Arnaud des Pallières

réalisateur et scénariste français
Arnaud des Pallières
Description de l'image Adespallieres.JPG.
Naissance (58 ans)
Paris, France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Cinéaste, réalisateur, scénariste.
Films notables

Adieu

Disneyland, mon vieux pays natal

Michael Kohlhaas

Arnaud des Pallières est un cinéaste français né le à Paris.

BiographieModifier

Arnaud des Pallières a formé son regard à travers les films de Pasolini, Syberberg, Oliveira, Debord, Godard, Duras et Mekas. Scénariste et monteur de ses films, il creuse depuis les années 1990 une œuvre partagée entre fictions et essais documentaires.

Adolescent, il s'initie au théâtre. Joue quelques rôles et, parallèlement à ses études littéraires, met en scène plusieurs spectacles : Oxtiern ou les Malheurs du Libertinage, avec Mohamed Rouabhi (et la voix de Michael Lonsdale) d'après le marquis de Sade; Le Mariage Secret, d'après les Lettres à Peter Gast de Nietzsche. Étudiant le cinéma à la Fémis, il invite Hans Jürgen Syberberg, Manoel de Oliveira, et Gilles Deleuze dont il filme la conférence : Qu’est-ce que l’acte de Création ? (1988).

Il réalise une douzaine de courts métrages dont : La Mémoire d’un ange (1989), Les Choses rouges (1993), Avant Après (1994)[1].

En 1996, il tourne son premier long-métrage : Drancy Avenir, avec Aude Amiot, Thierry Bosc, et les voix de Jean-Paul Roussillon et Hanns Zischler. Le film est une enquête historique, poétique, philosophique, sur les traces de l’extermination des Juifs sous l’Occupation, dans Paris et sa banlieue aujourd’hui. D’emblée, il affirme une forte singularité dans le cinéma français : méthode de travail solitaire, presque artisanale, prédilection pour les grandes questions morales, politiques, philosophiques (le droit face à l’arbitraire, la responsabilité individuelle, la mémoire des crimes de masse), une écriture cinématographique parfois expérimentale, entrelaçant reprises de textes, d’images, boucles visuelles et sonores. Agençant et recyclant ce qui existe pour créer de nouveaux motifs, susciter de nouvelles émotions. Le film bénéficie d'une sortie confidentielle mais remporte un important succès critique.

Suivent deux essais documentaires pour la télévision :

Répondant à une commande de Bernard Rapp pour la série Un siècle d’écrivains, il réalise Is Dead (Portrait Incomplet de Gertrude Stein) (1999), avec Micheline Dax et Michael Lonsdale. Ce film de 45 minutes tourné en super 16 plonge le spectateur dans l'œuvre et la vie de Gertrude Stein, sous forme d'un libre autoportrait "à la manière d’elle-même", à partir d'un assemblage de ses textes autobiographiques. Essai cinématographique iconoclaste, Is Dead frise le détournement de commande tant le cinéaste y transgresse les formatages usuels de la télévision. 

Realisé pour Arte, son film suivant franchit allègrement cette ligne rouge : Disneyland, mon vieux pays natal (2001), voyage physique et mental au pays de Mickey, doublé d'une remontée dans les sombres temps de l’enfance, présente une vision cauchemardesque du divertissement de masse que constitue pour des millions de visiteurs le parc de Marne-la-Vallée. Subversif comme du Vigo, radical comme du Godard, sentimental comme du Varda, spéculatif comme du Marker, ludique comme du Resnais, ce film vidéo de 45 minutes installe Arnaud des Pallières dans la grande tradition française du cinéma d’intervention poétique et politique.

Parallèlement à ces travaux pour la télévision, des Pallières continue de réaliser des longs-métrages, sans renoncer à de rigoureux principes de construction.

Tourné en 6 semaines, monté en 11 mois, Adieu (2004) avec Michael Lonsdale, Aurore Clément, Laurent Lucas et Olivier Gourmet, croise plusieurs histoires, dressant le portrait d’une France inhospitalière, à travers l’odyssée d’Ismaël, migrant clandestin renvoyé dans son pays d'origine, et le deuil d’une famille de paysans français qui vient de perdre un fils. Présenté en sélection officielle au Festival de Locarno 2003, le film bénéficie d'une sortie modeste mais remporte un important succès critique.    

Parc, adapté d’un roman de l'écrivain américain John Cheever, avec Sergi López et Jean-Marc Barr, évoque la confrontation violente de deux riches voisins sur la Côte d'Azur. Ce film dérangeant, complexe, traversé de fulgurances visuelles et sonores, dépeint l’entre-soi cannibale des privilégiés, à l’heure du sarkozysme triomphant. Présenté en 2008 en sélection officielle de la Mostra de Venise, et au Festival de Toronto, le film déroute et divise autant la critique que le public.

En 2011, Arnaud des Pallières finalise un projet au long cours de plus de dix ans : Poussières d'Amérique. Il assemble des images d’archives privées américaines de la première moitié du XXe siècle, en imaginant un nouveau système de narration (alternance d'images et d'intertitres). Entrelaçant plusieurs micro-récits, le film compose une histoire subjective de l'Amérique : "Ça parle d'Amérique, donc de nous. Son père, sa mère, le lapin, le chien. Les Indiens. Christophe Colomb, Apollo. Chaque personnage dit : "je". C'est le journal intime de chacun. L'autobiographie de tout le monde". Le film est présenté aux festivals de Rome, Buenos Aires, Nyons, en ouverture et compétition internationale du FID Marseille où il remporte le Prix du Jury RIEC.

Une séquence de Poussières d'Amérique s'est détachée pour devenir un court métrage : Diane Wellington. Racontant le drame secret d’une jeune fille dans le Dakota du Sud à la fin des années 1930. Tiré d’une histoire vraie, ce film minimaliste et bouleversant a obtenu de très nombreux prix et récompenses, ainsi qu'un large succès critique dans le monde entier.

En 2013, Arnaud des Pallières réalise son projet de fiction le plus ambitieux : Michael Kohlhaas, d'après la célèbre nouvelle de Heinrich von Kleist, avec Mads Mikkelsen, Bruno Ganz et Denis Lavant. Le scénario marque sa première collaboration avec la scénariste Christelle Berthevas. Il raconte la violente quête de justice d’un marchand de chevaux lésé, en lutte contre le système féodal, dans la France du XVIe siècle.  Ce film épique, sélectionné en compétition au Festival de Cannes (2013), permet au cinéaste de toucher pour la première fois un large public. Le film reçoit plusieurs prix dans les festivals internationaux (Athènes, Bruxelles). Nominé cinq fois aux Césars 2014, le film est récompensé par les Césars du Meilleur Son et de la Meilleure Musique Originale.

Orpheline (2016), avec Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Gemma Arterton, et Solène Rigot, est son cinquième long métrage pour le cinéma. Portrait d'une femme à quatre époques de sa vie (inspiré des années de jeunesse de sa co-scénariste Christelle Berthevas), joué par quatre actrices différentes, il reçoit le Bayard d'or du meilleur film au Festival de Namur 2016, ainsi que le Bayard de la meilleure comédienne, attribué conjointement à Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot et Vega Cuzytek.

L'été 2019, Arnaud des Pallières réunit Michael Lonsdale, le chorégraphe et danseur Daniel Larrieu, l'auteur de bande dessinée Bastien Vivès et cinq jeunes danseuses à l'Opéra de Paris pour tourner Degas et moi. Le film, produit par L'Opéra de Paris pour la 3e Scène, dresse un portrait du peintre des danseuses, à deux âges de sa vie.

FilmographieModifier

Comme réalisateurModifier

Films CourtsModifier

CinémaModifier

TélévisionModifier

Comme acteurModifier

Notes et référencesModifier

  1. interview de Gilles Botineau pour le site lci.tf1.fr, septembre 2009

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier

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