Yéti

créatures mythiques de l'Himalaya
Yéti
Description de cette image, également commentée ci-après
Illustration d'un yéti.
Créature
Autres noms Abominable Homme des Neiges
Migou
Meh-teh
Dzu-teh
Kang admi
Jobran
Chemo
Teh-lma
Yeh-teh
Nom Chemo
Groupe Créature légendaire
Sous-groupe Bête
Caractéristiques - Primate velu
- Visage ressemblant à celui de l'homme
- Taille entre 1,50 et 3,75 mètres
- Force et agilité surhumaine
Habitat Himalaya
Proches Bigfoot, Almasty, Yeren, Basajaun
Origines
Origine Folklore himalayen
Région Asie de l'Est
Première mention IVe siècle av. J.-C.

Œuvres principales

Le yéti, également appelé « abominable homme des neiges », est une créature anthropomorphe du folklore du Népal, de l'Inde, du Bhoutan et du Tibet. Du fait de l'absence de preuve matérielle de son existence, la communauté scientifique le considère comme un être légendaire, un cryptide peut-être né de l'observation de fossiles de gigantopithèque[1] par des populations himalayennes dépourvues de connaissances scientifiques. Des créatures équivalentes, grands primates ou « hommes sauvages », existent dans le folklore de plusieurs régions du monde, comme le Bigfoot en Amérique du Nord ou l'Almasty dans le Caucase.

Étymologie et noms alternatifsModifier

Le mot « yéti » vient du tibétain གཡའ་དྲེད་ (en Wylie, g.ya' dred), un mot composé de གཡའ་ (en wylie, g.ya'), « rocheux » et དྲེད་ (en wylie, dred) « ours[2],[3],[4],[5],[6] ». Selon Pranavananda[2], les mots « ti », « te » et « teh » dérivent du mot du langage oral « tre » (écrit « dred »), qui signifie « ours » en tibétain, le « r » étant prononcé si doucement qu'il est quasiment inaudible[2],[6],[7].

D'autres termes utilisés par les peuples de l'Himalaya n'ont pas exactement la même traduction mais font également référence à des espèces animales réelles ou légendaires de la région :

  • meh-teh (en tibétain མི་དྲེད་, en wylie mi dred) signifie « homme-ours[4],[6],[8] » ;
  • dzu-teh, de « dzu », bovin, le tout signifiant « ours-bovin » et désignant l'ours Isabelle[3],[6],[7],[9],[10] ;
  • migoi ou mi-go (en tibétain མི་རྒོད་, en wylie mi rgod, prononcer « migou ») signifie « homme sauvage[7],[10] » ;
  • mirka, un autre mot pour « homme sauvage » ; selon une légende rapportée par les Sherpas de Frank Smythe en 1937, « tous ceux qui en voient un meurent ou sont tués[11] » ;
  • kang admi, « homme des neiges[10] » ;
  • jobran, « mangeur d'homme[10] ».

L'expression « abominable homme des neiges » apparaît en 1921, année au cours de laquelle le lieutenant-colonel Charles Howard-Bury conduit une expédition conjointe entre le Club alpin et la Royal Geographical Society pour l'exploration de l'Everest[12],[13] qu'il relate dans Mount Everest The Reconnaissance, 1921[14].

Dans ce livre, il rend compte de la traversée du Lhakpa-la à 6 400 m, où il observa des empreintes de pas qu'il considéra comme « probablement causées par un grand loup gris qui formait, dans la neige molle, une double trace semblable à celle d'un homme aux pieds nus ». Il ajoute que ses guides Sherpa « révélèrent spontanément que les traces devaient être celles de « l'homme sauvage des neiges », auquel ils donnaient le nom de metoh-kangmi[14] ». Metoh signifie « homme-ours » et Kang-mi « homme des neiges[2],[4],[10],[15] ».

Il existe une confusion entre l'expression metoh-kangmi employée par Howard-Bury[12],[14] et celle utilisée par Bill Tilman dans son ouvrage Mount Everest, 1938[11]. Tilman utilise les mots metch, qui ne peut exister en tibétain[16], et kangmi quand il rapporte la création de l'expression « abominable homme des neiges[4],[10],[11],[17] ». Il existe d'autres éléments prouvant que metch est une appellation impropre : pour David Snellgrove, professeur à la School of Oriental and African Studies, University of London, et spécialiste du Tibétain, le mot metch ne peut pas exister, les consonnes « t-c-h » ne pouvant être accolées dans cette langue[16]. La documentation suggère que l'expression metch-kangmi dérive d'une unique source datant de 1921[11] et que le mot metch résulte d'une erreur de transcription de metoh.

L'expression « abominable homme des neiges » apparaît lorsque Henry Newman, un contributeur régulier du journal The Statesman de Calcutta, signant sous le nom de Kim[5], interroge les porteurs de l’Everest Reconnaissance expedition à leur retour à Darjeeling[11],[18],[19],[20]. Newman traduit par erreur le mot metoh par « répugnant », « abominable[21] ». D'après Bill Tilman, « longtemps après [Newman] écrivit dans une lettre au Times : l'histoire semblait être une si heureuse création que je l'ai envoyée à un ou deux journaux[11] ».

Historique des référencesModifier

 
Dessin d'un yéti.

Les « hommes sauvages » sont mentionnés dans des textes asiatiques anciens tels que le poème « Rama et Sita », datant du IVe siècle av. J.-C., ou le 26e chant de Milarépa (1038 à 1122 apr. J.-C.)[22].

B.H. Hodgson est le premier Européen à faire référence explicitement au yéti[23]. Les premières mentions d'empreintes évoquant des pieds humains par des Européens datent de 1905[22]. En 1925, l’explorateur N. A. Tombazi, de la Royal Geographical Society anglaise, ainsi que John Hunt, rapportent avoir observé des empreintes du yéti sur le site du glacier de Zemu au Sikkim[24]. En 1936, le géologue suisse Augusto Gansser effectue un voyage d’exploration pendant 8 mois au Garhwal, entre le Nanga Parbat et l’Everest, au cœur de l’Himalaya. Il a alors la révélation de cet être, mythique ou réel : le yéti.

En avril 1942, Slavomir Rawicz, dans un récit qui emprunte très probablement à certains aspects de la vie de Witold Gliński, raconte qu'il fait route vers les Indes septentrionales après s'être évadé du Goulag soviétique dix-huit mois plus tôt. Dans un passage invraisemblable pour tout connaisseur de l'Himalaya, il raconte avoir croisé quelque part à la frontière du Tibet et du Sikkim deux créatures dont la silhouette rappelle « l’ours ou un de ces grands singes du type de l’orang-outang ». L’information controversée paraîtra dans un ouvrage dont la version française sera publiée en 1957[25].

 
Photographie d'une empreinte de pas attribuée à un Yéti, trouvée par Michael Ward, et Photographiée par Eric Shipton au cour d'une expédition sur l'Everest en 1951.

Si le yéti est mentionné en Europe dès le XIXe siècle, ce sont les photos d'empreintes prises en 1951 par l'alpiniste Eric Shipton qui l'ont révélé au public occidental. Des traces ont aussi été photographiées en mai 1955, lors de la première expédition française du Makalu. L'abbé P. Bordet, le géologue de l'expédition, a pu suivre ces traces sur plus d'un kilomètre et ainsi affirmer qu'elles avaient été produites par un animal bipède. Plusieurs de ces photographies ont été publiées dans l'édition de Paris Match no 337 du 10 septembre 1955[26] et peu après, elles ont été dessinées conformément à ces photos par l'auteur Hergé dans son album de bande dessinée « Tintin au Tibet », paru en 1960.

En , à 5 300 mètres d'altitude, dans le Rolwaling (en) (Himalaya du Népal), René de Milleville photographie une trace de pas très disctincte dans la neige. Il aura l'occasion de rapporter de nombreux récits de paysans népalais témoignant avoir vu le yéti. Par ailleurs, René de Milleville a mis à disposition du Muséum national d'histoire naturelle des poils attribués au yéti. Michel Tranier qui a pu étudier ces poils, considère qu'ils appartiennent à « un primate roux tel que l'orang-outan » ; cela peut aussi valoir pour le scalp du monastère de Khumjung, tandis que d'autres scalps ont révélé, par leur ADN, avoir appartenu à des caprins (voir plus bas).

 
Dessin humoristique d'un yéti sur une émission philatélique du Kirghizistan.

Le célèbre alpiniste Reinhold Messner entreprend une expédition sur les traces de l'animal à la fin des années 1980[27]. Il aurait lui-même aperçu le yéti une nuit de juillet 1986 alors qu'il recherchait un village pour s'abriter dans une vallée perdue de l’Himalaya. À la fin de son expédition, Messner conclut que la légende de « l'abominable homme des neiges » provient d'un véritable animal apparenté à l'Ours bleu du Tibet qui terrifierait les populations locales depuis des générations. Cet ours inconnu, appelé chemo par les sherpas, aurait la capacité de marcher sur ses pattes arrière et serait devenu dans le folklore local un Homme sauvage. Cette théorie n'a pas été du goût de la communauté cryptozoologique. Messner a publié son expédition sous le titre Yéti, du mythe à la réalité[28].

En 1997, comme d'autres Occidentaux avant eux, deux aventuriers français, Alexandre Poussin et Sylvain Tesson, découvrent, en franchissant la Bobang pass au Cachemire indien, de mystérieuses traces dans la neige qui ne seraient selon eux ni celles d'un homme, ni celles d'un ours. Elles montent droit dans la pente : « Une prouesse extraordinaire… et absurde à cette altitude (4 600 mètres)[29] ».

En 2008, l'AFP a relayé l'information selon laquelle des aventuriers japonais partis à la recherche du yéti auraient photographié des empreintes de pas de celui-ci dans l'Himalaya[30].

InterprétationsModifier

Existence légendaireModifier

Pour la plupart des scientifiques, anthropologues ou sociologues, le yéti est une créature légendaire relevant de la mythologie des groupes himalayens. Les arguments contre l'existence réelle du yéti, comme de la plupart des autres cryptides, sont nombreux :

  • absence de fossile ou de cadavre d'individu susceptible d'être étudié scientifiquement ;
  • impossibilité pour une population de se maintenir au cours du temps avec un effectif de moins de 200 à 500 individus (et donc de passer quasiment inaperçue, y compris pour des expéditions parties à sa recherche) ;
  • faible fiabilité de la plupart des témoignages et des observations, d'autant que l'authenticité de certaines preuves a été contestée[31] ;
  • cohérence entre les descriptions et les mythes liés aux hommes sauvages qui semblent constituer un universel chez les sociétés humaines montagnardes (Almasty, Basajaunetc.)[32].

L'essentiel de la communauté scientifique considère que les mythes liés à des humanoïdes sauvages et velus, peuvent être expliqués par l'observation d'ours ou d'autres animaux (langurs, macaques), mêlés avec de nombreuses et complexes croyances locales. Selon Daniel Taylor, l'intérêt des chercheurs occidentaux pour le yéti a débuté durant l'époque victorienne, lorsque les hommes parcouraient le monde à la recherche du « chaînon manquant » entre l'homme et les singes[33].

Faux restes attribués au yétiModifier

 
Faux scalp de yéti au monastère de Khumjung.

Les « scalps » de yéti conservés dans le monastère de Pangbotchi sont en réalité fabriqués par les sherpas à partir de la peau et des poils du garrot d'une chèvre sauvage locale, le serow (Naemorhedus sumatraensis), ainsi que l'a démontré Bernard Heuvelmans en 1961[34],[35]. Ils s'en servent lors de cérémonies pour jouer le rôle du yéti, après avoir couvert leur tête avec ce scalp. Ils trempent ensuite la tête du yéti dans du vin mélangé à de l'huile qui servira à faire une peinture dite « joulienne »[réf. nécessaire].

En , deux poils attribués au yéti découverts en Inde ont été soumis à des analyses microscopiques qui n'ont permis de les rattacher à aucune espèce connue de primate. Des analyses d'ADN furent mises en œuvre, tout en gardant à l'esprit que « le risque [était] grand de devoir attribuer ces poils à une chèvre ou un ours, comme ce fut le cas lors de précédentes analyses[36] ». Elles prouvèrent effectivement que les poils appartenaient à une espèce de chèvre apparentée au chamois nommée goral de l'Himalaya, une espèce rare mais déjà répertoriée[37].

À nouveau en 2011, des poils supposés être de yéti auraient été découverts dans la région russe de Kemerovo (Sibérie) d'après les autorités locales, et feraient l'objet prochainement d'analyses ADN[38],[39]. Plus prosaïquement, cette annonce est perçue comme la conséquence d'une volonté de développer le tourisme dans la région[40].

UrsidéModifier

Certaines empreintes attribuées à des yétis pourraient provenir d'ours évoluant dans les arbres : Il pourrait s'agir de jeunes ours évitant les individus plus âgés (pouvant être dangereux pour les plus jeunes) et passant la majorité de leur vie dans les arbres. Le pouce des jeunes ours est amené à attraper les branches ou à casser des bambous, déformant ses pattes et formant des empreintes étranges et différentes de celles des autres ours[33],[41] . Certains chercheurs ont mentionné dans le vocabulaire népalais le terme de rukh bhalu, signifiant « ours d’arbres »[42]. L’ours tibétain est appelé bhui bhalu, terme signifiant « ours terrestre ». En 1864, le zoologiste John Edward Gray lors d'un examen des espèces d’ours conservées au British Museum, baptisa un des spécimens Ursus torquatus arboreus. En 1941, Reginald Pocock, dans son deuxième volume consacré à la faune de l’Inde, mentionne un Hursus hindaicus arboreus (bien que ces noms n'aient pas été reconnus valides)[42]. Daniel Taylor, a avancé en 2017 que le yéti serait un ours à collier, et a étudié des photographies encore inédites d'empreintes de yétis, prises en 1950 par Eric Shipton, et sur lesquelles des marques semblant avoir été laissés par des ours sont visibles[41].

Le professeur Bryan Sykes de l’université d'Oxford développe une méthode d'analyse de l'ADN mitochondrial, qui permet d'analyser l'ADN d'échantillons de poils même très anciens. En collaboration avec Michel Sartori, directeur du musée cantonal de zoologie à Lausanne, il lance en 2012 une recherche mondiale pour récupérer des poils de yétis ou de bigfoots et analysent 36 échantillons[43]. Après analyse, la plupart de ces échantillons proviennent d'animaux connus (chien, ours brun, raton laveur, chevaux, vaches... et même un humain). Deux d'entre eux, récoltés auprès de villageois du Ladakh et du Bhoutan par l'alpiniste et voyageur français Christophe Hagenmüller[44], créent toutefois la surprise : leur ADN correspond à celui d'un ours paléarctique du Pléistocène qui aurait vécu entre 120 000 et 40 000 ans av. J.-C. Une des hypothèses de l'équipe de recherche est que ces deux « yétis » appartiendraient à une espèce hybride, résultat d'un accouplement entre une ourse paléarctique et un ours blanc. L'espèce aurait ensuite migré à travers l'Asie, jusqu'à l'Himalaya. Cette étude a été publiée en août 2014 dans la revue scientifique Proc. R. Soc. B[45],[46].

En 2017, les analyses d'ADN de 24 échantillons (une dent, un os et des poils trouvés au Tibet entre 1930 et nos jours) sur neuf supposés provenir du yéti ont mis en évidence de l’ADN de trois espèces d'ours indigènes de la région (l'ours brun de l'Himalaya (Ursus arctos isabellinus), de l'ours noir de l'Himalaya (Ursus thibetanus laniger) et de l'ours brun tibétain ; le seul échantillon ne provenant pas d’un ours provient d’un chien)[47]. À cette occasion les génomes mitochondriaux complets de l'ours brun de l'Himalaya (Ursus arctos isabellinus) et de l'ours noir de l'Himalaya (Ursus thibetanus laniger) ont été publiés ; ils devraient permettre de mieux comprendre leur phylogénie (ces deux sous-espèces se sont montrées génétiquement plus différenciées qu’on ne le pensait, du point de vue de leur ADN mitochondrial)[47].

Primate(s) inconnu(s)Modifier

Une des hypothèses fait descendre le yéti du gigantopithèque, grand singe connu en Chine du Sud au Pléistocène[22]. D'autres le rapprochent de primates fossiles de l'Inde ou de l'orang-outan, et certaines de l'homme de Néandertal[48]. Selon Bernard Heuvelmans et Boris Porchnev, il s'agirait de néandertaliens ayant survécu[48] ou, selon d'autres auteurs, il s'agirait de représentants de l'espèce Homo erectus ayant évolué parallèlement à notre espèce[49].

 
Main momifié de Pangbotchi, photographié en 1961, et qui proviendrait selon Heuvelmans d'un Homme pongoïde. Une analyse de l'ADN d'un des doigts montrera qu'elle provient d'un être humain.

Bien qu'aucun reste analysé n'ait pu être attribué à un primate par analyse génétique, ni qu'aucun fossile de primate n'ait été trouvé dans la région[réf. souhaitée], Heuvelmans pensait qu'une main momifiée attribuée au yéti et conservée dans le temple de Pangbotchi, provenait d'un homme pongoïde[50]. Seuls des poils trouvés dans une pharmacie traditionnelle furent attribués par le vétérinaire et zoologue Michel Tranier du Muséum national d'histoire naturelle[51] à un orang-outan.

Selon Nolane il existerait en Asie trois espèces de yétis : l'une de ces espèces correspondrait aux « hommes sauvages » (notamment en Chine). Selon Bernard Heuvelmans également les traditions qui tournent autour de l'Homme des neiges pourraient renvoyer à trois types de primates dont les aires de répartition se recoupent quelquefois.

Teh-lmaModifier

Bernard Heuvelmans suppose l'existence d'un « petit yéti », signalé principalement au Ladakh, au Népal et au Sikkim, et qui selon les témoins, mesurerait entre 1,40 et 1,70 m[52]. Selon les témoignages, le « petit yéti » (appelé parfois teh-lma[53]) aurait de longs bras descendant jusqu'aux genoux, une tête conique (comme sur les scalps qui lui ont été attribués), un visage simiesque sans lèvres apparentes et serait recouvert d'un épais pellage rougeâtre. Il vivrait dans les forêts montagneuses de basses altitudes[53] (notamment les forêts de rhododendrons), grimperait bien aux arbres, marcherait sur ses deux pattes arrières, mais courrait sur quatre pattes[52].

En 1958, Bernard Heuvelmans lui a proposé le nom scientifique de Dinanthropoides Nivalis[52],[34]. Plus tard, il émettra l'hypothèse que ce « primate inconnu » pourrait être une sorte d'orang-outan terrestre, ayant développé du fait de la sélection naturelle une forme de bipédie, limitant ainsi la surface de son corps en contact avec le sol, lors de traversées de pentes enneigées durant des déplacements d'une vallée à l'autre[52]. Des poils trouvés dans une pharmacie traditionnelle furent attribués par le vétérinaire et zoologue Michel Tranier du Muséum national d'histoire naturelle[51] à un orang-outan.

Meh-tehModifier

Pour Bernard Heuvelmans les récits parlent également d'un « Grand yéti » (meh-teh)[53] qui mesurerait plus de deux mètres de haut, et aurait une tête ovale, une mâchoire proéminente, un visage simiesque et sans lèvres apparentes, un cou épais, un corps massif et de longs bras[53]. Les témoignages varient sur la couleur de son pellage (brun, gris ou noir)[53]. Le meh-teh vivrait dans les forêts montagneuses de plus haute altitude que les « petits yétis », et serait omnivore comme ces derniers, mais plusieurs témoignages affirment que lors d'hivers rigoureux, les meh-tehs descendraient dans les vallées habitées pour s'emparer des récoltes ou du bétail, et pourraient être dangereux s'ils viendraient à être blessés ou s'ils se sentiraient menacés. Certains témoins avancent que ces créatures sortent des forêts pour consommer certaines mousses salines, qu'ils trouveraient dans certaines moraines[53].

Heuvelmans a avancé qu'il pourrait s'agir de Gigantopithèques ayant survécu jusqu'à nos jours[34]. Certains cryptozoologues comme Richard D. Nolane pensent que le gigantopithèque serait vraisemblablement l'ancêtre probable du yéti et du Bigfoot, l'équivalent nord-américain du yéti : le gigantopithèque aurait traversé le détroit de Béring pour atteindre le continent américain[54].

MigöModifier

Selon Bernard Heuvelmans, un « homme sauvage » (appelé migö au Tibet) a été signalé au Tibet, au Cachemire, dans l'Hindou Kouch et dans le Pamir[50]. Selon les témoignages ils seraient d'apparences semblable à l'homme, mesureraient entre 1,70 et 1,85 m, ne sauraient pas parler et seraient entièrement couverts de longs poils, à l'exception du visage. Le front serait fuyant, les arcades sourcilières proéminentes, le nez retroussé et aplati, la bouche large et sans lèvres visibles, la tête enfoncée dans les épaules, les bras seraient longs et les jambes relativement courtes, légèrement fléchies. Les pieds seraient très larges et les orteils extrêmement mobiles. le thorax et l'abdomen formeraient comme un cylindre, puissamment musclé. Les femelles adultes auraient de longs seins[50],[55].

En 1969, à la suite de l'affaire de l'homme congelé du Minnesota, Heuvelmans et Sanderson lui proposèrent le nom scientifique d'Homo pongoides[56] (ou « homme pongoide ») bien que l'Holotype en question s'est avéré être un canular (le corps après avoir disparu pendant des années fut vendu en 2013 sur eBay et exposé au Museum of Weird, a Austin au Texas.)[57]. Selon Heuvelmans et Boris Porchnev, il s'agirait de néandertaliens ayant survécu[48],[50],[56] ou, selon d'autres auteurs, il s'agirait de représentants de l'espèce Homo erectus ayant évolué parallèlement à notre espèce[49]. Cette théorie a été très critiquée, car en plus du manque total de preuves matérielles, cette vision des néandertaliens en êtres velus et primitifs est invalidée par les récentes découvertes scientifiques. De 1987 à 1989 le zoologue espagnol Jordi Magraner mena une expédition dans la région de Chitral, à la recherche du Barmanou, et tout les témoins interrogés auraient désignés parmi plusieurs repères iconographiques, le portrait-robot de l'Homme pongoïde comme la représentation la plus proche de la créature qu'ils auraient aperçus[55].

Le yéti dans la culture populaireModifier

 
« Empreinte » du yéti dans l'attraction Matterhorn Bobsleds à Disneyland, Californie.

LittératureModifier

  • L'œuvre fantastique de Howard Phillips Lovecraft évoque des créatures malfaisantes nommées Mi-go ou Abominables Hommes des Neiges, cachées dans les glaces et les rochers de l'Himalaya (notamment en 1930 dans la nouvelle Celui qui chuchotait dans les ténèbres).
  • Le début de l'aventure de Bob Morane Les Dents du tigre d'Henri Vernes, parue en 1958, est fortement inspiré par l'auteur précédent. L'histoire commence sur le fictif plateau de Leng (en) au Tibet, où les héros, à la recherche d'une mystérieuse cité souterraine, sont aidés par une amicale population de yétis[58].
  • Dans Himalaya (1992) du romancier anglais Nicholas Luard, Iona, une petite anglaise de 12 ans, perdue au cours d'une expédition au Népal, est recueillie par un yéti et vit quatre mois parmi son peuple, nourrie et protégée avant de revenir parmi les humains.
  • Dans la saga Harry Potter, le yéti est décrit dans Les Animaux fantastiques qui le présente comme une créature apparentée à un troll, atteignant quatre mètres cinquante et couverte d'une fourrure d'un blanc immaculé.

Bande dessinéeModifier

  • En 1960, dans Tintin au Tibet, le yéti fait sa plus célèbre apparition dans la bande dessinée francophone. L'abominable homme des neiges y est décrit comme une créature capable de sentiments.
  • Dans la bande dessinée Mandrake le Magicien, le héros enquête sur les yétis au Népal. Il découvre que ces créatures sont des extraterrestres à l'apparence humaine, déguisés, qui ont vécu sur Terre depuis des millénaires et secrètement aidé l'humanité à progresser. Le thème des yétis extra-terrestres se retrouve dans une multitude de bandes dessinées (et de romans) de science-fiction.
  • Dans L'homme des neiges (1979) d'Alfredo Castelli (scénario) et Milo Manara (dessin), un journaliste parti à la recherche de l'abominable homme des neiges dans les années 1920 découvre un monastère inconnu et la vérité sur cette créature fantasmatique. Comme l'écrit l'éditeur : « L'Homme des Neiges n'existe pas. L'Homme des Neiges, c'est vous. Votre âme, vos peurs, votre conscience[59]. »
  • Dans Blondin et Cirage découvrent les soucoupes volantes de Jijé (1955), les deux héros découvrent que les yétis sont une espèce évoluée vivant cachée au Tibet et voyageant en soucoupe volante.
  • Dans L'Abominable Homme des Andes (1963) et sa suite, L'Empire du soleil, deux albums de la série Marc Dacier, le héros et ses compagnons affrontent des descendants d'Incas hostiles, réfugiés dans les plus hautes montagnes des Andes, qui s'efforcent de passer, aux yeux des très rares explorateurs qui s'aventurent chez eux, pour des « Yétis ».

Jeux vidéoModifier

  • Le Yéti est un héros des jeux Yetisports, créés par Chris Hilgert.
  • Dans League of Legends le personnage de Nunu est un dompteur de Yéti[60] représenté combattant sur le dos de la créature.

Par ailleurs le yéti (ou les yétis) est un ennemi récurrent de plusieurs jeux vidéo : Tomb Raider 2, Far Cry 4, The Legend of Zelda: Twilight Princess, World of Warcraft, Ark: Survival Evolved...

AutomobileModifier

  • La firme automobile tchèque Škoda a nommé son premier véhicule de catégorie SUV Škoda Yeti en référence à l'abominable homme des neiges.

PublicitéModifier

Un yéti nommé Georges sert de mascotte dans une publicité de la marque Tic Tac.

Un autre yéti joue avec des enfants dans des publicités pour le papier toilette Lotus.

AlimentationModifier

Yéti est une marque de glace à l'eau provençale connue pour avoir popularisé les glaces en tube. Sa mascotte est un yéti bleu et jaune.

Notes et référencesModifier

  1. (en) Eric Pettifor, From the Teeth of the Dragon: Gigantopithecus Blacki
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  3. a et b Stonor, Charles, 1954, The Statesman in Calcutta
  4. a b c et d (en) Lawrence W. Swan, « Abominable Snowman », Science New Series, vol. 127, no 3303,‎ , p. 882–884
  5. a et b Izzard 1955, p. 21–22
  6. a b c et d (en) Bernard Heuvelmans, On the Track of Unknown Animals, Rupert Hart-Davis, , p. 164
  7. a b et c Izzard 1955, p. 199
  8. Izzard 1955, p. 22
  9. Rev, Swami Pranavananda, 1955, Indian Geographical Journal vol. 30, p. 99.
  10. a b c d e et f (en) John A. Jackson, More than Mountains, George G. Harrap & Co. Ltd,
  11. a b c d e et f Tilman H.W, 1938, Mount Everest 1938, Pilgrim Publishing (ISBN 81-7769-175-9)
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  19. John Masters, The Abominable Snowman, p. 31, Harpers, vol. CCXVIII, no 1304, 1959.
  20. (en) Bernard Heuvelmans, On the Track of Unknown Animals, Rupert Hart-Davis, , p. 129
  21. Izzard 1955, p. 23
  22. a b et c M. Aquaron, « Le Yeti », in: Du Bigfoot au Yeti, anthropologie de l'imaginaire, Boëtsch, G. et Gagnepain, J., (Éds.), Catalogue de l'exposition, Actes du colloque « L'Humain, entre réalité et imaginaire », Quinson, 1er juillet 2007, 2008, p. 37.
  23. Hodgson, B.H. (1832) - « Rencontre avec le Yeti », Journal de la société asiatique du Bengale.
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  60. Nunu - League of Legends

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

BibliographieModifier

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  • Reinhold Messner, 2000, Yéti : du mythe à la réalité, Glénat (ISBN 978-2-7234-3294-8).
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  • (en) Ralph Izzard, « The Abominable Snowman Adventure », Hodder and Stoughton,‎ .
  • Mireille Thibault, Hominidés inconnus à travers le monde, Éditions le Temps Présent, 2014.

Liens externesModifier