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Allée de hêtres en automne.
Parc à Dülmen en Allemagne.
Ensemble naturel néerlandais.

L’automne est l'une des quatre saisons de l’année dans les zones tempérées. L'automne suit l'été et précède l'hiver.

Il existe plusieurs définitions de l'automne : astronomique (de part et d'autre de l'équinoxe d'automne), météorologique (demi-saison se trouvant entre les saisons chaude et froide), et calendaire (dont les dates varient selon les pays).

Dans l’hémisphère nord, l'automne se situe entre le troisième et le dernier trimestres de l'année et dans l'hémisphère sud, il se situe entre le premier et le deuxième trimestres de l'année.

L'automne se caractérise par une baisse progressive des températures. Cette saison est notamment marquée par un temps devenant progressivement plus nuageux, pluvieux et venteux, parfois neigeux en fin de saison. Mais l'automne peut encore donner de belles journées ensoleillées et douces notamment en début de saison. Plus tard dans la saison jusqu'à la mi-novembre dans l'hémisphère nord ou jusqu'à la mi-mai dans l'hémisphère sud, après les premières gelées, peut se produire ou pas du tout selon les années une période de temps ensoleillé et radouci, qu'on appelle en Europe l'été de la Saint-Martin (fêté le 11 novembre) et en Amérique du Nord l'été indien.

Sommaire

ÉtymologieModifier

Le substantif masculin[1],[2],[3],[4] « automne » est un emprunt[1] tardif[2] au latin autumnus[1],[2],[3],[4], substantif masculin, attesté depuis les Annales d'Ennius[2].

DéfinitionsModifier

AstronomiqueModifier

 
Les saisons sur Terre.

Du point de vue astronomique, l'automne correspond à la période des jours intermédiaires, situés entre les jours les plus longs de l'année (saison de l'été) et les jours les plus courts de l'année (saison de l'hiver). Dans l'hémisphère nord, il s'étend du au . L'équinoxe d'automne (le ou le et exceptionnellement le ou ) dans l'hémisphère nord représente donc le milieu de l'automne astronomique.

Les saisons étant inversées dans l'hémisphère sud, l'automne astronomique dit austral va du au , l'équinoxe d'automne austral se situant vers le ou le .

MétéorologiqueModifier

Du point de vue météorologique, l'automne est une demi-saison se situant entre la saison chaude et la saison froide. Dans l'hémisphère nord, il comprend donc les mois de septembre, octobre et novembre, soit pour les météorologues du 1er septembre au 30 novembre.

Dans l'hémisphère sud, ce découpage correspond à la saison de printemps, l'automne austral est inversé, se situant donc en mars, avril et mai.

CalendaireModifier

Les dates officielles de début et de fin de l'automne peuvent varier selon les cultures et les pays. Dans le calendrier français, tout comme en Amérique du Nord[5], la date du début de l'automne correspond à l'équinoxe d'automne (le plus souvent les 22 ou 23 septembre selon les années) et se termine au début du solstice d'hiver (21 ou 22 décembre). Dans le calendrier républicain français, l'automne était la première saison de l'année et comprenait les mois de vendémiaire, brumaire et frimaire. Mais ce « début » de saison (trop tardif par rapport à la définition astronomique) résulte sans doute d'une confusion avec l'équinoxe d'automne, confusion qui a fini par devenir un fait accompli au cours des décennies. Ces saisons calendaires sont donc en décalage par rapport aux saisons astronomiques et météorologiques.

Dans d'autres pays, par exemple en Russie, l'automne calendaire commence le 1er septembre, et correspond au début de l'automne météorologique.

Dans le calendrier celtique, l'automne commençait dès le 1er août[réf. nécessaire] et dans le calendrier chinois traditionnel, il commence vers le 7 août, soit le début de l'automne astronomique.

Caractéristiques de l'automneModifier

 
Feuilles de chêne chevelu en automne à Toulouse.
 
Couleurs d'automne du New Hampshire.

Explication météorologiqueModifier

À l’automne, l’ensoleillement diminue et le contraste thermique entre le pôle pointant à l’opposé du Soleil et l’équateur augmente. La circulation atmosphérique principale qui, en été, se situait surtout en région polaire, commence à se décaler vers les latitudes moyennes. Par conséquent, les dépressions météorologiques passent plus au sud (pour l’hémisphère Nord, plus au nord pour l’hémisphère Sud) et l’air froid commence à entrer sur ces régions et à donner du gel.

Toutefois, dans certaines régions du globe (États-Unis, Canada, Europe notamment), un redoux de quelques jours à plusieurs semaines peut survenir pendant la saison d'automne et la température s'élever au point de rappeler l'été. Pour cette raison, cette courte période est appelée « été de la Saint-Martin » en Europe ou « été indien ou été des Indiens » au Canada. Elle se produit en octobre ou au début de novembre dans l’hémisphère nord, et en avril ou au début mai dans l’hémisphère sud.

Article détaillé : Été indien.

Ecologie, faune, flore, champignons, microorganismesModifier

Article détaillé : Changement de couleur des feuilles.

L'automne est un moment écologiquement important, et d'autant plus marqué qu'on se rapproche des pôles (et plus long en zone tempérée). C'est notamment le moment où de nombreuses espèces se préparent à entrer en diapause pour survivre à la saison froide :

  • Chez les végétaux : Dans les eaux douces, la plupart des parties vertes des plantes aquatiques meurent alors que la lumière diminue et l'eau se refroidit ; elles survivront grâce à leurs graines, propagules ou racines et rhizomes. Sur terre les herbacées ont un métabolisme qui ralentit ou se préparent à l'hiver. Les arbres à feuilles caduques se préparent à passer en dormance pour l'hiver alors que leurs fruits achèvent de murir, et ils font des réserves qui serviront aux bourgeons lors de la future montée de sève du printemps. Hormis quelques espèces dites marcescentes, ils perdent leurs feuilles en automne. L'arbre y a préalablement récupéré les substances utiles qui seront stockées jusqu'au début du printemps. Les feuilles, perdant leur chlorophylle - substance responsable de leur couleur verte -, prennent la couleur d'autres pigments préalablement présents mais qui étaient cachés par la présence de chlorophylle. Elles se colorent alors en jaune ou orange (présence de caroténoïdes), ou même rouge (présence d'anthocyanes). Ces feuilles mortes font un tapis qui protègera le sol et de nombreux petits animaux de la neige, et elles alimentent encore les vers de terre et d'autres organismes qui réintègrent leur matière au sol, si elles ne sont pas emportées vers les cours d'eau par le vent ou le ruissellement. Les écosystèmes produisent alors moins d'oxygène ;
  • Chez les animaux, de nombreuses espèces entament leur migration vers des régions plus chaudes (oiseaux migrateurs et nombreux insectes notamment) ou se préparent activement à hiberner ou hiverner en mangeant une nourriture riche ou en faisant des stocks pour l'hiver. Les vers de terre épidendogés se rapprochent de la surface du sol où ils profitent des feuilles mortes.
  • Chez les champignons : C'est pour beaucoup d'espèce le moment de la fructification ;
  • Chez les microorganismes : leur métabolisme est ralenti par la baisse des températures, mais l'apport de milliards de feuilles mortes est une source de nutriment pour la biomasse discrète mais considérable de microchampignons, de micro arthropodes, nématodes, bactéries et autres microbes qui commencent à décomposer les feuilles mortes, au profit de nombreuses autres espèces et du cycle du carbone.

Selon S. Amanda et ses collègues[6] l'automne est une saison qui a été moins étudiée que le printemps et qui est trop négligée au sein de la recherche sur les effets du dérèglement climatique, notamment dans les écosystèmes tempérés et arctiques (où les phénomènes d'asynchronismes écologiques[7] peuvent être exacerbés). Comme cela a été bien montré pour les printemps, des changements phénologiques et de durée[8] y sont déjà manifestes (notamment visibles sur l'imagerie satellitale[9]). Ces changements peuvent dégrader la capacité d'espèces à se reproduire correctement, et dégrader leur capacité à réussir leurs migrations[10],[11],[12],[13] et de survie hivernale des individus. Ces changements exacerbent les risques d'invasion biologique[14], amplifient la diffusion de pestes agricoles[15],[16] et autres agents pathogènes (tiques notamment) et aggravent les taux de transmission de certains maladies.
Ils remanient la dynamique prédateur-proie et donc la dynamique écologique des interactions entre espèces en affectant parfois la productivité nette des écosystèmes[17],[18]. Mieux comprendre les effets du dérèglement climatique sur l'automne est nécessaire pour mieux restaurer, protéger et gérer les écosystèmes et certains taxons particulièrement vulnérables en cette saison. Les observations phénologiques montrent que de même que le printemps est plus précoce depuis quelques décennies, l'automne est phénologiquement retardé[19],[20]. Ainsi si le réchauffement a accru la quantité de CO2 captée par les forêts tempérées[21], l'allongement de la durée de l'automne (hiver moins froid) se traduit néanmoins par des pertes de carbone dans les écosystèmes nordiques[22].

Saison de récoltesModifier

Dans l'hémisphère nord, l'automne est la saison de certaines récoltes, notamment des cultures d'été : maïs, tournesol, etc. et de nombreuses sortes de fruits de toutes sortes : pommes, poires, coings, etc., des fruits secs châtaignes, noix et noisettes, etc. et des raisins (en France par exemple, le ban des vendanges a été longtemps l'événement marquant de l'automne).

L'automne est aussi la saison des labours.

Sens figuréModifier

En littérature, dans un sens figuré, l'automne désigne la vieillesse ou le déclin.

PrénomModifier

Automne est aussi un prénom féminin.

ArtsModifier

L'automne a inspiré et inspire encore de nombreux artistes.

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Notes et référencesModifier

  1. a b et c « Automne », dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur Centre national de ressources textuelles et lexicales (sens 1) [consulté le 27 juillet 2017].
  2. a b c et d Définitions lexicographiques et étymologiques d'« automne » (sens A) du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales [consulté le 27 juillet 2017].
  3. a et b Entrée « automne » (sens 1) dans Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, t. 1 : A – C, Paris, L. Hachette, , 1 vol., LIX-944 p., gr. in-4o (notice BnF no FRBNF30824717, lire en ligne [fac-similé]), p. 550, col. 3 (lire en ligne [fac-similé]) [consulté le 27 juillet 2017].
  4. a et b Entrée « automne » (sens 1) des Dictionnaires de français [en ligne], sur le site des éditions Larousse [consulté le 27 juillet 2017].
  5. Craig Kanalley, « First Day Of Fall 2010: Autumn Equinox Photos », The Huffington Post,‎ (lire en ligne[archive du ])
  6. Gallinat A.S, Primack R.B & Wagner D.L (2015) Autumn, the neglected season in climate change research. Trends in Ecology & Evolution, 30(3), 169-176
  7. Singer, M.C. and Parmesan, C. (2010) Phenological asynchrony between herbivorous insects and their hosts: signal of climate change or pre-existing adaptive strategy? Philos. Trans. R. Soc. B: Biol. Sci. 365, 3161–3176
  8. Kozlov, M.V. and Berlina, N.G. (2002) Decline in length of the summer season on the Kola Peninsula, Russia. Clim. Change 54, 387–398
  9. Garonna I et al. (2014) Strong contribution of autumn phenology to changes in satellite-derived growing season length estimates across Europe (1982–2011). Global Change Biol. 20, 3457–3470
  10. Gordo, O. (2007) Why are bird migration dates shifting?. A review of weather and climate effects on avian migratory phenology. Clim. Res. 35, 37–58
  11. Jenni, L. and Kery, M. (2003) Timing of autumn bird migration under climate change : advances in long-distance migrants, delays in short- distance migrants. Proc. R. Soc. B: Biol. Sci. 270, 1467–1471
  12. Van Buskirk, J. et al. (2009) Variable shifts in spring and autumn migration phenology in North American songbirds associated with climate change. Global Change Biol. 15, 760–771
  13. Ellwood, E.R. et al. (2015) Autumn migration of North American landbirds. Stud. Avian Biol. (in press)
  14. Fridley J.D (2012) Extended leaf phenology and the autumn niche in deciduous forest invasions. Nature 485, 359–362
  15. Porter, J.H. et al. (1991) The potential effects of climatic-change on agricultural insect pests. Agric. Forest Meteorol. 57, 221–240 1159
  16. Bale, J.S. et al. (2002) Herbivory in global climate change research: direct effects of rising temperature on insect herbivores. Global Change Biol. 8, 1–16
  17. Richardson A.D et al. (2010) Influence of spring and autumn phenological transitions on forest ecosystem productivity. Philos. Trans. R. Soc. B: Biol. Sci. 365, 3227–3246
  18. Wu, C.Y. et al. (2013) Evidence of autumn phenology control on annual net ecosystem productivity in two temperate deciduous forests. Ecol. Eng. 60, 88–95
  19. Menzel A et al. (2006) European phenological response to climate change matches the warming pattern. Global Change Biol. 12, 1969– 1976
  20. Ibanez I et al. (2010) Forecasting phenology under global warming. Philos. Trans. R. Soc. B: Biol. Sci. 365, 3247–3260
  21. Keenan T.F. et al. (2014) Net carbon uptake has increased through warming-induced changes in temperate forest phenology. Nat. Clim. Change 4
  22. Piao S.L. et al. (2008) Net carbon dioxide losses of northern ecosystems in response to autumn warming. Nature 451, 49–52

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • [Blanc, Brachet et Lamberterie 2005] Alain Blanc, Jean-Paul Brachet et Charles Lamberterie, « Chronique d'étymologie latine, no 3 (CEL 2005) », Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes, 3e série, t. LXXIX, no 2,‎ , part. III, p. 329-347, s.v.  « autumnus, -a, -um », p. 331, § 10 (lire en ligne [html]).
  • Gallinat A.S, Primack R.B & Wagner D.L (2015) Autumn, the neglected season in climate change research. Trends in Ecology & Evolution, 30(3), 169-176.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier