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Décanat de Saint-André
Décanat de Savoie
Pays Drapeau du comté de Savoie Comté de Savoie
Rite liturgique romain
Type de juridiction décanat
Création entre Xe-XIIe
Peut être antérieur
Suppression 1779
Affiliation Église catholique
Province ecclésiastique évêché de Grenoble
Siège Saint-André
(xxxx-1248)
Montagnole
(1248-xxxx)
Chambéry
Calendrier grégorien
Territoire Savoie Propre

Le décanat de Savoie ou archiprêtré de Savoie, anciennement décanat de Saint-André (de Savoie), est une ancienne circonscription administrative catholique regroupant une majorité des paroisses de l'ancien comté de Savoie et constituant l'une des quatre subdivisions de l'évêché de Grenoble, dont la date de fondation est inconnue.

Le siège se situait à Saint-André, lieu situé sur la commune des Marches, disparu au XIIIe siècle à la suite de l'éboulement du mont Granier. Il devient l'évêché de Chambéry en 1779.

Sommaire

GéographieModifier

SituationModifier

Le décanat de Savoie correspond approximativement à la région de Savoie Propre, « c'est-à-dire Aix et le sud du lac du Bourget, les Bauges méridionales, la cluse de Lémenc-Chambéry, l'entrée de la Combe, les premières pentes de la Chartreuse »[1]. Il se trouve dans le comté de Savoie, mais rattaché au diocèse dauphinois. Cette spécificité prend un sens particulier lors du conflit opposant les deux principautés au cours du XIIIe siècle à 1355.

Organisation territorialeModifier

Le décanat de Savoie ou de Saint-André est l'une des quarte circonscriptions du diocèse de Grenoble[1],[2],[3]. Il est constitué de soixante-six églises, et 16 prieurés, dont un déchu, selon un « pouillé de l'église de Grenoble dressé en 1497 »[4],[3], cinquante-neuf paroisses et sept filiales[5].

Voici une liste des paroisses, qui se trouvent donc pour la plupart dans la Savoie Propre), et quelques-unes en Dauphiné (en Chartreuse et en Grésivaudan, distingués dans la liste suivante par une *).

HistoireModifier

L'origine du décanat est difficilement datable. Le chanoine François Trépier (1814-1892), spécialiste du sujet, considère que celui-ci soit apparu entre les Xe et XIIe siècle, voire peut être dés le VIe siècle[3]. Selon le Chanoine Trépier, « on peut affirmer qu'il existait déjà avant le commencement de l'épiscopat de Saint Hugues »[6].

Saint-André est détruit par l’éboulement du Granier en 1248[1],[7]. Le siège du décanat est alors transféré un temps Montagnole, avant de s'installer définitivement à Chambéry[1],[8],[9]. C'est à partir de cette période qu'il prend le nom de « décanat de Savoie », tout en restant sous l'autorité de l'évêque de Grenoble[10].

Le traité de Paris de 1355 permet de mettre fin au conflit delphino-savoyard et stabilise la frontière entre les deux principautés[11].

En 1474, la régente du duché de Savoie, Yolande de France obtient du pape Sixte IV que le décanat soit soustrait de l'autorité de l'évêque de Grenoble[12] et qu'il soit réunis au Chapitre de la Sainte-Chapelle de Chambéry. Le doyen de la Sainte-Chapelle se voit ainsi obtenir les attributs de l'évêque[12]. Le roi de France, recevant le soutien de l'évêque de Grenoble, fait obtenir l'« annulation de ce démembrement », deux ans plus tard[12].

En 1515, le pape Léon X érige la cité de Chambéry en évêché, en même temps que Bourg en pays de Bresse. Toutefois, cet acte est annulé l'année suivante[13].

Par sa bulle pontificale du , Pie VI détache le décanat de Savoie du diocèse de Grenoble. Par une autre bulle du , le Pape érige un nouvel évêché à Chambéry, « [finissant] par faire coïncider limites civiles et frontières ecclésiastiques »[12]. Le nouvel évêque de Chambéry, présenté par le roi, dépend par ailleurs directement du Saint-Siège[12].

Doyens et archiprêtresModifier

Doyens de Saint-André (XIIe siècle au XIIIe siècle)Modifier

  • Bernardus (Bernard)[3] ;
  • Ayraldus (Ayrald)[3] ;
  • Gerladus[3] ;
  • Burno[3] ;
  • Petrus (Pierre)[3] ;
  • Bernardus (Bernard) II[3] ;
  • G. Bonivardus (Bonivard)[3] ;

Il semble qu'un doyen Ayrald soit devenu évêque de Saint-Jean-de-Maurienne de 1132 jusqu'à sa mort survenue vers 1146[3].

Archiprêtres de Savoie (XIVe siècle au XVe siècle)Modifier

  • 1364 : François Grinde[14] ;
  • 1387 : François Grinde[14] ;
  • 1398 : Pierre de Quincieu[14] ;
  • 1399-1400 : Roudon Lori[14] ;
  • 1400-1408 : Pierre de Quinzey ou de Quincieu[14] ;
  • 142(8) ? : Aynard de Chissé[14] ;
  • 1439 : Aynard de Chissé[14] ;
  • 1445 : Antoine Vernier[14] ;
  • 1465 : Jean de Cornillon[14] ;
  • 1473 : Jean de Cornillon[14] ;

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Joseph-Antoine Besson, Mémoires pour l'histoire ecclésiastique des diocèses de Genève, Tarentaise, Aoste et Maurienne et du décanat de Savoye, S. Hénault, 1759 (copie de l'exemplaire bibliotheque cant. et univ. lausanne), 506 p. (lire en ligne)
  • Pierrette Paravy, De la chrétienté romaine à la Réforme en Dauphiné. Évêques, fidèles et déviants (vers 1340-vers 1350), Rome, Publications de l'École française de Rome, , 1584 p. (lire en ligne), chap. 183, p. 33.
  • Chanoine François Trépier, Recherches historiques sur le décanat de Saint-André et sur la ville de ce nom ensevelie, au XIIIe siècle, sous les éboulis du Mont-Granier (Première partie), t. 6, Chambéry, impr. Chatelain, coll. « Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie », , 797 p. (lire en ligne)
  • Chanoine François Trépier, Recherches historiques sur le décanat de Saint-André et sur la ville de ce nom ensevelie, au XIIIe siècle, sous les éboulis du Mont-Granier (Deuxième partie), t. 7, Chambéry, impr. Chatelain, coll. « Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie », , 395 p. (lire en ligne)
  • Chanoine François Trépier, Recherches historiques sur le décanat de Saint-André : pièces justificatives, Chambéry, impr. de Chatelain, , 712 p. (lire en ligne)
  • Jules-Joseph Vernier, Étude historique et géographique sur la Savoie, Le Livre d'Histoire - Res Universis (réimpr. 1993) (1re éd. 1896), 185 p. (ISBN 2-7428-0039-5, ISSN 0993-7129, notice BnF no FRBNF31563841).

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. a b c et d Réjane Brondy, Bernard Demotz, Jean-Pierre Leguay, Histoire de la Savoie - La Savoie de l'an mil à la Réforme, XIe-début XVIe siècle, Ouest France Université, , 626 p. (ISBN 2-85882-536-X).
  2. Jules-Joseph Vernier 1896, p.73
  3. a b c d e f g h i j et k Ghislain Garlatti, Histoire des Marches: à l'ombre du Granier, chronique d'un village de Savoie, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », , 157 p. (ISBN 978-2-84206-343-6, lire en ligne), p. 23.
  4. Jules-Joseph Vernier 1896, p.76-77
  5. Paravy 1993, p. 61.
  6. Chanoine Trépier 1886, p. 306.
  7. Ghislain Garlatti, Histoire des Marches: à l'ombre du Granier, chronique d'un village de Savoie, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », , 157 p. (ISBN 978-2-84206-343-6, lire en ligne), p. 25.
  8. Michèle Brocard, Lucien Lagier-Bruno, André Palluel-Guillard, Histoire des communes savoyardes : Aix-les-Bains et ses environs - Les Bauges - La Chartreuse - La Combe de Savoie - Montmélian (vol. 2), Roanne, Éditions Horvath, , 463 p. (ISBN 978-2-7171-0310-6, lire en ligne), p. 183. ([PDF] lire en ligne).
  9. Paravy 1993, p. 70.
  10. Ghislain Garlatti, Histoire des Marches: à l'ombre du Granier, chronique d'un village de Savoie, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », , 157 p. (ISBN 978-2-84206-343-6, lire en ligne), p. 34.
  11. Paravy 1993, p. 33.
  12. a b c d et e Laurent Perrillat, « Géographie historique des diocèses de Savoie (conférence) », Les Rendez-vous de l’Académie salésienne, no 20,‎ , p. 30 (lire en ligne [PDF]).
  13. Paravy 1993, p. 72.
  14. a b c d e f g h i et j Paravy 1993, p. 75-76.