Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Silmarils.
Après les avoir volés aux elfes, Melkor, devenu Morgoth, porte les trois Silmarils sur sa couronne de fer.

Les Silmarils (« éclats de pure lumière »[1] en quenya ; au pluriel Silmarilli) sont des objets issus du légendaire de l'écrivain britannique J. R. R. Tolkien, apparaissant notamment dans Le Silmarillion.

Au nombre de trois, ces joyaux merveilleux sont les objets les plus célèbres et les plus précieux créés par l'elfe Fëanor, un des princes puis le roi des Elfes de race Noldor. Leur vol par Melkor, puis la guerre lancée par les Noldor pour les récupérer, forment la trame principale du Quenta Silmarillion et du Premier Âge de la Terre du Milieu.

Sommaire

Histoire fictionnelleModifier

Création et volModifier

Les Silmarils sont créées dans les temps anciens (au début du Premier Âge) par le Haut-elfe Fëanor, fils aîné de Finwë, le roi des Noldor.

À cette époque, les Noldor vivent en Eldamar, une région des Terres immortelles située à proximité de Valinor, la demeure des Valar dans l'ouest de la Terre du milieu, au-delà de la mer. Instruits par le Vala (singulier de Valar) Aulë, les Noldor deviennent rapidement des maîtres dans l'art de la forge et du façonnage des pierres précieuses. C'est ainsi que Fëanor, le plus doué d'entre eux, crée les Palantírs (les « Pierres de vision ») et les Silmarils, de formidables joyaux.

Les Silmarils sont l'œuvre dont Fëanor est le plus fier. Au nombre de trois, ces gemmes contiennent une lumière semblable à celle de Telperion et Laurelin, les arbres sacrés de Valinor créés par les Valar et dont Fëanor a le pressentiment qu'il faut préserver leur beauté, au cas où leur éclat (qui illumine le monde) viendrait un jour à s'éteindre.

Animés d'une brillance sans pareil, tous admirent la beauté des pierres, ébahis, jusqu'aux Valar eux-mêmes. Par la suite, la Valier[note 1] (féminin de Vala) Varda bénit les joyaux et les sanctifie, les protégeant ainsi de toute souillure. Par ailleurs, le Vala Mandos prophétise que les Silmarils seront liés au destin même d'Arda, ce qui explique en partie le prix et l'importance qu'on leur attache.

« [Les Silmarils] avaient l'apparence du cristal mais étaient plus dur que le diamant, et nulle force du Royaume d'Arda ne pouvait les briser ni même les ternir. Ce cristal était aux Silmarils ce que le corps est aux Enfants d'Ilúvatar, l'enveloppe d'une flamme intérieure contenue dans le cristal, part de sa substance, sa vie même. Fëanor donna à cette flamme les lumières confondues des deux Arbres de Valinor et elle brûle encore en eux bien que les Arbres soient éteints et disparus depuis longtemps[2]. »

— J. R. R. Tolkien, Le Silmarillion

Fier de sa création, mais d'un caractère avare et suspicieux, Fëanor dépose les Silmarils en sureté au sein de son trésor dans sa forteresse de Formenos. Mais ceux-ci sont convoités par Melkor. Le Vala déchu, récemment libéré de sa captivité après ses actes envers les autres Valar, est envieux de Fëanor et de ses créations. Cherchant depuis longtemps à corrompre ce prince des Elfes pour le rallier à lui, le rusé Fëanor s'en méfie.

Devant cet échec, Melkor amène l'araignée géante Ungoliant jusqu'à Valinor et lui parle des deux Arbres. L'araignée s’empresse de les assaillir, les empoisonnant de son venin alors qu'elle aspire leur sève, les tuant dans le même temps. Dans le chaos qui suit la mort de Telperion et Laurelin (le pays d'Aman, étant privé de la lumière des Arbres, sombre dans les ténèbres), les deux comparses se rendent à Formenos où ils tuent le roi Finwë, volent les Silmarils et le trésor de Fëanor et s'enfuient vers la Terre du Milieu. Mais, en chemin, ils se disputent la possession des joyaux. Melkor est alors attaqué par Ungoliant ; il est cependant secouru par ses Balrogs, ceux-ci accourant à son terrible appel.

Emportant avec lui les gemmes en Terre du milieu, Melkor s'enferme dans sa forteresse d'Angband, dans le nord du pays. Là, il sertit les joyaux de Fëanor sur sa couronne de fer, malgré le fait que les pierres (bénies par Varda et protégées de tout mal et de toute souillure) lui brûlent cruellement les mains, car ces joyaux sont pour lui le symbole du titre de roi de la Terre du Milieu, un qualificatif qu'il revendique pour lui-même.

Le Serment de Fëanor et la guerre des joyauxModifier

Après la mort de Telperion et Laurelin, tués par l'araignée Ungoliant, les Silmarils restent alors les seuls dépositaires de la lumière des Arbres.

Les Valar, voulant récupérer les Silmarils pour ramener les Arbres à la vie, rencontrent le refus de Fëanor, car cela aurait entraîné la destruction des pierres. Ce dernier, retournant dans sa forteresse de Formenos pour s'assurer qu'ils sont bien gardés, découvre le vol de ses précieuses gemmes et la mort de son père. Sous le choc de la mort de Finwe, et rendu fou de rage par le vol des Silmarils (souhaitant les avoir pour lui seul), il est pris d'une grande colère lorsqu'il écoute la demande des Valar.

S'insurgeant contre eux, Fëanor leur fait (avec ses sept fils) le serment terrible de pourchasser toute créature d'Arda qui posséderait l'un des joyaux. Puis, quittant Valinor à la tête d'une grande partie des elfes Ñoldor, il s'en va pourchasser Melkor (qu'il renomme Morgoth, le « Noir ennemi du monde ») afin de récupérer les joyaux et venger son père.

Cependant, Fëanor ne peut réaliser sa promesse : à peine est-t-il arrivé en Terre du Milieu qu'il succombe face aux Balrog de Morgoth venus l'attaquer. Mais ses sept fils, toujours liés par leur serment, restent en Terre du milieu et assaillent pendant de nombreuses années la puissante forteresse de Morgoth, Angband, sans succès. Afin de poursuivre leur action, ils fondent chacun un territoire autour de leur ennemi (créant ainsi les royaumes du Beleriand), exerçant une veille vigilante en résistant aux assauts de Morgoth, qui cherche à les détruire. De nombreuses batailles se suivent alors, achevant de saper au fil des siècles la force et la puissance des nobles elfes du peuple Eldar venus de l'ouest.

Cependant, bien des siècles plus tard, l'humain Beren accompagné de l'elfe Lúthien, la fille de Thingol du royaume caché de Doriath en Terre du milieu, parvient à entrer dans Angband et récupère un des Silmarils de la couronne de Morgoth, Lúthien endormant le Vala grâce à son chant. Le joyau est ensuite serti dans le collier des Nains, le Nauglamír, qui sera hérité des années plus tard par Elwing (descendante de Beren et Luthien) qui le donnera à son époux, le marin semi-elfe Eärendil. À cette époque, les Nordor et tous les êtres de la Terre du milieu se terrent dans leurs refuges, se cachant de Morgoth qui les domine en déversant ses forces orques et ses dragons sur la région, s’accaparant irrésistiblement le nord de la Terre du milieu.

Eärendil, inlassable marin, cherche à se rendre en Valinor en tant que messager des deux races (elfes et humains) pour demander l'aide des Valar, malgré le contentieux qui sépare les Valar des elfes depuis des siècles, conséquence du serment de Fëanor et de ses fils. Grâce au Silmaril serti dans le Nauglamír et après un long voyage sur la mer, il réussit cet exploit, arrivant au pays d'Aman à bord de son navire le Vingilot, le Silmaril lui ouvrant la voie de Valinor (la « voie droite ») qui demeure normalement cachée aux mortels.

Accueilli par les Valar, Eärendil leur fait alors part de sa supplique concernant les peuples de la Terre du Milieu. Émus par son récit, les Valar répondent favorablement à sa demande et entrent alors en guerre contre Morgoth. L'armée des Valar converge vers la Terre du milieu et assaille la forteresse de Morgoth dans ce qui sera appelé la guerre de la Grande Colère, qui durera une quarantaine d'années. Après une lutte terrible, Morgoth est vaincu et banni d'Arda, projeté en dehors des Cercles du Monde. Après la guerre, les Valar envoient Eärendil sillonner l’espace à bord du Vingilot, le Silmaril au front, afin d'apporter la lumière de la pierre au peuples d'Arda et ainsi leur redonner espoir.

Les deux Silmarils restants sont repris à Morgoth et confiés à Eönwë, le héraut du Vala Manwë. Mais Maedhros et Maglor, les deux derniers fils survivants de Fëanor, toujours tenus par leur serment, dérobent les joyaux et s'enfuient. Par la suite, ne pouvant plus supporter la souffrance que leur causent les joyaux car n'étant plus dignes de les porter, Maedhros finira par se précipiter dans une crevasse de lave avec son Silmaril tandis que Maglor jettera le sien dans la mer et disparaitra à jamais.

Depuis, un seul Silmaril est encore présent et vole dans le ciel au front d'Eärendil qui, à bord du Vingilot, est devenu une étoile, vénéré par les Elfes.

Il est dit que, après la mort de Maedhros, les trois Silmarils ont ainsi chacun leur place en Arda : l'un dans le ciel, un autre dans les profondeurs marines et le troisième au cœur du monde souterrain.

HéritageModifier

Bien que les deux Silmarils perdus ne soient pas destinés à être retrouvés avant la fin du monde, une partie de leur lumière subsiste néanmoins dans la fiole de Galadriel[réf. nécessaire]. Ce petit flacon de cristal contient en effet une eau étincelante, qui brille comme le reflet de la lumière de l'étoile d'Eärendil. Dans Le Seigneur des anneaux : Les Deux Tours, la fiole est donnée par l'elfe Galadriel au hobbit Frodon lorsque la communauté de l'Anneau quitte la Lothlórien.

Conception et évolutionModifier

Adaptation et héritageModifier

Les récits du « Silmarillion » n'ont pas été adaptés à la télévision, ni au cinéma ou à la radio.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Au féminin, Vala devient Valier.

RéférencesModifier

  1. (en) Christopher Tolkien, The Letters of J.R.R. Tolkien (en), Allen & Unwin, (ISBN 0-04-826005-3)
  2. Le Silmarillion, chap. 7 : « Les Silmarils et l'agitation des Noldor ».

AnnexesModifier