Ouvrir le menu principal

Bataille de Rabosée

bataille de la Première Guerre mondiale
Début de la bataille de Liège : l'avance des première et seconde armées allemandes.

La bataille de Rabosée en Belgique fut la première bataille où les troupes belges entrèrent en contact avec les forces allemandes durant la Première Guerre mondiale.

Premier combat de la bataille de Liège, elle se déroula les 5 et sur le plateau de Rabosée, situé entre les vallées de la Meuse et de la Julienne, à proximité du carrefour dit des « Quatre-Bras ».

Les prémices de la batailleModifier

 
Positions belges et assauts des troupes allemandes sur le plateau de Rabosée, au carrefour des Quatre-Bras.

À l'aube du 3 août 1914, le 1er bataillon du 9e régiment belge de forteresse quitte son cantonnement de Jupille pour occuper le secteur Meuse-Barchon ; la 2e compagnie relève, sur le plateau de Rabosée, une unité du 14e régiment d'infanterie de ligne. Le 4 août 1914, détachée de son bataillon d'origine, la 2e compagnie est placée sous les ordres du major Clerdent du 14e de ligne. Chaque unité reçoit ordre de tenir sa position. Les forces de l'armée belge s'élève à 500 hommes de troupe et cinq officiers.

Côté allemand, c'est la 27e brigade du général von Massow qui arrive. Cette brigade, casernée à Cologne, fait partie de la 14e division d'infanterie allemande. Appartenant au 7e corps d'armée de la 2e armée allemande, elle a été détachée avec cinq autres brigades pour exécuter le coup de main prévu par le plan d'opérations allemand contre la position fortifiée de Liège. La brigade est composée des 25e (d'Aix-la-Chapelle) et 53e régiments d'infanterie, renforcés d'un escadron du 16e régiment de uhlans, d'un groupe d'obusiers de campagne, et en réserve, du 16e d'infanterie, le tout à l'effectif de temps de paix (les réservistes n'ont pas encore rejoint) soit 8 000 hommes.

La batailleModifier

 
Mitrailleuse Maxim de l'armée belge. Ce type d'attelage transporta la mitrailleuse sur le plateau de Rabosée.

Le , à 15 heures, l'artillerie allemande pilonne le fort de Barchon ; le plateau de Rabosée est balayé par les shrapnels. Dissimulées derrière les haies, les forces allemandes se lancent à l'assaut.

Contenues partout, les forces allemandes réussissent une percée sur la route de Jupille à Visé et parviennent au carrefour des « Quatre-Bras » où est installé le QG du major Clerdent. Un fourrier du 11e de ligne, revenu en hâte de Wandre, installe sa mitrailleuse ; la bataille commence. Les soldats belges tiennent. Vers 16 heures, le fort de Pontisse, entre en action. Les Allemands, qui ont essuyé de lourdes pertes, sont repoussés. Au cours de l'après-midi, au vif dépit des défenseurs déjà peu nombreux, une compagnie se retire. L'espoir revient brièvement quand apparaît le bataillon du 31e de ligne qui poursuit sa route vers Saive. Durant la soirée, un peloton du génie aménage des abris sous le bombardement incessant des Allemands.

Veillée d'armesModifier

Au fond des tranchées tapissées de foin, les soldats belges attendent dans le silence. 300 à 400 cartouches ont été distribuées à chacun. Soudain, apparaît un prêtre proposant de confesser les soldats qui en manifesteraient le désir. Contre toute attente, cet homme « de haute taille et d'assez forte corpulence »[1] disparaît très rapidement. Un sous-officier belge comprend qu'il s'agit d'un espion et lance vainement deux patrouilles à sa poursuite, le faux prêtre ayant disparu. Dès 22 heures, le retour des Allemands est annoncé. « Il pleut. Une pluie fine, désespérante. Les genoux glissent sur les parois humides ; les semelles collent au sol. C'est une nuit noire »[2]. Vers 23 heures 30, les Wesphaliens ont incendié les alentours, le fort de Barchon jaillit de la nuit tandis que des phares puissants balayent la plaine de Rabosée.

La fournaiseModifier

 
Alfred Ross, soldat du 12e de ligne, tué le 6 août 1914 et enterré à Rabosée. Collection privée.

Vers minuit, le 6 août 1914, les soldats Gossens et Beaunom préviennent le commandement de l'arrivée des Allemands. Persuadés que 82 000 soldats français ont débarqué à la gare des Guillemins, les soldats belges veulent tenir jusqu'à leur arrivée. « La 27e brigade allemande se présente en ordre de marche »[3], en colonne par quatre, semblant ignorer la présence du barrage. Le sergent-major Evrard, commandant du peloton du 14e de ligne, 3e compagnie, ordonne d'ouvrir le feu. Des dizaines d'assaillants tombent. Les Belges ont reçu ordre de tirer plus haut, et leurs balles frappent le 25e d'infanterie allemand placé derrière le premier régiment. Les hommes du 25e régiment ripostent et tirent... dans le dos du 53e qui est pris entre deux feux. Le 53e riposte à son tour en tirant sur leurs compagnons du 25e. Les Allemands s'entretuent. Des hommes de la 25e brigade du général von Massow atteignent les parapets des tranchées mais sont abattus.

2 heures 10, le capitaine Langemark, du 25e, pénètre dans la maison « Falla ». Des mitrailleuses installées au premier étage de l'immeuble fauchent les troupes massées dans la tranchée : tout le peloton du sergent-major Evrard est anéanti. 4 heures 30, les Belges reçoivent de nouvelles munitions. Ils délogent les tireurs allemands placés au-dessus de leur tranchée. Le 25e déborde la redoute, mais 18 soldats retranchés la défendent jusqu'à h 30. Les Allemands y découvriront 82 cadavres.

Les Belges pris sous le feu des mitrailleuses adverses, reculent vers la Xhavée. Les Allemands qui comptent déjà plus de 1 000 hommes blessés ou tués, les survivants épuisés, désorientés sont incapables de profiter de leur avantage, la 27e brigade bat en retraite.

9 heures, la brigade Bertrand contre-attaque et reprend Rabosée.

Notes et référencesModifier

  1. Van Der Beken B. et H., La première bataille de Liège Rabosée 5-6 aout 1914, Bruxelles, s.d..
  2. Van Der Beken B. et H., La Première Bataille Belge. Rabosée, Bruxelles, s.d.
  3. « Histoire du village - Les Combats de Rabosée », sur www.saive.be (consulté le 22 octobre 2015).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Baud et H. Van Der Beken, La Première Bataille Belge : Rabosée, 5-6 août 1914, Bruxelles, Ferd. Wellens-Pay, ?, 32 p. (lire en ligne).
  • Laurent Lombard, Chocs de feu dans la nuit, Stavelot, Ed. Vox Patriae, 1939

Articles connexesModifier

Liens externesModifier