Gérald Darmanin

homme politique français

Gérald Darmanin
Illustration.
Gérald Darmanin en 2017.
Fonctions
Ministre de l'Intérieur
En fonction depuis le
(1 an, 4 mois et 29 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Jean Castex
Gouvernement Castex
Prédécesseur Christophe Castaner
Maire de Tourcoing

(3 mois et 11 jours)
Élection
Prédécesseur Jean-Marie Vuylsteker
Successeur Doriane Bécue

(3 ans, 5 mois et 5 jours)
Élection
Prédécesseur Michel-François Delannoy
Successeur Didier Droart
Premier adjoint au maire de Tourcoing

(2 ans, 8 mois et 14 jours)
Maire Didier Droart
Jean-Marie Vuylsteker
Ministre de l'Action et des Comptes publics

(3 ans, 1 mois et 19 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe I et II
Prédécesseur Christian Eckert (Budget)
Annick Girardin (Fonction publique)
Jean-Vincent Placé (Réforme de l'État)
Successeur Amélie de Montchalin (Fonction publique)
Olivier Dussopt (Comptes publics)
Vice-président du conseil régional des Hauts-de-France[N 1]

(1 an, 4 mois et 13 jours)
Président Xavier Bertrand
Successeur Franck Dhersin
Conseiller régional des Hauts-de-France

(4 ans, 6 mois et 2 jours)
Élection 13 décembre 2015
Circonscription Nord
Groupe politique Les Républicains
Député français

(3 ans, 7 mois et 8 jours)
Élection 17 juin 2012
Circonscription 10e du Nord
Législature XIVe (Cinquième République)
Groupe politique UMP (2012-2015)
LR (2015-2016)
Prédécesseur Christian Vanneste
Successeur Vincent Ledoux
Conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais

(4 ans et 4 jours)
Élection 21 mars 2010
Circonscription Nord
Groupe politique L’Opposition régionale
Biographie
Nom de naissance Gérald Moussa Darmanin
Date de naissance (39 ans)
Lieu de naissance Valenciennes (France)
Nationalité Française
Parti politique RPR (1998-2002)
UMP (2002-2015)
LR (2015-2017)
LREM (depuis 2017)
Diplômé de IEP de Lille
Profession Juriste
Religion Catholique
Résidence Hôtel de Beauvau (Paris)

Gérald Darmanin Gérald Darmanin
Ministres français de l'Intérieur
Maires de Tourcoing

Gérald Darmanin, né le à Valenciennes (Nord), est un homme politique français.

Membre du Rassemblement pour la République (RPR), de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) puis des Républicains (LR), il est élu député en 2012 et maire de Tourcoing en 2014. Après être devenu vice-président du conseil régional des Hauts-de-France en 2016, il démissionne de l'Assemblée nationale pour cause de cumul des mandats.

Il est nommé ministre de l'Action et des Comptes publics dans le gouvernement Édouard Philippe en 2017. Il adhère à La République en marche (LREM) quelques mois plus tard, après avoir été exclu de LR. Ayant abandonné son mandat de maire de Tourcoing au profit de celui de premier adjoint après sa nomination comme ministre, il retrouve brièvement le fauteuil de maire en 2020 et devient dans la foulée ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Jean Castex.

Situation personnelle

Famille

Gérald Moussa Darmanin[1] naît le à Valenciennes (Nord)[2].

De religion catholique[3], il est le fils de Gérard Darmanin, tenancier de bar à Valenciennes, et d'Annie Ouakid, femme de ménage[1] ou concierge[N 2] à la Banque de France. Son grand-père paternel, Rocco Darmanin, né en 1902 à Béja en Tunisie, mineur de profession [4], est issu d'une famille maltaise catholique, ayant peut-être une lointaine origine arménienne[5]. Son grand-père maternel, Moussa Ouakid, né en 1907 en Algérie dans le douar d'Ouled Ghalia (ex-commune mixte d'Orléansville dans l'Ouarsenis) a été tirailleur algérien[1],[N 3],[6], résistant dans les Forces françaises de l'intérieur (FFI) en 1944[7].

Gérald Darmanin se marie une première fois et divorce sans avoir eu d’enfant[8]. Le , il se remarie avec Rose-Marie Devillers, directrice conseil chez Havas[9]. Ils ont été présentés par Michel Bettan, vice-président exécutif d'Havas Paris, lui-même présenté à Gérald Darmanin par Xavier Bertrand, alors secrétaire général de l'UMP, en 2009[10].

Formation

Il effectue ses études secondaires au lycée des Francs-Bourgeois, un établissement privé catholique du 4e arrondissement de Paris. Il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Lille (2007)[11].

Parcours politique

Militant au sein du RPR

Gérald Darmanin commence à militer et prend sa carte au Rassemblement pour la République (RPR) à 16 ans[12],[13]. Il est d'abord proche de Jacques Toubon[14], dont il devient l'assistant parlementaire au Parlement européen au cours de son année d'étude à l'étranger[12]. Il intègre la direction des Jeunes du RPR[14]. Avec la création de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), dont il est particulièrement critique, il est, comme la plupart des anciens dirigeants des Jeunes du RPR, évincé de la direction des Jeunes populaires au profit des Jeunes libéraux en 2003[14].

Débuts au sein de l'UMP

Gérald Darmanin rejoint Christian Vanneste en 2004, après la condamnation de ce dernier en première instance pour des propos homophobes (jugement cassé en 2008)[14]. Pour Jean-Baptiste Forray, Darmanin suit Vanneste dans « la zone grise à la lisière de la droite et de l'extrême droite »[15]. En 2005, il lui succède comme délégué de l'UMP dans la dixième circonscription du Nord[14]. D'après l'universitaire Anne-Sophie Petitfils, il « procède à un travail de sélection implicite des adhérents les plus attachés à la personne du député » et, près de deux ans avant le premier tour des élections législatives de 2007, met en œuvre une stratégie qui « s’apparente à une forme de néo-clientélisme », consistant à « offrir des biens divisibles et [à] proposer des interventions personnelles à ses électeurs »[14]. Selon la journaliste du Canard enchaîné Anne-Sophie Mercier, Darmanin adopte une position catholique traditionaliste à « tendance intégriste » et une position homophobe[16]. Par l'entremise de Guy de Chergé, il collabore en 2008 au mensuel Politique magazine, organe de presse de l'Action française royaliste, inspiré de Charles Maurras et lié au mouvement Restauration nationale[17],[18],[19].

Directeur de campagne de Christian Vanneste pour les élections législatives de 2007 et les élections municipales de 2008, lors desquelles il est élu conseiller municipal, il préside le groupe UMP et apparentés au conseil municipal de Tourcoing depuis le retrait de ce dernier. Au niveau national, il est conseiller aux affaires juridiques au sein de l'UMP auprès de Xavier Bertrand, alors secrétaire général du parti[20].

Il est le chef de cabinet de David Douillet au secrétariat d'État chargé des Français de l'étranger, puis au ministère des Sports avant d'être nommé directeur de cabinet[21] le .

Il est élu conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais en .

Député du Nord et élu local

Gérald Darmanin est élu député de la dixième circonscription du Nord le , il crée le lobby Cadets-Bourbons[22]. Lors de la séance d'élection du président de l'Assemblée nationale, le , il est secrétaire de séance, étant un des six plus jeunes députés de France.

 
Gérald Darmanin en 2013.

Il est l'un des députés UMP à voter en contre le Pacte budgétaire européen. Le , il appelle la ministre des Sports Valérie Fourneyron à « interdire le port du voile sur les terrains de football de notre pays » en réponse à la décision prise la veille par la Fifa[23]. Il signe la déclaration de principe du courant « La Droite populaire »[24] et soutient la candidature de Xavier Bertrand pour la présidence de l'UMP lors du congrès d'automne 2012 dont il est le coordinateur, avant de se rallier à François Fillon[25].

Après l'appel lancé par des associations de parents à retirer les enfants de l'école pour protester contre l'introduction de contenus inspirés de ladite « théorie » du genre, il déclare : « La théorie du genre est absurdité absolue. Il faut s’y opposer totalement »[26].

En , il se présente aux élections municipales à Tourcoing. Sa liste l'emporte avec 45,6 % des voix au second tour de l'élection, devant celle conduite par le maire sortant Michel-François Delannoy, faisant ainsi passer la mairie de Tourcoing à droite. Ayant rétabli l'accès automobile au centre-ville, il déclare alors : « La voiture en soi n’est pas polluante »[27].

En , touché par le plafonnement des indemnités à cause de ses mandats de député du Nord, de vice-président de la MEL (72,5 % de l'indice brut 1 022), de président des syndicats mixtes SMALIM et SMIRT notamment, Gérald Darmanin annonce vouloir renoncer « au cumul des indemnités » et à ses 3 100 euros d'indemnités comme maire de Tourcoing[28]. Les adjoints au maire acceptent également une réduction de 5 % de leurs indemnités[29].

En , il devient porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de l'UMP. Après la victoire de celui-ci, il est nommé, le , secrétaire général adjoint aux élections[30].

Il est directeur de campagne de Xavier Bertrand pour les élections régionales de 2015 en Nord-Pas-de-Calais-Picardie[31]. Après sa victoire, en situation de cumul de mandats[32], il démissionne de son poste de député[33]. Il est élu vice-président du conseil régional des Hauts-de-France, chargé des transports, des infrastructures de transport, des relations internationales, des transfrontaliers, du tourisme et de la communication.

Critiquant « l'entourage » et la « méthode » de Nicolas Sarkozy, il annonce peu après qu'il quitte la direction nationale des Républicains et donc son poste de secrétaire général adjoint[34]. Cependant, quelques mois plus tard, il lui apporte son soutien pour la primaire française de la droite et du centre de 2016[35]. Le , il est nommé coordinateur de campagne. Le , après la victoire de François Fillon, il est nommé secrétaire général adjoint des Républicains, en tandem avec Annie Genevard[36]. Dans ce cadre, sentant monter la menace d'une candidature d'Emmanuel Macron pour la droite, il publie le une violente tribune dans L'Opinion intitulée « Le bobopopulisme de Monsieur Macron »[37], et dans laquelle il fustige l'ex-ministre : il voit en lui « le pur produit du système : beaux quartiers, belles études, belle fortune, belles relations » et prédit que « Loin d’être le remède d’un pays malade, il sera au contraire son poison définitif »[38].

Le , dans le cadre de l'affaire Fillon, il renonce à soutenir le candidat LR François Fillon à l'élection présidentielle[39] avant de démissionner de ses fonctions de secrétaire général adjoint du parti Les Républicains deux jours plus tard[40],[41].

Ministre de l'Action et des Comptes publics

 
Gérald Darmanin en 2019.

Le , il est nommé ministre de l'Action et des Comptes publics au sein du gouvernement d'Édouard Philippe après l'élection d'Emmanuel Macron, qu'il qualifiait encore quelques mois plus tôt de « bobopopuliste », « démagogue », « poison définitif » de la Ve République et de « pur produit du système »[42]. Bernard Accoyer annonce alors qu'il ne fait plus partie des Républicains[43]. Cependant, François Baroin annonce dès le lendemain qu'il n'est pas formellement exclu du parti[44]. Il est exclu des Républicains le , avec le ministre Sébastien Lecornu et les députés Franck Riester et Thierry Solère[45]. Le , il adhère à La République en marche[46].

Selon la règle tacite édictée par l'Élysée, un ministre doit démissionner de son mandat de maire dans le mois qui suit sa nomination[47],[48]. Il annonce le qu'il quittera son poste de maire le [49], ce qu'il fait en restant premier adjoint au maire de Tourcoing.

Il est épinglé par Mediapart pour avoir passé en ses vacances en Corse dans la villa de « l’ancien président de la chambre de commerce d’Ajaccio, condamné pour trafic de drogue international »[50]. Il porte plainte pour diffamation, mais le média est relaxé[51], les juges reconnaissant « le droit de Mediapart de publier des informations d’intérêt général » et constatant « l’absence de caractère diffamatoire des propos »[52].

Il porte la réforme du prélèvement de l'impôt à la source, initiée sous le quinquennat précédent et qui entre en vigueur début 2019.

Lors du mouvement des Gilets jaunes, il se plaint des « additions dans les restaurants parisiens tournant autour de 200 euros lorsque vous ne prenez pas de vin », ce qui est perçu comme un élément de déconnexion entre le train de vie des personnalités politiques et le quotidien des Français[53],[54]. Peu après, il déclare que « c'est la peste brune qui a manifesté » à Paris[55].

En , il annonce devant une assemblée d'étudiants de l'ESSEC la volonté du gouvernement de supprimer la déclaration de revenus annuelle pour les personnes dont la situation fiscale n'évolue pas d'une année sur l'autre[56],[57]. Il considère que « cela permettra de simplifier la vie des citoyens et de faire des économies »[58]. Cette mesure pourrait être mise en place à partir de 2020 ou 2021.

Le , il indique s'interroger sur la suppression de la taxe sur l'audiovisuel public, ou redevance télévisuelle[59]. Il justifie cette proposition par les difficultés pour adresser cet impôt, alors que la taxe d'habitation sur laquelle il est prélevé est amenée à disparaître[60]. Il précise qu'il a proposé cette suppression à Emmanuel Macron et à Édouard Philippe[61],[62].

Alors qu'il est au gouvernement, il se présente comme tête de liste aux élections municipales de 2020 pour redevenir maire de Tourcoing[63],[64]. La liste qu'il conduit l'emporte dès le premier tour avec 60,9 % des suffrages[65], dans le contexte de la pandémie de Covid-19 et alors que la majorité présidentielle enregistre un résultat d'ensemble défavorable à l'issue de ce tour[66]. Élu maire le [67], il cumule ce mandat avec sa fonction de ministre, contrairement à la pratique instaurée par Lionel Jospin en 1997 et à la promesse faite par l’exécutif avant les élections[68],[69],[70] ; il y est autorisé par Emmanuel Macron et Édouard Philippe, alors qu'il envisage de quitter le gouvernement dans le cas contraire[71].

Ministre de l'Intérieur

 
Gérald Darmanin en février 2021, lors d'un déplacement.

Nomination

Le , il est nommé ministre de l'Intérieur au sein du gouvernement du nouveau Premier ministre, Jean Castex[72]. Il démissionne alors du conseil régional des Hauts-de-France[73] et, après avoir annoncé qu'il quitterait ses fonctions de maire de Tourcoing le [74], indique qu'il démissionnera de ce mandat fin [75],[N 4]. Le a lieu la passation des pouvoirs avec son prédécesseur, Christophe Castaner, tandis que des manifestations sont organisées place Beauvau et devant l'église de la Madeleine par des activistes et des associations féministes ainsi que des acteurs de la protection des droits de l'homme[77], pour dénoncer sa nomination au ministère de l'Intérieur, Gérald Darmanin étant visé par une enquête concernant une accusation de viol (voir infra)[78]. Âgé de 37 ans, il devient le plus jeune ministre de l'Intérieur de la Ve République[79]. Son directeur de cabinet est Pierre de Bousquet de Florian, alors coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme sous l'autorité d'Emmanuel Macron qui « a souhaité procéder à ce mouvement » selon Le Monde[80]. Son cabinet est composé du premier cercle de son précédent cabinet à Bercy, issu pour partie de LR, et de transfuges de l'Élysée[81].

Emploi du terme « Ensauvagement »

Dans un entretien au Figaro[82] peu après sa prise de fonction, Gérald Darmanin appelle à « stopper l’ensauvagement d’une certaine partie de la société », reprenant ainsi un terme popularisé par l'extrême droite, notamment par l'auteur Laurent Obertone, et que la droite tend à s’approprier[83]. L'usage de ce terme heurte au sein de la classe politique, y compris au sein de LREM[84]. Auditionné trois jours plus tard par la commission des Lois de l’Assemblée nationale, il maintient et revendique l'usage du terme en renvoyant dos à dos ceux qui, d’un côté, « dénoncent ce mot » et ceux qui, de l’autre, « le promeuvent » en faisant « un lien entre insécurité et immigration »[84]. Il déclare par ailleurs : « J’ai lu dans la presse que le mot que j’ai employé avait un lien avec “sauvage”, donc avec immigration, donc avec ethnicisation. Je suis à 100 000 lieues de cela »[85]. Une polémique médiatique s'ensuit au sujet de son désaccord affiché avec Éric Dupond-Moretti, ministre de la Justice, conduisant Jean Castex à appeler à « fermer le ban », puis Emmanuel Macron à demander à ses ministres « de ne pas créer des polémiques entre [eux] »[86].

Politique du chiffre dans la police nationale

Il réinstaure des instructions écrites et chiffrées dans certains départements de la police nationale, notamment concernant les nouvelles amendes forfaitaires pour simple usage de stupéfiant. Il dément toutefois tout retour à la politique du chiffre et évoque plutôt une « politique du résultat »[87].

Réaction à l'assassinat de Samuel Paty

Le , soit le surlendemain de l'assassinat de Samuel Paty, Gérald Darmanin réunit les préfets et leur ordonne d'arrêter et d'expulser du territoire les quelque 231 étrangers en situation irrégulière qui se trouvent dans le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT)[88].

Le , le ministre ordonne la fermeture de la grande mosquée de Pantin, son recteur M'hammed Henniche ayant publiquement admis avoir relayé une vidéo mettant en cause Samuel Paty, exactement une semaine avant qu'il ne soit assassiné à Éragny[89],[90]. Le 9 avril 2021, la grande mosquée de Pantin rouvre sous surveillance, quelques jours avant le début du Ramadan[91]. Cette réouverture, négociée entre la mosquée et l'exécutif, ayant été obtenue à une seule condition, fixée par ce dernier : le départ du recteur M'hammed Henniche, pourtant réélu récemment[92].

Dissolution de Génération identitaire

Gérald Darmanin annonce le avoir demandé à ses services de réunir les éléments permettant d'étudier une proposition de dissolution de Génération identitaire. Cette proposition du ministre, « se déclarant scandalisé par le travail de sape de la République des militants de Génération identitaire », fait suite à la demande d'élus d'Occitanie après une opération anti-migrants, la « mission Pyrénées », menée par le groupuscule dans leur région[93],[94]. Gérald Darmanin engage alors la procédure de dissolution[95], qui aboutit le 3 mars 2021 à la dissolution de l'organisation d'extrême-droite par le Conseil des ministres[96].

Projet de loi contre le séparatisme

Gérald Darmanin porte, avec Marlène Schiappa, le projet de loi confortant le respect des principes de la République (dit « projet de loi contre le séparatisme »). Le projet est adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le , par 347 voix pour, 151 voix contre et 65 abstentions. Le , après des mois d'allers-retours entre le Palais Bourbon et le Sénat, la version finale du texte est adoptée définitivement par le Parlement à la suite d'un vote des députés (par 49 voix pour, 19 contre et 5 abstentions)[97].

Élections départementales et régionales 2021

Il est candidat aux élections départementales de 2021 dans le canton de Tourcoing-2, en binôme avec Doriane Bécue, qui lui a succédé à la mairie de Tourcoing à l'été 2020[98]. Il déclare conserver une « amitié particulière » pour Xavier Bertrand, candidat dans le même temps à sa réélection pour les élections régionales de 2021 dans les Hauts-de-France ainsi qu'à l'élection présidentielle de 2022, dont il avait été directeur de campagne en 2015, et l'appelle à soutenir Emmanuel Macron[98]. Lors des élections régionales dans les Hauts-de-France, Gérald Darmanin fait campagne dans le Nord. La liste sur laquelle il figure n'obtient que 10,2 % des voix, loin derrière les listes menées par Xavier Bertrand (38,9 %), Sébastien Chenu (22,7 %) et Karima Delli (22,6 %)[99].

Destitution des imams de Gennevilliers et de Saint-Chamond

Le , il annonce sur son compte twitter avoir obtenu la destitution de deux imams (Mohamed el Mehdi Bouzid de la mosquée Ennour de Gennevilliers et Mmadi Ahamada de la mosquée Attakwa de Saint-Chamond) à qui il reprochait d'avoir tenu des propos « tout simplement inacceptables » et « attentatoires à l'égalité femmes-hommes » dans des sermons (khoutab) datant respectivement du 4 juin et du 20 juillet 2021 (premier jour de l'Aïd el-Kébir)[100]. Ces licenciements à la demande de l'exécutif interviennent « dans le cadre de la lutte contre le séparatisme »[101] et déclenchent une polémique, puisqu'ils suscitent l'incompréhension, voire le mécontentement, d'une partie des fidèles des deux mosquées et des musulmans de France[102].

Dissolution de la maison d'édition Nawa

Le , il annonce sur son compte twitter avoir lancé une procédure de dissolution à l'encontre de la maison d'édition « Nawa » au motif que celle-ci diffuserait des ouvrages « légitimant le jihad » et « en contestation directe avec des valeurs occidentales »[103]. La veille, les avoirs de l'association et de ses dirigeants avaient été gelés sur décision ministérielle[104]. Le 29 septembre 2021, Gérald Darmanin officialise la dissolution de la maison d'édition en Conseil des ministres[105].

Controverses et affaires judiciaires

Accusations d'homophobie

Alors qu'il vient d'être nommé ministre de l'Action et des Comptes publics en 2017, plusieurs tweets qu'il avait écrits lors des débats autour du mariage homosexuel refont surface lors de la Journée de lutte contre l'homophobie. Il y écrivait notamment son refus, en tant que maire de Tourcoing, de marier des couples d'homosexuels, évoquait une réforme néfaste et mettait en avant son soutien à La Manif pour tous et son opposition parlementaire au projet de loi. Il continuait également de vouloir sa suppression l'année suivante. Plusieurs médias, personnalités et associations rappellent alors ces faits et l'accusent d'homophobie[106],[107]. Devant cet emballement médiatique, Gérald Darmanin dit regretter ses écrits et met en avant son manque d'expérience, tout en déclarant qu'il aurait préféré que son ancien parti ait voté un contrat d'union civile[108].

La même polémique et les mêmes accusations reprennent en 2020, lorsqu'il devient ministre de l'Intérieur. En lien avec les accusations de viol dont il est l'objet, une pétition lancée pour « un gouvernement qui ne promeut ni racisme, ni culture du viol, ni LGBTQIA+ phobies » recueille rapidement plusieurs dizaines de milliers de signatures[109],[110].

Cumul des mandats et des indemnités

Dès , L'Obs révèle que Gérald Darmanin continue de cumuler ses mandats de conseiller régional et de vice-président de la métropole européenne de Lille avec sa fonction ministérielle. Auparavant, il avait déclaré être « pour le cumul des mandats » mais « contre le cumul des indemnités »[111].

Sur sa déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique déposée après sa nomination au gouvernement, il déclare cumuler ses indemnités de maire, de vice-président puis de conseiller régional des Hauts-de-France, de vice-président de la MEL et, depuis , de ministre, mais également de 28 sièges au sein d'organismes publics ou privés ou de sociétés en tant que représentant d'une collectivité locale[112].

Selon René Dosière, la loi ne permet toutefois pas aux ministres de percevoir « plus d'une demi fois le montant de l'indemnité parlementaire », soit 2 799,89 euros bruts par mois, en plus de la rémunération de ministre de 9 940 euros[111]. Gérald Darmanin dépasserait donc le plafond légal autorisé, mais a indiqué ne pas être au courant de cette règle[111].

En , le site d'information Médiacités révèle que plus d’un an après sa nomination comme ministre, Gérald Darmanin est toujours premier adjoint au maire de Tourcoing, vice-président de la MEL et conseiller régional, mais qu'il a abandonné la plupart de ses autres fonctions[113]. Le site relève également ses absences et indique notamment que la région Hauts-de-France lui verse 100 % de son indemnité alors qu'il n'est présent qu'à 20 % des séances du conseil régional[113],[114].

Le , il démissionne de son poste de vice-président de la métropole européenne de Lille[115].

À partir du , alors qu'il est toujours ministre de l'Action et des Comptes publics, il se trouve de nouveau en situation de cumul après avoir été élu maire de Tourcoing[116],[117]. Il déclare alors que le président de la République et le Premier ministre l'ont « autorisé, pendant un temps et vu les circonstances exceptionnelles » liées à la pandémie de Covid-19, « à exercer ces deux fonctions […] mais sans cumuler les rémunérations » : il indique qu'il ne touchera pas celle liée à la fonction de maire[70].

Accusations de viol et de harcèlement en 2017

En 2009, Sophie Patterson-Spatz, une sympathisante de l'UMP et ancienne escort-girl, contacte le parti pour tenter de faire annuler une condamnation de 2004 pour chantage et appels malveillants envers un ex-compagnon[118],[119]. Gérald Darmanin, qui est alors conseiller municipal et communautaire, la reçoit en tant que chargé de mission au service des affaires juridiques du parti, et conditionne son aide dans ce dossier à l'octroi de faveurs sexuelles. S’ensuit un rapport sexuel dans une chambre d'hôtel après une visite dans un club libertin à Paris, puis Gérald Darmanin écrit en sa qualité de conseiller municipal à la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, pour lui demander « de bien vouloir faire recevoir Mme Patterson ou, pour le moins faire étudier sérieusement son dossier »[118]. L’affaire sort dans les médias après un article du Monde en , révélant une plainte pour viol de Sophie Patterson-Spatz[120],[118].

Après la nomination de Gérald Darmanin au gouvernement en 2017, Pierre Spatz, l'époux de Sophie Patterson-Spatz, écrit au garde des Sceaux, François Bayrou, pour dénoncer le nouveau ministre pour ces faits[118]. Sophie Patterson-Spatz présente le rapport sexuel comme non-consenti, obtenu par la surprise[118] et constitutif d’un viol. Gérald Darmanin ne nie pas l'existence du rapport sexuel, l'envoi d'une lettre à la garde des Sceaux en faveur de la plaignante ni l'existence d'échanges SMS allant dans ce sens, mais conteste le défaut de consentement — en particulier le fait que le consentement aurait été surpris — et en conséquence la qualification de viol[121],[122]. Une première plainte est déposée et classée sans suite en [120].

En , une nouvelle plainte est déposée pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance[120],[123]. À la suite d'une deuxième enquête, la plainte est de nouveau classée sans suite en [120]. Une troisième plainte pour les mêmes faits, cette fois avec constitution de partie civile, force le parquet à déclencher l'action publique et entraîne la désignation d'un juge d'instruction, tandis que le ministre porte plainte contre Sophie Patterson pour dénonciation calomnieuse. En , le juge d'instruction prononce une ordonnance de non-lieu, suivant les réquisitions du parquet[124]. Le juge écrit : « Le défaut de consentement ne suffit pas à caractériser le viol. Encore faut-il que le mis en cause ait eu conscience d'imposer un acte sexuel par violence, menace, contrainte ou surprise »[124].

La plaignante interjette appel du non-lieu, mais est déboutée, la Cour d'appel jugeant l'appel hors-délai dans une ordonnance rendue en . En , la décision de la Cour d'appel est annulée par la Cour de cassation, se fondant sur un vice dans la procédure : la notification du non-lieu étant intervenue trop tardivement[125]. Par la suite, le [N 5], la Cour d'appel de Paris ordonne la reprise des investigations sur les accusations de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance[126],[127],[128]. Gérald Darmanin est entendu en décembre 2020 sous le statut de témoin assisté[129].

 
Collage féministe « Darmanin violeur » à Limoges en 2020.

En , la nomination de Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur rencontre une vive opposition des mouvements et de militants féministes[130],[131],[132]. Est notamment mis en avant le conflit d’intérêts que constituerait le fait qu’il dirige, comme ministre de l'Intérieur, les services d’enquête chargés d’investiguer la plainte qui le vise[133],[134]. Néanmoins, le cabinet de Gérald Darmanin affirme que celui-ci a signé « une lettre de déport sur l’instruction le concernant », « le jour de sa prise de fonction », et rappelle que si des policiers devaient participer à l’enquête, ils seraient sous l’autorité du juge d’instruction[133], lequel est indépendant. Une tribune de soutien appelant à la « retenue » et au respect de la « présomption d'innocence » est signée par environ 200 élus proche du ministre[135], dont Xavier Bertrand[135], tandis qu’une autre appelant à la démission du ministre, à l’initiative du collectif #NousToutes, l’est par 20 000 jeunes de 13 à 25 ans[136].

En , Mediapart révèle que de nouveaux éléments de l’enquête montrent que Gérald Darmanin s’est montré très insistant en envoyant une quarantaine de messages, ce qui met à mal la défense qu’il a développée jusque-là. Gérald Darmanin a également changé sa version des faits concernant un message « clé » de l’affaire et évoque une vengeance politique pour se justifier des nouveaux éléments[137],[138],[139].

Le , Gérald Darmanin, accompagné de ses avocats, est confronté à la plaignante devant la juge d'instruction, au tribunal judiciaire de Paris[140].

Le mardi 11 juin la cour d'appel de Paris ordonne la reprise des investigations malgré les réquisitions du parquet général[141]. Le 5 août, Darmanin se pose en victime dans une interview avec Le Point[142],[143] ». Selon les informations de Mediapart, l'affaire devrait se terminer par un non-lieu[144].

Le , la juge d'instruction chargée de l'enquête prononce la fin des investigations sans mettre en examen le ministre[145].

Accusations d'abus de faiblesse en 2018

Gérald Darmanin est accusé d'abus de faiblesse par une habitante de Tourcoing, qui porte plainte en . Elle l'accuse de l'avoir obligée à des relations sexuelles en échange de l'obtention d'un logement et d'un emploi en 2015[146]. L'enquête a été classée sans suite en , le ministère public déclare « Les actes d'enquête réalisés n’ont pas permis d'établir l'absence de consentement de la plaignante et n’ont pas caractérisé davantage l’existence d'une contrainte, d’une menace, d'une surprise ou d’une quelconque violence à son endroit »[147].

Le , Gérald Darmanin porte plainte envers la plaignante pour « dénonciation calomnieuse », plainte qu'il retire le 29 octobre suivant[148].

Le , l'association Pourvoir féministe effectue diverses saisines pour relancer cette affaire au motif du trafic d'influence, estimant que si la plaignante a retiré sa plainte, elle continue de bénéficier de biens publics (logement social et emploi public)[149],[150]. L'ancienne plaignante manifeste alors son soutien à Gérald Darmanin[151]. Le parquet de Paris classe l'affaire sans suite le [152].

Reprise de propos antisémites

En mars 2021, certains passages de l'essai de Gérald Darmanin publié en février Le séparatisme islamiste - Manifeste pour la laïcité font surface dans le débat public à la faveur de citations repérées par la journaliste Sarah Benichou sur Twitter[153]. Dans ces extraits mis en exergue, Gérald Darmanin décrit la politique de Napoléon Ier à l'égard des Juifs de France et semble reprendre à son compte les stéréotypes antisémites de l'époque, notamment en précisant que parmi les Juifs « Certains d’entre eux pratiquaient l'usure et faisaient naître troubles et réclamations ». Il reprend également une lettre de Napoléon à son ministre de l'Intérieur Jean-Baptiste Nompère de Champagny : « Notre but est de concilier la croyance des juifs avec les devoirs des Français et de les rendre citoyens utiles, étant résolu de porter remède au mal auquel beaucoup d’entre eux se livrent au détriment de nos sujets. ». Gérald Darmanin ne semble donc pas condamner cette vision des Juifs comme un « mal » pour la France. Mieux, il salue cette lettre comme une « lutte pour l'intégration avant l'heure ». Cette vision suscite d'autant plus l'incompréhension que l'essai de Gérald Darmanin est consacré au « séparatisme islamiste ». Certains comprennent ainsi qu'il s'appuie sur cette vision napoléonienne des Juifs de France pour guider sa politique vis-à-vis des Musulmans de France : « Gérald Darmanin ne prend aucun recul devant le "mal" que Napoléon Ier attribue aux juifs, et qualifie la politique napoléonienne de "lutte pour l'intégration avant l’heure". Une analogie étonnante pour justifier sa loi dite luttant contre le "séparatisme islamiste" » commente Naïm Sakhi dans L'Humanité[154] tandis que Sarah Benichou s'offusque : « On apprend donc que ce grand moment de l’antisémitisme d'État napoléonien sert de boussole à notre ministre de l'Intérieur qui affirme, dans son dernier livre, que la présence de "milliers de juifs" en France fût une "difficulté à régler" »[153]. La mention des extraits sus-cités par Edwy Plenel dans l'émission C ce soir le 22 mars donnera un fort écho à la polémique sur les réseaux sociaux notamment : « Mardi soir, les termes « Napoléon », « Plenel », « Juifs » et « Darmanin » étaient parmi les sujets les plus commentés de Twitter en raison de la polémique. », relèvera The Times of Israel[155] .

Publications

Détail des mandats et fonctions

Au gouvernement

À l’Assemblée nationale

Au niveau local

Autres

Résultats électoraux

Élections législatives

Année Parti Circonscription % Issue
1er tour 2d tour
2012[160] UMP 10e du Nord 24,9 54,9 Élu

Élections départementales

Année Parti Canton % Issue
1er tour 2d tour
2021[161] DVD Canton de Tourcoing-2 54,1 64,9 Élu

Élections municipales

Année Parti Commune Position % Sièges obtenus
1er tour 2d tour
2014[162] UMP Tourcoing Tête de liste 37,8 45,6
39  /  53
2020[163] LREM 60,9
46  /  53

Notes et références

Notes

  1. Délégué aux transports, aux infrastructures de transport, aux relations internationales et transfrontalières, au tourisme et à la communication.
  2. Selon la journaliste du Canard enchaîné, Anne-Sophie Mercier, il présente faussement sa mère comme ayant été femme de ménage, alors qu'elle était en réalité concierge à la Banque de France (cf. Le Canard enchaîné, numéro du 19 juillet 2017, « Le bébé rageur », page 7).
  3. Gérald Darmanin revendique un grand-père harki. Dans le dossier de résistant de Ouakid Moussa (GR 16 P 452368 détenu et consultable au SHD de Vincennes) qui contient son parcours militaire avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, il n'est fait nulle mention qu'il était harki. Il ne pouvait l'être par ailleurs puisqu'il était adjudant-chef dans l'armée française et disposait donc du statut militaire alors que les harkis, stricto sensu, étaient des supplétifs recrutés sur place durant la guerre d'Algérie qui eux ne disposaient pas du statut militaire sous lequel étaient au contraire placés, par exemple, les tirailleurs. Les supplétifs étaient des civils liés à l’armée française par un simple contrat, qui n’assurait pas les mêmes protections que le recrutement dans les cadres de l’armée. Même si dans le vocabulaire contemporain, le terme « harki » renvoie parfois à l’ensemble des combattants d’origine algérienne ayant été dans les rangs de l’armée française pendant la guerre d’Algérie, et pas seulement aux harkis stricto sensu, il ne peut en aucun cas être appliqué à une personne gradée disposant du statut militaire (voir décret no 61-1201 du 6 novembre 1961 qui a fixé le cadre applicable aux personnels des harkas).
  4. Sa démission est acceptée par le préfet le [76].
  5. Le délai entre la cassation de novembre 2019 et la reprise de l'examen de la plainte en juin 2020 correspond aux grèves de l'hiver 2019 suivies du confinement du printemps 2020.

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  6. "Ma mère était femme de ménage, mon grand-père harki et ancien tirailleur algérien, mon père tenait un bistro. Mon deuxième prénom est Moussa", a-t-il déclaré dans un portrait que lui a consacré Libération en 2012", dans Gérald Darmanin, un sarkozyste devenu macroniste, site de Capital.fr, 17 mai 2017. Il était également adjudant-chef dans l'armée française et décoré de la médaille militaire (Décret du 17 avril 1958, « Ouakid Moussa, adjudant-chef, classe 1927 M, recrutement d'Alger, mie R. M. 2311; 28 ans de services, 5 campagnes », Journal officiel de la République française, 1958, p. 4346).
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