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Catherine Anne est une actrice, metteuse en scène et dramaturge française née en 1960 à Saint-Étienne.

Sommaire

BiographieModifier

Formée comme comédienne à l'ENSATT, puis au Conservatoire national supérieur d'art dramatique (dont elle deviendra intervenante en 2002), Catherine Anne joue sous la direction de metteurs en scène de renom (Claude Régy, Jacques Lassalle, Jean Louis Martinelli, Carole Thibaut...) entre 1986 et 2006.

Une dramaturge prolixeModifier

Après la création de Une année sans été, qu'elle a écrit et mis en scène au Théâtre de la Bastille à Paris en mars 1987, Catherine Anne écrit et met en scène plus de vingt-cinq pièces, notamment au Théâtre de la Bastille, au Théâtre Paris-Villette, au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis, au Festival d'Avignon, au Théâtre des Amandiers de Nanterre, au Théâtre Sorano de Toulouse, au TNP de Villeurbanne, au Théâtre national de Strasbourg, au Théâtre de l'Est parisien (TEP) et dans de nombreuses villes tant en France qu'à l'étranger[1].

Ses textes sont édités chez Actes Sud, dans la collection « Actes Sud-Papiers », ainsi qu'à L'École des loisirs et dans la Collection des quatre vents de L'avant-scène théâtre. Beaucoup ont été traduits et représentés en allemand, anglais, espagnol, grec, italien, néerlandais, russe, polonais, suédois, letton, hongrois, etc.

Certaines pièces ont été mises en scène par des metteurs renommés, dont Nikiforos Papandreou en Grèce en 1993 (Tita-Lou), Anna Augustynowicz en Pologne en 1997 (Agnès), Luc Fonteyn en Belgique en 2004 (Trois femmes). En France aussi, ses œuvres sont mises en scène par des artistes de renom, dont récemment Joël Pommerat en 2014 (Une Année sans été), Lucile Jourdan en 2015 et Christian Duchange en 2016 (Sous l'Armure).

2002-2011 : Le Théâtre de l'Est parisien (TEP)Modifier

Catherine Anne prend la suite de Guy Rétoré à la direction du Théâtre de l'Est parisien de 2002 à juin 2011[2]. Sa programmation est nettement marquée par la promotion des auteurs vivants, l'ouverture du théâtre à toutes les générations de spectateurs, l'engagement d'une équipe d'artistes chaque saison et l'investissement dans la formation artistique en milieu scolaire et associatif [3]. Un livre rend compte de cette aventure théâtrale ambitieuse : Neuf saison et demie (Les 3468 jours du Théâtre de l'Est parisien), publié chez l'éditeur belge Lansman en 2011. C'est un ouvrage collectif, préfacé par Pierrette Fleuriaux, et comprenant des témoignages de Michel Vinaver, Carole Thibaut, Claude Ponti, Nathalie Papin, Fabrice Melquiot, Suzanne Lebeau, Jacques Lassalle, Claudine Galea, Joël Jouanneau, Carole Fréchette, Eugène Durif, Philippe Dorin, ainsi que Pascale Daniel-Lacombe[4].

2011-2016 : d'Agnès à ElisaModifier

En 2011, Catherine Anne reprend la direction artistique d'À Brûle-pourpoint, sa compagnie théâtrale conventionnée par le Ministère de la Culture.

Entre 2011 et 2015, elle mène un travail de recherche, d’écriture et de création dans des villages, « Loin des villes, loin des théâtres ». Dans ce cadre, elle écrit Au fond de la vallée, créé dans les Hautes-Alpes en 2012, et Retour d’une hirondelle, créé en Seine-et-Marne en 2015.

Le 24 janvier 2013, elle publie avec Myriam Marzouki une tribune dans Libération intitulée « Culture : Les femmes veulent mieux que des strapontins », appelant à la fin de la minoration des femmes dans les milieux culturels et artistiques français[5]. Cette tribune réunit plus de 150 signatures de professionnels de la scène, de la littérature, du cinéma et de la musique, dont celles de Denise Chalem, Marie-Christine Blandin, Danielle Dumas, Zabou Breitman, Anne Théron et Carole Thibaut[6].

En janvier 2014, son diptyque de mise en scène « Agnès hier et aujourd’hui » — composé de L’Ecole des femmes de Molière et sa propre pièce Agnès — est créé au Théâtre des Quartiers d’Ivry[7]. Le spectacle tourne en 2015, notamment au Théâtre National Populaire de Villeurbanne (TNP)[8] et au Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine (TnBA)[9] .

En 2016, Catherine Anne met en scène et interprète La Peau d'Elisa de Carole Fréchette. Le spectacle, créé à Villeurbanne est repris au Théâtre des Halles, pendant le festival d'Avignon 2018. Tandis que Gérard Rossi termine sa critique du spectacle dans L'Humanité du 18 juillet par : « une très belle rencontre à l'épreuve du temps »[10], Angèle Luccioni écrit dans La Provence du 17 juillet : « Quant au jeu de Catherine Anne, il brille par sa précision, sa délicatesse et son magnétisme »[11].

2018 : La Révolution des femmesModifier

En 2018, Catherine Anne publie et monte J'ai rêvé la Révolution[12]. Écriture, mise en scène et jeu, cette création inspirée par la vie et la mort d'Olympe de Gouges est un acte de femme de théâtre entière et engagée. Le spectacle, créé au Château Rouge à Annemasse, puis joué à la MC2 à Grenoble, au TQI à Ivry, à Privas, à Clermont et à Avignon entre janvier et mai 2018, rencontre un grand succès auprès du public.

Jean-Pierre Thibaudat analyse que Catherine Anne « a voulu d’abord montrer une femme qui, ne cessant d’écrire, lutte avec ses mots en payant de sa personne jusqu’au bout. »[13]

Pour Manuel Piolat Soleymat, « [son] écriture est aiguë. Syncopée. Tranchante et anguleuse. Elle donne à la fois le sentiment de la maigreur et de la consistance, puise autant dans les choses du quotidien que dans une forme de poésie concrète et précise, très exigeante. » Il ajoute :

« Ce qui frappe d’emblée, ici, c’est une façon d’aller toujours à l’essentiel. De s’en tenir à l’exigence de la matière humaine et philosophique que l’on explore. Dans le rôle de La Prisonnière, face à une Luce Mouchel tout en sensibilité, Catherine Anne est étonnante de droiture et de netteté. »[14]

Christophe Canderi, quant à lui, salue « Le combat d’Olympe pour l’égalité entre tous les individus sans distinction de sexe, de couleur, de rang » comme « une plaidoirie féministe et humaniste qui s’entend avec puissance et bonheur. »[15] Quant à Pierre Monastier, il salue des ambiguïtés qui favorisent l'avènement du drame, apprécie les échanges portant sur les questions de maternité, sur des sujets liés à l’intime, à l’existence concrète, sans toutefois adhérer entièrement à la façon de « montrer une femme fébrile et vaillante à la veille de sa mort »[16].

ŒuvresModifier

Mises en scènes d'autres auteursModifier

Parcours de rechercheModifier

Master de Sciences Humaines et SocialesModifier

Parallèlement à sa carrière théâtrale, Catherine Anne reprend à Paris8, entre 2011 et 2015, des études universitaires interrompues en 1980. Elle soutient, en septembre 2015, un Mémoire de Recherche intitulé : "Les personnages féminins et l'autrice dans le théâtre de Marguerite Duras." Et obtient un Master de Sciences Humaines et Sociales, mention GENRE(S), PENSÉES DES DIFFÉRENCES, RAPPORTS DE SEXE.

ColloquesModifier

- du 3 au 10 juillet 2006 : CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY - CAMILLE CLAUDEL DE LA VIE À L'ŒUVRE, REGARDS CROISÉS. À l'invitation de Silke Schauder, Catherine Anne participe au colloque avec une intervention titrée : "Camille Claudel prise dans la toile familiale - À propos de la pièce Du même ventre"[17].Les Actes du Colloque sont publiés en 2008 par l'Harmattan, avec une préface de Reine-Marie Paris[18].

- 25 et 26 mai 2018 : Maison du Portugal (Cité Universitaire, Paris). GRADIVA EN CO-CRÉATIONS. À l'invitation de Nadia Setti, Catherine Anne intervient sous le titre : "Femmes et théâtre"[19].

DistinctionModifier

RécompensesModifier

HonneursModifier

RéférencesModifier

  1. Association C.R.I.S, « Actualités de Catherine Anne, artiste de théâtre contemporain - tous ses textes, mises en scène, activités », sur theatre-contemporain.net (consulté le 12 novembre 2016).
  2. Archives du Théâtre de l'Est parisien (TEP)
  3. Interview dans Politis sur le TEP
  4. Association C.R.I.S., « Théâtre de l'Est parisien - Saison 2010-2011 », sur theatre-est-parisien.org (consulté le 10 septembre 2018)
  5. Catherine Anne et Myriam Marzouki, « Culture : les femmes veulent mieux que des strapontins », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 8 octobre 2018)
  6. « Culture : les femmes veulent mieux que des strapontins - HF île-de-france », HF île-de-france,‎ (lire en ligne, consulté le 8 octobre 2018)
  7. Véronique Hotte, « Diptyque Agnès hier et aujourd‘hui », Théâtre du blog,‎ (lire en ligne, consulté le 10 septembre 2018)
  8. « Avec « Agnès », l’inceste fait irruption au théâtre. Violent, dérangeant, indispensable », Le Progrès.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 10 septembre 2018)
  9. « Agnès hier et aujourd’hui, diptyque de Catherine Anne - Sceneweb », Sceneweb,‎
  10. « OFF. La peau de l’amour », L'Humanité,‎ (lire en ligne, consulté le 10 septembre 2018)
  11. « La peau d'Élisa (c'est touchant) », LaProvence.com,‎ (lire en ligne, consulté le 10 septembre 2018)
  12. Voir sur theatre-quartiers-ivry.com.
  13. Jean-Pierre Thibaudat, « La dernière fois qu’Olympe de Gouges alla chez le coiffeur », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne, consulté le 10 septembre 2018)
  14. « J’ai rêvé la révolution - Journal La Terrasse », sur Journal La Terrasse.fr (consulté le 10 septembre 2018)
  15. « Catherine Anne a rêvé la Révolution », Sceneweb,‎ (lire en ligne, consulté le 10 septembre 2018)
  16. Pierre Monastier, « Actes Sud-Papiers – Catherine Anne et Pauline Bureau : deux femmes en prise avec le réel », sur Profession Spectacle, (consulté le 29 mai 2018)
  17. « Regards croisés : Camille Claudel, sa vie, son œuvre (2006) », sur www.ccic-cerisy.asso.fr (consulté le 10 septembre 2018)
  18. « Actes du colloque Regards croisés : Camille Claudel, sa vie, son œuvre de 2006 », sur www.ccic-cerisy.asso.fr (consulté le 10 septembre 2018)
  19. Université Paris 8, « Gradiva : créations au féminin », sur www.univ-paris8.fr (consulté le 10 septembre 2018)

Liens externesModifier