Beni Ouriaghel

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Beni Ouriaghel ( arabe : بني ورياغل , en berbère : Aït Waryaghel Tifinagh : ⴰⵉⵜ ⵡⵓⵔⵢⴰⵖⴰⵍ ) est une tribu berbère du Rif établie à proximité de la baie d'Al Hoceïma.

ÉtymologieModifier

La racine "GHL" signifie reculer, revenir, battre en retraite en rifain. "War" étant la particule de négation, et Aït voulant désigner l'appartenance tribale (descendants de). Ainsi , le nom de la tribu signifie en rifain « les descendants de celui qui ne recule pas »[1],[2].

SubdivisionModifier

La tribu des Aït Ouriaghel est subdivisée en cinq grandes sous-tribus appelées « khoms » littéralement « un cinquième ». Chaque khoms possède un bloc de territoire qui lui est propre excepté pour les Imrabden dont le territoire est fragmenté et disséminé à travers la région[3].

  • Aït Youssef Ou 'Ali : Littéralement les descendants de Youssef fils de Ali, établis autour de la ville d'Al Hoceima et d'Ajdir. Abdelkrim El Khattabi en est originaire.
  • Aït Bua'ayash: comprend les villes d'Imzouren, Beni Bouayach. Numériquement la plus peuplée
  • Aït Hadifa: aux alentours du village d'Ait Hadifa
  • Aït Abdellah : aux alentours du village d'Ait Abdellah
  • Imrabden : autour de plusieurs anciennes zaouias (Sidi Aissa, Sidi Boukhiyar etc )

Les plus grandes villes du territoire des Aït Ouriaghel sont, Imzouren, Ajdir, Beni Bouayach et Boukidane (Sidi Bouafif). Al Hoceima fait partie du territoire des Bakkouya mais une majorité de la population de la ville est rattaché aux Beni Ouriaghel.

HistoireModifier

Avant l'époque contemporaine, il circulait peu d’information sur cette tribu. Tribu d'origine d'Abdelkrim Al Khattabi, leader de la résistance berbère lors de la colonisation, c'est en partie à elle que l'Espagne doit sa plus grande défaite militaire durant la bataille d'Anoual, qui cause la perte de milliers d'hommes. Les Beni Ouriaghel formait la plus grande ainsi que la plus puissante tribu du Rif.

Les Beni Ouriaghel se sont rebellés lors du soulèvement du Rif de 1958 et ont été sévèrement réprimé par le Royaume du Maroc en 1958.

Depuis la fin des années 1950, la province d'Al Hoceima dont fait partie la tribu des Aït Ouriaghel a fourni un important contingent de travailleurs émigrés aux Pays-Bas, en France en Belgique et en Espagne ainsi qu'aux villes de Tétouan et Tanger, cette dernière possédant même un quartier au nom de la tribu (Hay Beni Ouriaghel).

Notes et référencesModifier

  1. Mohamed Serhoual, Dictionnaire Tarifit-Français (lire en ligne)
  2. Salam Chaker, « La langue berbère à travers l'onomastique médiévale : El-Bekri », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, (consulté le 6 février 2020)
  3. David Hart Montgomery, The Ayt Wayagher of the Moroccan Rif, , 556 p. (ISBN 978-0-8165-0452-7 et 0-8165-0452-0)

Articles connexesModifier