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Train de vie
Réalisation Radu Mihaileanu
Scénario Radu Mihaileanu
Acteurs principaux
Sociétés de production Marc Baschet, Frédérique Dumas
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de la Roumanie Roumanie
Drapeau d’Israël Israël
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Genre Comédie dramatique
Durée 103 minutes
Sortie 1998

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Train de vie est un film belgo-franco-israélo-néerlando-roumain réalisé par Radu Mihaileanu, sorti en 1998. Il décrit la tentative des habitants d'un shtetl d'échapper à la déportation en organisant eux-mêmes un convoi.

SynopsisModifier

Durant l'été 1941, dans un shtetl (village juif d'Europe de l'Est), Schlomo, le fou du village, accourt essoufflé et catastrophé. Il annonce aux notables qu'il a vu l'armée allemande et ses sbires rafler tous les habitants d'un shtetl voisin, puis qu'ils les ont déportés en train, pour une destination inconnue. Après ce terrible témoignage, les villageois sont complètement affolés, redoutant de subir prochainement le même sort. Au débotté, Schlomo suggère qu'il faut anticiper l'acte des Allemands et que le village doit donc organiser son propre train de déportation qui traversera les lignes allemandes et les mènera vers la terre promise, la Palestine.

Malgré son extravagance, cette idée est étudiée par le conseil de Sages qui conclut qu'il n'y a pas d'autre solution. Le village se mobilise alors pour mener cette folle entreprise, cotise, achète et retape un train entier. Faute de volontaire, le conseil désigne le marchand de bois, Mordechai à tenir le rôle de l'officier commandant la troupe "allemande", chargée de la sécurité du convoi. Pour ce faire, il doit raser sa barbe traditionnelle et prendre auprès du professeur Schmecht des cours de diction pour perdre son accent yiddish, qui pourrait sinon le trahir. Le fils du rabbin, Yossi, véritable fils-à-maman célibataire mais amoureux d'Esther, la plus belle fille du village, part à la ville pour obtenir des faux-papiers auprès de falsificateurs communistes. Cependant suite à ce voyage, et par dépit amoureux, il en revient la tête farcie de propagande communiste ; lui-même a adhéré au Parti, a abandonné sa barbe et tenue traditionnelle et fait désormais en permanence et avec zèle du prosélytisme auprès des autres habitants en usant d'une phraséologie typique de sa nouvelle idéologie. Un chauffeur de locomotive est engagé ; celui-ci, nommé Schtroul, n'est qu'un modeste employé de bureau des chemins de fer et n'a donc jamais touché une locomotive. Mais il a grandement envie de devenir enfin chauffeur, grâce au manuel de conduite qu'il a pu dégotter... Tout le village prépare en cadence et entrepose les denrées pour la durée du voyage, confectionne des uniformes des soldats et officiers allemands, retape les wagons et la locomotive, etc.

Une fois le départ donné, les ennuis s'accumulent. D'une part, leur souci d'éviter de se faire repérer comme train surnuméraire les fait tourner en rond durant plusieurs jours. D'autre part, les Allemands et les Partisans les recherchent, les premiers pensant avoir affaire à un train de la Résistance, les seconds à un train ennemi. Mais le trajet erratique du train déjoue systématiquement leurs stratagèmes, et lorsque les Partisans aperçoivent des « soldats allemands » en train de psalmodier des prières du Chabbat, ils tombent dans un abîme de perplexité et renoncent à leurs plans.

Quant aux passagers devenus communistes, ils sont incités par Yossi à profiter d'une pause pour « s'évader », ce qui oblige Mordechai à s'improviser général et investir le rôle de commandement allemand pour récupérer par ruse l'un des fugitifs qui s'était fait imprudemment arrêter par les Allemands. Il en profite pour faire le plein de victuailles en réquisitionnant les denrées de la ville. Enfin, le train est arrêté par un convoi automobile commandé par un SS, qui réquisitionne leur rame. Dieu merci, il s'agit en fait d'un convoi de gitans qui ont eu la même idée que les juifs : partir sous habit allemand pour échapper à la déportation des Tsiganes en espérant rejoindre l'Inde, leur patrie d'origine. Les deux populations voyagent désormais ensemble, occasionnant des rencontres et des mélanges inédits, notamment lors d'une mémorable joute musicale.

Le convoi arrive enfin sur la ligne de ligne de front, dans le no man's land, à égale distance des armées allemande et soviétique. Schlomo finit alors de raconter l'histoire : de nombreux passagers s'établirent en Russie, certains continuèrent jusqu'en Palestine (des Roms, pour la plupart), d'autres jusqu'en Inde (pour la majorité, des Juifs). Il est dit que Schtroul partit jusqu'en Chine, où il devint chef de gare, et que la belle Esther, que tout le monde convoitait tant, s'est établie en Amérique, s'y est mariée et a eu des très beaux enfants.

Puis Schlomo conclut son récit en le présentant comme étant la vraie histoire de son shtetl. Mais il tempère immédiatement cet heureux dénouement, en précisant que c'était enfin « presque » la vraie histoire. En effet, au moment où il raconte cette fin, l'image jusqu'ici centrée en gros plan sur le visage de Schlomo effectue alors un zoom arrière et révèle qu'il est à l'évidence prisonnier dans un camp de concentration. Schlomo se met à entonner une comptine où il narre que ce qui lui maintient encore vie, c'est de s'évader mentalement dans sa « sublime folie »...

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

Autour du filmModifier

Le film est inspiré par l'activité, pendant la Seconde Guerre mondiale en Roumanie, de l'organisation Aliya, basée à Bucarest et présidée par Eugène Meissner et Samuel Leibovici. Cette organisation affrétait trains et bateaux pour évacuer les juifs roumains vers Istanbul (la Bulgarie étant favorable à l'opération et la Turquie, neutre). La Wehrmacht était présente en Roumanie et Bulgarie, alliées à l'Allemagne, et il fallait la complicité des maquis et des résistants des chemins de fer ou du service maritime roumain pour passer au travers. Tous n'y parvinrent pas, comme les passagers du Struma ou du Mefküre.

Sorti à la même époque que La vie est belle de Roberto Benigni, Train de vie traite de la même manière du difficile sujet de la Shoah sur le ton de la comédie. Néanmoins il souffrit du succès international de La vie est belle qui l’éclipsa.

En 2000, Radu Mihaileanu demande, « au nom du respect de [ses] droits d'auteur », le retrait de la vente du DVD distribué par AB Vidéo car l'éditeur n'y propose qu'un son stéréo alors que la bande-son originale est en Dolby SRD[1].

DistinctionsModifier

RécompensesModifier

NominationsModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier