Allonville

commune française du département de la Somme

Allonville
Allonville
L'église.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Amiens
Intercommunalité CA Amiens Métropole
Maire
Mandat
Audrey Boché
2020-2026
Code postal 80260
Code commune 80020
Démographie
Gentilé Allonvillois
Population
municipale
750 hab. (2018 en augmentation de 0,67 % par rapport à 2013)
Densité 72 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 56′ 29″ nord, 2° 21′ 48″ est
Altitude Min. 59 m
Max. 114 m
Superficie 10,37 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Amiens
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton d'Amiens-2
Législatives 1re circonscription de la Somme
Localisation
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Allonville
Liens
Site web http://www.ville-allonville.fr/

Allonville est une commune française située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France.

GéographieModifier

DescriptionModifier

Allonville est un village périurbain picard de l'Amiénois jouxtant au nord-est d'Amiens, situé à 21 km au sud-ouest d'Albert et à 24 km au sud de Doullens.

Il est desservi par le tracé initial de l'ancienne Route nationale 319 (actuelle RD 919) qui relie Amiens à Arras.

La commune est desservie par le réseau de transports en communs d'Amiens Ametis.

Communes limitrophesModifier

Communes limitrophes d’Allonville
Cardonnette Saint-Gratien
Poulainville   Querrieux
Amiens Rivery Camon

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Allonville est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Amiens, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 369 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[4],[5].

Occupation des solsModifier

 
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (78,8 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (81 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (78,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (10,2 %), forêts (6,4 %), zones urbanisées (4,6 %)[6].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].

ToponymieModifier

Le nom de la localité est attesté sous la forme latine Alunvilla en 1147[8].

Alonville en picard.

Ce toponyme provient du Villa gallo-romain rappelant l'existence d'un domaine ou ferme gallo-romaine appartenant à un certain Alo, anthroponyme d'origine germanique[9].

HistoireModifier

Sur l'emplacement d'une ancienne forteresse, Jean Vaysse de Longueval fit construire un château résidentiel. Placé à 110 mètres d'altitude, il dominait du haut de ses tourelles la plaine s'étendant au sud et à l'ouest jusqu'à Camon, Amiens et Poulainville ; à l'est c'était encore une plaine qui se prolongeait en direction de Querrieu, entourée au nord-est et au sud-est par des bois giboyeux.

Le château était en brique et pierre, comportant un rez-de-chaussée et un étage, un corps de logis principal avec pavillon carré formant tourelle à chaque extrémité, et deux corps de logis en retour, terminés eux aussi par un même pavillon, de sorte que les bâtiments formaient les trois côtés d'une cour d'honneur carrée de cent pieds de côté, ouverte au sud vers l'église et le village.

Le château a été habité jusqu'au début du XXe siècle, par les descendants de Jean Vaysse de Longueval, qui avaient pris le nom de Vaysse de Rainneville après la Révolution. Il a été entièrement détruit en 1944.

 
Le château d'Allonville en 1871.

Première Guerre mondialeModifier

Offensive allemande du printemps 1918Modifier

Dans la nuit du 30 mai, l'artillerie allemande tirant des obus à shrapnels est guidée vers Allonville par un avion. Dans les premières heures du 31 mai, un canon envoie des obus toutes les cinq minutes sur le village. À cette date la 4e division d'infanterie australienne a établi son quartier général au château d'Allonville. Deux compagnies du 14e bataillon sont cantonnées dans deux grandes écuries. Le troisième ou quatrième obus éclate dans une des écuries, faisant tomber une poutre supportant le toit et causant son effondrement avec une partie des murs sur la compagnie endormie. L'obus tue 13 hommes et en blesse 56 ; ce fut la plus coûteuse explosion dans l'histoire de l'Australian Imperial Force. Le suivant tombe dans l'écurie voisine, explose au sol, faisant 6 morts et 12 blessés de l'autre compagnie.

Les vingt officiers et soldats australiens, morts le , sont inhumés dans le cimetière communal d'Allonville[10].

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Politique et administrationModifier

Administration municipaleModifier

De 1790 à 1801, Allonville est l'une des quatorze communes relevant du canton de Querrieux et de sa Justice de paix.

En l'an VII et jusqu'au 10 germinal de l'an X (), tous les mariages civils du canton de Querrieux sont prononcés au chef-lieu, conformément à l'article IV de la Loy du 13 fructidor de l'an VI ().

IntercommunalitéModifier

La commune est membre depuis le du district du Grand Amiens, devenu depuis la communauté d'agglomération Amiens Métropole.

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avant 1981   Raymond Aubin DVG  
Les données manquantes sont à compléter.
1992[11] 2014 Dominique Capart[12]    
2014[13] 2020[14] Joël Delrue    
juillet 2020[15],[16] En cours
(au 15 mars 2021)
Audrey Boché    

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[17]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[18].

En 2018, la commune comptait 750 habitants[Note 3], en augmentation de 0,67 % par rapport à 2013 (Somme : −0,18 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
683633724689770787802762782
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
766724701679653629578534497
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
452436369355340320308341314
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
292318334453560572583760742
2018 - - - - - - - -
750--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[19] puis Insee à partir de 2006[20].)
Histogramme de l'évolution démographique

La population est « tombée » de plus de moitié en un siècle (1850-1950)... remarquable exemple d'exode rural. On note que la population croît de manière dynamique depuis l'effondrement de 1962, mais la population active n'est sans doute plus principalement constituée d'agriculteurs.

EnseignementModifier

L'école Maurice-Choquet accueille les élèves de l'enseignement élémentaire[21].

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

 
Le monument aux morts, réalisé par Athanase Fossé.
  • L'église Saint-Jean-Baptiste, construite en brique en 1850 dans le style néo-gothique, avec un clocher formant porche. La longueur intérieure est de 24 mètres, la largeur est de 16,65 mètres. Elle comporte six travées dont cinq de nefs séparées par des colonnes et deux bas-côtés. La nef se termine en berceau plein-cintre et le chœur en voûte d'arête. Elle est fermée au public par arrêté municipal, en attente de travaux de sécurisation, des vitraux sont cassés en 2020[22],[23]..
    L'église contient l'apothéose de Jeanne d'Arc, par Athanase Fossé, un haut-relief, représentant Jeanne d'Arc sortant des flammes ardentes du bûcher, enlevée, délivrée par la mort.
  • Oratoire de la Vierge à l'enfant, qui renferme une statue d'un mètre de haut qui pourrait être Notre-Dame Auxiliatrice. la tradition veut qu'elle ait été offerte par des Espagnols au XVIIIe siècle[24].
  • Monument aux morts pour la patrie, par Athanase Fossé, inaugiré en 1920 et comprenant un bas-relief de l'allégorie du souvenir : personnage de femme éplorée qui protège les morts de son bras et d'une palme[25].
  • Carré militaire britannique, dans le cimetière communal

Personnalités liées à la communeModifier

  • Alphonse Vaysse de Rainneville, député, propriétaire à Allonville ;
  • Marie-Joseph Vaysse de Rainneville, fils du précédent, conseiller général, député, puis sénateur de la Somme, né à Allonville ;
  • Athanase Fossé (1851-1923), sculpteur, né et inhumé à Allonville, décédé à Paris. Nombreuses œuvres à Amiens (hôtel de ville, musées, cimetière de la Madeleine) et à Paris.
Liste de seigneurs d'Allonville

La seigneurie était tenue de la châtellenie de Picquigny, mouvant du comté de Corbie. Les seigneurs en furent :

  • Philippe de Créquy en 1363,
  • Dame Philippe de Crèvecœur, épouse de Charles d'Ailly, baron de Picquigny, vidame d'Amiens. L'usufruit était aux mains de dame Marguerite de La Trémouille, dame d'Allonville, douairière de Crèvecœur en 1507,
  • Marie de May, alliée à Antoine de Saint-Denys, seigneur de Haucourt en 1520 (un prêche fut établi à Allonville en 1581, par Pierre de Saint-Denys),
  • Joachim de Maillefeu en 1620.
  • Jean Vaysse de Longueval (1620-1662), officier à la citadelle d'Amiens, en 1656. Commandant pour le Roy en la citadelle d'Amiens en 1682[26]. Chevalier, il achète la seigneurie et les terres d'Allonville en 1662[27].
  • Jean-Baptiste Vaysse de Longueval (1687-1754)[28].
  • Louis Alexandre Vaysse de Longueval (1729-1804). Le , il achète à Honoré de Barjac, la terre et la seigneurie de Rainneville, ainsi que la seigneurie de Beauvoir l'Abbaye sise à Rainneville pour la somme de 106 000 livres "dont il en a 63 000 livres pour ce qui relève de la châtellenie de Vinacourt, 36 000 livres pour ce qui relève du marquisat de Querrieu et de 7 000 livres pour le moulin de Rainneville...". Louis Alexandre Vaysse devient : seigneur d'Allonville, Rainneville et Beauvoir l'Abbaye (noblesse héréditaire et titres seront abolis par décret voté le par l'Assemblée Constituante).
  • Louis Alexandre Vaysse de Longueval, possédait 1 506 journaux (653 hectares53 ares) sur le terroir d'Allonville et 1 398 journaux (590 hectares) sur le terroir de Rainneville.
    N'ayant pas émigré et résidant de manière permanente en son château d'Allonville, il garda la complète propriété de ses biens.

Pour approfondirModifier

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BibliographieModifier

  • Inventaire général du Patrimoine culturel. Églises et chapelles des XIXe et XXe siècles (Amiens métropole). Textes : Isabelle Barbedor. Photographies : Thierry Lefébure (collection Parcours du Patrimoine no 331). Lyon : Lieux-Dits, 2008, 72 pages. (ISBN 978-2-914528-47-4).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

  • « Allonville », Ma commune, Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales (consulté le 21 avril 2021).

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

RéférencesModifier

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 4 avril 2021).
  2. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 4 avril 2021).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 4 avril 2021).
  4. « Liste des communes composant l'aire d'attraction d'Amiens », sur insee.fr (consulté le 4 avril 2021).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 4 avril 2021).
  6. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 22 mai 2021)
  7. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 22 mai 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  8. Dans le cartulaire de l'abbaye de Saint Laurent.
  9. Ernest Nègre - Toponymie générale de la France - Volume 2 - Page 923 - (ISBN 2600001336).
  10. Official history of Australia in the war 1914-1918, volume VI (Anzac museum de Villers-Bretonneux)
  11. Dominique Capart, « Le mot du maire », Le Trait d'union (journal municipal),‎ janvier 2008 (n°36) (lire en ligne, consulté le 12 juillet 2008).
  12. Réélu pour le mandat 2008-2014 : « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr, (consulté le 12 juillet 2008).
  13. « Liste des maires de la Somme » [PDF], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme, (consulté le 9 juin 2014).
  14. « Joël Delrue jette l’éponge à Allonville : Le maire de la commune ne se représentera pas aux prochaines élections municipales », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne, consulté le 21 avril 2021).
  15. « Répertoire national des maires » [txt], Répertoire national des élus, sur https://www.data.gouv.fr, (consulté le 29 mars 2021).
  16. Christophe Niopel, « La maire, Audrey Boché , veut réduire la vitesse à Allonville », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne, consulté le 21 avril 2021) « Elle connaît parfaitement les rouages du système pour avoir été, jusqu’en mars dernier, 1re adjointe de l’ancien maire Joël Delrue ».
  17. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  18. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  19. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  20. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  21. « Les travaux de l’école ont démarré à Allonville », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne, consulté le 21 avril 2021).
  22. « Vers la création d'une association pour rénover l'église », Courrier picard,‎ , p. 16.
  23. Isabelle Barbedor, « Église paroissiale et ancien cimetière de la Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste d'Allonville : Dossier IA80002529 », Région Hauts-de-France - Inventaire général, (consulté le 21 avril 2021).
  24. André Guerville, Chapelles et oratoires en Pays de Somme, Abbeville, imp. Frédéric Paillart, coll. « Richesses en Somme », 4e trimestre 2003, 302 p., p. 187 (ASIN B000WR15W8).
  25. Dominique Guerrini, Jean-Etienne Guerrini, Judith Förstel, Isabelle Barbedor, « Monument aux morts d'Allonville : Dossier IA80000040 », Région Hauts-de-France - Inventaire général, (consulté le 21 avril 2021).
  26. Archives communales d'Amiens : AA 86, folio 307
  27. Dictionnaire archéologique et historique de la Somme
  28. Isabelle Barbedor, « Tombeau (stèle funéraire) des seigneurs d'Allonville : Dossier IM80000847 », Région Hauts-de-France - Inventaire général, (consulté le 21 avril 2021).