Tiers-lieu

environnement social se distinguant des deux principaux que sont la maison et le travail

Le tiers-lieu est un terme traduit de l'anglais The Third Place (qui ne doit pas être traduit par « troisième place » mais éventuellement par « troisième lieu »[1]) faisant référence aux environnements sociaux qui viennent après la maison et le travail. C'est une thèse développée par Ray Oldenburg (en)[2], professeur émérite de sociologie urbaine à l’université de Pensacola en Floride, dans son livre publié en 1989 : The Great Good Place (en).

Les tiers-lieux sont importants pour la société civile, la démocratie, l'engagement civique et instaurent d'autres appropriations et partages de l'espace. Il s’entend comme volet complémentaire, destiné à la vie sociale de la communauté, et se rapporte à des espaces où les individus peuvent se rencontrer, se réunir et échanger de façon informelle. Oldenburg considère que les troisièmes lieux ont entamé une phase de déclin depuis l'arrivée des streetcar suburbs (en), dans lesquelles les rites de sociabilité ont disparu du fait de l'usage de l'automobile[3]. Michael Krassa soutient des thèses similaires en étudiant la configuration des quartiers, la formation des réseaux sociaux et l'engagement civique. Oldenburg se rapproche méthodologiquement de l'école de Chicago qui analyse la ville comme un laboratoire social. Dans sa thèse de sociologie consacrée au sujet, Antoine Burret étudie les usages, les comportements, les réflexions et les pratiques que le tiers-lieu fait apparaître. Il tire de son travail une définition conceptuelle du tiers-lieu qui insiste sur « une configuration sociale où la rencontre entre des entités individuées engage intentionnellement à la conception de représentations communes »[4].

Pour tiers-lieux.be, Il est important de rappeler qu'un lieu devient tiers-lieu s'il répond à certains critères et non que l'on peut créer un tiers-lieu en n'en réunissant que certains. Cela amène au fait que le tiers-lieu est subjectif, le tiers-lieu de l’un n’étant pas le tiers-lieu de l’autre et un jardinier d’un jardin partagé verra, par exemple, un hackerspace comme une réunion de geeks inutiles [5].

Les caractéristiques du tiers-lieuModifier

Dans son livre "The Great Good Place"[6], Oldenburg donne et explique les points caractérisant le tiers-lieu :

  1. Terrain neutre : le tiers-lieu est un endroit n’entraînant aucune obligation de l'un envers l'autre (par exemple invité/hôte), facilitant la création ou le développement d'amitié.
  2. Ouverture : Le tiers-lieu est un lieu ouvert à tous. Oldenburg donne à cette caractéristique le nom "Third Place is a Leveler", en référence aux Leveler (ou Niveleurs en français), qu'il présente comme une formation politique d'extrême gauche lors de la guerre civile anglaise dont les buts étaient, entre autres, l'abolition des rangs sociaux et systèmes hiérarchiques.
  3. Communication : Se basant sur les pensées de Ralph Waldo Emerson, pour qui l'homme est bon par nature, Oldenburg voit dans les deux premières caractéristiques la possibilité à un groupe de personnes de pouvoir communiquer de la meilleure manière qui soit et accorde donc une importance à ce que celle-ci soit présente dans le tiers-lieu.
  4. Accommodant et accessible : Devant les différences pouvant exister quant au mode de vie ou au rythme de vie, il est important pour Oldenburg qu'un tiers-lieu soit accessible le plus souvent possible, voire en permanence, avec l'assurance de la possibilité d'y rencontrer un ami.
  5. Noyau dur : Ce qui fait le tiers-lieu n'est pas seulement le lieu, sa décoration, son outillage, le prix de ses boissons, ... mais la communauté qui aura choisi ce lieu, qui lui donnera son orientation et dont l'unité incitera à vouloir les rejoindre.
  6. Profil bas : Le tiers-lieu n'est pas un lieu extravagant se mettant en avant. Il n'est ni snob, ni prétentieux. Il est avant tout là pour être chaleureux et accepter des personnes de toutes les conditions.
  7. L'ambiance : L'ambiance dans un tiers-lieu se doit d'être joyeuse, les discussions se réalisant toujours dans le respect l'un de l'autre, sur un ton amical invitant le nouveau venu à participer.
  8. Une maison hors de la maison : Le tiers-lieu offre à ses occupants de la chaleur et un sentiment de possession et d’appartenance qui amènera le tiers-lieu à être aussi ressourçant, voire plus, pour l'occupant que sa propre maison.

DéfinitionsModifier

Liste de définitions en accord avec les caractéristiques d’Oldenburg :

Movilab définit les tiers-lieux comme « destinés à être des espaces physiques ou virtuels de rencontres entre personnes et compétences variées qui n'ont pas forcément vocation à se croiser. Mot chapeau au premier abord pour rassembler sous une même et grande famille les espaces de coworking, les FabLab, les HackerSpace, les Repair'Café, les jardins partagés et autres habitats partagés ou entreprises ouvertes, le « Tiers Lieu » (écrit avec des majuscules) est devenu une marque collective ou l'on pense ces singularités nécessaires à condition qu'elles soient imaginées et organisées dans un écosystème global ayant son propre langage pour ne plus être focalisé sur des lieux et des services d'infrastructure, mais vers l’émergence de projets collectifs permettant de co-créer et conserver de la valeur sur les territoires »[7]

Tiers-lieux.be a pour but d’offrir une définition « dictionnaire » du terme, la plus proche de ce qui les caractérise selon Oldenburg en cherchant, par exemple, à ne faire appel à aucun exemple : « espace physique prévu pour accueillir une communauté afin de permettre à celle-ci de partager librement ressources, compétences et savoirs »[8]. Leur définition a évolué en en « Espace physique prévu pour accueillir une communauté afin de permettre à celle-ci de partager librement ressources, compétences et savoirs, répondant aux critères établis par Ray Oldenburg »[8].

Rôle politiqueModifier

Dans la dernière édition de son livre, Oldenburg ajoute un paragraphe concernant ce rôle.

La valeur politique des tiers-lieux se manifeste dans une plus grande mesure dans les sociétés totalitaires car c’est là que les pouvoirs en place entraveront le plus activement leur formation.

Manuela Hoelterhoff, journaliste américaine d’origine allemande, gagnante du prix Pultizer de la critique en 1983, a constaté en Allemagne de l’Est une pénurie de cafés et restaurants et l’a expliqué par la tentative du gouvernement d’empêcher la création de lieux de rassemblement où il serait possible de partager son mécontentement du système politique.

De la Guerre d’indépendance à la Révolution française, ce sont dans des tavernes et de bars qu’on été pensés les plans d’actions et la création des sociétés post-révolutionnaires.

Pendant la Révolution, Le Procope, l’un des plus vieux restaurants de Paris, dans lequel était établie une bibliothèque en libre service, vit s’installer en son sein une communauté, dont le noyau dur était formé de Danton et Marat : Le Club des cordeliers, la Société des amis des droits de l’homme et du citoyen. Ce lieu devint rapidement un haut-lieu révolutionnaire et on vit, entre autres, Robespierre et le Club des Jacobins le fréquenter. C’est là qu’à l’été 1790 sera montré pour la première fois le bonnet phrygien comme symbole de liberté et de civisme et de là que, le 10 aout 1792, partira l’attaque sur le palais des Tuileries.

Usages possiblesModifier

 
Le PROTO204, un tiers-lieu destiné à l'entrepreneuriat étudiant sur le campus d'Orsay de l'Université Paris-Sud (Paris-Saclay).

Il s'agit souvent d'un lieu partagé quotidiennement, d'autant plus intégré dans son environnement qu'il est fréquenté. On parle d'ancrage physique ou de sentiment d'appartenance. On peut rapprocher ce lieu des cafés ou MJC où la discussion entre habitués fait partie des activités importantes.

Un exemple de tiers-lieu est le PROTO204, halle du campus d'Orsay comprenant des espaces de coworking et une cafétéria, dans le but de faire se rencontrer étudiants et entrepreneurs dans un cadre propice à la création de projets[9],[10].

 
Cartographie bêta des Espaces hybrides et autres tiers lieux, par Prima Terra.

Par ailleurs, Prima Terra, cofondateur de « l'Observatoire des Espaces hybrides et autres tiers-lieux[11] » dénommé "L'Obsidienne", a élaboré une cartographie bêta des espaces hybrides et autres tiers-lieux[12], plusieurs fois mise à jour.

Plusieurs institutions telles que les bibliothèques, centres socio-culturels, espaces publics numériques, ... cherchent à redéfinir leur architecture et leur organisation intérieure pour attirer un nouveau public et répondre aux nouvelles attentes des usagers en tentant de se rapprocher, autant que chaque institution le permet, de ce qui définit un tiers-lieu.

Application des caractéristiquesModifier

BibliothèquesModifier

Mathilde Servet, pour son mémoire de maîtrise de l'ENSSIB[13] en France en 2010, est la première à développer en pays francophone le concept de tiers lieu appliqué aux bibliothèques, d'après les travaux de Putnam et Cohen[14]. Ces sociologues d'Harvard ont analysé le déclin du capital social américain tout comme Ray Oldenburg[15]. Le terme « troisième lieu » est alors utilisé par Servet plutôt que tiers lieu. Elle extrapole le concept de tiers lieu d'Oldenburg dans les bibliothèques. Elle confirme la bibliothèque comme troisième lieu selon les caractéristiques d’Oldenburg, modifiées selon les travaux de Marie D Martel [16] :

  1. Un espace neutre et vivant
  2. Un lieu d'habitude
  3. Un second chez soi
  4. Un lieu où l'on nivelle les différences entre les gens (horizontalité des rapports)
  5. Un lieu créateur de communauté
  6. Un lieu où la conversation est prioritaire (propice au débat) - relié au concept de coworking
  7. Un lieu accessible, accommodant et simple
  8. Un lieu qui procure une expérience ludique

HackerspaceModifier

Les hackerspace font partie des tiers-lieux représentatifs d’une application des caractéristiques originelles.

Cette initiative, cadrée par peu d’autres règles en dehors de celles que ses membres décideront d’appliquer, regroupe des personnes aux profils variés, travaillant ensemble à ce qui n’est pas leur travail, mais qui n’empêchera pas de mener à terme un projet commun, voire professionnel.

Ainsi, des profils aussi différents qu’un biologiste, un armurier ou un retraité pourront chacun avoir leurs projets propres[17] mais parfaitement faire partie d’un appel à projet officiel mais vu collectivement amenant tous les acteurs du hackerspace à réaliser une oeuvre collective tout en cherchant toujours à respecter certaines règles :

« Quand on crée un fichier contenant la modélisation pour l"impression, on peut le déposer sur le net. C’est alors accessible à tous et gratuitement[18]. »

Une nouvelle approche culturelleModifier

La majorité des tiers-lieux ne fonctionnant pas sur un système de concurrence et cherchant à voir leur initiative se reproduire ailleurs, ils ne se basent pas sur un système de patrimoine informationnel classique mais sur des biens communs informationnels alimentant un patrimoine informationnel commun.

Cela a été grandement facilité par la culture libre et le développement des licences libres informatiques.

Celles-ci ont évolué afin de proposer de nouvelles licences libres ne s'appliquant plus seulement aux codes-sources logiciels mais également aux différentes œuvres de l'esprit, comme la documentation nécessaire à entamer une initiative citoyenne.

Le parallèle entre la culture libre, les logiciels libres et les tiers-lieux ne s'arrête pas là puisqu'il est très souvent fait mention du principe de dictateur bienveillant dans le modèle de gouvernance d'un tiers-lieu[19].

Une vocation sociale affirméeModifier

Cet ancrage physique et cette approche culturelle ont pour but de développer les communautés se formant autour de ces lieux à développer des initiatives d'innovation sociale de manière locale et amener les citoyens vivant autour de ce lieu à y participer. En effet, les bibliothèques peuvent donner accès des ressources pour promouvoir l’innovation et servir comme agent pour la transformation sociale[20]. La bibliothèque fait partie d’un dispositif administratif et politique, d’une politique culturelle, sociale et territoriale, dont elle est un participant important. Elle est parfois même la pièce maîtresse d’enjeux politiques locaux, loin d'être seule ou isolée[21].

Les nouvelles approches économiquesModifier

Les nouvelles théories économiques apprécient la collaboration, la mutualisation bénéfique et le partage d'expériences, qui constituent alors un terrain fertile pour la création de "tiers-lieux" qui contribuent à leur tour à l'unification de l'espace (le co-working), du travail réflexif (le living lab) ou des outils (les fab labs). Les tiers-lieux sont des organisations conçues pour faciliter l'échange, le partage et la coopération.  Leurs actions peuvent s'inscrire dans le cadre d'une nouvelle économie, en particulier l'économie de la coopération. Cette économie repose sur la création de valeurs communes et de nouvelles formes d'organisation[22]

Selon certaines valeurs de la nouvelle économie, la majorité des troisièmes places s'efforcent de réduire les taux de croissance, en tenant compte de la nécessité de réduire l'impact de l'hyperconsommation sur l'environnement. Cette nouvelle économie commune met également l'accent sur la commercialisation de l'utilisation du produit, plutôt que sur la vente du produit lui-même, du point de vue de l'environnement et du développement durable. La dimension environnementale est encore renforcée par le fait que les tiers-lieux contribuent à réduire le temps passé par certains travailleurs à voyager (et donc à réduire les émissions de gaz à effet de serre)[22].

Le tiers-lieu de travailModifier

L’évolution des conditions de travail ont amené des personnes à devoir travailler de manière nomade ou à pouvoir effectuer une partie de leurs tâches en télétravail[23].

Là où le tiers-lieu est censé permettre aux personnes de travailler sur ce à quoi ils aspirent personnellement et n’étant donc pas en rapport avec la « deuxième place », le travail, nous voyons en francophonie énormément de lieux, tels que les espaces de coworking, être des « lieux tiers », permettant le télétravail dans des conditions favorables et, donc, se revendiquer « tiers-lieux », sans tenir compte de ce qui est censé les caractériser réellement.

Le risque inhérent à la labellisation est une dénaturation profonde du concept par ceux souhaitant obtenir les "effets" sans mettre en œuvre les moyens[24], bien que l'auteur initial Ray Oldenburg ait explicitement mentionné la notion de bureau[25].

Les tiers-lieux de travail répondent principalement à deux enjeux[26]. Le premier vise à favoriser des formes de travail collaboratives, créatives et innovantes entre travailleurs indépendants. Le second enjeu concerne une meilleure gestion des mobilités liées au travail en permettant à des gens de travailler plus près de chez eux.

Les tiers-lieux constituent l’une des solutions prometteuses adaptées aux nouvelles formes de travail sur les territoires où ils se trouvent. La présence de tiers-lieux sur les territoires favorise à revitaliser des zones. Ils donnent l’accès équitable aux technologies de l'information et de la communication, stimulent la culture et la participation numériques et réduisent également la fracture numérique dans ces zones. Les autorités locales cherchent à soutenir l'émergence de telles organisations sur leurs territoires afin que ces nouvelles formes d'organisation puissent participer à la prospérité de certains territoires en déclin économique et démographique[22].

L'Espace hybrideModifier

L'Espace hybride, ou « hybrid space »[27], renvoie aux dimensions physique et sociale du tiers-lieu, associées à des dimensions virtuelles et surtout mentales.

« L'Obsidienne ou Observatoire des Espaces hybrides et autres tiers lieux[28] », porté à ses débuts par l'Institut du Design Territorial et depuis par Prima Terra, développe le sujet depuis 2014.

Les principales distinctions que l'on puisse faire sont les suivantes :

  • le tiers-lieu est basé sur une communauté d'appartenance incarnée dans un lieu physique donné ;
  • l'espace hybride est basé sur une recherche « d'architecture fluide », poreuse dans ses dimensions spatio-temporelles : le lieu physique se confond avec le virtuel, la volonté de transformer et/ou imposer de nouveaux modèles, règles, normes sociales et culturelles sont prégnantes et un aspect mental et émotionnel non négligeable. La volonté de "fabriquer du souvenir commun" est prégnant.

L'hybridation de l'espace éducatif avec le tiers-lieu, le tiers-lieu apprenantModifier

 
L'avenir possible des espaces éducatifs et pédagogiques en Europe, les (potentiellement "tiers") "lieux apprenants", par Prima Terra

Alexis Durand Jeanson, chercheur à Prima Terra, a décrypté et conceptualisé ce que pourrait être l'avenir des espaces éducatifs et pédagogiques en Europe.

Au travers d'un schéma présenté ici, il explique, dans le paragraphe "organisation apprenante" :

  • les 4 dimensions du lieu apprenant,
  • les critères d'organisation et d'évaluation
  • ainsi que les produits du processus de ce lieu-dispositif permettant de produire des "biens communs".

Différents types de tiers-lieuxModifier

De par sa définition, de nombreuses initiatives, cadrées ou non, peuvent être catégorisées tiers-lieux sans qu'il soit besoin de se revendiquer comme en étant un.

Un tiers-lieu pourra tout aussi bien être fixe qu'éphémère.

En 2014 a été inauguré un tiers-lieu sous forme de plateforme communautaire, TCRM-Blida (Metz, Moselle) regroupant sur 25 000 m2 plusieurs autres tiers-lieux dans le but de créer un immense centre de création[29].

En , une initiative d'innovation sociale similaire à Disco Soupe, s'inscrivant dans les caractéristiques des tiers-lieux, a vu le jour dans le quartier de Sarcelles où les habitants d'un quartier ont décidé de se réunir en un lieu pour partager des ressources (de la nourriture) des savoirs et des compétences (la préparation de repas) afin de venir en aide aux sans-abris et migrants. Ils ont documenté leur initiative en se filmant et distribuant la vidéo sur les réseaux sociaux en finissant par désigner un nouveau quartier devant « relever le défi »[30].

Collaboration entre tiers-lieuxModifier

La nouvelle approche culturelle des tiers-lieux amène au fait qu'il n'est pas rare de voir des collaborations se créer naturellement entre des tiers-lieux à vocations totalement différentes.

Un makerspace pourra donc mettre ses machines au service d'une initiative de type Incroyables Comestibles en les aidant dans la fabrication de bacs à comestibles, en offrant une visibilité[31].

Cela fut par exemple le cas à Liège où le RElab[32], fablab situé dans le centre ville, collabora avec les Incroyables Comestibles à la réalisation et la décoration d'un bac ainsi qu'à proposer un lieu où en déposer un[33].

Quart-lieuModifier

Le , Michel Simonot, sociologue français, publie l’article « Tiers-lieux ou l’art de la faire à l’envers »[34] où il met en avant l’institutionnalisation et la récupération par les pouvoirs publics des tiers-lieux, amenant une logique d’entreprise à s’appliquer dans des lieux portés par l’initiative citoyenne, la collaboration.

En 2018, Arnault Morrisson, docteur en géographie économique, publie « A Typology of Places in the Knowledge Economy : Towards the Fourth Place ». « Fourth Place » semble avoir été traduit pour la première fois par le site www.tiers-lieux.be en tant que « quart-lieu »[35]

Morrisson a analysé les mêmes lieux que Simonot, c’est-à-dire ceux de Paris dans le cadre de l’appel à projet « Réinventer Paris »[36],[37] et en a conclu que le mélange des lieux amenait à devoir revoir le vocabulaire utilisé afin de ne plus amalgamer tiers-lieu avec des lieux qui en avaient perdu les principales caractéristiques.

Pour tiers-lieux.be, Simonot pose la problématique que chaque nouveau lieu hybride n’est pas la somme de toutes les caractéristiques des types de lieux le composant, mais une différence éliminant systématiquement la dimension humaine de chacun des lieux, au profit de la productivité, finissant par créer un quart-lieu « blanc », aseptisé, devenu parfaitement conforme aux attentes des pouvoirs publics : le travailleur effectuera toutes ses tâches dans un seul lieu et la manière dont cela lui sera présenté fera qu’il sera content de sa situation.

Notes et référencesModifier

  1. Glosiene, Audrone, Palekas, Rolandas et Kriviene, Irena, « Le centre de communication des savoirs. Une bibliothèque pour le XXIIe siècle. », Bulletin des bibliothèques de France, no 1,‎ , p. 58-62 (ISSN 1292-8399, lire en ligne)
  2. (en) Ray Oldenburg, The great good place : Cafés, coffee shops, bookstores, bars, hair salons, and other hangouts at the heart of a community, Marlowe, (ISBN 1569246815, OCLC 41256327, lire en ligne).
  3. Servet, Mathilde. "Les bibliothèques troisième lieu." Bulletin des bibliothèques de France, no 4, 2010, p. 57-66
  4. « Etude de la configuration en Tiers-Lieu - La repolitisation par le service — Movilab.org », sur movilab.org (consulté le 11 avril 2017)
  5. « Tiers-Lieux.be » (consulté le 6 janvier 2020)
  6. Oldenburg, Ray., The great good place : cafés, coffee shops, bookstores, bars, hair salons, and other hangouts at the heart of a community, Marlowe, (ISBN 1-56924-681-5 et 978-1-56924-681-8, OCLC 41256327, lire en ligne)
  7. « Définition des Tiers-Lieux — Movilab.org », sur movilab.org (consulté le 25 juin 2020)
  8. a et b « Définition », sur Tiers-Lieux.be (consulté le 25 juin 2020)
  9. Frédéric Dessort, « PROTO204, accélérateur d’innovation technologique sur le plateau de Saclay », sur educpros.fr, (consulté le 30 juillet 2014)
  10. Patrick Désavie, « PROTO204, incarnation de Paris-Saclay », sur L'Usine nouvelle, (consulté le 30 juillet 2014)
  11. l'Observatoire des Espaces hybrides et autres tiers-lieux.
  12. lien web.
  13. Servet, Mathilde, Les bibliothèques troisième lieu, Bulletin des bibliothèques de France, no 4, (lire en ligne)
  14. Putnam, Robert D. et Cohen, Don, 1946-, Better together : restoring the American community, Simon & Schuster, , 318 p. (ISBN 978-0-7432-3547-1, OCLC 52410295, lire en ligne), p. 27
  15. Oldenburg, Ray., The great good place : cafés, coffee shops, bookstores, bars, hair salons, and other hangouts at the heart of a community, Marlowe, (ISBN 1-56924-681-5, OCLC 41256327, lire en ligne)
  16. Présentées par Marie D. Martel dans son article intitulé "Trois générations de tiers lieux en Amérique du Nord" dans le livre Bibliothèques troisième lieu d'Amandine Jacquet
  17. « Le hackerspace d'Outremeuse : une bande de joyeux bricoleurs », sur RTBF Info, (consulté le 6 janvier 2020)
  18. « Une imprimante 3D pour cadeau de fin d'année : utile et accessible à tous ? », sur RTBF Info, (consulté le 6 janvier 2020)
  19. master2dpaci, « Tiers-Lieux et plus si affinités d’Antoine Burret », sur MIND THE GAP - L’espace de documentation et de production des étudiants du Master 2 Développement de Projets Artistiques et Cultures Internationaux de l’Université Lumière Lyon 2, (consulté le 15 octobre 2016)
  20. Jérémy Lachal, « Les bibliothèques au coeur de la transformation sociale », Documentation et bibliothèques,‎ janvier–mars 2019, p.12-16 (lire en ligne)
  21. Marielle de Miribel, « Changer vers une nouvelle dimension ? La bibliothèque puzzle », Documentation et bibliothèques,‎ janvier–mars 2019, p. 17–24 (lire en ligne)
  22. a b et c Arnaud Scaillerez et Diane-Gabrielle Tremblay, « Coworking, fab labs et living labs: État des connaissances sur les tiers lieux », Territoire en mouvement, no 34,‎ (ISSN 1954-4863 et 1950-5698, DOI 10.4000/tem.4200, lire en ligne, consulté le 14 novembre 2019)
  23. Ruiller, C., Dumas, M., & Chédotel, F. (2017). Comment maintenir le sentiment de proximité à distance? Le cas des équipes dispersées par le télétravail. RIMHE: Revue Interdisciplinaire Management, Homme & Entreprise, (3), 3-28.|résumé
  24. « Le concept de tiers lieu : retour aux sources », sur Bibliomancienne (consulté le 28 mars 2016)
  25. « Tiers lieu de travail : burespresso, caflab, cafzine, cafébu, jobar et quoi encore? », sur Bibliomancienne (consulté le 28 mars 2016)
  26. « Du nouveau dans les transports et la mobilité », sur www.lvmt.fr (consulté le 29 octobre 2019)
  27. L'Espace hybride, ou "hybrid space",.
  28. L'Obsidienne ou Observatoire des Espaces hybrides et autres tiers lieux.
  29. Corinne Martin, « Dis, c'est quoi un tiers-lieu? », série documentaire, sur La vidéothèque de l'Université de Lorraine, (consulté le 12 mars 2020)
  30. « VIDEO. Le nouveau défi Facebook des jeunes de Sarcelles : concocter des repas aux migrants », leparisien.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 octobre 2016)
  31. « Tiers-lieu - Collaboration Entre Tiers-lieux | La base de connaissances française », sur savoiro.fr (consulté le 29 janvier 2018)
  32. « RElab Fablab Liège - RElab », sur RElab (consulté le 15 octobre 2016)
  33. lesoir.be, « Entre les pavés, courgettes et feuilles de menthe », lesoir.be,‎ (lire en ligne, consulté le 15 octobre 2016)
  34. Publié par Michel Simonot | 16 Nov et 2019 | Chronique, « Tiers lieux ou l’art de la faire à l’envers », sur Profession Spectacle le Mag', (consulté le 20 décembre 2019)
  35. « Vers le quart-lieu ? | Tiers-Lieux.be » (consulté le 20 décembre 2019)
  36. « reinventer.paris / Appel à Projets Urbains Innovants », sur www.reinventer.paris (consulté le 20 décembre 2019)
  37. (en) Arnault Morisson, « A Typology of Places in the Knowledge Economy: Towards the Fourth Place », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, Social Science Research Network, no ID 3056754,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mars 2020)

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

PresseModifier

BibliographieModifier