Ouvrir le menu principal
Article général Pour un article plus général, voir Tarification des transports en commun d'Île-de-France.

Le ticket t+ est le plus simple des titres de transport en Île-de-France. Créé par une délibération du conseil d'administration du STIF du , il remplace l'ancien ticket t, qui ne permettait pas la correspondance entre les diverses lignes de bus. Le ticket t+ est le nom officiel du ticket de métro parisien.

À compter du , il est vendu au prix de 1,90  à l'unité et de 14,90  en carnet de 10 tickets plein tarif. Le prix d’un carnet de 10 tickets est de 16,90  à partir du [1].

Les prix mentionnés ci-dessus ne sont appliqués qu'aux guichets et aux distributeurs automatiques et peuvent varier chez les « vendeurs agréés ». Par exemple, au bar à bord des TGVs à destination de Paris, il faut payer 2,50  pour un ticket t+[2].

HistoireModifier

De 1900 à 1973Modifier

Lors de l'inauguration en 1900, la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP) propose à ses voyageurs trois tarifs avec des tickets vendus à l’unité ou en carnet. Chaque tarif bénéficie d’une couleur distincte. Les tickets de couleur rose pour la première classe sont vendus 20 centimes, ceux de couleur crème pour la deuxième classe sont vendus 15 centimes, enfin ceux de couleur verte pour les allers-retours sont vendus 20 centimes. En 1919, le prix du ticket de métro connaît sa toute première augmentation de 5 centimes. De couleur grise, les billets de la compagnie Nord Sud sont de couleur grise avec un système tarifaire identique à ceux de la CMP, jusqu'à son absorption par cette dernière en 1930[3].

 
En 1965, le ticket au tarif X.

En 1925, afin d’anticiper les augmentations régulières du ticket, un principe « d’alphabet tarifaire » est instauré : chaque évolution tarifaire est matérialisée par une lettre : A puis B, C, D, etc. Après la Première Guerre mondiale, la CMP crée une tarification spéciale « Mutilé de guerre » à l’occasion du passage au tarif D, avec un tarif de 60 centimes alors que le ticket de première classe est alors à 1,15 franc et à 70 centimes pour la seconde classe. Le tarif F en 1937 est le premier à dépasser la barre du franc[3].

En 1939, la pénurie de papier entraîne le remplacement des carnets de 10 billets par des carnets de 5 billets, chacun étant valable pour deux voyages. En août 1941, les billets allers-retours sont supprimés au profit de la « carte hebdomadaire de travail », valable pour 12 voyages dont le prix est alors fixé à 10 francs. Le Régime de Vichy interdit alors aux Juifs d’acheter un ticket de première classe et les contraint à n'utiliser que la voiture de queue. En 1947, le prix du ticket au tarif M en classe unique est de 5 francs[3].

La tarification réduite pour les familles nombreuses est instaurée en 1948. En 1958, le changement de tarif est accompagné d’un changement de couleur : havane pour la deuxième classe et vert pour la première. Le prix du carnet de tickets en seconde passe à 30 francs et à 45 francs pour celui de première. Entre 1967 et 1970, le principe de l’alphabet tarifaire arrive à la fin de son premier cycle. En 1968, une simplification tarifaire intervient pour l’usager : le ticket de métro devient valable dans le bus. Ce changement tarifaire sera matérialisé par la lettre A[3].

De 1973 à 2003Modifier

 
Un ticket jaune type u-u.

C'est en 1973 que le ticket métro de couleur jaune citron et à piste magnétique fait son apparition, avec la mise en place progressive des dispositifs de contrôles automatiques (tourniquets ou portillons d'accès), remplaçant les poinçonneurs. Il pouvait être émis par la SNCF ou la RATP ainsi que par des buralistes dépositaires.

À partir de 1992, le ticket de métro porte la mention Section Urbaine (à la place de u-u auparavant).

Le ticket émis par la SNCF était de couleur jaune jusqu’à l'apparition du « ticket t » en 2003 lorsque, dans le cadre de la simplification des tarifs, il devient mauve[4]. Celui émis par la RATP était également jaune jusqu'en mars 1992, avant de devenir vert afin d'accompagner le changement d'identité visuelle de la RATP.

Il permettait d'effectuer un trajet en bus, métro ou en RER dans Paris. Sa validité était de deux heures. Les seuls correspondances possibles étaient les correspondances ferrées (métro - métro ; métro - RER ; RER - métro ou RER - RER dans Paris). En revanche, il ne permettait pas la correspondance entre deux lignes de bus ni entre un bus et une ligne ferroviaire (tramway, métro ou RER).

   
Ticket RATP, recto et verso
(1992 à 2003). Ici dans une version spéciale Akira éditée en 1995[5].

Le ticket Section Urbaine était valable également dans les bus RATP en banlieue où les lignes étaient découpées en sections. En fonction de la distance, l'usage de plusieurs tickets pouvait être nécessaire. Sauf sur certaines lignes, le sectionnement a été supprimé sur le réseau RATP le [6]. Ce ticket n'était cependant pas valable dans les autobus du réseau Optile, présents pour l'essentiel dans la grande couronne parisienne. Les entreprises exploitant ces lignes délivraient leurs propres titres de transport.

2003-2007 : le ticket tModifier

 
Le ticket t mauve (2003 à 2007).

Le ticket t fit son apparition au . Dans le cadre de la simplification des tarifs, les tickets t, qu'ils soient émis par la SNCF ou la RATP sont mauves, remplaçant le vert des tickets RATP et le jaune des tickets SNCF.

Il est le premier billet émis spécifiquement sous la bannière du Syndicat des transports d'Île-de-France (futur Île-de-France Mobilités), et il succède aux billets émis par chacun des transporteurs franciliens[7].

Il permettait d'effectuer un trajet en bus, métro ou en RER (uniquement dans Paris pour ce dernier), avec éventuellement des correspondances entre deux ou plusieurs lignes ferroviaires pendant une durée de deux heures. En revanche, il ne permettait pas la correspondance entre deux lignes de bus ni entre un bus et une ligne ferroviaire (tramway, métro ou RER).

Le ticket t est également valable dans les autobus du réseau Optile, présents pour l'essentiel dans la grande couronne parisienne.

Depuis 2007 : le ticket t+Modifier

 
Le ticket t+ blanc (de 2007 à 2018).

Le ticket t+ permet d'effectuer un trajet en bus, métro, tramway (y compris sur la ligne de tramway T4 exploitée par la SNCF, mais pas sur le T11 Express[8]), RER et Transilien (uniquement dans Paris pour ces deux derniers).

L'apport de ce nouveau ticket par rapport à son prédécesseur réside dans la possibilité d'effectuer une ou plusieurs correspondances (passage d'une ligne à une autre) sur le réseau de surface (bus et/ou tramway) pendant h 30 entre la première et dernière validation. Les trajets aller-retour sur la même ligne de bus ainsi que les interruptions de trajet pour reprendre un autre bus de la même ligne ne sont pas possibles avec le même ticket t+.

Il ne permet pas en revanche d'utiliser une correspondance entre métro et bus, métro et tram, RER et bus, RER et tram[9] ni entre une ligne de métro et le funiculaire de Montmartre[10]. Il n'est pas non plus valide sur les lignes de bus à tarification spéciale, au-delà de plusieurs sections parcourues. Le ticket t+ est également valable dans les autobus du réseau Optile, présents pour l'essentiel dans la grande couronne parisienne[11].

En 2014, la RATP écoulait chaque mois (hors mois d'août) 14 millions de tickets à l'unité et 35 millions par carnet de 10. Au mois d'août 2014, ces chiffres étaient respectivement de 10 millions et 25 millions[12].

En 2018, la bande STIF au bas du ticket est remplacée par le logo de l'autorité organisatrice des transports en Île-de-France, Île-de-France Mobilités, ce changement intervenant avant la disparition du ticket de métro prévue pour 2021[13],[14].

Annoncée pour octobre 2019, le forfait « Navigo Liberté+ » s'adressera aux utilisateurs du ticket t+, qu'il doit à terme remplacer. Il permettra de bénéficier dès le premier voyage du tarif en carnet (soit 1,49  au lieu de 1,90  en 2018) et d'assurer la correspondance gratuite entre le métro et les transports de surface (y compris le funiculaire) en plus de celles déjà permises par le ticket t+[15].

Utilisation sur le réseau de bus NoctilienModifier

Les bus du réseau Noctilien sont accessibles avec le ticket t+ selon une tarification spécifique fondée sur les zones de validité des forfaits « carte Orange »/« carte Intégrale ».

Pour les trajets de banlieue à banlieue via Paris, le nombre de tickets à composter dans un bus est égal au nombre de zones traversées, mais sans les compter deux fois. Exemple : de Mairie de Saint-Ouen (zone 2) à Gare de Bourg-la-Reine (zone 3) par la ligne N14, on traverse les zones 2, 1, 2, 3, soit 3 zones ; il faut donc composter 3 tickets t+.

Pour les autres trajets, il faut un ticket pour les deux premières zones traversées, puis un autre ticket par zone parcourue. Exemple : de Juvisy-sur-Orge (zone 4) à Paris-Gare-de-Lyon (zone 1) par la ligne N31, on traverse les zones 4, 3, 2, 1 ; il faut donc 3 tickets t+.

Tout changement de bus Noctilien implique un nouveau paiement car le ticket t+ ne permet pas d'assurer la correspondance entre bus Noctilien.

Ticket sans correspondanceModifier

Contrairement à ses prédécesseurs, le ticket t+ n'est pas vendu à bord des bus. Il est cependant possible d'acheter à la place, au prix de 2,00 euros[16] un ticket de dépannage, nommé « ticket d'accès à bord ». Celui-ci est valable pour un seul trajet, uniquement dans le bus dans lequel il a été acheté, et ne permet aucune correspondance. Il doit être validé aussitôt après son achat.

Évolution des prix des trajetsModifier

Le prix d'un trajet dépend de deux composantes : le prix du billet lui-même, mais également du trajet qu'il permet d'effectuer.

La première composante, le prix du billet, augmente chaque année. Ainsi, le carnet de 10 billets plein tarif, coûtait (les pourcentages indiquent la variation par rapport à l'année précédente) :


Soixante-dix pour cent des tickets t+ sont vendus en carnet de 10 titres de transport, avec une réduction tarifaire : au , le ticket à l'unité coûte 1,90  alors que le carnet de 10 tickets est vendu au prix de 16,90 .

La seconde composante a aussi évolué du fait de différentes réformes du système tarifaire. Globalement, ces réformes, sans conséquences en ce qui concerne le métro, ont rendu les voyages en bus ou tramway moins onéreux :

  • Avant 1999, les lignes de bus étaient « sectionnées ». Un long trajet nécessitait alors plusieurs billets[35]. Par exemple, il fallait trois tickets pour effectuer le trajet entre la basilique de Saint-Denis et la préfecture de Bobigny avec le tramway de la ligne T1.
  • En 1999, face à ces prix jugés dissuasifs, le STIF abandonne le système de « sectionnement » des lignes de bus.
  • En 2007, la création du ticket t+ rend moins onéreux un trajet effectué en bus avec une correspondance, ce qui est souvent le cas en banlieue.
  • À compter du 1er janvier 2009, la liste des lignes à tarification spéciale où s'appliquent des paliers tarifaires (système de « sectionnement ») est réduite à 15 lignes (au lieu de 29)[36],[37].
  • En novembre 2019, le carnet connaît une très forte hausse de 2  portant son prix à 16,90  afin d'inciter les usagers du métro à utiliser la carte Navigo Easy[34], qui est proposée à 2  comme frais de support mais permet encore d'acheter un carnet à 14,90  pour 10 voyages, et préparer à l'arrêt des ventes de tickets en carton.

Fabrication des ticketsModifier

Magnétiques depuis 1969, les billets sont fabriqués depuis plus d'un siècle en Sologne, où sont confectionnés également les titres de transports sans contact. La production pour 2016 avoisine le milliard de tickets[38].

Notes et référencesModifier

  1. Ticket t+, sur ratp.fr, consulté le .
  2. [PDF] Carte du bar des TGV, page 4, en bas de la colonne de droite, sur medias.sncf.com, consulté le .
  3. a b c et d Grégoire Thonnat, « Petite histoire du ticket de métro parisien », pariszigzag.fr, (consulté le 24 avril 2018).
  4. Petite histoire du ticket de métro, sur histoireduticketdemetro.blogspot.fr. Document consulté le 23 septembre 2013.
  5. « Does someone get one of these "Akira" métro ticket print in Paris for kids in 1995 par RATP, green color, to be sale? Thanks », sur http://fr.fanpop.com (consulté le 3 janvier 2019)
  6. « Optile : les sections pénalisent (financièrement) les usagers », sur metro-pole.net, via web.archive.org, article du 3 août 2005 (consulté le 9 mai 2015).
  7. « Décision N°7521 du Conseil d'administration du Stif », sur le site du Stif, (consulté le 1er juillet 2008).
  8. « La ligne de tramway T11 est ouverte ! », sadur.org, (consulté le 24 juillet 2017)
  9. Ticket t+ : Modalités d'utilisation, sur ratp.fr. Consulté le 14 janvier 2013.
  10. selon décision n° 2007/463 du 28 juin 2007 relative aux conditions générales de vente et d'utilisation du ticket t+ du directeur général du syndicat des transports d'Île-de-France (STIF), annexe, paragraphe 2.2, dernier alinéa.
  11. 20 minutes - C'est votre nouveau ticket de métro.
  12. Olivier Razemon, « Métro, circulation : les chiffres qui confirment que Paris est en vacances », transports.blog.lemonde.fr, (consulté le 4 juillet 2016)
  13. Jean-Gabriel Bontinck, « Ile de France: voici le nouveau ticket de métro », sur leparisien.fr, (consulté le 19 octobre 2018).
  14. « Titres et Tarifs - RATP », sur ratp.fr, (consulté le 19 octobre 2018).
  15. Île-de-France Mobilités, « La gamme Navigo s’enrichit de deux nouveaux Passes qui simplifient la vie des voyageurs », sur iledefrance-mobilites.fr, (consulté le 14 juillet 2018).
  16. a et b STIF - Guide tarifaire 2016. Consulté le .
  17. « Décision N°7224 du Conseil d'administration du Stif », sur le site du Stif, (consulté le 1er juillet 2008).
  18. « Décision N°7465 du Conseil d'administration du Stif », sur le site du Stif, (consulté le 1er juillet 2008).
  19. « Décision N°7745 du Conseil d'administration du Stif », sur le site du Stif, (consulté le 1er juillet 2008).
  20. « Décision N°7983 du Conseil d'administration du Stif », sur le site du Stif, (consulté le 1er juillet 2008).
  21. « Décision N°8408 du Conseil d'administration du Stif », sur le site du Stif, (consulté le 1er juillet 2008).
  22. « Décision N°2006/0554 du Conseil d'administration du Stif », sur le site du Stif, (consulté le 1er juillet 2008).
  23. « Décision N°2007/0353 du Conseil d'administration du Stif », sur le site du Stif, (consulté le 1er juillet 2008).
  24. « Décision N°2008/0344 du Conseil d'administration du Stif », sur le site du Stif, (consulté le 1er juillet 2008).
  25. [PDF] « Tarifs des transports publics 2008/2009 », sur le site du Stif, (consulté le 1er juillet 2008).
  26. Tarifs applicables au 01/07/2009 sur le site de la RATP, consulté le1er juillet 2009.
  27. STIF - Conseil du 2 juin 2010 - Évolutions tarifaires (au 1er juillet 2010).
  28. STIF - Conseil du 1er juin 2011 - Évolutions tarifaires (au 1er juillet 2011).
  29. STIF - Conseil du 7 décembre 2011 - Budget 2012.
  30. STIF - Hausse des tarifs pour 2013.
  31. STIF - Guide tarifaire 2014.
  32. STIF - Guide tarifaire 2015.
  33. « Forfaits Navigo et tickets [sous-titre=Tarifs au  » [PDF], sur iledefrance-mobilites.fr (consulté le 20 août 2017).
  34. a et b « Le carnet de tickets de métro va augmenter de 2 euros » [PDF], sur francetvinfo.fr, (consulté le 1er novembre 2019).
  35. « Le sectionnement tarifaire des lignes de bus : OPTILE fait de la résistance », Site MétroPole, (consulté le 1er juillet 2008).
  36. Délibération no 2008/0745 du 2 octobre 2008 du conseil du Syndicat des transports d'Île-de-France, consultée le 17 mars 2009.
  37. « Le ticket t+ en donne encore plus », sur metro-pole.net, via web.archive.org, article du 24 décembre 2008 (consulté le 9 mai 2015).
  38. Grégory Plesse, « La fabrication du ticket de métro, un secret bien gardé », leparisien.fr, (consulté le 30 décembre 2016).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • Grégoire Thonnat, Petite histoire du ticket de métro parisien, éd. SW Télémaque,