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Église Saint-Nazaire de Carcassonne

église Saint-Nazaire de Carcassonne

Basilique Saint-Nazaire
Extérieur de la basilique.
Extérieur de la basilique.
Présentation
Culte Catholique
Type Basilique mineure (depuis 1898)
Ancienne cathédrale (jusqu'en 1802)
Rattachement Diocèse de Carcassonne et Narbonne
Début de la construction 1100-1120
Fin des travaux 1330
Style dominant Roman et gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Aude
Ville Carcassonne
Coordonnées 43° 07′ 19″ nord, 2° 12′ 53″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Basilique Saint-Nazaire

Géolocalisation sur la carte : Aude

(Voir situation sur carte : Aude)
Basilique Saint-Nazaire

L'église Saint-Nazaire, ancienne cathédrale du diocèse de Carcassonne, est une église catholique située dans la cité de Carcassonne, en France[1].

Elle a été construite entre le IXe siècle et le XIVe siècle. Elle est un cas rare de coexistence du style roman et gothique[réf. souhaitée].

Sommaire

HistoriqueModifier

 
Extérieur du chœur de la basilique Saint-Nazaire au début du XXe siècle.

La basilique Saint-Nazaire[2],[3], construite en grès (parement extérieur), est une église d'origine romane dont les parties les plus anciennes remontent au XIIe siècle : 1100 - 1120. Sur son emplacement s'élevait à l'origine une cathédrale carolingienne dont il ne subsiste, aujourd'hui, aucune trace[4].

À l'aube de l'apogée de l'art roman, c'est donc d'abord une simple église bénie et consacrée cathédrale par le pape Urbain II en 1096 sous l'impulsion des Trencavel, qui lancent le chantier d'un nouvel édifice plus vaste[5],[6]. De cet édifice ne subsistent que les deux premiers piliers de la nef et la crypte, dont l'état dégradé donne à penser qu'il s'agissait d'un ouvrage antérieur. Elle épouse le plan de l'ancienne abside. Au XIIe siècle on édifie la nef actuelle, de six travées, qui fut laissée intacte lors des agrandissements de l'époque gothique, qui par contre se traduisirent par la destruction du chevet roman du XIe siècle. Le portail roman a quant à lui été entièrement refait au XIXe siècle lors des restaurations de Viollet-le-Duc[7].

La basilique est agrandie entre 1269 et 1330 dans le style gothique importé par les nouveaux maîtres de la région, avec un transept et un chœur très élancés, un décor de sculptures et un ensemble de vitraux qui comptent parmi les plus beaux du sud de la France. Un prélat bâtisseur, Pierre de Rochefort, finança la construction d'une grande partie des décors et l'achèvement des voûtes. Ses armoiries sont visibles dans le chœur, l'abside et le bras sud du transept, tandis que la chapelle du collatéral nord contient le monument commémoratif de la mort du contributeur. Un autre personnage, Pierre Rodier, évêque de Carcassonne, possède son blason dans la chapelle du collatéral sud[4].

Les rénovations d'Eugène Viollet-le-Duc ont largement transformé l'extérieur de la basilique, mais l'intérieur est le plus remarquable. Les deux styles, gothique et roman, se superposent sur les vitraux, les sculptures et tous les décors de l'église. Les façades comportent de nombreux vitraux des XIIIe et XIVe siècles : ceux-ci représentent des scènes de la vie du Christ et de ses apôtres.

Jusqu'au XVIIIe siècle, la cathédrale Saint-Nazaire demeure pourtant le principal centre religieux de Carcassonne. À la fin de l'Ancien Régime, le chapitre cathédral entretient même un petit corps de musique comptant un organiste, un maître de musique et au moins cinq enfants de chœur[8]. En 1790, cependant, la chapitre est supprimé. Ce n'est qu'en 1801 que l'église est déchue de son rang de cathédrale de Carcassonne au profit de l'église Saint-Michel, située dans la bastide à l'extérieur de la Cité. Ce transfert se déroule alors que la Cité est désertée par ses habitants au profit de la ville basse. Le titre de basilique lui est octroyé en 1898 par le pape Léon XIII[9].

Une communauté de chanoines vivait à proximité de la cathédrale avec une salle capitulaire et le dortoir à l'est, le réfectoire et les cuisines au sud et les caves et écuries à l'ouest. Mais l'ensemble des bâtiments sont démolis en 1792. Un cloître s'élevait également au sud de l'édifice. Son emplacement est aujourd'hui occupé par un théâtre de plein air établi en 1908[10].

L'édifice a été classé au titre des monuments historiques en 1840[1].

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Église Saint-Nazaire », notice no PA00102592, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Marcel Durliat, L'ancienne cathédrale Saint-Nazaire de Carcassonne, p. 548-572, dans Congrès archéologique de France. 131e session. Pays de l'Aude. 1973, Société Française d'Archéologie, Paris, 1973.
  3. Michèle Pradalier-Schlumberger, Le Décor sculpté de la cathédrale Saint-Nazaire de Carcassonne, p. 573-594, dans Congrès archéologique de France. 131e session. Pays de l'Aude. 1973, Société Française d'Archéologie, Paris, 1973.
  4. a et b Joseph Poux, La Cité de Carcassonne, précis historique, archéologique et descriptif, p. 174.
  5. Jean-Pierre Panouillé, Carcassonne, histoire et architecture, p. 20.
  6. Jean Guilaine et Daniel Fabre, Histoire de Carcassonne, p. 72.
  7. Jacques Lugand, Languedoc Roman, Éd. Zodiaque, 1985, p. 28.
  8. « Musique et musiciens d’Église dans le département de l'Aude autour de 1790 », sur Base de données Musefrem (consulté le 27 octobre 2014).
  9. « La basilique Saint-Nazaire », Site officiel de la ville de Carcassonne (consulté le 10 juin 2007).
  10. Collectif, De la place forte au Monument : la restauration de la Cité de Carcassonne au XIXe siècle, Ed. du Patrimoine, 2000, (ISBN 2-85822-353-X).

Voir aussiModifier