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Chronologie des faits économiques et sociaux dans les années 1690

Années :

16901691169216931694
16951696169716981699

Décennies :

1670 · 1680Années 16901700 · 1710

Siècles :

XVIe siècleXVIIe siècleXVIIIe siècle

Millénaires :

 Ier millénaire • IIe millénaireIIIe millénaire 

Chronologie de l'économie

Années 1680 - Années 1690 - Années 1700

ÉvénementsModifier

  • 1687-1703 : pessimum du Petit âge glaciaire. Hivers très rigoureux, printemps et étés froids, vendanges tardives. Décennie exceptionnellement froide et humide en Allemagne du Sud. Mauvaises récoltes en Europe (1691-1703).
  • 1690 : fondation d’un organisme souverain contrôlant la production manufacturière et le commerce au Danemark.
  • 1693-1694 : mauvaise récoltes et famine en Europe occidentale.
  • 1693-1695 : les premiers gisements d'or sont découverts au Brésil dans les Minas Gerais[1]. Pierre II de Portugal, disposant de cet or à partir de 1699, ne convoquera plus les Cortes au Portugal après 1697[2]. 735 kilos d’or arrivent à Lisbonne en 1699.
  • 1694 : ouverture de la Banque d'Angleterre.
  • 1694-1695 : dernière épidémie de peste en Espagne[3].
  • 1695-1720 : maximum historique des glaciers scandinaves.
  • 1695-1697 : famine en Europe du Nord. La Norvège (1695-1696) et la Suède (1696-1697) perdent moins de 10 % de leur population. Un tiers de la population finlandaise est décimée. L’Estonie perd environ 20 % de sa population. L'Écosse, atteinte entre 1697 et 1699, perd 13 % de sa population [4].
  • Après 1696, en Angleterre, la part de la land tax dans les impôts atteint 52 % puis décline pour se maintenir autour de 30 % après 1730. Les impôts indirects (customs et excise) prennent le relais.
  • 1697 : le déficit du budget de l’État atteint 16 millions de £ en Angleterre.
  • 1698 : le Japon produit 55 000 tonnes de cuivre et en exporte 48 000 par Nagasaki. La fuite des métaux favorise l’inflation[5].
  • 1699 : création en Russie de compagnies marchandes et industrielles bénéficiant d’un monopole.


  • La Morée, au sol pauvre, est dépeuplée et dévasté par la guerre, en proie au brigandage. Pour prévenir les attaques turques, il faut construire des citadelles, entretenir des garnisons : Venise ne peut supporter seule l’effort financier et y fait fortement contribuer les Moréotes. L’introduction de Vénitiens dans l’administration et la justice locale provoque le mécontentement des Grecs.
  • Dépossession des catholiques Irlandais. Plus de trois mille kilomètres carrés de terres sont donnés à des Protestants. Les catholiques ne possèdent plus qu’un septième du sol. Ils sont déchus de leurs droits civiques, exclus des fonctions commerciales et juridiques. Il leur est interdit de posséder des armes, des chevaux, d’enseigner publiquement, d’acquérir de la terre autrement que par héritage…
  • La république polono-lituanienne garde l’aspect d’un État multinational. Si la « nation des nobles » est devenue plus homogène par la polonisation des Ruthènes, le catholicisme commun et les liens de parentés, les bourgeoisies germanisées dominent au nord et à l’est du pays et les paysanneries sont diverses : Polonais, Ruthènes, Lituaniens, Biélorusses, Allemands et Juifs parlent des langues différentes et demeurent illettrés. Les religions catholiques, luthériennes, calvinistes, orthodoxes constituent une vaste mosaïque à laquelle s’ajoute de nombreuses sectes.
  • En Allemagne du Nord, le tiers des champs cultivés avant 1618 est encore inexploité.
  • Arrivée de Juifs ashkénazes en Angleterre.
  • En Angleterre, la consommation de coton brut quintuple entre 1690 et 1780.
  • La production de charbon en Angleterre est de 2,5 millions de tonnes en 1690.
  • Émigration de catholiques venus du sud de l’Allemagne en Hongrie et dans les Carpates à l’appel de l’empereur.
  • La guerre contre les Turcs en Hongrie entraîne une forte augmentation des contributions. La récupération des terres par la noblesse se heurte à une procédure compliquée. Conservées par le fisc royal, elles sont vendues à des aristocrates viennois comme le prince Eugène, les Starhemberg ou à des fournisseurs de guerre. Il s’y ajoute une politique de rapine, qui sous prétexte de complicité avec Imre Thököly, saisit les domaines nobles hongrois.

FranceModifier

  • 1690 :
    • les effectifs théoriques de l’armée française s’élèvent à 435 000 hommes.
    • les salaires parisiens sont au plus bas.
    • les revenus net de l’État français atteignent 800 tonnes d’équivalent-argent.
  • 1690-1713 : déclin de la production agricole constatée par la baisse du produit des dîmes. Il épargne l’Alsace et la Bourgogne. L’Île-de-France se maintient jusqu’en 1703.
  • 1692-1700 : série de vendanges tardives dans le nord de la France. Mauvaises récoltes dans le Bordelais (1692-1695). Les négociants girondins font appel aux vins de Languedoc pour remplir leurs engagements commerciaux.
  • 1693-1694 : grande famine, favorisant les épidémies. Entre 6 et 10 % de la population disparait[4].
  • 1695 : établissement de la capitation, impôt occasionnel, pour faire face aux dépenses de la guerre de la Ligue d'Augsbourg ; les contribuables des trois ordres sont répartis en 22 classes selon leur situation sociale présumée.
  • 1697-1698 : le Mémoires des intendants pour l'instruction du duc de Bourgogne permet d'évaluer pour la première fois la richesse globale du royaume, grâce à un tableau complet des recettes et des dépenses, réalisé par les intendants et les inspecteurs de manufactures.
  • 1697 : taxe sur les étrangers et leurs descendants établis en France dès 1600 ; c'est un échec financier et diplomatique.
  • 1699 et 1700 : bonnes récoltes et baisse des prix du grain[6].


DémographieModifier

  • 200 000 habitants en Nouvelle-Angleterre en 1690. Les esclaves noirs représentent 8 % de la population des colonies.
  • 980 Européens vivent au Cap en 1694. 1147 en 1699, dont 402 hommes, 224 femmes et 521 enfants. Les hommes vivent souvent en concubinage avec des femmes indigènes et ces unions donnent naissance à une communauté relativement importante de coloured. En dépit de ce métissage ethnique, les Blancs se considèrent comme une communauté distincte et hégémonique, obsédée par la préservation de la « pureté de la race ».
  • Antilles françaises : entre 1695 et 1915, pour 6200 départs d’homme depuis La Rochelle et 1900 de Dieppe, on ne compte que 90 femmes[7].
  • 150 000 émigrants portugais se sont installés au Brésil depuis 1660.
  • Les États des Habsbourg comprennent 8 millions d’habitants en 1695.

Notes et référencesModifier

  1. António Henrique R. de Oliveira Marques, Mário Soares, Jean-Michel Massa, Marie-Hélène Baudrillart, Histoire du Portugal et de son empire colonial, KARTHALA Editions, (ISBN 2865378446, lire en ligne)
  2. Manuel Do Nascimento, Chronologie de l'histoire du Portugal, Éditions L'Harmattan, (ISBN 9782747527705, présentation en ligne)
  3. Raphaël Carrasco, L'Espagne des validos : 1598-1645, Presses Univ. du Mirail, (ISBN 9782810700530, présentation en ligne)
  4. a et b Karen J. Cullen, Famine in Scotland : The 'Ill Years' of The 1690s, Edinburgh University Press, (ISBN 9780748638871, présentation en ligne)
  5. Michel Vié, Histoire du Japon : des origines à Meiji, Presses universitaires de France, (présentation en ligne)
  6. Ernest Lavisse, Louis XIV, histoire d'un grand règne : 1643-1715, Nouveau Monde éditions (ISBN 9782365833981, présentation en ligne)
  7. Marc Ferro, Histoire des colonisations, Seuil, (ISBN 9782020183819, présentation en ligne)