edmund Hillary, Childrens Press, , p. 12.
  10. Hillary 1955, p. 1.
  11. a et b Johnston et Larsen 2005, p. 25.
  12. Johnston et Larsen 2005, p. 23.
  13. Johnston et Larsen 2005, p. 25-29.
  14. Modèle:Lien web - langue = en
  15. (en) « Sir Edmund Hillary », sur Academy of Achievement (consulté le 23 juillet 2019)
  16. Johnston et Larsen 2005, p. 26-29.
  17. a b et c (en) « Sir Edmund Hillary's life », sur NZ Herald (consulté le 23 juillet 2019)
  18. (en) Samuel Willard Crompton, Sir Edmund Hillary, Infobase Publishing, , p. 20-21.
  19. a et b (en) « Edmund Percival Hillary », sur Auckland War Memorial Museum (consulté le 23 juillet 2019)
  20. Hillary 1955, p. 48, 235.
  21. Hillary 1955, p. 117.
  22. a et b Hillary 1955, p. 119.
  23. Hillary 1955, p. 151.
  24. Hillary 1955, p. 197.
  25. Hillary 1955, p. 213.
  26. Hillary 1955, p. 229.
  27. (en) « Everest legend Edmund Hillary dies », sur cnn.com, The Associated Press, .
  28. SDA-ATS, « Décès d'Edmund Hillary, premier vainqueur de l'Everest », sur swissinfo.ch, .

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externesModifier