Sahaba

compagnons de Mohammed

Dans l'islam, les sahaba (en arabe : صَحابيّ ج صَحابة / ṣaḥābî pl. ṣaḥāba: compagnon) sont les musulmans de la première génération, qui se sont convertis du vivant de Mahomet et qui ont donc vécu avec lui. Ils furent par la suite tenus pour des autorités en matière de hadith. De ce fait, les musulmans leur attribuent une haute autorité morale.

Le mot sahaba en arabe.

Origine du motModifier

Le mot ṣaḥāba (صَحابة) est le pluriel de saḥābî » (صَحابيّ), qui se traduit par « ami, compagnon ». Le mot s'utilise aussi au féminin, singulier « saḥābiyya » (صَحابيّة), pluriel « saḥābiyyāt » (صَحابِيّات) pour désigner les premières femmes converties.

DéfinitionModifier

 
Mahomet au milieu des sahabah, miniature turque de la fin du XVIe siècle

On définit communément un compagnon comme toute personne ayant rencontré Mahomet, ayant cru en lui et étant décédé avec la foi musulmane. Ceux qui le virent mais n'apportèrent la foi qu'après son départ de ce monde ne rentrent pas dans cette catégorie; ils sont plutôt considérés comme des tabi`in. À l'opposé, un aveugle ou un mineur croyant est considéré comme sahaba.

Les plus célèbres des sahaba sont au nombre d'une centaine, car étant plus proches de Mahomet. Cependant, le nombre total dépasse largement cette approche, et leurs noms et biographies sont répertoriés dans de nombreux ouvrages tels que Kitāb at-Tabāqat al-Kabīr de Ibn Sa'd al-Baghdadi. Certains[Qui ?] affirment qu'ils étaient environ 120 000, tandis que d'autres disent 60 000[1]. Par ailleurs, environ 140 000 sahaba hommes et femmes auraient assisté au dernier sermon du Prophète lors de son pèlerinage d'adieu (Hajj al wida’)[2].

Dans l'islam traditionnel, les sahaba sont considérés comme les transmetteurs dignes de confiance des propos, des gestes et des instructions du prophète de l'islam. Leurs propres gestes et propos sont aussi dignes d'imitation[3]. Les premières tentatives pour définir les sahabah remontent au début du IIe siècle de l'Hégire, avec notamment Boukhari, qui en donne une brève définition au début de son Sahih. Par la suite, le simple fait d'avoir vu Mahomet devient objet de débat pour la définition des sahaba. D'après Ibn al-Athir, la classification des sahabah était courante à l'époque d'Al Wakidi[3]. Le moment de conversion à l'islam était un critère majeur d'appartenance au groupe des sahaba.

Les sahaba ont joué un rôle majeur dans la propagation de l'islam en ce sens qu'ils sont les premiers maillons de la chaîne de transmission des hadiths, des méthodes de lecture du Coran et de la transmission de tout ce qui touchait de la vie première de l'islam. Ainsi, un compagnon transmettait le hadith à un tabi'i, qui n'avait pas eu de contact direct avec le prophète de l'islam, qui transmettait ensuite au tab' tabi'i qui devenait alors le troisième maillon de la chaîne, et ainsi de suite. L'étude de ces chaînes de transmission est laissée à la discrétion des muhaddithūn.

StatutModifier

L'eulogie « Allah en soit satisfait » (arabe : رضي الله عنه, raḍiy Allāhu ‘anhu) est souvent mentionnée après leur nom. La révérence à leur égard de la part des musulmans est évidente du fait de ce hadith où le prophète Mahomet déclare :

« La meilleure partie de mon Umma est mon époque, puis ceux qui viennent après, puis ceux qui viennent après. Puis viendront des gens qui apporteront un témoignage alors qu'il ne leur aura pas été demandé, qui trahiront ce qu'il leur aura été confié et ne seront pas honnêtes, qui feront des vœux qu'ils ne respecteront pas, et qui seront gras" (al-Bukhârî, 3450, Muslim, 2535). »

Tous les sahaba sont considérés comme justes (`udul) avec cependant des degrés différents auprès d'Allah, en fonction de leurs sacrifices pour la cause de l'islam.

Compagnons célèbresModifier

Les compagnons les plus illustres sont Abou Bakr As-Siddiq, Omar ibn al-Khattab, Uthman ben Affan, Ali ibn Abi Talib, Talhah ibn Ubaydullah, Zubayr ibn al-Awwam, Abd ar-Rahman ibn Awf, Sa`d ibn Abi Waqqas, Abu Ubayda ibn al-Jarrah, Said ibn Zayd. Mahomet les appelle communément les dix compagnons promis au paradis (Al-'Achara al-Mubashirûna bi-l-Janna). On peut ajouter au nombre des compagnons les plus illustres Salmân al-Farisi et Bilal ibn Rabah[4].

Notes et référencesModifier

  1. Ismaïl Ibn Kathir, AS-Sîra, éd. Universel, 2007,p.927
  2. Muhammad Hamidullah, Le Prophète de l'Islam, Éditions El Najah, tome 1, p. 251
  3. a et b Miklós Murányi, « Ṣaḥāba » in Encyclopaedia of Islam, Second Edition, Leiden, E. J. Brill, 1995, tome VIII.
  4. « 10 compagnons du prophète promis au paradis » (consulté le 7 janvier 2020)

BibliographieModifier

HagiographieModifier

  • Messaoud Abou Oussama, Les Compagnons du prophète : Les premiers hommes de l'islam, Éditions Tawhid, 2004 (ISBN 2-848-62025-0) 472 p.
  • Fdal Haja, La Vie des saḥābiyāt au temps du Prophète, trad. de l'arabe par B. Hébri, Éditions Universel, 2005 (ISBN 978-2-911-54622-8) 128 p.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier