Ouvrir le menu principal

Bibliothèque publique

bibliothèque ouverte au grand public
Bibliothèque publique moderne (Chambéry)

Une bibliothèque publique est une bibliothèque, c'est-à-dire une organisation fondée et supportée par la communauté, que ce soit par le biais d'un gouvernement local, régional ou national ou un autre type d'organisation communautaire[1].

Sa fonction consiste à donner accès au savoir, à l'information, à l'apprentissage tout au long de la vie, ainsi qu'aux œuvres de l'imagination par le biais d'une vaste registre de ressources, impliquant une diversité de médias, et des services qui sont disponibles équitablement à tous les membres de la communauté[1].

La bibliothèque publique constitue un pilier important dans une société démocratique en assurant l'accès à des idées et des savoirs et en servant de lieu de rencontres pour les citoyens; des dispositions qui contribuent à façonner la sphère publique[1].

HistoireModifier

Les premières bibliothèquesModifier

Étant donné les changements culturels apparus depuis l'invention de l'écriture, il est difficile d'assigner une origine précise au concept de bibliothèque publique. Il existe depuis l'antiquité des archives, des collections de manuscrits privées, et des collections semi publiques, accessibles à une minorité de lettrés comme la mythique bibliothèque d'Alexandrie. Les premiers lieux de lecture publique décentralisés sont peut-être les thermes publics grecs et romains, avec des pièces réservées où les visiteurs peuvent librement consulter des manuscrits, ainsi la bibliothèque des Thermes de Caracalla.

Au Moyen-Orient et en Afrique du nord existent également dès le IXe siècle des "maisons de la science" gérées par des communautés religieuses islamiques. Ces centres sont ouverts au public. Certains pratiquent le prêt, mais dans des conditions très restrictives. La plupart des visiteurs sont censés consulter les ouvrages sur place.

À partir du moment où sont fondées les premières universités européennes, elles possèdent des bibliothèques qui ne sont ouvertes qu'aux membres de l'université.

Article détaillé : Bibliothèque.

Les précurseursModifier

Grande-BretagneModifier

 
Bibliothèque municipale de Manchester

Depuis la réforme anglicane de 1538, il était entendu que les fidèles devaient avoir accès à la lecture de la Bible. Thomas Cranmer ordonna qu'un exemplaire de la traduction de Myles Coverdale soit placé dans toutes les églises, où il devait être enchaîné à la chaire. Des lecteurs pouvaient en faire la lecture aux analphabètes. Plus tard, le livre de John Foxe, Book of Martyrs, sera également disponible (mais enchaîné) dans de nombreuses églises du royaume pour l'édification des fidèles. L'idée est posée que l'ensemble des sujets du roi doivent avoir librement accès à ce qui forme le socle incontournable de l'éducation chrétienne, la Bible, le livre par excellence.

Au début de l'âge baroque, de nombreuses bibliothèques voient le jour dans les villes de Grande-Bretagne, soit à l'initiative d'institutions ou de sociétés savantes, soit à celle d'éléments de la petite bourgeoisie urbaine désireux de parfaire leur instruction[2]. La bibliothèque de Norwich ouvre ses portes en 1608, six ans après la fondation de la bibliothèque ouverte à la "république des savants" par Thomas Bodley, la Bodleian Library, et cent quarante-cinq ans avant la fondation du British Museum. Cette bibliothèque pourrait être la première institution de ce genre placée sous l'autorité d'une municipalité provinciale, titre qui lui est disputé par la bibliothèque Francis Trigge de Saint-Wolfram [3] à Grantham, dans le Lincolnshire, dont la fondation précède de dix ans celle de Norwich puisqu'elle est créée en 1598 par le recteur de la localité voisine de Welbourne. Les livres y sont enchaînés comme l'étaient la Bible et le Livre des martyrs.

On peut citer parmi les autres bibliothèques publiques britanniques des débuts celles de Ipswich (1612), de Bristol (fondée en 1613 et inaugurée en 1615) et enfin de Leicester (1632). L'école de Shrewsbury ouvre également ses portes aux résidents de la ville[4].

D'autres municipalités revendiquent l'honneur d'avoir été parmi les premières à ouvrir des bibliothèques au grand public. C'est le cas de Bristol, avec la bibliothèque des Kalendars ou Kalendaries, association de clercs et de laïcs rattachés à l'église de Tous-les-Saints. Les archives indiquent qu'en 1464, des dispositions avaient été prises pour construire une bibliothèque sur le site de la maison des Kalendars. Référence est faite à un acte notarié de l'époque indiquant que "tous ceux qui le souhaitent pour l'amour de l'instruction doivent avoir entrée et accès libre à certaines heures du jour"[5].

De nombreux libraires et éditeurs pratiquent également le prêt à Londres et dans les grandes villes de province, par exemple Bath où réside un public cultivé prêt à s'acquitter d'un droit pour pouvoir emprunter des ouvrages. La librairie de prêt payante, appelée circulating library, devient extrêmement populaire, mais elle est réservée à une certaine classe sociale[6].

Au milieu du XIXe siècle, l'Angleterre possédait 274 bibliothèques qui fonctionnaient avec un système d'abonnement, et l'Écosse 266.

États-UnisModifier

 
Bates Hall, salle de lecture de la bibliothèque de Boston
 
Bibliothèque municipale d'Altona, Illinois

Dans un ouvrage très peu conventionnel, The Tribes and the States, William James Sidis affirme que la bibliothèque publique est une institution d'inspiration américaine et que la première bibliothèque municipale a ouvert ses portes à Boston en 1636. La Boston Public Library est toujours en activité [7]. Par ordre d'ancienneté viendraient ensuite la bibliothèque provinciale du presbytère de St. Philipp, à Charleston (1698), et la bibliothèque de Philadelphie fondée par Benjamin Franklin et ses amis en 1731. Elle est constituée en société et instaure le prêt aux abonnés. Ceux-ci achètent une participation à la bibliothèque sous forme d'actions, l'argent ainsi récolté servant à enrichir le fonds. Tout abonné où actionnaire a le droit d'utiliser les ressources de la bibliothèque. La compagnie de la bibliothèque de Philadelphie existe toujours aujourd'hui. C'est une société à but non lucratif, qui fonctionne comme bibliothèque de recherches indépendante[8].

Parmi les bibliothèques notoires aux États-Unis, on peut encore citer la bibliothèque publique de Franklin, Massachusetts, constituée à partir d'une dotation de livres faite par Benjamin Franklin pour remercier la municipalité d'avoir donné son nom à la ville [9]; la bibliothèque de Scoville, à Salisbury, Connecticut, qui date de 1803 et pratique le prêt gratuit pour la première fois dans l'histoire américaine [10]; la première bibliothèque construite avec un financement public à Peterborough, dans le New Hampshire en 1833 [11].

Révolution des mentalités au début du XIXe siècleModifier

Après la révolution américaine et la révolution française, les revendications de justice et d'égalité se posent également dans le domaine de l'instruction et de l'accès à la culture. Une grande partie de la population mondiale est encore totalement illettrée, et il faudra attendre le milieu du XIXe siècle pour que les progrès de l'instruction publique soient accompagnés d'une véritable démocratisation de l'accès au livre par l'ouverture de bibliothèques due à l'initiative publique mais parfois aussi à l'action privée de philanthropes. L'Angleterre et les États-Unis font encore figure de précurseurs dans ce domaine.

En Grande-Bretagne, le début d'un réseau national de bibliothèques publiques proprement dites remonte à une loi cadre de 1850. Avant cette date, les musées municipaux de Warrington et de Salford avaient ouvert leurs locaux à une bibliothèque, dans le cadre de la loi sur les musées de 1845[12]. Manchester fut la première ville à ouvrir une bibliothèque de prêt gratuit, sans frais d'inscription, en 1852[13]. Norwich est la première municipalité à avoir eu recours à la loi sur les bibliothèques de 1850 qui autorisait la perception d'une taxe d'un demi penny dans toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants afin de subventionner la construction de bibliothèques publiques, mais non l'achat des livres. Mais la bibliothèque de Norwich n'ouvre qu'en 1857, en onzième position derrière des municipalités telles que Winchester, Manchester, Liverpool, Bolton, Kidderminster, Cambridge, Birkenhead et Sheffield.

 
Une salle d'étude de la bibliothèque municipale de New York

La bibliothèque municipale de New York, dont la construction commence en 1849 se termine en 1901, devient une des plus importantes aux États-Unis[14]. Le gouverneur Samuel J. Tilden (1875) était un bibliophile. Il pensait que les Américains devraient avoir accès à la lecture et à l'instruction gratuitement.

Le millionnaire et philanthrope américain Andrew Carnegie finance le développement du nombre des bibliothèques publiques dans le monde anglo-saxon à partir de la fin du XIXe siècle. Dans les Pays-Bas, les premières bibliothèques publiques qui ouvrent au début du XXe siècle sont également le résultat d'initiatives privées[15].

Cependant il faudra attendre la fin de la Deuxième Guerre mondiale pour que l'Europe dans son ensemble se voie dotée d'un réseau de bibliothèques publiques et de gros progrès restent à accomplir dans de nombreux pays pauvres.

Les bibliothèques publiques en FranceModifier

Les originesModifier

Le concept de bibliothèque publique est d'origine anglo-saxonne (public library)[16]. Il est importé en France au début du XXe siècle par Eugène Morel, qui parlait à l'époque de librairie publique. Si la quasi-totalité des bibliothèques publiques françaises sont des services dépendants de collectivités territoriales, il existe dans le monde anglo-saxon et au Québec des bibliothèques publiques financées par des fondations privées. Avant cela, Claude Sallier (1685-1761), bibliothécaire du roi, avait eu une idée avancée pour l’époque : mettre la culture à la portée de tous. De 1737 à 1750, il fit parvenir à la ville de Saulieu des caisses de livres qui constituèrent ainsi « la première bibliothèque publique » de France.

Une ordonnance royale du 22 février 1839 fixe les mesures capables d'assurer l'ordre, l'ensemble et la régularité des bibliothèques publiques du royaume[17].

La Bibliothèque publique d'informationModifier

La Bibliothèque publique d'information (BPI), située au sein du Centre Georges Pompidou à Paris, est un établissement public sous tutelle du Ministère chargé de la culture. Ouverte à tous, elle est réservée à la consultation sur place.

Les bibliothèques municipales ou intercommunalesModifier

Les bibliothèques municipales ou intercommunales, dépendent des communes ou groupements de communes concernés. Elles sont ouvertes à tous et permettent la consultation sur place et le prêt à domicile. Certaines conservent des collections patrimoniales.

Lors de l'introduction vers 1982 des enregistrements de documents audiovisuels dans les bibliothèques municipales - il s'agissait à l'époque de cassettes au format Betacam et surtout au format VHS - le terme de médiathèque a été utilisé pour marquer l'extension de leurs activités. Il est depuis couramment et officiellement employé par de nombreuses villes et même départements.

Les bibliothèques départementales de prêtModifier

Les bibliothèques départementales de prêt (BDP), dépendent des conseils départementaux. Ce sont principalement des services d'aide aux petites bibliothèques municipales. Dans les plus petites communes rurales, les bibliothèques aidées par la BDP sont gérées par des bénévoles qu'on appelle également bibliothécaires volontaires.

Les bibliothèques publiques en BelgiqueModifier

En Fédération Wallonie-Bruxelles (ancienne Communauté française de Belgique)Modifier

Les bibliothèques publiques reconnues en Fédération Wallonie-Bruxelles (partie francophone de la Belgique) sont, en vertu de la législation actuelle (le décret du 30 avril 2009 et son arrêté d’application du 19 juillet 2011), soit des Opérateurs directs (bibliothèques locales, itinérantes ou spéciales), soit des Opérateurs d’appui. Il existe également une bibliothèque dépôt : La Réserve centrale du Réseau public de la Lecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles

L'opérateur direct - bibliothèque localeModifier

Il vise la population d'une ou de plusieurs communes (territoire de compétence) et peut être organisé en réseau composé de différentes entités bibliothèques.

Certaines bibliothèques locales peuvent par ailleurs être reconnues comme offrant et assurant « la conservation d’une collection encyclopédique disponible pour les opérateurs directs et les usagers du Service public de la Lecture d’un territoire plus large que celui visé par leur reconnaissance » (article 18 du décret). Ces opérateurs assistent en termes de collections d'autres bibliothèques locales qui se trouvent à proximité (souvent plusieurs communes avoisinantes, ou un arrondissement).

L'opérateur direct - bibliothèque itinéranteModifier

Dans les localités dépourvues de bibliothèques, cet opérateur permet un accès au service de lecture publique via le prêt direct. Elle assiste également les bibliothèques locales en s'arrêtant, sur leur territoire de compétence, aux endroits que celles-ci lui désignent. Le prêt au niveau local ou interlocal est organisé par les provinces avec un ou plusieurs bibliobus[18].

L'opérateur direct - bibliothèque spécialeModifier

Il permet un accès à la lecture publique aux personnes qui sont dans l'incapacité de profiter des services des bibliothèques publiques "traditionnelles" (personnes aveugles et amblyopes ou personnes malades handicapées, âgées immobilisées et/ou accueillies dans des institutions). Actuellement, les bibliothèques spéciales reconnues par la Fédération Wallonie-Bruxelles s’adressent toutes à un public aveugle ou malvoyant.

L'opérateur d'appuiModifier

Il assiste les bibliothèques locales, itinérantes et spéciales qui se trouvent sur son territoire de compétence. Son territoire de compétence est soit une province ou la Région de Bruxelles-Capitale (et vise les bibliothèques de ce territoire), soit la Fédération Wallonie-Bruxelles (et est organisé directement par celle-ci au bénéfice de l’ensemble du Réseau public de la Lecture). Il intervient en seconde ligne pour aider les opérateurs directs à rencontrer leurs missions et apporte son aide aux pouvoirs organisateurs qui souhaitent obtenir la reconnaissance de leur bibliothèque.

Il existe 6 opérateurs d’appui :

  • Bibliothèque centrale pour le Brabant wallon
  • Bibliothèque centrale pour la Région de Bruxelles-Capitale
  • Bibliothèque centrale du Hainaut
  • Bibliothèque centrale de la Province de Liège
  • Bibliothèque centrale de la Province de Luxembourg
  • Bibliothèque centrale de la Province de Namur

La Réserve centrale du Réseau public de la Lecture de la Fédération Wallonie-BruxellesModifier

La Réserve centrale du Réseau public de lecture de la Communauté française est un service extérieur du Service public de la Lecture. Il est reconnu comme un opérateur d’appui communautaire. Mis en place en 2004 à la demande des acteurs du Réseau public de la Lecture, il reçoit une partie des ouvrages retirés des collections des bibliothèques. À la fois réservoir et lieu de réorientation, il donne aux bibliothécaires la garantie que la plupart des documents qui y seront transférés connaîtront une seconde vie. Ils seront soit récupérés au sein du réseau de la Lecture publique via notamment le prêt interbibliothèques, soit ils seront réorientés au sein notamment de fonds spécialisés. La Réserve centrale possède également une réserve précieuse pour conserver les ouvrages ayant une valeur patrimoniale. En parallèle à ses missions spécifiques de traitement des ouvrages élagués, la Réserve centrale coordonne un plan de conservation partagée des périodiques imprimés afin d’aider les bibliothécaires dans la gestion documentaire de ce support spécifique.

LégislationModifier

À l'origine, les conditions de reconnaissance des bibliothèques publiques ont été fixées par la loi du 17 octobre 1921 relative aux bibliothèques publiques. En ce qui concerne la Communauté française, cette loi est abrogée et remplacée par le décret du 28 février 1978 organisant le Service public de la Lecture. La législation intègre ensuite l'arrêté du Gouvernement de la Communauté française du 14 mars 1995 relatif à l'organisation du service public de la lecture. Le décret du 30 avril 2009 relatif au développement des pratiques de lecture organisé par le réseau public de la lecture et les bibliothèques publiques et son arrêté d'application du 19 juillet 2011 remplacent le décret de 1978. Après une législation qui a insisté sur la professionnalisation du secteur, celle-ci vise à permettre aux opérateurs une adaptation la plus efficace possible à leurs réalités territoriales dans le but de développer les pratiques de lecture de la population en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Les bibliothèques publiques en AllemagneModifier

Il existe une très grande hétérogénéité parmi les bibliothèques publiques en Allemagne et leur importance varie d'une institution à l'autre. En général elles relèvent de la compétence des arrondissements, des villes ou des communes. La plus grande liberté est laissée à l'organisation et à la constitution du fonds des bibliothèques, dont résultent de très grandes disparités au niveau de l'offre de lecture selon les endroits. Il n'existe aucune législation qui régisse les bibliothèques, que ce soit au niveau des régions ou de l'état fédéral, contrairement à ce qui se passe pour les archives, qui elles sont soumises à une législation nationale.

Dans les grandes villes il existe généralement un système hiérarchisé, avec une bibliothèque municipale et des bibliothèques de quartier. En dehors des zones urbanisées on trouve des bibliobus, ou de petites structures locales. L'activité des bibliothèques est encadrée dans les régions par des services techniques spécialisés qui dépendent de l'état.

Outre les bibliothèques qui relèvent de l'autorité communale, il existe également des bibliothèques publiques ouvertes par l'église catholique (katholischen öffentlichen Büchereien ou KÖB) ou par les synodes protestants (Evangelischen öffentlichen Büchereien ou EÖB), établissements publics qui peuvent être soutenus financièrement par les régions ou les communes. La gestion de ces structures et leur animation sont confiés principalement à des bénévoles. La plupart des diocèses possèdent des services techniques analogues à ceux du service public capables de venir en aide aux bibliothèques, notamment pour former les bénévoles.

Les bibliothèques d'accès restreint, comme les bibliothèques d'entreprise, les bibliothèques en milieu carcéral ou hospitalier, sont considérées comme bibliothèques publiques.

L'image des bibliothèques publiques ont radicalement changé sous l'influence des changements sociaux et avec l'apparition des nouvelles technologies. Elles forment le socle de toute l'institution éducative et constituent le service le plus sollicité par toutes les couches sociales et toutes les classes d'âge dans les communes.

Les bibliothèques publiques au QuébecModifier

HistoireModifier

Le premier usage du terme « bibliothèque publique » au Québec est employé en 1760 par l'évêque de Québec, Mg Henri-Marie du Breil de Pontbriand. C'est toutefois seulement en 1779 que la première bibliothèque publique de souscription, la Bibliothèque de Québec, fait son apparition selon les directives du gouverneur Frederick Haldimand[19]. Essentiellement réservée à la bourgeoisie, c'est un outil de propagande antirévolutionnaire pour la cause britannique pour critiquer la Guerre de l'Indépendance des États-Unis. Qualifiée de « vecteur idéologique », elle a pour but de doter le Québec d'une institution politiquement susceptible aux désirs de la Couronne[20].

En 1796, à Montréal, la Bibliothèque de Montréal est fondée par un groupe de marchands, politiciens et hommes de loi nommé La Compagnie des Propriétaires de la Bibliothèque[21]. Elle se dote d'une « chambre de nouvelle » et dépend des souscriptions de ses membres, faisant écho à la Library Company of Philadelphia de Benjamin Franklin[22].

XIXe siècleModifier

Le xixe siècle voit la prolifération de nombreuses salles de lectures de périodiques, telle la Mercantile Library, constituée en 1843. La plupart des institutions documentaires s'axent progressivement sur un public anglophone bourgeois[23]. Les institutions bilingues, conséquence des politiques et de la société de 1820 et 1830, sont considérées un échec dans les années 1840. S'instaure alors une politique d'instruction publique avec Jean-Baptiste Meilleur et Pierre-Joseph-Olivier Chauveau.

Dès 1842, pour faire face à un peuple qui s'alphabétise rapidement et pour « endiguer les mauvaises lectures »[23] le curé de Montréal et supérieur des sulpiciens, Joseph-Vincent Quiblier, fonde l'Oeuvre des bons livres[24]. Le modèle de la bibliothèque paroissiale est mis de l'avant par l'Église catholique francophone. De concert, les deux mettent en circulation des lectures qui véhiculent les idéaux catholiques approuvés par le clergé. 1844 voit la fondation de l'Institut canadien de Montréal ou la bourgeoisie libérale partage ses idées. En 1847, Antoine Gérin-Lajoie avance que la bibliothèque publique est un moyen plus fiable que les institutions religieuses pour trouver des documents portant sur l'économie, la politique, le commerce et la société[25]. En 1848, l'Institut canadien de Québec est fondé sur les mêmes préceptes. Mgr Ignace Bourget, ultramontain, perçoit l'Institut canadien de Montréal comme une menace à la foi des fidèles et met sa collection à l'index en 1858[19]. Sous les nombreuses pressions du clergé, l'Institut de Montréal ferme en 1880 alors que l'Institut de Québec se plie aux demandes. Il ouvre ses portes au public en 1897 après avoir conclu une entente avec la ville[26].

Pour commémorer le Jubilé de diamant de la reine Victoria, Westmount établit en 1897 une bibliothèque publique. L'accès à la bibliothèque et sa salle de lecture est gratuit pour les résidents et contribuables[27]. En 1984, elle compte 9 542 abonnés, presque 123 000 livres et un ordinateur[28].

xxe siècleModifier

En 1901, le maire de Montréal Raymond Préfontaine sollicite l'aide d'Andrew Carnegie pour l'établissement d'une bibliothèque publique. Animés entre autres par la présence potentielle du roman de fiction et la censure, des débats font rage entre les médias francophones et le clergé[29]. Les élites traditionnelles, qui prônent un accès ouvert à tous les citoyens pour buts éducatifs, culturels et de loisir, butent contre le raisonnement catholique[22]. L'offre de Carnegie, qui s'engage à payer les coûts de construction de l'immeuble si la municipalité débourse les frais de fonctionnement, est refusée[29]. Les autorités préfèrent créer une bibliothèque d'étude et de consultation dépourvue de livre de fiction[30]. Une bibliothèque scientifique et industrielle voit le jour en 1903, résultat des compromis entre les divers partis impliqués dans l'affaire[29].

 
La Bibliothèque de Saint-Sulpice en 1936

L'Église craint l'apparition d'une bibliothèque municipale laïque qui permettrait que le public ait accès à une offre culturelle non confessionnalisé[31]. En 1910, afin d'éviter la parution d'une bibliothèque municipale laïque, les sulpiciens annoncent la fondation de la Bibliothèque de Saint-Sulpice qui est ouverte au public en 1915. Construction encouragée par le clergé, plusieurs voyaient l'initiative comme un moyen pour empêcher une bibliothèque municipale laïque d'être fondée[32]. Elle regroupe les collections de la bibliothèque paroissiale de la rue Saint-Denis, ainsi que des bibliothèques de Notre-Dame, Saint-Jacques et de l'Université Laval à Montréal[33].

 
Ancien bâtiment de la Bibliothèque municipale de Montréal, fondée en 1917

La bibliothèque municipale de Montréal est tout de même fondée en 1917 grâce à, parmi d'autres facteurs, l'acquisition par la ville de Montréal des collections de Philéas Gagnon (Canadiana) et Dubois[34].

Le modèle dominant des bibliothèques publiques au Québec demeure les bibliothèques paroissiales. En 1925, on en compte 230 avec des collections comptants 155 650 volumes[22]. De celles-ci, la fondation de 79 remonte au XIXe siècle. En 1931, la Commission Ridington, une commission d'enquête sur l'état des bibliothèques au Canada, constate l'état quasi moribond des bibliothèques paroissiales. En plus du fait qu'elles sont gérées par des bénévoles sans formation, seulement 50$ sont dépensés en moyenne par année pour l'achat de nouveaux livres et les heures d'ouverture varient grandement d'une à l'autre.

Fondation de l'École des bibliothécaires, qui devient en 1961 une part intégrante de l'Université de Montréal et est renommée L'École de bibliothéconomie[35].

La Commission Tremblay de 1953, visant les problèmes constitutionnels, rapporte que l'éducation est une facette problématique de la société[36],[37]. Dans son rapport, elle affirme que le gouvernement du Québec se doit de favoriser l'implantation de bibliothèques publiques pour soutenir sa population. Le rapport postule qu'une législation organique sur les bibliothèques publiques et des subsides sont nécessaires.

En 1959, le Québec se dote d'une loi sur les bibliothèques publiques[38]. En 1960, le Service des bibliothèques publiques est créé, permettant la création d'une politique de lecture publique en 1979, le plan de développement du ministre Denis Vaugeois permet un essor des bibliothèques municipales autonomes et bibliothèques centrales de prêts[24].

Puisque la progression des bibliothèques ralentit progressivement par la suite, le gouvernement du Québec met sur pied le Rapport de Commission Sauvageau en 1987. Celui-ci permet de mettre à jour qu'au début des années 1960, il existe 118 bibliothèques municipales autonomes et 11 bibliothèques centrales de prêts pour les populations rurales. Elles desservent 24,2 % de la population, soit 1 336 606 usagers[22]. Plus d'un million d'habitants n'ont toujours pas accès aux bibliothèques[39], une situation décrite comme « intenable » et « catastrophique »[40]. Le Service des bibliothèques publiques est aboli en 1988 suite à des remaniements administratif[41]. En 1992, la Loi sur les bibliothèques publiques est abrogée, ce qui a pour conséquence qu'il n'y a « plus vraiment de cadre légal sur les bibliothèques publiques au Québec. […] Le Québec demeure en retard par rapport au reste du Canada en matière de bibliothèque,»[42].

En 1997, suite au rapport Richard, la nécessité apparaît pour une bibliothèque nationale. La Grande bibliothèque de Québec (GBQ) est instituée en 1998 pour permettre un accès au patrimoine documentaire[43].

XXIe siècleModifier

En 2001, le gouvernement adopte une loi fusionnant la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) et la GBQ pour former la société d'État de la Bibliothèque nationale du Québec[44].

 
La Grande Bibliothèque de Québec

La BNQ et les Archives nationales du Québec (ANQ) sont fusionnées en 2004 pour former la Bibliothèque et les Archives nationales (BAnQ). La Grande Bibliothèque, édifice de diffusion de la BNQ, ouvre ses portes à Montréal en 2005. La BAnQ s'officialise en 2006 avec la Loi sur la Bibliothèque nationale du Québec, la Loi sur les archives, et certaines autres législations. Elle devient une institution publique regroupe une bibliothèque physique, une bibliothèque virtuelle, le dépôt légal du Québec et les archives nationales[45].

Aujourd'huiModifier

Il existe trois types de bibliothèques publiques au Québec[46]. Les bibliothèques publiques autonomes qui sont administrées par les municipalités ou par un conseil d'administration mandaté par des municipalités et qui desservent les municipalités des villes de plus de 5 000 habitants. Il existe aussi des Centres régionaux des services aux bibliothèques publiques (CRSBP) desservant les municipalités de moins de 5 000 habitants[47]. Bibliothèque et archives nationales du Québec (BAnQ) représente le troisième type d'acteur en lecture publique.

La mission des bibliothèques publiques québécoises se réfèrent au manifeste IFLA/UNESCO sur la bibliothèque publique[48].

L'encadrement législatif est constitué par trois lois qui incluent des dispositions relatives aux bibliothèques publiques[49] :

  1. La Loi sur le ministère de la Culture et des Communications (chapitre M-17.1) qui crée le Ministère de la culture et des communications et dont une partie de cette loi (chapitre 3) concerne les bibliothèques publiques et les centres régionaux de services aux bibliothèques publiques[38].
  2. La Loi sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec (chapitre B-1.2) qui crée BAnQ avec ses mandats de préservation et d’accès au patrimoine documentaire, détient aussi la responsabilité de la concertation, de la normalisation et du réseautage de l’ensemble des bibliothèques québécoises[38].
  3. La Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre (chapitre D-8.1) et le Règlement sur l’acquisition de livres par certaines personnes dans les librairies agréées (chapitre D-8.1, r.1)[38]

La Table de concertation des bibliothèques québécoises est une instance nationale qui réunit divers représentants des bibliothèques publiques, scolaires, collégiales, universitaires et gouvernementales, également des représentants des milieux associatifs, municipaux et des commissions scolaires[38]. Son mandat consiste à « assurer un développement cohérent et harmonieux du réseau québécois des bibliothèques, en vue d’améliorer la qualité et la performance des services de ce réseau» [38].

Le réseau des bibliothèques de la ville de Montréal est le plus important de toute la province et compte 48 bibliothèques municipales. L'étude du rôle social de la bibliothèque est un problème complexe qui aurait besoin de beaucoup de monographies, de recherches ponctuelles[50]. C'est un lieu commun que d'affirmer que les véritables bibliothèques publiques sont récentes chez les francophones du Québec[51]. Au début du XXIe siècle, la bibliothèque publique québécoise est confrontée a de nouveaux défis. Les nouvelles technologies de l'informations sonneront-elles le glas de cette institution?[52]

En 2015, on compte 823 bibliothèques publiques au Québec desservant 921 municipalités et avec une moyenne de 3,18 livres par habitants[53]. Les usagers représentent 32,6 % de la population desservie et la moyenne des prêts par habitants est de 6,78[53].

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

NotesModifier

  1. a b et c Koontz, Christie., IFLA Public Library Service Guidelines., Walter de Gruyter, (ISBN 9783110232271 et 3110232278, OCLC 659500640, lire en ligne)
  2. Robert Altick, The English Common Reader. A social history of the mass reading public, 1800-1900, [1957]
  3. St. Wulfram's Church
  4. Anthony Hobson, "Open Shelves", TLS, 8 December 2006, 9
  5. "All who wish to enter for the sake of instruction shall have ‘free access and recess’ at certain times"
  6. Literary Encyclopedia: Circulating Libraries
  7. Site de la bibliothèque de Boston
  8. The Library Company of Philadelphia Homepage
  9. « (lien) » (sur l'Internet Archive)
  10. Scoville Memorial Library
  11. library. The Columbia Encyclopedia, Sixth Edition. 2001-07
  12. Museums Act of 1845
  13. BBC NEWS | England | Anniversary of first public library
  14. NYPL History
  15. Article néerlandais
  16. Il faut faire attention cependant au terme public qui dénote deux phénomènes légèrement différents en anglais et en français puisque outre-manche il signifie ouverte au public et non financée par l'argent public. Voir notamment la différence entre école publique (en anglais state school) et public school (en fait des écoles privées)
  17. F. Crozet, Table décennale du Répertoire Administratif, Grenoble, Prud'homme et Blanchet, , p. 121
  18. Arrêté du Gouvernement de la Communauté française du 14 mars 1995 relatif à l'organisation du service public de la lecture, modifié par les arrêtés des 2 septembre 1997, 8 novembre 1999, 12 décembre 2000 et 8 novembre 2001
  19. a et b Gallichan, Gilles, « Les bibliothèques entre censure et culture », Cap-aux-Diamants,‎ , p. 28-33 (ISSN 0829-7983, lire en ligne)
  20. Paradis, Josée-Anne, « Capsule historique : La toute première bibliothèque publique du Québec », Les librairies,‎ (lire en ligne)
  21. (fr + en) John Coape Sherbrooke, The provincial statutes of Lower-Canada, Québec, , 501 p. (lire en ligne), p. 417-419
  22. a b c et d Lajeunesse, Marcel, « La bibliothèque au Québec, une institution culturelle au coeur des débats sociaux », Culture, institution et savoir. Culture française d’Amérique,‎ , p. 171-179 (lire en ligne)
  23. a et b Lemire, Maurice., Boivin, Aurélien., Saint-Jacques, Denis. et Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises., La vie littéraire au Québec, Presses de l'Université Laval, 1991-<2010> (ISBN 2763772595, 9782763772592 et 276377282X, OCLC 25759852, lire en ligne)
  24. a et b Roussel, Hélène, « Les bibliothèques publiques québécoises », Topographie du Québec documentaire,‎ , p. 60 (ISSN 0315-2340, lire en ligne)
  25. Gérin-Lajoie, Antoine, « Titre inconnu », La Minerve,‎
  26. « À propos », sur http://www.institutcanadien.qc.ca (consulté le 14 mars 2019)
  27. « Repères historiques », sur https://www.westlibcat.org (consulté le 14 mars 2019)
  28. Sweeney, Laureen, 1941-, Polishing the jewel : a history of the renewal project : Westmount Public Library, City of Westmount, (ISBN 2980049565 et 9782980049569, OCLC 35882491, lire en ligne)
  29. a b et c Lajeunesse, Marcel, 1942-, Lecture publique et culture au Québec XIXe et XXe siècles, Presses de l'Université du Québec, (ISBN 9781435685680, 1435685687 et 9782760512986, OCLC 417074351, lire en ligne)
  30. Leroux, Éric, « Brève chronologie de l’histoire des bibliothèques et de la bibliothéconomie au Québec : des débuts aux années 1960 », Documentation et bibliothèques,‎ , p. 199-201 (ISSN 0315-2340, lire en ligne)
  31. Des Rochers, Jacques., Deslandres, Dominique, 1961-, Dickinson, John Alexander, 1948- et Hubert, Ollivier, 1968-, Les Sulpiciens de Montréal : une histoire de pouvoir et de discrétion, 1657-2007, Fides, (ISBN 9782762127270, 2762127270 et 9782762127843, OCLC 76939706, lire en ligne)
  32. Horny, Charlotte, Évolution historique du territoire du centre-ville de Montréal, Montréal, 58 p. (lire en ligne), p. 13-28
  33. Lassonde, Jean-René, La Bibliothèque de Saint-Sulpice, 1910-1931, Québec, Ministère des Affaires culturelles, p. 115-179
  34. « Inauguration de la bibliothèque de Montréal, 1917 », sur http://archivesdemontreal.com, (consulté le 14 mars 2019)
  35. « Présentation », sur https://www.ebsi.umontreal.ca, (consulté le 14 mars 2019)
  36. Commission royale d'enquête sur les problèmes constitutionnels, Rapport de la Commission royale d'enquête sur les problèmes constitutionnels, Québec, La Commission, , 4 tomes en 5 volumes p. (lire en ligne), p. 148-217, volume 3, tome 1
  37. Commission royale d'enquête sur les problèmes constitutionnels, Rapport de la Commission royale d'enquête sur les problèmes constitutionnels, Québec, La Commission, , 4 tomes en 5 volumes p. (lire en ligne), p. 2-199, volume 3, tome 2
  38. a b c d e et f Ministère de la Culture et des Communications, « Bibliothèques publiques », sur www.mcc.gouv.qc.ca, (consulté le 5 février 2019)
  39. Association Lurelu, « Commission d’étude sur les bibliothèques publiques », Lurelu,‎ , p. 16-19 (lire en ligne)
  40. Comission d'étude sur les bibliothèques publiques du Québec, Les bibliothèques publiques : une responsabilité à partager, Québec, , 373 p. (ISBN 2-550-17647-2), p. 2
  41. Crépeau, Isabelle, « La législation des bibliothèques publiques du Québec à travers l’histoire : essai de synthèse », Documentation et bibliothèques,‎ , p. 32 (ISSN 0315-2340, lire en ligne)
  42. Séguin, François, 1947-, D'obscurantisme et de lumières : la bibliothèque publique au Québec, des origines au 21e siècle (ISBN 9782897238803 et 2897238801, OCLC 951222684, lire en ligne)
  43. « Historique », sur http://www.banq.qc.ca (consulté le 14 mars 2019)
  44. « Rapport annuel GBQ - BNQ 2001-2002 », sur http://www.banq.qc.ca, (consulté le 14 mars 2019)
  45. « BAnQ en bref », sur http://www.banq.qc.ca (consulté le 14 mars 2019)
  46. Gobeil, Lucie. et Bibliothèques publiques du Québec (Organisme), Bibliothèque d'aujourd'hui : lignes directrices pour les bibliothèques publiques du Québec, Éditions ASTED, (ISBN 9782923563336 et 2923563336, OCLC 759030066, lire en ligne), p. 13
  47. Salaün, Jean-Michel. et Arsenault, Clément, 1962-, Introduction aux sciences de l'information, Presses de l'Université de Montréal, (ISBN 9782760621145, OCLC 320584406, lire en ligne)
  48. « Manifeste de l'UNESCO sur la bibliothèque publique », sur unesdoc.unesco.org, (consulté le 5 février 2019)
  49. Gobeil, Lucie. et Bibliothèques publiques du Québec (Organisme), Bibliothèque d'aujourd'hui : lignes directrices pour les bibliothèques publiques du Québec, Éditions ASTED, (ISBN 9782923563336 et 2923563336, OCLC 759030066, lire en ligne)
  50. Lajeunesse, Marcel, 1942-, Lecture publique et culture au Québec XIXe et XXe siècles, Presses de l'Université du Québec, (ISBN 9781435685680, 1435685687 et 9782760512986, OCLC 417074351, lire en ligne), p. 9
  51. Lajeunesse, Marcel, 1942-, Lecture publique et culture au Québec XIXe et XXe siècles, Presses de l'Université du Québec, (ISBN 9781435685680, 1435685687 et 9782760512986, OCLC 417074351, lire en ligne)
  52. Séguin, François, 1947-, D'obscurantisme et de lumières : la bibliothèque publique au Québec, des origines au 21e siècle (ISBN 9782897238803 et 2897238801, OCLC 951222684, lire en ligne), p. 545
  53. a et b Institut de la Statistique du Québec, « Statistiques générales des bibliothèques publiques, par région administrative et pour l'ensemble du Québec », sur www.stat.gouv.qc.ca (consulté le 5 février 2019)