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Mouvement populaire du Rif

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hirak.
Hirak-Amussu
Informations
Date - en cours
Localisation Rif, nord du Maroc
Caractéristiques
Revendications Sociales, économiques, culturelles, diverses
Répression
Arrestations 135
Procès 30

Le mouvement populaire du Rif (en rifain : Amussu agherfan n Arrif, en arabe : الحراك الشعبي في الريف) ou « Hirak-Amussu » est un mouvement social émanant du Rif dans le nord du Maroc et ayant lieu depuis octobre 2016, qui concerne principalement la population rifaine de Al Hoceïma, et à moindre échelle certaines grandes villes du Maroc.

OrigineModifier

Les premières contestations ont lieu en septembre 2016, où plusieurs Rifains se rassemblement et ce pour manifester contre l'état des routes, notamment à Beni HadifaNasser Zefzafi se met en avant pour la première fois pour dénoncer les mauvaises infrastructures du Rif. Cependant l’événement majeur et déclencheur du mouvement est la mort, le à Al Hoceïma, du poissonnier Mohcine Fikri, broyé dans la benne à ordures alors qu'il tentait de s'opposer à la police qui avait jeté l'espadon qu'elle lui a confisqué, parce que pêché en période interdite[1],[2]. Ses funérailles le donnent lieu à de larges rassemblements, où se remarquent des drapeaux berbères et drapeau Rifain[2]. À Al Hoceïma et aussi, avec moins d'ampleur, dans d'autres villes du Rif, de même qu'à Rabat, Casablanca, Marrakech[1],[2] ou Tétouan[1], des milliers de manifestants défilent pour dénoncer les comportements policiers[1],[2].

Dans les médias, ces faits sont rapprochés de la mort en 2011, dans des circonstances en partie similaires, du Tunisien Mohamed Bouazizi, qui a marqué le début du Printemps arabe[1],[2]. Ils rappellent aussi qu'au Maroc, le mouvement du 20-Février, également né en 2011[2],[3], tire son nom de la date d'un autre événement : la mort de cinq jeunes en marge de manifestations organisées à Al Hoceïma[3].

DéroulementModifier

Le , des milliers de jeunes manifestants se rassemblent à Al Hoceïma en mémoire de la mort du nationaliste rifain Abdelkrim al-Khattabi. Au cours de violents affrontements, une trentaine de policiers des forces anti-émeutes sont blessés selon la version officielle[4]; le nombre de victimes du côté manifestant n'est pas révélé.

Considéré comme le principal dirigeant contestataire, Nasser Zefzafi est poursuivi par les autorités sous l'accusation d'avoir interrompu le prêche d'un imam, le vendredi [5],[6]. Les manifestations, où le drapeau berbère voisine avec celui de la république du Rif[6], s'intensifient pendant la nuit suivante. Au cours du week-end, une vingtaine d'arrestations sont effectuées contre les manifestants accusés d'avoir blessés les forces de sécurité, dégradé la voie publique et atteint à la souveraineté marocaine sur son rif[5],[6] , alimentant en retour les protestations contre la répression[6]. Nasser Zefzafi est arrêté le lundi [5],[6]. Il est battu et insulté par la police, qui exige de lui qu'il crie « vive le roi »[7].

Le dimanche , 12 à 15 000 manifestants selon les autorités, plusieurs dizaines de milliers selon des journalistes indépendants, défilent dans les rues de Rabat : les islamistes y voisinent avec les militants de gauche, les défenseurs de la cause amazigh et les membres du mouvement du 20-Février, pour réclamer la libération des figures contestataires emprisonnées. Dans le Rif, la ville d'Imzouren apparait, à côté d'Al Hoceïma, comme un autre foyer du mouvement[8],[9]. Les vagues d'arrestation — dont celle du pacifiste El Mortada Iamrachen — qui se sont succédé depuis la fin du mois de mai[9] aboutissent en deux semaines à un bilan officiel de 86 personnes arrêtées et déférées, dont 30 incarcérées[8],[9].

La coalition marocaine des droits de l'Homme, qui regroupe 22 associations, dénonce l'usage "excessif" de la force lors des interventions des forces anti-émeute, avec l'usage de matraques et de bombes lacrymogènes face aux manifestants[10]. Un reportage de France 24 est interdit par les autorités car selon eux, la chaîne détourne ces manifestations à des sujets de "destabilisation du pouvoir contrairement aux revendications des manifestants purement social"[11].

Le lundi 26 juin 2017, le jour de l'Aid El Fitr, un gigantesque rassemblement est organisé dans le but de demander la libération immédiate des prisonniers. La manifestation sera finalement brutalement réprimée par les forces de l'ordre, qui feront des dizaines de blessés graves.

Notes et référencesModifier

  1. a, b, c, d et e « Des manifestations éclatent au Maroc après la mort d’un vendeur de poisson », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  2. a, b, c, d, e et f « Au Maroc, la mort d’un vendeur de poissons indigne la population », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  3. a et b « Maroc : road trip dans le Rif », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne)
  4. « Maroc : la ville d'El Hoceima de nouveau agitée par des échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne)
  5. a, b et c « Au Maroc, le leader de la contestation dans le Rif a été arrêté par la police », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  6. a, b, c, d et e « Le Maroc veut étouffer la contestation à Al Hoceima », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  7. « Maroc: le leader de la contestation le nord battu par la police », AFP,‎ (lire en ligne)
  8. a et b « Maroc : manifestation d'ampleur à Rabat en solidarité avec le mouvement de contestation dans le Rif », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne)
  9. a, b et c « Au Maroc la contestation dans le Rif ne faiblit pas », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  10. « Maroc: des ONG dénoncent des "violations des droits de l'Homme" dans le Rif », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne)
  11. « Une émission de France 24 en arabe interdite au Maroc », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne)