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Article général Pour un article plus général, voir Temple de Jérusalem.
Temple de Salomon
Premier Temple de Jérusalem
בית המקדש
Jerusalem temple4.jpg
Présentation
Destination initiale
Centre culturel et spirituel du judaïsme
Sacrifices (korban)
[réf. nécessaire]
Construction
Démolition
Commanditaire
Localisation
Pays
Région
Commune
Coordonnées
Localisation sur la carte d’Israël
voir sur la carte d’Israël
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Le Temple de Salomon (hébreu : מקדש שלמה mikdash Shlomo), également connu comme le premier temple de Jérusalem est selon la Bible hébraïque (I Rois 6-8 & II Chroniques 3-5), un lieu de culte édifié par le roi Salomon sur le mont Moria et détruit lors du siège de Jérusalem par l’armée babylonienne de Nabuchodonosor II. Conçu par le roi pour centraliser le culte du dieu d’Israël, son hégémonie est remise en cause après sa mort et l’ouverture d’un autre sanctuaire à Béthel, dans le royaume schismatique d’Israël. C’est dans ce laps de temps que se produisent la plupart des faits décrits dans les livres prophétiques.

Le compagnonnage et la franc-maçonnerie intègrent dans leurs rituels de nombreuses références au Temple de Salomon : le temple maçonnique en est parfois vu comme une reproduction symbolique.

Sommaire

Dans la BibleModifier

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Avant le TempleModifier

Le premier acte du Roi David en tant que roi d'Israël est de conquérir Jérusalem (alors appelée « Jébus ») et de la déclarer capitale de son royaume. Cette ville (devenue la « Cité de David ») est choisie pour sa « neutralité », étant située à mi-chemin des tribus du Nord et du Sud, dont la Bible fait transparaître la rivalité préexistant au schisme. De plus, selon la tradition israélite, c'est sur l'un des monts l'environnant, le mont Moria, qu'Abraham a offert son fils Isaac en sacrifice à Dieu.

ConstructionModifier

Avant sa mort, le Roi David rassemble du matériel pour la construction du Temple en grande abondance sur le sommet du Mont Moria à Jérusalem (lieu supposé de la ligature d'Isaac), où il a acheté un terrain à Aravna le Jébuséen[1], sur lequel il réalise des sacrifices.

Le roi de Tyr Hiram Ier envoie du bois, des architectes et des maçons à Salomon pour l'aider à la construction du Temple. Il lui envoie notamment un talentueux artisan : Hiram. Cet artisan moule et dresse les deux colonnes Jakin et Boaz avec leur chapiteau (Jakin ou Jachin, la colonne de droite, et Boaz ou Bohaz, celle de gauche) près du vestibule du Temple, et conçoit une mer d'airain (vasque circulaire) de dix coudées (4,5 m) qui repose sur douze bœufs de bronze, des chaudrons et des calices.

DestructionModifier

Jérusalem, avec son Premier Temple, est détruite par Nabuchodonosor II en -586. Une partie de la population est exilée à Babylone. Mais la Babylonie s’effondre sous l’attaque de Cyrus II, fondateur de l’Empire perse, qui libère les prisonniers en -538 et autorise la reconstruction de l'édifice donnant ainsi naissance au Second Temple de Jérusalem.

ArchéologieModifier

Même si aucun vestige archéologique du Premier Temple n'a été retrouvé, la plupart des spécialistes estiment qu'il se situait sur la colline au nord de la ville de David, sur l'emplacement de l'actuel mont du Temple/Esplanade des Mosquées[2]. Cependant l'accès à la zone de son implantation supposée est impossible aux archéologues[3]. Seules les fouilles sur d'autres sites (Megiddo, Ai, Arad, Shechem, Beth-Shean ou Hazor) peuvent permettre d'imaginer ce que pouvait être un temple en ce lieu. Selon David Ussishkin, à l'époque de David et Salomon (Xe siècle av. J.-C.), Jérusalem était une petite ville ou un village qui ne pouvait abriter qu'un temple modeste situé sur le mont Moriah[4]. Il est difficile de savoir à partir de quand le temple a pu être construit, voire reconstruit à partir d'un sanctuaire plus ancien. Le plan du temple, tel qu'il est décrit dans le Premier livre des Rois, peut être rapproché de prototypes de temples syriens du IXe siècle av. J.-C.. Israel Finkelstein suggère donc que le temple a pu être édifié à cette époque, peut-être sous l'influence du royaume d'Israël alors en pleine expansion[5].

Sur trois sites, la forteresse d’Arad, Tel Beer Sheva et Lakish, on a constaté que des lieux de culte en activité à l'âge du fer ont été démantelés. Ce phénomène pourrait correspondre à une centralisation du culte au profit du temple de Jérusalem, volonté proclamée dans la Bible à l'époque des rois Ézéchias et Josias. L'interprétation des données archéologiques concernant ces réformes cultuelles ne sont cependant pas sans ambiguïté et l'idée d'une centralisation effective du culte dans le seul temple de Jérusalem reste débattue[6].

Parmi les ostraca d'Arad, l'ostracon 18 en hébreu mentionne la « maison de Yhwh » (byt yhwh). Cette expression fait peut-être référence au temple de Jérusalem[7], à moins qu'il ne s'agisse du temple local de Yahweh[8]. Un article de la Biblical Archaeology Review paru en 1997[9] relate qu'un autre ostracon « récemment apparu sur le marché des antiquités » et daté de l'âge du fer II « semble être un reçu établi à l’occasion d’un don de trois sicles d’argent au Temple de Yahweh ». Cet ostracon pourrait être une autre référence au temple, mais une étude de 2005 estime qu'il s'agit d'un faux[10].

Une petite grenade en ivoire a aussi été mise en relation avec le temple de Salomon. Cet objet de 44 mm de haut a été repérée sur le marché des antiquités de Jérusalem en juin 1979 par André Lemaire. Sa provenance est inconnue. Elle porte une inscription fragmentaire en hébreu dont seules neuf lettres sont complètes et trois sont partielles. L'inscription en écriture paléo-hébraïque se lit « לבי...ה קדש כהנם (lby...h qdš khnm) » et peut être reconstituée « לבי[ת יהו]ה קדש כהנם (lbyt YHVH qdš khnm) », c’est-à-dire « sacré pour les prêtres de la maison de Yahweh ». Après sa découverte, l'écriture a été datée du VIIIe siècle av. J.-C. par André Lemaire et Nahman Avigad. Elle était considérée comme un objet authentique ayant servi au culte dans le temple de Jérusalem, peut-être pour orner l'extrémité d'un sceptre[7]. Le musée d'Israël l'a acquise en 1988. Des expertises menées par l'autorité des antiquités d'Israël ont cependant conclu en 2004 et 2007 qu'il s'agissait d'un faux. La grenade serait ancienne, probablement de l'âge du bronze récent, mais l'inscription serait un ajout moderne[11],[12],[13]. Ces conclusions restent contestées par André Lemaire[12].

Franc-maçonnerieModifier

L'agencement contemporain des temples maçonniques en France et dans le monde suit peu ou prou la même allégorie: celle du « temple de Salomon » tel que le relate le premier livre des Rois de la Bible (chap.5-6-7)[14] ainsi que le deuxième livre des Chroniques (3 et 4).

Notes et référencesModifier

  1. « Samuel 2, 24, 21 »
  2. (en) Israel Finkelstein et Amihai Mazar, The Quest for the Historical Israel : Debating Archaeology and the History of Early Israel, Brill, p. 128
  3. Vaughn et Killebrew 2003, p. 71.
  4. Vaughn et Killebrew 2003, p. 113.
  5. Vaughn et Killebrew 2003, p. 98.
  6. (en) Nadav Na'aman, « The Debated Historicity of Hezekiah’s Reform in Light of Historical and Archaeological Research », dans Ancient Israel’s History and Historiography : The First Temple Period, Eisenbrauns, p. 274-290.
  7. a et b (en) Nahman Avigad, « The Inscribed Pomegranate from the "House of the Lord" », The Biblical Archaeologist, vol. 53, no 3,‎ p. 157-166.
  8. (en) Lester L. Grabbe, Ancient Israel : what do we know and how do we know it?, Londres et New York, T&T Clark, (ISBN 978-0-567-03254-6) p. 151.
  9. (en) Hershel Shanks, « Three Shekels for the Lord, Ancient Inscription Records Gift to Solomon's Temple », Biblical Archaeology Review,‎ .
  10. (en) Yuval Goren, Miryam Bar-Matthews, Avner Ayalon et Bettina Schilman, « Authenticity Examination of Two Iron Age Ostraca from the Moussaieff Collection », Israel Exploration Journal, vol. 55, no 1,‎ p. 21-34.
  11. (en) Yuval Goren, Shmuel Aḥituv, Avner Ayalon, Miryam Bar-Matthews, Uzi Dahari, Michal Dayagi-Mendels, Aaron Demsky et Nadav Levin, « A Re-examination of the Inscribed Pomegranate from the Israel Museum », Israel Exploration Journal, vol. 55, no 1,‎ .
  12. a et b (en) Shmuel Aḥituv, Aaron Demsky, Yuval Goren et André Lemaire, « The Inscribed Pomegranate from the Israel Museum Examined Again », Israel Exploration Journal, vol. 57, no 1,‎ .
  13. Haim Watzman, « La fausse grenade de Salomon », sur http://www.larecherche.fr (consulté le 15 mai 2015).
  14. Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Le livre de poche, « Temple », p. 850.

BibliographieModifier

Voir aussiModifier