Guelaya ou Qelaya (en darija), Iqelɛiyen[1] (en amazigh) est une confédération tribale berbérophone rifaine située au nord-est du Maroc, dans le massif montagneux du Rif, dans la région de Nador. Elle est composée de cinq tribus, elles mêmes composées de plusieurs clans.

CompositionModifier

La confédération tribale des iqer'iyen regroupe cinq tribus tribales, toutes indépendantes les unes des autres sauf en cas de guerre où elles s'unissaient face à l'ennemi :

  • Imazujen (Mazzuza en arabe), regroupe les habitants de Nador, Farkhana, Ibaraqan ainsi que l'enclave espagnol de Melillia
  • Ayt Bou ifrour ( Bni Bou ifrour). Principalement autour de Zeghanghane et Sélouane.
  • Ayt Sidel ( Beni Sidel ). Autour du massif montagneux de Sidel
  • Ayt Bouyafar ( Bni Bouyafar). Autour du village de Bouyafar
  • Ayt chichar ( Bni Chiker ), autour de Bni Chiker

Origine du nomModifier

Il règne quelques divergences autour de la désignation « Iqer'iyen ». Une première hypothèse, plus que probable serait, que le mot puisse est issue de « Qal'aat » ( Citadelle en langue arabe) sachant que chaque fraction tribale possédait une citadelle. Ainsi les Iqer'iyen seraient les habitants des citadelles en berbère. Une deuxième hypothèse suggère que le verbe Qraa (arracher ou détruire en Rifain) serait à l'origine de la désignation. Littéralement Iqer'iyen signifierait donc ceux qui arrachent ou les destructeurs .

HistoireModifier

La région des Guelaya était le bastion des Wattasides. C'est depuis la forteresse de Tazouda, situé dans le massif de Gourougou chez les Beni Sidel, que les Wattasides conquirent le Maroc. Les tribus Guelya étaient vassales des Wattassides. Elles étaient connus à cette époque sous le nom de Meggeo (Imazzujen).

En 1497, la ville de Mellila passe aux mains des Espagnols.

Lors de l'époque coloniale, les Guelaya sont les premiers à avoir déclarer la guerre à l'Espagne, et ce bien avant la guerre du Rif. En 1893 ils repoussent les Espagnols à Sidi Waryash près de Farkhana. Avec les tribus Aït Oulichek, Aït Touzine et Aït Saïd, ils ont chassé Rogui Bou Hmara des montagnes du Rif. C'est ainsi que Bou Hmara est revenu à Taza le 23 juin 1908[2]. En 1909, éclate la fameuse "guerre de Melilla", prémices de la Guerre du Rif, où lors de la fameuse bataille de « ighzar n wouchen » (Le ravin du loup) les troupes de Mohand Ameziane écrasent les Espagnols. Cependant, en 1911, le chef de la résistance locale Mohand Ameziane, perdit la vie lors de la bataille de Hamam face aux troupes espagnoles et les tribus guelaya rendirent les armes.

Ils participèrent aussi à la guerre du Rif aux côtés des autres Rifains, mais face aux divergences de politiques avec Abdelkrim El Khatabi, décidèrent de combattre seules après la bataille de Arouit.

Personnalité célèbresModifier

  • Oussama Assaidi : footballeur marocain, originaire des Ait Bouyafar.
  • Khalid Izri : chanteur en langue berbère, originaire des Imazoujen
  • Munir El Haddadi : footballeur espagnol, originaire des Imazoujen
  • Youssef Mokhtari : footballeur marocain originaire des Ait Sidel
  • Mohand Ameziane : résistant contre la colonisation, originaires de Ait Bou ifrour.

BibliographieModifier

  • H. Al Figuigui, « Guelaya ou Qelaya », dans Encyclopédie berbère, vol. 21 : Gland–Hadjarien, Aix-en-Provence, Edisud, (lire en ligne), p. 3224-3229

Notes et référencesModifier

  1. Mena Lafkioui, « Méthodologie de recherche en géolinguistique », Corpus, no 14,‎ , p. 139–164 (ISSN 1638-9808, lire en ligne, consulté le 21 juillet 2019)
  2. Preservation Department Louis Arnaud et Louis Arnaud, Au temps des "mehallas"; ou, Le Maroc de 1860 à 1912, Casablanca : Éditions Atlantides, (lire en ligne)