Luisa Casati

mannequin italienne
Luisa Casati
Image dans Infobox.
Giovanni Boldini, La Marquise Luisa Casati avec un lévrier (1908),
Robe de Paul Poiret ; collection de Lord Lloyd Webber.
Titre de noblesse
Marquise
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Noms de naissance
Luisa Adele Rosa Maria Amman, Luisa Adele Rosa Maria AmmanVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Famille
Maison Casati (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Père
Alberto Amman (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Lucia Bressi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Francesca Amman (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Marchese Camillo Casati Stampa di Soncino (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Maria Cristina Casati Stampa di Soncino (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Site web

Luisa Casati, née Luisa Adele Rosa Maria von Amann le à Milan et morte le à Londres, est une marquise italienne.

Elle fut la muse et mécène d'un grand nombre d'artistes ayant marqué le début du XXe siècle.

BiographieModifier

EnfanceModifier

Luisa Adele Rosa Maria von Amann est née à Milan en 1881. Elle est la plus jeune fille d'Alberto von Amann, d'origine autrichienne, et de sa femme Luisa Bressi, d'origine italienne et autrichienne. Le père de Luisa est nommé comte par le roi Humbert Ier d'Italie. La comtesse Amann meurt alors que Luisa a treize ans, et le comte Amann meurt deux ans plus tard. Ce double décès fait de Luisa et de sa sœur aînée Francesca (1880-1919, mariée à Giulio Padulli) les deux femmes les plus fortunées d'Italie.

Mariage et descendanceModifier

 
Adolf de Meyer, Pearls (1912), portrait de Luisa Casati.

En 1900, Luisa von Amann épouse Camillo, marquis Casati Stampa di Soncino, né le à Muggiò et mort le à Rome. Un an plus tard naît leur unique enfant. Les époux Casati vivent dans des résidences séparées durant la totalité de leur mariage. Ils se séparent légalement en 1914, et leur mariage prend fin à la mort de la marquise.

La fille née de cette union, Cristina Casati Stampa di Soncino (1901-1953) épouse Francis John Clarence Westenra Plantagenet Hastings, connu sous le nom du vicomte Hastings puis sous le nom du 16e comte d'Huntingdon dès 1925. Ils ont un seul enfant, Lady Moorea Hastings (-) et divorcent en 1943. Les années suivantes, la vicomtesse d'Hastings épouse Wogan Phillips ; ils n'ont aucun enfant.

La seule petite-fille de Luisa Casati, Lady Moorea Hastings, épouse d'abord le politicien et chroniqueur Woodrow Wyatt en 1957, dont elle divorce en 1966, puis le publicitaire Brinsley Black, désigné comme l'une des personnalités anglaises les plus élégantes par l'édition homme de Vogue en 1965[1]. Elle a un fils de chacune de ces unions :

  • Pericles Plantagenet James Casati Wyatt (né en 1963) ;
  • Octavius Orlando Irvine Casati Black, dit Octavius Black (né en 1968).

Moorea Hastings était si peu maternelle que, lorsqu'elle s'aperçut qu'elle était enceinte, elle décida avec son premier mari que des cousins de son époux prendraient soin du bébé. Lorsque Woodroy Wyatt demanda le divorce pour cause d'adultère de sa femme, il reçut la garde complète de l'enfant, fait assez inhabituel pour l'époque[2].

Muse et mécèneModifier

 
Luisa Casati portant un costume intitulé Lumière, réalisé par Worth en 1922.

La marquise Luisa Casati est une grande figure de la société européenne du début du XXe siècle. Elle a marqué son temps par ses extravagances, son allure théâtrale et son goût pour les sciences occultes ; donnant de grands bals masqués placés sous le signe du faste, elle a côtoyé ainsi à la fois le milieu mondain et les artistes d'avant-garde. Ses excentricités et sa beauté lui forgèrent une réputation de femme fatale et contribuèrent à sa célébrité. Elle devint une légende parmi ses contemporains, notamment en hébergeant les Ballets russes. Elle époustoufla l'assemblée en se promenant avec des guépards en laisse, et en portant des serpents vivants en guise de bijoux.

En 1910, Luisa Casati prit ses quartiers dans le Palazzo Venier dei Leoni, sur le Grand Canal à Venise (aujourd’hui devenu la résidence de la Collection Peggy Guggenheim). Ses soirées y étaient légendaires. Casati y rassembla une ménagerie d'animaux exotiques, et devint mécène de grands créateurs de mode comme Fortuny et Poiret. De 1919 à 1920, elle vécut dans la Villa San Michele à Capri, en tant que locataire imposée à Axel Munthe. Son séjour sur l'île de Capri où elle hébergea de nombreux artistes, mais aussi gays et lesbiennes en exil, est décrit dans le journal intime de l'auteur britannique Compton Mackenzie.

Le , elle acquit le Palais Rose du Vésinet, ancienne demeure de l'écrivain et esthète Robert de Montesquiou. Comme lui, elle y reçut le Tout-Paris de l'époque. Elle y fit construire un terrarium chauffé, pour accueillir sa collection de reptiles, dans le jardin d'hiver de la résidence. Le soleil lumineux sur le sol du grand salon pourrait lui être attribué : elle aurait tenu à ce que ses dîners ne soient éclairés que par les ampoules constituant son collier. En 1932, ruinée, elle dut l'abandonner à ses créanciers[3].

Dettes, fuite et mortModifier

 
Tombe de Luisa Casati, Londres, cimetière de Brompton.

En 1930, la dette de Luisa Casati avait atteint les 25 millions de dollars. Incapable de rembourser ses créditeurs, ses effets personnels furent vendus aux enchères. Des rumeurs dirent à l'époque que Coco Chanel était parmi les acquéreurs[4].

Casati s'enfuit à Londres où elle vécut alors dans une relative pauvreté. La rumeur dit qu'elle fouillait les poubelles à la recherche de plumes pour décorer ses cheveux[5].

Elle meurt au 32, Beaufort Gardens à Knightsbridge, le . À la suite d'un requiem à l'Oratoire de Londres, elle est inhumée à Londres au cimetière de Brompton. L'épitaphe sur sa tombe est une citation de la pièce Antoine et Cléopâtre de William Shakespeare : « L'âge ne peut la flétrir, ni l'habitude épuiser l'infinie variété de ses appas[6] ».

Elle fut enterrée vêtue d'une parure noire et en peau de léopard, ainsi que portant des faux-cils. Elle partage son cercueil avec l'un de ses pékinois préférés empaillé. Sa tombe est ornée d'une urne drapée et fleurie. L'inscription indique son prénom orthographié « Louisa » et non « Luisa ».

Œuvres inspirées par Luisa CasatiModifier

Luisa Casati fut la muse de nombreux artistes, de Giovanni Boldini à Léon Bakst et Man Ray, en passant par Guiglio de Blaas, Gabriele D'Annunzio, Umberto Brunelleschi, Catherine Barjansky, Kees van Dongen, Augustus John, Sarah Lipska, Filippo Tommaso Marinetti, Alberto Martini, le baron Adolf de Meyer, Roberto Montenegro, Joseph Paget-Fredericks, Alastair, Erté, Cecil Beaton et Salvador Dalí.

En littératureModifier

Elle fut une source d’inspiration pour de nombreux écrivains, comme Robert de Montesquiou et Jean Cocteau.

Sa relation passionnée avec l'écrivain Gabriele D'Annunzio lui valut d'inspirer à ce dernier le personnage d'Isabella Inghirami dans Forse che si, forse che no (1910).

Elle inspira également le personnage de La Casinelle, qui apparaît dans deux romans de Michel Georges-Michel, La fête de Venise (1922) et Nouvelle Riviera (1924).

En peinture et sculptureModifier

Il existe un grand nombre de portraits peints et sculptés de la marquise Casati, comme ceux de Giovanni Boldini, Paolo Troubetzkoy, Romaine Brooks, Kees van Dongen, Cesare Saccaggi, Jean de Gaigneron[7] ou encore Man Ray. Nombre de ces œuvres étaient des commandes qu'elle passa pour réaliser son vœu de « contribuer à sa propre immortalité ». Elle fut également la muse de futuristes italiens, tels que Filippo Tommaso Marinetti, Fortunato Depero, et Umberto Boccioni. Son portrait par Augustus John est l'un des tableaux les plus populaires du Musée des beaux-arts de l'Ontario. Robert Fulford fut très impressionné en le voyant alors qu'il n'était encore qu'un écolier, et Jack Kerouac accrocha une reproduction sur carte postale de ce portrait au-dessus de sa table de travail. En 1954, il dédia le poème San Francisco Blues à Casati[8].

En photographieModifier

Adolf de Meyer, Cecil Beaton et Man Ray réalisèrent des portraits connus de Casati.

Au cinémaModifier

Les personnages joués par Vivien Leigh dans La Contessa (1965), et par Ingrid Bergman dans Nina (1976) furent également inspirés par la marquise Casati.

Dans le monde de la modeModifier

En 1998, John Galliano s'inspire de son personnage pour la collection printemps/été de Christian Dior. Des robes issues de cette collection ont été présentées à New York au Metropolitan Museum of Art dans la section de l'institut de la mode. Casati fut également une source d'inspiration pour Galliano pour ses créations de la collection automne/hiver 2007-2008, « Bal des Artistes » chez Dior.

Son nom a également été choisi par les stylistes britanniques Georgina Chapman et Keren Craig lors de la fondation de leur Marchesa fashion house.

En , Karl Lagerfeld lance la collection Chanel croisière, très influencée par la figure de Luisa Casati, sur le Lido de Venise.

Notes et référencesModifier

  1. Magforum.
  2. (en) Geraldine Bedell, « To Move and To Shake », The Independent on Sunday, 24 novembre 1996.
  3. « Histoire du Palais Rose » , sur histoire-vesinet.org.
  4. (en) Bernard Nevill, The World of Interiors, Londres, janvier 2001.
  5. Jullian, Philippe. « Extravagant Casati », Vogue (New York), .
  6. William Shakespeare, Antoine et Cléopâtre, Acte II, scène 2 : « Age cannot wither her, nor custom stale her infinite variety ».
  7. 20 Minutos Editora, La marchesa Luisa Casati, la primera « femme fatale »
  8. Kerouac l´évoque dans le 74e chorus de son poème San Francisco Blues : « Marchesa Casati / is a living doll / Pinned on my Frisco / Skid row wall // Her eyes are vast / Her skin is shiny / Blue veins / And wild red hair / Shoulders sweet & tiny // Love her / Love her / Sings the sea / Bluely / Moaning / In the Augustus John / de John /background ».

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Scot D. Ryersson et Michael Orlando Yaccarino, La Casati, Paris, Assouline, 2002.
  • Camille de Peretti, La Casati, Paris, Stock, 2011.
  • Gianpaolo Furgiuele, Jacques d'Adelsward Fersen. Persona non grata, Lille-Paris, Éditions Laborintus, 2015 (ISBN 979-10-94464-06-9).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier