Cecil Beaton

photographe, scénographe, costumier et peintre britannique

Cecil Beaton (Hampstead, Middlesex, - Broad Chalke, Wiltshire, ) est un photographe de mode et de portrait britannique.

Cecil Beaton
Image dans Infobox.
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
Broad Chalke (en) ou SalisburyVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Cecil Walter Hardy BeatonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Cecil Walter Hardy Beaton
Nationalité
Activité
Formation
Harrow School
Heath Mount School (en)
St John's College
St Cyprian's School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Lieux de travail
Père
Ernest Walter Hardy Beaton (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Etty Sisson (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Barbara Jessica Hardy Beaton (d)
Nancy Beaton (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Liste détaillée
Oscar de la meilleure création de costumes
Commandeur de l'ordre de l'Empire britannique
Oscar de la meilleure direction artistique (couleur) (d)
Knight Bachelor
Oscar de la meilleure création de costumes (couleur) (d)
Tony Award des meilleurs costumes (, , et )Voir et modifier les données sur Wikidata

Il est également au cours de sa vie scénographe, concepteur de costumes pour le cinéma et le théâtre.

BiographieModifier

Beaton naît à Hampstead (nord de Londres), fils d'Ernest Walter Hardy Beaton (1867-1936), négociant en bois prospère, et de son épouse, Esther (dite Etty) Sisson (1872-1962). Son grand-père, Walter Hardy Beaton (1841-1904), était le fondateur de l'entreprise familiale « Beaton Brothers Timber Merchants and Agents », et son père lui succède. Ernest Beaton aimait jouer des pièces de théâtre en amateur[1].

Ernest et Etty Beaton eurent quatre enfants – Cecil; deux filles, Nancy Elizabeth Louise Hardy Beaton (1909-1999, qui épousa Sir Hugh Smiley) et Barbara Jessica Hardy Beaton (1912-1973, surnommé Baba, qui épousa Alec Hambro); et un fils, Reginald Ernest Hardy Beaton (1905-1933).

Cecil Beaton fait ses études à la Heath Mount School (où il est bizuté par Evelyn Waugh) et à la St Cyprian's School d'Eastbourne, où ses talents artistiques sont rapidement reconnus. Cyril Connolly et Henry Longhurst racontent dans leurs autobiographies avoir été fort impressionnés par la beauté de la voix de Beaton chantant à la chorale de St Cyprian's[2],[3].

C'est sa gouvernante qui l'initie à la photographie avec son Kodak 3A, modèle fort répandu à l'époque. Elle lui apprend aussi à développer ses photographies. Il prend souvent sa mère et ses sœurs comme modèles. Lorsqu'il commence suffisamment à maîtriser son art, il envoie ses photos à des magazines mondains utilisant un pseudonyme[4].

Beaton entre à la Harrow School, puis rapidement au St John's College de Cambridge, où il étudie l'histoire, l'art et l'architecture. Beaton continue la photographie, et par ses relations universitaires il peut faire un portrait dépeignant la duchesse d'Amalfi publié dans Vogue. En fait il s'agit de George (Dadie) Rylands« dans un cliché légèrement flou de lui en tant que duchesse d'Amalfi de Webster dans une lumière sous-marine à l'extérieur des toilettes pour hommes de l'ADC Theatre de Cambridge. »[5] Beaton quitte Cambridge sans diplôme en 1925.

Cecil Beaton se fait connaître par une première exposition à Londres en 1926 qui est bien accueillie. Il a alors son propre studio pour créer des photographies de mode ou des portraits[6]. À la fin des années 1920, il travaille pour l'édition américaine de Vogue[7] qui l'a embauché au départ comme illustrateur avant de devenir photographe[6]. Il est alors publié ponctuellement à l'intérieur du British Vogue[8]. Puis il signe un contrat avec cette version britannique du magazine Vogue en 1931 — il fait sa première couverture en juillet 1932[8] — pour lequel il collabore jusqu'au milieu des années 1950 aux côtés de Henry Clarke.

Commençant sa carrière par photographier ses riches amis hédonistes des Bright Young Things, il travaille également avec le magazine de mode Harper's Bazaar et comme photographe pour Vanity Fair.

Dans le Hollywood des années 1930, il réalise de nombreux portraits de célébrités, et est portraitiste officiel de la famille royale en 1937[6].

En 1948, il photographie les spectaculaires robes de bal de Charles James. Au début des années 1950, il a pour modèle favori l'élégante Fiona Campbell-Walter[9]. Jugé démodé, il est renvoyé de Vogue dans les années 1950 et devient photographe indépendant[6]. C'est à cette période qu'il s'oriente vers la décoration pour le théâtre ou pour le cinéma[6]. En 1964, il intègre la Royal Photographic Society[6].

Ses principales expositions se sont tenues au National Portrait Gallery à Londres en 1968 et en 2004.

Au cours de sa carrière, il est également illustrateur et chroniqueur[10].

Photographies célèbresModifier

CostumesModifier

 
Un des costumes créé par Cecil Beaton et porté par Audrey Hepburn dans My Fair Lady

RécompensesModifier

Beaton a obtenu le Tony Award des meilleurs costumes en 1957 pour Coco.

Il est Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique et fait chevalier en 1972[11].

Article connexeModifier

BibliographieModifier

- M.P. "Chez le dernier des esthètes anglais : Cecil Beaton" (Plaisir de France), no 323, septembre 1965, pp .26 à 32, ill. de vues de Reddish House dont deux portraits photographiques de Beaton).

TélévisionModifier

Cecil Beaton (série « Le Bal du Siècle ») : diffusé sur France 5, un portrait réalisé par Benjamin Roussel rend hommage à Cecil Beaton. Avec les témoignages de Mario Testino, Marisa Berenson, Leslie Caron ou Lee Radziwill, ce film revient sur la vie du prince de la Photographie.

Vie privéeModifier

Cecil Beaton était connu pour son homosexualité :[réf. nécessaire]

«  Mes amitiés avec les hommes sont plus merveilleuses qu'avec les femmes. Je n'ai jamais été amoureux d'une femme et je ne pense pas que je le serai jamais de la même façon qu'avec un homme. Je suis vraiment un terrible, terrible homosexualiste et j'essaie tellement de ne pas l'être. »

(cité par Hugo Vickers, Cecil Beaton, Londres, Weidenfeld et Nicolson, 1985.)

Cependant, dans son journal des années 1944-1948, il relate longuement son amitié amoureuse avec Greta Garbo[12].

Notes et référencesModifier

  1. (en) Hugo Vickers, Cecil Beaton: The Authorised Biography, 1985, Phoenix Press.
  2. (en) Cyril Connolly, Enemies of Promise, London, G Routledge & sons, (OCLC 123103671)
  3. (en) Henry Longhurst, My Life and Soft Times, London, Cassell, (ISBN 0-304-93849-1)
  4. (en) « Cecil Beaton », Fyne Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. (en) Beaton, Cecil (1951). Photobiography. London: Odhams Press, p. 34.
  6. a b c d e et f Dictionnaire mondial de la Photographie, Paris, Larousse, , 766 p. (ISBN 2-03-750014-9, lire en ligne), « Beaton sir Cecil - photographe britannique », p. 64
  7. Nathalie Herschdorfer (trad. de l'anglais, préf. Todd Brandow), Papier glacé : un siècle de photographie de mode chez Condé Nast [« Coming into fashion »], Paris, Thames & Hudson, , 296 p. (ISBN 978-2-87811-393-8, présentation en ligne), « Introduction », p. 11
  8. a et b (en) Hilary Alexander, « Bailey rolls back the years for Vogue at 90 », sur telegraph.co.uk, The Daily Telegraph, (consulté le )
  9. (en) Design Museum et Paula Reed, Fifty fashon looks that changed the 1950s, Londres, Conran Octopus, coll. « Fifty Fashion Looks », , 112 p. (ISBN 978-1-84091-603-4, présentation en ligne), « Fiona Campbell-Walter - Vogue's 'most beautiful' model », p. 38
  10. Jean-Noël Liaut, Modèles et mannequins : 1945 - 1965, Filipacchi, , 225 p. (ISBN 978-2-85018-341-6, notice BnF no FRBNF35660421, présentation en ligne), « Fiona Campbell-Walter », p. 98
  11. London Gazette : no 45595, p. 1686, 10-02-1972
  12. Cecil Beaton, Les années heureuses, Paris, Les belles lettres, , 349 p. (ISBN 978-2-251-45077-3)

Liens externesModifier