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Canville-les-Deux-Églises

commune française du département de la Seine-Maritime
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Canville-la-Rocque.

Canville-les-Deux-Églises
Canville-les-Deux-Églises
L'église.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Rouen
Canton Yvetot
Intercommunalité Communauté de communes Plateau de Caux-Doudeville-Yerville
Maire
Mandat
Josiane Cerveau
2014-2020
Code postal 76560
Code commune 76158
Démographie
Population
municipale
326 hab. (2016 en diminution de 2,1 % par rapport à 2011)
Densité 56 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 46′ 14″ nord, 0° 50′ 28″ est
Altitude Min. 82 m
Max. 133 m
Superficie 5,77 km2
Localisation

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Canville-les-Deux-Églises

Canville-les-Deux-Églises est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en Normandie.

Sommaire

GéographieModifier

ToponymieModifier

Attesté sous les formes Canvilla 1149, 1172 ; Camvilla 1153 ; Caumvilla 1170 - 1172[1].

Toponyme médiéval en -ville (élément issu du gallo-roman villa « domaine rural »). L'identification du premier élément ne fait pas l'unanimité (c'est le moins que l'on puisse dire) parmi les spécialistes.

  • Albert Dauzat, sans citer (et donc sans connaître) de formes anciennes, y voit un nom de personne d'origine germanique Cano, soit « le domaine rural de Cano » [2]. Cette explication est difficilement compatible avec les formes du 12e connues aujourd'hui.
  • Adigard des Gautries et Lechanteur[3] voient clairement que les formes en Caun- peuvent présupposer l'amuïssement d'une dentale ([t] ou [d]) entre les deux voyelles, mais n'arrivent pas à percer le secret du premier élément.
  • Marie-Thérèse Morlet identifie l'initiale Cam- / Caun- au nom de personne d'origine gallo-romaine Catonus, Catunus [4].
  • François de Beaurepaire[5] considère malgré tout le premier élément comme indéterminé.
  • Ernest Nègre propose, quoique dubitativement, le nom de personne scandinave Skamel [6]. Cette solution est elle aussi difficilement conciliable avec les premières attestations du toponyme, que l'auteur cite pourtant.
  • René Lepelley n'arrive pas à se décider, et reprend, faute de mieux, les deux dernières opinions : élément indéterminé, mais peut-être le nom de personne scandinave Skanel[7].

Le problème posé par ce toponyme est le suivant : les formes anciennes conviennent parfaitement, d'un point de vue phonétique, au nom de personne gallo-romain Catonus, Catunus, proposé par Marie-Thérèse Morlet. Malheureusement, les noms de lieux en -ville commencent à apparaître en Normandie vers les VIIe/VIIIe siècles, époque à laquelle les noms gallo-romains sont déjà supplantés en toponymie par les noms d'origine germanique. C'est la raison pour laquelle les autres spécialistes se sont évertués à chercher dans cette direction; mais les propositions qu'ils ont faites pèchent du côté de la phonétique.

En fait, il existe un petit nombre de toponymes en -ville formés avec des noms gallo-romains. François de Beaurepaire signale par exemple dans la Manche l'existence du lieu-dit Cloville < *Claudii villa « le domaine rural de Claudius » tout près de Clouay < °CLAUDIACU « (le domaine) de Claudius », tous deux formés sur ce nom de personne gallo-romain. L'apparition réelle des noms en -ville, nécessairement antérieure à leurs premières notations par écrit, a dû coïncider avec la fin des noms en -ACU, rendant possible une occasionnelle explication par un nom d'origine gallo-romaine. C'est la raison pour laquelle l'hypothèse de Marie-Thérèse Morlet semble la plus vraisemblable, d'où le sens probable de « domaine rural de Catonus / Catunus » pour le nom de Canville[8].

Le qualificatif « les deux églises » se réfère aux deux anciens lieux de cultes Saint Martin et Sainte Marie. Seul subsiste l'église Saint-Martin.

HistoireModifier

Canville doit son nom à Can qui signifie marécageux, et à ses deux églises dont une seule subsiste. Jusqu'à la Révolution c'est une haute et puissante seigneurie, titre d'une des doyennetés du Pays de Caux. Elle fait partie de la terre de Cany-Caniel. La prison féodale, le carcan et le gibet de la haute-justice de Cany se trouvaient à Canville.

Au XIIIe siècle, le doyenneté de Canville compte 53 paroisses, 1 700 habitants et possède un marché hebdomadaire. Son patrimoine actuel est son église et son château, une ancienne forge, le presbytère bâti par le curé architecte Isaac Nion et une mairie-école qui date de la fin du XIXe siècle.

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
    Gérard Ducastel    
    Jean Voisin    
mars 2008 mars 2014 Michel Marais    
mars 2014 En cours
(au avril 2014)
Josiane Cerveau    

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[10].

En 2016, la commune comptait 326 habitants[Note 1], en diminution de 2,1 % par rapport à 2011 (Seine-Maritime : +0,48 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
9809559349711 0181 0171 0451 0351 007
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
970925859810780715652571495
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
437409471402415366343353356
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
305248216195239299301333326
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[12].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

L'église Saint-Martin existe déjà au XIIIe siècle et forme une seule et même cure avec l'église Notre-Dame, aujourd'hui disparue. Le clocher date du XVIe, le reste a été reconstruit au XVIIIe, en grès. L'église conserve des vitraux du XIXe, des fonts baptismaux, un aigle-lutrin du XIIe et une plaque en bois sculptée par Fred Raoul Duval du Havre. Une litre funéraire trouvée sur les murs de la chapelle Nord de l'église lors de travaux de maçonnerie effectués en 2011 représente le blason de la famille Bec-de-Lièvre, seigneurs de Cany.

Le château : en brique et silex, du XVIIe siècle, la demeure a subi d'importantes modifications à la fin du XIXe siècle. Elle a été la propriété de la famille Duperron, du marquis de Quirrieu en 1733, de la famille Prier d'Hattenville, puis aux familles Bourdel et Lerebourg. Le pignon Nord est le plus ancien, et deux lions de pierre surmontent les piliers de l'entrée principale.Festival Du Parc Du Chateaux

Il y avait deux écoles autrefois à Canville. L'une, l'école Macré, abrite toujours une salle de classe, l'autre la fondation Roger Douville, agriculteur devenu célèbre sculpteur sur bois précieux

Personnalités liées à la communeModifier

  • Eugène Julien (1856-1930), évêque d'Arras - né à Canville-les-Deux-Églises 1856 mort à Arras en 1930. Ordonné prêtre à Rouen en 1881, curé de la paroisse Notre-Dame du Havre puis évêque d'Arras en 1917, il fut surnommé « l'évêque de la reconstruction ». Élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1925.
  • Roger Douville - Né à Bourville le 28-08-1915 mort à Canville-les-Deux-Églises le 21-06-1981. Ami d'enfance de Bourvil. Destiné à une carrière d'agriculteur, ce n'est qu'en 1940 dans les camps de prisonniers qu'il découvrira son don pour la sculpture. Devenu un des « rois » de la sculpture sur bois, ses œuvres sont exposées dans une dizaine de pays. Il a aussi été en 1978 un des initiateurs de l'association artistique AYAC d'Yvetot.
  • Armand Désiré Savalle : le 12 ventôse an II de la République française est né à Canville-les-Deux-Églises, Armand Désiré Savalle, DCD à Lille le 18 avril 1864. Ingénieur inventeur il construisit le premier appareil de distillation à travail continu au moment où s'introduisit en France la culture de la betterave et l'industrie du sucre. Il amassa une fortune considérable.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et des anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, , 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150), p. 56
    Ouvrage publié avec le soutien du CNRS
  2. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, Paris, 1963, p. 143a.
  3. Les noms de commune de Normandie, Supplément aux annales de Normandie, 15 fascicules (jusqu'au nom Cottun), 1961 - 1969.
  4. Nom dérivé de Cato (radical Caton-), lui-même formé sur le cognomen latin Catus issu de l'adjectif catus « aigu, pointu », puis « fin, pénétrant », d'où « habile, avisé ».
  5. Op. cité.
  6. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 1021, § 18394.
  7. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen / Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993, p. 85b.
  8. Dominique Fournier, WikiManche
  9. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  10. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.