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Bais (Mayenne)

commune française du département de la Mayenne
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bais.

Bais
Bais (Mayenne)
Le château de Montesson.
Blason de Bais
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Mayenne
Arrondissement Mayenne
Canton Évron
Intercommunalité Communauté de communes des Coëvrons
Maire
Mandat
Marie-Cécile Morice
2014-2020
Code postal 53160
Code commune 53016
Démographie
Gentilé Baidicéen, Baldicéen
Population
municipale
1 244 hab. (2016 en diminution de 2,58 % par rapport à 2011)
Densité 47 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 15′ 13″ nord, 0° 21′ 56″ ouest
Altitude Min. 155 m
Max. 337 m
Superficie 26,23 km2
Localisation

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Liens
Site web www.bais.mairie53.fr

Bais est une commune française, située dans le département de la Mayenne en région Pays de la Loire, peuplée de 1 244 habitants[Note 1]

GéographieModifier

La localité est baignée par l'Aron, affluent de la Mayenne.

Communes limitrophesModifier

ToponymieModifier

La mention villa Baudiacae, 642 (Testament de Saint-Bertrand) proposée par l'abbé Angot pour Bais[1], a été contredite, à juste titre, par l'abbé Busson, qui propose Baugé[2],[3], et a été rectifiée par l'abbé Angot dans son supplément[4].

Bais est attesté au IXe siècle sous la forme latinisée Bediscum vetus[1],[5], 989 (Cartulaire d'Évron[6]).- puis de Ecclesia Sanctae Mariae de Bedisco, 1125 (Ibid.)[1]. - Homines de Bayes, 1230 (Ibid.)[1]. - Prior de Baheies, 1231 (Ibid.)[1]. - Parrochia de Bays, 1253 (Cartulaire de Champagne)[1]. -Betz, XVIe s. (Insin. Eccl.). - Bai, 1582 (Fabr. de Villaines)[1]. - Baies, XVIIe s. (Arch. d'Indre-et-Loire)[1]. Bais ou Bas (Jaillot).

Le premier terme attesté, bediscum, est probablement issu du gaulois bedo- fosse, canal (> français bief)[7]. Cela pourrait convenir, car la première partie du cours de l'Aron est resserrée et forme une gorge très étroite sur le site de Bais, puis s'élargit. Une autre origine, moins probable, pourrait être sur betua, bouleau (vieux français boul du dérivé betulla)[5],[8]. Le suffixe -iscum est ici peu clair, à moins qu'il ne s'agisse d'une erreur dans la latinisation médiévale, par analogie avec les mots français ayant la terminaison -ais, effectivement issue de -iscu(m) qui ne convient pas ici puisqu'elle sert à créer des adjectifs de nationalité à l'origine, puis des gentilés.

Le gentilé est Baidicéen ou les Baldicéen[9].

HistoireModifier

OrigineModifier

Si l'attestation écrite, la plus ancienne, du site de Bais ne remonte qu'au IXe siècle (voir ci-après), elle contient un radical gaulois, qui pourrait suggérer une origine antérieure à l'époque gallo-romaine.

Il existe une monnaie mérovingienne (triens), avec la légende bedico vico, qui a été attribuée à Bais[10],[11].

Une villa Jona est donnée à Évron en 643. Elle serait en Bais[12], mais elle est encore discutée.

Des fouilles ont permis de retrouver sous l'église de Bais, un petit oratoire antérieur à l'an mil[13].

Prise par les Chouans, septembre 1799Modifier

Le 3e jour complémentaire de l'an VII de la République () le village de Bais a été assiégé par la troupe du chef chouan, Jean-Marie Mérille. Il prend position dans le bois de Mirebeau qui couvre la colline dominant le bourg, en face de la butte des Batailles[14].

Le rapport du commandant de la garde nationale de Bais, Boudier-Fontaine dit que les chouans étaient mille à douze-cents et les gardes nationaux soixante seulement, chiffres forcés (quatre cents selon d'autres sources[15]). Il n'y avait pas de troupe de ligne dans le bourg. Une première sommation avait été faite aux habitants de remettre leurs armes, et ils avaient refusé[16]:

« Les habitants de Bais ont juré de se défendre. Ils ne veulent ni vous faire de mal, ni en avoir. Laissez-les tranquilles, où vous serez la cause de la mort des personnes qui veulent le bien de leur parti. Je vous le demande encore, laissez-nous en paix.

Lair de Lamotte, commissaire. »

Une fusillade assez vive s'engagea entre les chouans et les habitants, retranchés dans quelques maisons. Mérille fit mettre le feu en plusieurs endroits. Une dizaine de maisons furent brûlées. Les défenseurs s'étant retirés dans l'église, Mérille leur envoie une nouvelle sommation :

« Rendez vos armes : que quatre de vos principaux viennent assurer que vous êtes de bonne foi, et, de suite, j'irai, si vous arrêtez, aider à éteindre le feu que j'ai fait allumer, non sans un bien vif chagrin. Venez promptement, ou nous allons vous livrer un dernier assaut et vous n'échapperez pas. Vous savez que nous sommes humains. Venez, sur ma parole d'honneur, Venez.

J. Mérille, dit Jean au Beauregard, inspecteur. »

"À cette sommation était jointe la copie d'un certificat des habitants de Rouessé, attestant que les troupes royalistes qui étaient entrées dans le bourg, s'y étaient conduites avec toute la délicatesse accoutumée aux défenseurs de l'autel et du trône, le 3 septembre 1799." Termes que l'on peut supposer dictés par ces défenseurs eux-mêmes. Les femmes, éplorées insistaient pour qu'on ne prolongeât pas la défense. Une capitulation fut convenue[14]:

« Le déclarant (Boudier-Fontaine) envoya dire aux brigands qu'ils n'avaient pas à débloquer le bourg et rassembler leurs troupes, les habitants allaient leur déposer leurs armes. Les brigands suivirent cet avis. À l'instant, profitant du déblocus, le déclarant se sauva à quatre pieds, avec trois autres citoyens, emportant leurs armes et munitions et se sauvèrent par les derrières jusque dans un bois où ils se cachèrent jusqu'au soir. »

Cela ressemble assez à un manque de foi. Les autres armes furent rendues. Le rapport ne parle ni de pillage, ni de contributions. Il ajoute que les assaillants eurent huit hommes tués, dont un nommé Frédérich (Paraguste, croyons nous), que le déclarant tua de sa main avec deux autres, et dix autres blessés grièvement. Les républicains n'auraient eu qu'un homme tué et une femme blessée à la cuisse. Le rapport du général Vimeux au ministre de la guerre (1er octobre) porte que les Chouans n'ont pu pénétrer dans le bourg ; qu'ils ont quinze tués et quarante blessés. De la capitulation pas un mot[15].

HéraldiqueModifier

  Blason D’argent, à trois quintefeuilles d’azur, percées du champ, mises en pal et séparées par deux divises de sable.
Détails
- Créé par Jean-Claude MOLINIER, héraldiste amateur, et adopté par la municipalité le 26 février 1999:

L’argent et les trois quintefeuilles azur sont les armes du Marquis de Montesson, seigneur de Bais. La reprise intégrale du blason de famille étant formellement interdite, il suffit d’en emprunter un ou plusieurs éléments.

Les divises symbolisent l’Aron et la Vaudelle, les deux cours d’eau principaux de Bais.

La couleur et la disposition des divises est à associer au fond argent rappelant le dessin du bouleau, symbolisant ainsi le nom du village.

Les ornements sont deux gerbes de blé d’or, mises en sautoir par la pointe et liées d’azur afin de rappeler l’importance de l’activité agricole.

Le listel d'argent porte le nom de la commune en lettres majuscules de sable.

La couronne de tours dit que l’écu est celui d’une commune ; elle n’a rien à voir avec des fortifications.
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

  • Élections municipales du 23 mars 2014

Liste "Un nouvel avenir" menée par Marie-Cécile Morice 394 voix - 60,43% - 12 élus

Liste par Sylvie Pichot maire sortante 258 voix - 39.57% - 3 élus

Liste des mairesModifier

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1889 1932 Gustave Janvier[17]   Agriculteur, conseiller général
1957 1989 Albert Chauveau UDF-CDS Conseiller général de 1982 à 1994
1989 mars 2008 Daniel Desmots   Directeur de collège
mars 2014 Sylvie Pichot[18] PS Directrice d'école retraitée
[19] En cours Marie-Cécile Morice UMP Retraitée

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[21].

En 2016, la commune comptait 1 244 habitants[Note 2], en diminution de 2,58 % par rapport à 2011 (Mayenne : +0,21 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 9501 8751 9341 9862 3542 4432 3422 1752 348
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 2062 2392 1362 0572 0421 9481 8971 9091 824
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 7691 6501 5941 3991 4071 3681 2631 3691 241
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
1 1601 1051 2511 4571 5711 4871 3591 2751 250
2016 - - - - - - - -
1 244--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[22] puis Insee à partir de 2006[23].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

EnseignementModifier

Manifestations culturelles et festivitésModifier

JumelagesModifier

  Oy-Mittelberg (Allemagne) depuis 1983.

SportsModifier

MédiasModifier

ÉconomieModifier

Lieux et monumentsModifier

Bais est une cité du Pays d'art et d'histoire Coëvrons-Mayenne.

Culture locale et patrimoineModifier

Patois mayennaisModifier

Les cahiers de doléances de Bais[16] (6 mars 1789) parlent de :

  • pain de carabin : pain de sarrasin ou pain de « bled-noir », selon l'abbé Angot[24] qui cite Le Règlement des boulangers à Laval, de 1697.

La monographie communale de Bais fait par l'instituteur[25], en 1899, nous donne quelques mots fréquemment employés dans la conversation :

  • Andmené : qui ne sait pas quoi faire pour taquiner.
  • Pournigauder : remuer avec un bâton, dans tous les sens et sans but.
  • Rebaublir : ranimer.
  • Amanduire : apporter quelque chose qui manque.
  • Horne : tête.
  • Réquestoui: réchauffer, réveiller.
  • S'époupiner : s'emporter.
  • Rapis tè d'pou que'ça cattie : ôte toi de peur cela (la boue) ne te saute sur toi.
  • Dequà qui diant's ? : qu'est-ce-qu'ils disent ?
  • Écaigner : agacer, taquiner.
  • Éssuau : essuie mains.
  • Guerr'mi : écrasé, meurtri.
  • Liette : tiroir.
  • Alleren garrouige : poule qui va pondre ailleurs.
  • Géniller : donner des coups de genou.
  • Éblussoté : bien éveillé, bien dégourdi.
  • Terziller : trembler, avoir peur.
  • Gède : jatte de lait, de beurre.
  • Houbille, Guérou : êtres surnaturels faisant peur.
  • Mirligouaner : mâcher sans pouvoir avaler.
  • Beurdadoufiée : Onomatopée, quand on tombe.
  • Guerrnafiée : maison mal tenue, très négligée.
  • Donner une verdée : battre quelqu'un.
  • Querropée : bouillie, soupe ou ragoût fait avec beaucoup d'eau.

Personnalités liées à la communeModifier

  • La famille Montesson ;
  • Paul Janvier, médecin à Bais et résistant ;
  • Manuela Montebrun (née en 1979), championne de France au lancer du marteau, habite Bais lorsqu'elle débute dans cette discipline à l'âge de 13 ans.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale 2016.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g et h ANGOT (Abbé). Dictionnaire Historique et Biographique de la Mayenne. Ré-éd (1962), t. 1, p. 138.
  2. BUSSON (abbé G.). Actus pontificum Cennomannis in urbe degentium. (1902), p. 533.
  3. Archives Historique du Maine. (1911), t. 11, p. 30.
  4. ANGOT (Abbé). Dictionnaire Historique et Biographique de la Mayenne. Ré-éd (1962), t. 4, p. 29.
  5. a et b DAUZAT (Albert) et ROSTAING (Charles), Dictionnaire étymologiques des noms de lieux en France, éditions Larousse 1968.
  6. GERAULT (abbé). Notice historique sur Évron: son abbaye et ses monuments. (1840), p. 133.
  7. DELAMARRE (Xavier). Dictionnaire de la langue gauloise. (2003), p. 70.
  8. TAVERDET (Gérard). Noms de lieux du Maine. (2003), p. 182
  9. « Ouest-france.fr - Mairie de Bais » (consulté le 9 avril 2013)
  10. Jules Vannerus, "Où chercher dans nos contrées des ateliers monétaires mérovingiens ?" Revue belge de numismatique et sigillographique. (1947), t. 93, p. 50.
  11. Bulletin de la Société française de numismatique. (2006), p. 9.
  12. Barthelemy (D.), Bruand (O.). Les pouvoirs locaux dans la France du centre et de l'ouest (VIIIe-XIe siècles). (2004), p. 97, 104.
  13. BOUFLET (J.H.). "Essai de chronologie de l'église de Bais (Mayenne)". M A H, (1985), no 8, p. 51-70
  14. a et b Gaugain (abbé Fernand). Histoire de la révolution dans la Mayenne, (1918), Vol. 4, p. 326-329.
  15. a et b Renouard (Pierre). Essais historiques et littéraires sur la ci-devant province du Maine. (1811), tome 2, p. 297.
  16. a et b Monographies communales, Bais. Archives départementales de la Mayenne, (1899), p. 40-41. [1]
  17. Père de Paul Janvier.
  18. Liste des maires de la Mayenne actualisée au 25 juin 2009, site de la préfecture de la Mayenne, consulté le 6 août 2009
  19. « Ambiance électrique au premier conseil municipal », sur Ouest-france.fr (consulté le 5 avril 2014)
  20. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  21. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  22. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  23. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  24. ANGOT (abbé), La corporation des boulangers à Laval, dans Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, (1896), no 12, p. 30-46.
  25. Arch. Dept. de la Mayenne, Monographies Communales, Bais, (1899), p. 48-49. [2]