Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Michel Chapuis

organiste concertiste, improvisateur et professeur français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Michel Chapuis (homonymie) et Chapuis.
Michel Chapuis
Naissance
Dole, France
Décès (à 87 ans)
Dole, France
Lieux de résidence Jouhe
Activité principale Organiste
Enseignement Orgue
Élèves Sylvain Ciaravolo, François-Henri Houbart, Thierry Escaich, Éric Lebrun, Marina Tchebourkina, Vincent Warnier, Françoise Dornier.

Michel Chapuis, né à Dole (Jura) le et mort dans la même ville le [1],[2], est un organiste concertiste, improvisateur et professeur français.

Sommaire

BiographieModifier

En 1938, il découvre l’orgue par l’audition du grand orgue Riepp de la Collégiale de Dole[3].

Passionné et défenseur de l'harmonium, Michel Chapuis est également président d'honneur de la Fédération française des Amis de l'Harmonium (FFAH).

Décorations : Officier de la Légion d'honneur, Commandeur de l'Ordre national du Mérite[2].

Découvreur de la littérature pour orgueModifier

Il a durablement influencé l’interprétation de la musique française classique pour orgue tout autant que la facture d’orgue, pour la restauration en premier lieu, des instruments « classiques français », mais aussi des orgues « romantiques ».

Avec ses collègues et amis, Francis Chapelet, André Isoir, Jean-Albert Villard, Xavier Darasse, pour ne citer que les plus emblématiques, il a provoqué, dans la continuation de l’esprit de leur maître Édouard Souberbielle, dès les années cinquante, une remise en cause de l’organologie telle qu’elle était pensée et surtout appliquée à la restauration des orgues depuis les années 1930, et ce, par des recherches historiques et technologiques d’une remarquable rigueur.

Michel Chapuis connaît la facture d’orgue pour l’avoir pratiquée lui-même, ce qui a simplifié ou compliqué ses rapports avec les facteurs d’orgue, mais toujours dans le but de faire avancer la « cause de l’orgue ».

MusicologueModifier

Michel Chapuis, certains de ses collègues, quelques facteurs d’orgue (en particulier Philippe Hartmann, Robert Boisseau, Alfred Kern et quelques rares autres dans les années soixante) ainsi que des musicologues considérés à l'époque comme atypiques tel Jean Fellot, Pierre Hardouin, ou des amateurs éclairés tel Alain Lequeux, sont directement à l’origine du renouveau de la musique française dite «baroque», le travail ayant été effectué dans les autres pays d’Europe, le plus souvent par les «cordes» ou par les «chefs» (par exemple Nikolaus Harnoncourt.) Ces préoccupations aboutiront, devant l’urgence de sauver certains instruments de tous risques de restaurations hâtives, à la création le 21 décembre 1967 de l’A.F.S.O.A (Association Française pour la Sauvegarde des Orgues Anciens) qui deviendra le bras armé de cette reconquête.

Parallèlement à ces recherches en matière d’organologie, Michel Chapuis s'intéresse aux traités anciens et a lu attentivement L'interprétation de la musique française (de Lully à la Révolution) d'Eugène Borrel. Bien que paru en 1934, cet ouvrage était parfaitement ignoré de l'enseignement officiel. Aussi Chapuis a-t-il été l’un des premiers, avec ses collègues déjà cités, à s’intéresser particulièrement à ce qu'on pourrait appeler une « sémiologie » de la musique française des XVII° et XVIII° siècles : « ornementation, notes inégales, registrations », autant d’éléments qui, malgré les premières approches de décryptage d’Alexandre Guilmant et d’André Pirro, avaient été inexploités ou quelque peu malmenés, à la manière dont l’était aussi l’organologie par des spécialistes autoproclamés. La question des «diapasons» et des «tempéraments» n’a pas non plus échappé à sa sagacité.

On peut donc considérer sans exagération que Michel Chapuis est à l’origine de nombreuses clefs d’interprétation de la musique ancienne en France. C’est en effet, en mettant à profit cette rencontre, cette « synergie » entre la pratique de l’organologie par la facture d’orgue et la fréquentation assidue des bibliothèques, qu’il est devenu en grande partie responsable du renouveau de l’interprétation et de la redécouverte de toute une littérature musicale oubliée, participant très tôt à la genèse puis à l’accélération de cet engouement pour la musique baroque en France telle qu’on la connaît désormais.

InterprèteModifier

La discographie de Michel Chapuis est très importante et ne se limite pas au répertoire français. Ses interprétations de Bach et de la musique allemande ne sont en aucune manière à négliger pas plus que ne le sont ses (plus rares) interprétations d'œuvres romantiques. Elle est consultable sur le site http://www.france-orgue.fr/disque

PédagogueModifier

Ses talents de pédagogue et sa vaste culture ont fait de Michel Chapuis un professeur recherché par de jeunes musiciens et musiciennes du monde entier dans les conservatoires où il a œuvré pendant toute sa carrière, mais aussi au cours d’« académies d’orgue » dans l’Europe entière, à l'époque où elles étaient nombreuses et florissantes, ainsi qu'au Japon. Parmi ses élèves, citons : Henri-Franck Beaupérin, Yves Castagnet, Sylvain Ciaravolo, Thierry Escaich, François-Henri Houbart, Éric Lebrun, Marina Tchebourkina, Jean-René Louët, Marie-Ange Leurent, Vincent Warnier, Guy Marissal, Marc Baumann

Il est aussi, ce qui se sait moins, un fort talentueux improvisateur.

RéférencesModifier

  1. « L’organiste Michel Chapuis est mort », Le Progrès,‎ (lire en ligne)
  2. a, b, c, d, e, f, g et h « Décès de l’organiste Michel Chapuis (Flash Info) », sur ResMusica (consulté le 12 novembre 2017)
  3. a et b Marie-Aude Roux, « Michel Chapuis, géant de l’orgue français, est mort », Le Monde, 13 novembre 2017.
  4. Communiqué sur monversailles.com, 9 avril 2010.

SourcesModifier

  • Claude Duchesneau: Michel Chapuis: plein jeu, Paris, Le Centurion, 1979.
  • Revue Cæcilia entrevue avec Michel Chapuis (2003).
  • Sur DVD :
    • Notes personnelles, Volume 1 - M. Chapuis à l’orgue de la Chapelle Royale de Versailles et à l’orgue Clicquot de Souvigny-Alliers. (2004)
    • Notes personnelles, Volume 2 - Récital d’improvisations dans le style romantique sur les orgues Cavaillé-Coll de Poligny et de Saint-Ouen de Rouen. (2006)
    • Notes personnelles, Volume 3 - Improvisations dans le style germanique - Orgue Aubertin de Saint-Louis-en-l’Île, Paris. (2007)

Liens externesModifier