Sahih al-Bukhari

livre de Mouhammad al-Boukhârî

Le Sahîh d'Al-Bukhârî (en arabe : صحيح البخاري / Ṣaḥīḥ al-Bukhārī) signifie « l'authentique de l'imam Al-Bukhari » et est l'un des six grands recueils de hadiths. Il est considéré par les musulmans sunnites comme le livre le plus fiable après le Coran[1],[2] et comme l'une des trois sources de hadiths les plus authentiques avant le Sahih Muslim et Al-Muwatta de l'imam Malik[3].

Sahîh d'Al-Bukhârî.

C'est une source majeure, sinon la source principale de l'eschatologie et de la jurisprudence islamique. C'est de là que découlent la plupart des règles islamiques populaires, et parfois controversées, comme celle du port du voile.

Le recueilModifier

L'hagiographie de Mahomet a été collectée par Mohammed al-Bukhari (810-870), soit plus de deux siècles après la mort de celui-ci.

Originaire de Boukhara, dans l'actuel Ouzbékistan , il a voyagé à travers l’empire abbasside pendant seize ans pour collecter les hadiths.

Selon ses propres dires, il a recueilli plus de 600 000 hadiths, avant de décider que 593 000 d'entre eux étaient faux.

Il ne garde finalement que 1,17% de ses trouvailles, soit 7 000 hadiths, rassemblés dans le Sahih [4],[5],[6]

En réponse aux doutes exprimés par les académies de l'ouest à propos de l’auteur réel du livre qui porte son nom et de la date effective de sa rédaction, les sunnites argumentent que les érudits les plus réputés de l'époque en matière de hadiths, tels qu’Ahmad Ibn Hanbal (année 855), Ibn Maīn (année 847) et Ibn Madīni (année 848), ont tous admis l'authenticité de son livre[7]. Ainsi, la renommée immédiate des recueils a constitué un argument d’authenticité qui rendait hautement improbable toute contestation après la mort des auteurs.

Au cours de cette longue période de vingt-quatre ans, Bukhari a apporté de légères modifications à son livre, en particulier à ses têtes de chapitre. Chaque version porte le nom de son narrateur. Selon Ibn Hajar al-Asqalani dans son livre Nukat, le nombre de hadiths est le même dans tous les récits (les différentes versions). Celui qui est le plus célèbre aujourd'hui est la version racontée par al-Firabri (année 932 de l’ère chrétienne /année 320 de l’hégire) qui est le disciple préféré de Bukhari. Khatîb al-Baghdâdî dans son livre Târikh Baghdad (Histoire de Bagdad) citait Firabri ainsi : "Il y avait environ soixante-dix mille personnes qui ont entendu Sahih Bukhari en même temps que moi".

Firabri n'est pas le seul témoin de Sahih Bukhari. Il y en a eu beaucoup d'autres qui ont parlé de ce livre aux générations suivantes, tels qu'Ibrahim ibn Ma'qal (année 907), Hammad ibn Shaker (année 923), Burduzi Mansour (mort en l’an 931) et Husain Mahamili (année 941). Il existe de nombreux livres qui ont noté des différences entre toutes les versions, celui de Al-Fath'ul Bâri est le plus célèbre d'entre eux.

ControversesModifier

Le Sahîh d'Al-Bukhârî est rejeté par une partie des musulmans qui ne le considèrent pas comme fiable et/ou remettent parfois des doutes sur son existence historique.

Les musulmans rejetant les hadiths, parfois appelés "coranistes" ou "quran only muslims" en anglais (certains rejetant le terme "coraniste", prétextant qu'ils ne cherche pas à créer de nouvelles sectes au sein de l'Islam, mais uniquement se rapprocher de l'Islam authentique et originel voulu de Dieu)

Dans « Hadith literature, Its Origin, Development and Special Features, Muhammad Zubayr Siddiqi écrit:

« Le hadith relevait de l’obsession pour Boukhari. Il sacrifiait presque tout pour le hadith. Durant l’un de ses voyages, il était tellement à court d’argent qu’il survécu en mangeant des herbes sauvages pendant trois jours. »

Au sujet de l’abstinence, l’auteur continue:

« L’Imam Al Boukhari s’abstenait de tous désirs et tentations mondaines. Parfois, durant sa quête pour la connaissance, il passait son temps à manger de la paille sèche. En général il ne mangeait qu’une ou deux amandes en une journée entière. Un jour, il tomba malade et les médecins lui dirent: « Vos intestins se sont asséchés parce que vous mangez des feuilles sèches. »

C’est là que l’Imam Boukhari répondit aux médecins qu’il mangeait des herbes sèches depuis quarante ans, et que durant quarante ans il n'avait jamais touché à aucun curry. (NDR: plat traditionnel perse) »


Certains musulmans mettent en doute son régime alimentaire (le cerveau a besoin de glucide pour fonctionner) et sa méthode de collection de hadiths, qu'ils considèrent comme invraisemblables et matériellement impossible.

L’Imam Al Boukhari dit avoir recueilli 600 000 hadiths en l’espace de 16 ans, ce qui équivaudrait à quatre hadiths recueillis, vérifiés et mémorisés ou mis sur papier, par heure, ce qui peut poser problème pour trouver un travail pour subvenir à ses besoins.

Les capacités humaines n'autorisant pas un tel exploit, il est aussi difficile d'imaginer l'Imam transportant des dizaines et des dizaines de livres rédigés de sa main lors de ses voyages à travers l'Arabie.

Comme l'imam Al Boukhari a aussi déclaré avoir mémorisé le Coran entièrement, et a malgré tout rapporté des hadiths contradictoires aux enseignements du Coran, les sceptiques des hadiths considèrent que ce n'était pas un personnage fiable.

Le manuscrit originel du Sahîh d'Al-Bukhârî n'ayant jamais été retrouvé, les controverses restent d'actualité.

CommentairesModifier

Plusieurs érudits musulmans ont écrit des commentaires complets sur ce recueil, parmi eux citons:

TraductionsModifier

RéférencesModifier

  1. Muqaddimah Ibn al-Salah, p. 160-9, éditions Dar al-Ma’aarif
  2. (en) The Canonization of Al-Bukhari and Muslim: The Formation and Function of the Sunni Hadith Canon par Jonathan Brown, BRILL, 2007
  3. Mabadi Tadabbur-i-Hadith, Amin Ahsan Islahi
  4. Nombre de hadiths authentiques
  5. The Sciences of the Hadith: Results of Islamic Scholarship, Muslim American Society, October 9, 2003, retrieved May, 2008
  6. « Introduction to Translation of Sahih Bukhari »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 4 septembre 2017)
  7. [1] et [2]

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier