Château de Crozant

château à Crozant (Creuse)

Château de Crozant
Image illustrative de l’article Château de Crozant
Début construction Xe siècle
Fin construction XVe siècle
Propriétaire initial Comtes de la Marche
Propriétaire actuel privé et commune
Destination actuelle ruines
Protection Logo monument historique Classé MH (1997)
Coordonnées 46° 23′ 31″ nord, 1° 37′ 18″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Limousin
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Creuse
Commune Crozant
Géolocalisation sur la carte : Creuse
(Voir situation sur carte : Creuse)
Château de Crozant
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Crozant

Le château de Crozant est situé à Crozant dans le département de la Creuse et la région Nouvelle-Aquitaine. Le château est classé Monument historique depuis le .

HistoireModifier

 
Le château de Crozant.

L'éperon rocheux inscrit entre la Creuse et un de ses affluents, la Sédelle, a été occupé depuis l'époque préhistorique. C'est le plus ancien site néolithique du Limousin.

Une forteresse semble y avoir été édifiée primitivement entre 997 et 1018. Le château est cependant mentionné pour la première fois dans une charte des années 1200-1210[1].

Une des tours subsistantes porte le nom d'Isabelle d'Angoulême, veuve de Jean sans Terre, épouse de Hugues de Lusignan comte de la Marche, qui, suivant une tradition, l'aurait fait construire. Au XIIe siècle, les capitaines du lieu sont des membres de la Famille de Foucault de Saint-Germain-Beaupré.

Mais ce n'est au XIIIe siècle que le château fort prend la forme que nous lui connaissons aujourd'hui. Ce sont les Comtes de la Marche qui font édifier les fortifications au XIIIe siècle puis au milieu du XVe siècle.

Lors de la chevauchée du Prince noir en 1356, durant la guerre de Cent Ans, le château résiste aux assauts des Anglo-Gascons qui finiront par passer leur chemin, le 22 août, non sans avoir saccagé le village[2].

Dans son ouvrage sur l'histoire de la Marche, Joullietton rapporte que le château aurait été pris par des extrémistes catholiques en 1588, ce qui aurait occasionné la ruine d'une tour. À partir de 1606, le château paraît déjà servir de carrière de pierres aux habitants des alentours. Un procès verbal de 1640, établi par l'intendant du roi à Moulins, Le Voyer d'Argenson, constate que l'ensemble féodal est en triste état. Les vestiges de la place forte, qui appartiennent à la Couronne depuis la confiscation des biens du connétable de Bourbon en 1527, sont alors acquises par Gabriel Foucault de Saint-Germain-Beaupré, gouverneur de la Marche.

Les pierres des murs font écho à celles des parois rocheuses de la vallée et disent les légendes des lieux : celle du Rocher des fileuses où chaque année se déroulait un concours entre les jeunes villageoises, la plus habile devant filer son brin de laine de telle sorte qu'il touchât l'eau le premier, 80 mètres plus bas ; celle encore du diable qui a construit en une nuit le pont Charraud à la suite du pacte établi avec un homme qui n'a pas voulu être le premier fagot qu'il aurait lié le matin : il est venu au rendez-vous tout nu.

À l'issue de longues négociations ces ruines ont été acquises par la commune. Un important programme de réhabilitation est à l'oeuvre par le Syndicat Mixte pour la Sauvergarde et la Valorisation de la Forteresse de Crozant. Cette structure rassemble le Département de la Creuse (50%) la Communauté de Communes du Pays Dunois (30 %) et la commune de Crozant (20%). Grâce à des financements croisés avec ceux de l'État, de la Région et d'autres partenaires, le site bénéficie d'importantes campagnes de conservation et de valorisation. Il est au fondement de la Vallée des Peintres entre Berry et Limousin,[3] territoire interrégional siège de plusieurs colonies d'artistes parmi lesquels les peintres paysagistes, impressionnistes et postimpressionnistes dont l'histoire a été mise en lumière par l'historien d'art Christophe Rameix.

Les vestiges du château et le sol des parcelles ont été classés monument historique par arrêté du 3 octobre 1997.

DescriptionModifier

Les ruines de la citadelle couvrent une bonne partie de l'éperon : plusieurs enceintes successives, un donjon carré du XVe siècle et deux tours XIIIe siècle, auxquels s'ajoutent une chapelle et la « tour de l'eau » qui permettait d'aller chercher l'eau à la rivière tout en restant à couvert.

George SandModifier

George Sand visita le site de Crozant en compagnie de Chopin, à l'issue d'un périple difficile dans des routes qui n'en étaient pas. Les ruines lui firent une forte impression, comme en témoigne ce qu'elle écrivit dans Le péché de monsieur Antoine (Chapitre XX-La forteresse de Crozant) : « On ne sait donc qui a été plus hardi et plus tragiquement inspiré, en ce lieu, de la nature ou des hommes… »

Armand GuillauminModifier

Dans le catalogue d'une exposition sur le co fondateur de l'impressionnisme, Christophe Rameix, historien d'art écrit. "Tout ici l’émerveille et il avoue comme un enfant : qu’il existe au monde un pays aussi beau que Crozant, c’est possible. Mais un plus beau, je ne puis le croire ..."

Les aigles décapitéesModifier

Une bande dessinée, Les Aigles décapitées[4], raconte l'histoire imaginaire de Hugues, seigneur de Crozenc. Le premier tome figure un dessin du château qui est une belle et plausible reconstitution, si ce n'est qu'il a été dessiné inversé (gauche/droite) par rapport à la réalité !

Notes et référencesModifier

  1. Base Mérimée
  2. Crozant
  3. « Vallée des Peintres » (consulté le 20 janvier 2020)
  4. Les aigles décapitées