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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Brossard.
Sébastien de Brossard
Description de l'image Sebastien de Brossard.jpg.

Naissance
Dompierre, France
Décès (à 74 ans)
Meaux, France
Activité principale Compositeur français
Style Musique baroque
Famille De Brossard, branche normande

Sébastien de Brossard est un prêtre, théoricien de la musique, compositeur et collectionneur français, né et baptisé le à Dompierre (Orne) et mort le à Meaux (Seine-et-Marne).

BiographieModifier

Fils de Gilles de Brossard et d'Antoinette Le Court (ou Lecomte), Sébastien de Brossard est né le à Dompierre (Orne) et il est baptisé le même jour dans l'église de ce village normand[1]. Il vient d'une famille de gentilshommes verriers de Normandie dont l'origine remonte au XIIIe siècle : la famille de Brossard est en effet issue d'une union entre Charles de Valois (1270-1325), fils du roi de France Philippe III le Hardi, et Hélène de Brossard, fille du grand argentier du roi Herbert de Brossard[2].

Après des études de philosophie et de théologie à Caen, Sébastien de Brossard reçoit la prêtrise, étudie la musique en autodidacte et s'établit à Paris en 1678. Il est nommé vicaire à la cathédrale de Strasbourg, à la suite de l'annexion de la ville par Louis XIV en 1681. Maître de chapelle au service du chapitre cathédral, il fonde également une Académie de Musique (société de concerts et d'enseignement), dans la même ville, en 1687. C'est encore à Strasbourg qu'il se procure la majeure partie de sa bibliothèque musicale, devenue légendaire. Entre autres choses, elle comprend une collection manuscrite de 157 sonates, provenant de Baden-Baden, qui porte le nom de Codex Rost, d'après celui du musicien et copiste Franz Rost (de) (1640 ?-1696), en poste à l'église Saint-Pierre-le-Vieux de Strasbourg. Elle offre parfois l'unique exemplaire d'œuvres de certains compositeurs allemands et italiens du XVIIe siècle.

En décembre 1698, il est nommé maître de chapelle de la cathédrale de Meaux. Chanoine du chapitre depuis 1709, il laisse la maîtrise à un de ses élèves, en 1715. Il meurt le à Meaux et est inhumé en la cathédrale Saint-Étienne de cette ville[3].

ŒuvresModifier

Brossard a écrit un ouvrage sur les termes grecs, latins et italiens dans la musique et le premier Dictionnaire de musique en langue française (1701, rééd. 1703). Il est également l'auteur d'une Histoire de la musique (perdue). En 1724, Brossard offrit sa très riche bibliothèque à Louis XV, en échange d'une pension, et en rédigea le précieux Catalogue.

Ouvrage manuscrit de 393 pages accompagné d'une table alphabétique de 253 pages, ce Catalogue constitue encore aujourd'hui une source inépuisable de renseignements qui, tout d'abord, complète bien souvent nos connaissances sur la production musicale de l'époque (un assez grand nombre de partitions n'existe que dans cette collection). Brossard nous éclaire aussi sur l'esthétique et les théories musicales de son temps, dans les nombreuses annotations qu'il rédige. Le manuscrit est conservé au département de la musique de la Bibliothèque nationale de France. Il a été publié en 1994.

Brossard a en outre écrit plusieurs grands et petits motets, des cantates et il est l'auteur d'une mise en musique des Lamentations du prophète Jérémie (1721). L'imprimeur parisien Christophe Ballard publia de lui six Livres d'airs sérieux et à boire (1691-1698). L'œuvre instrumental de Brossard contient des sonates pour violon et basse continue, des sonates en trio, et des pièces pour orchestre.

L'édition critique de l'œuvre de Sébastien de Brossard est actuellement en cours de publication au Centre de musique baroque de Versailles (http://www.cmbv.fr), collection « Monumentales ». Le catalogue des œuvres de Sébatien de Brossard a été dressé par Jean Duron et également publié par le Centre de musique baroque de Versailles.

Sébastien de Brossard est considéré comme un des pères de la musicologie et comme un des fondateurs du fonds musical de la Bibliothèque nationale de France. Une des salles du site Richelieu porte son nom.

  • Messe de Noël SdB.5 (1700)
  • Stabat Mater SdB.8 (1702)
  • Première leçon de Ténèbres du Mercredi Saint (1696-1697)
  • Première leçon de Ténèbres du Jeudi Saint
  • Première leçons de Ténèbres du Vendredi Saint
  • Deuxième leçon de Ténèbres du Mercredi Saint
  • Deuxième leçon de Ténèbres du Jeudi Saint
  • Deuxième leçon de Ténèbres du Vendredi Saint
  • Troisième leçon de Ténèbres du Mercredi Saint
  • Troisième leçon de Ténèbres du Jeudi Saint
  • Troisième leçon de Ténèbres du Vendredi Saint
  • Angele sancte
  • Retribue servo tuo SdB.4
  • Cantique à Ste Cécile SdB.9
  • Judith, cantate
  • Abraham, Cantate
  • Cantata morale soprano La vanita
  • Leandro, cantate
  • La chutte de Salomon, cantate
  • Les misères humaines, cantate
  • Les trois enfants de la fournaise, cantate
  • Samson et Dalila, cantate
  • Dialogus Poenitentis animae, Oratorio
  • Oratorio sopra L’immacula, Oratorio

DiscographieModifier

  • Cantiques sacrez, Salve Rex Christe, Psallite Superi, Qui non diligit te, O Domine quia refugium, Templa nunc fument, Oratorio seu Dialogus Poenitentis animae cum Deo, Festis lasta sonens, Noemie Rime, soprano, Jean-Paul Fouchécourt, alto et ténor, Ian Honeyman, ténor, Bernard Deletré, basse, Le Parlement de Musique, dir. Martin Gester CD Opus 111 1992.
  • Messe du Vème ton (Messe de Noël) (SdB.5), Stabat Mater (SdB.8), Maitrise de Haute Bretagne, Geoffrey Marshall, orgue, Claire Devilleneuve, violoncelle baroque, dir. Jean-Michel Noël CD M.H.B. 02 1993.
  • Missa quinti toni pour la fête de Noël (SdB.5), Ensemble vocal du Parlement de Musique, direction et orgue Martin Gester CD France Musique collection Tempéraments 1996.
  • Première leçon des morts, Troisième leçon des morts, Quatrième Leçon des morts, pour dessus et hautre-contre, deux violons et basse continue, Sonate en trio pour deux violons et basse continue, Dialogus poenitentis animae com Deo pour dessus et alto, deux violons, basson et orgue obligés, Véronique Gens, dessus, Gérard Lesne, haute-contre et dir. Il Seminario Musicale. CD Virgin veritas 1997.
  • Grands motets, In convertendo Dominus, Miserere mei Deus, Canticum eucharisticum pro pace, solistes, Chœur de chambre Accentus, Ensemble baroque de Limoges, dir. Christophe Coin CD Auvidis Astrée 1997.
  • Missa quinti toni pour la fête de Noël, (SdB.5), Stabat mater, (SdB;8) Retribue servo tue (SdB.4), Les Pages & les Chantres de la Chapelle, Le Mercure galant, dir. Olivier Schneebeli CD Auvidis Astrée 1997.
  • Canticum primum, Canticum secundum, Canticum quartum, Canticum quintum, Isabelle Desrochers, soprano, Frédéric Désenclos, orgue CD Auvidis Astrée 1998.
  • Oratorio Sopra l'immaculata Conceptione Della B. Vergine (SdB.56), Sonata 2da (ut majeur) (SdB.224), Cantate Leandro (SdB.77), Dialogus Poenitentis Animae cum Deo (SdB.55), Ensemble La Rêveuse, dir. Benjamin Perrot / Florence Bolton, Emmanuel Mandrin, orgue, Bertrand Cuiller, clavecin CD Mirare 2011.
  • Sonate en trio en mi mineur (SdB.220), Sonate en trio en la mineur (SdB.223), Stabat mater (SdB.8), La Nuova Musica, dir. David Bates CD HMU 807659 Harmonia Mundi USA 2016.
  • Silentium dormi (SdB.52), Ensemble Sébastien de Brossard, dir. Fabien Armangaud CD ENP 001 Enphases 2017.
  • Miserere mei Deus, Stabat mater, Ave verum corpus, Les Arts Florissants, dir. Paul Agnew CD Harmonia Mundi 2018.
  • Sonate en trio in A minor, Sonate in C major, Sonate in D major, Ensemble Diderot CD Audax Records 2019. Diapason d’or, Choc Classica.

HommageModifier

Il existe une « Rue Sébastien de Brossard » à Meaux (Seine-et-Marne). Il existe également une « Impasse Sébastien de Brossard » à Domfront (Orne).

Notes et référencesModifier

  1. L'acte de baptême, aujourd'hui disparu (les registres de baptêmes de Dompierre conservés aux Archives départementales de l'Orne ne commencent qu'en 1674), était rédigé de la façon suivante : Sébastien de Brossard fils de Gilles et de Anthoinette Le Court fut baptisé et nommé par Sébastien de Bodinet et Catherine Le Court le 12 septembre 1655 (d'après Yolande de Brossard dans Sébastien de Brossard : théoricien et compositeur, encyclopédiste et maître de chapelle, 1655-1730, Picard, 1987).
  2. François Alexandre Aubert de la Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la Noblesse : contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, 1771, Volume 3, page 266.
  3. Le registre des actes de sépulture de cette époque de la cathédrale de Meaux est introuvable. Toutefois, une plaque aujourd'hui disparue qui se trouvait dans la cathédrale portait l'inscription suivante : Ci-gît Sébastien de Brossard, prêtre du diocèse du Mans, chanoine de cette Église, décédé le 10 août 1730 (d'après le Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, numéro 617).

BibliographieModifier

Œuvres et catalogues de BrossardModifier

  • Sébastien de Brossard, Catalogue des livres de musique théorique et pratique [...] qui sont dans le cabinet du sieur Sébastien de Brossard, Manuscrit, 1724. Paris BNF (Mus) : Rés Vm8 20 et copie en Rés Vm8 21.
  • Sébastien de Brossard, [Notes pour un Dictionnaire historique de la musique et des musiciens]. Manuscrit autographe, [c. 1717], 11 vol 8° obl. Paris BNF (Mss.) : NAL 519 à 530. Cf. Duron 1995 n° 284.
  • Yolande de Brossard, La collection Sébastien de Brossard 1655-1730 : catalogue. Paris : Bibliothèque nationale de France, 1994, XXV-539 pages, (ISBN 9782717718331) (édition du Catalogue ci-dessus).
  • Jean Duron, L’Œuvre de Sébastien de Brossard (1655-1730), catalogue thématique. Paris : Klincksieck : Paris : CMBV, 1996, 560 p. (ISBN 2-252-03039-9)

Biographie et étudesModifier

  • Xavier Bisaro, « Le chanoine au village : Sébastien de Brossard et le Processionnal à l'usage des paroisses du diocèse de Meaux (1724) », Musiques en liberté entre la cour et les provinces au temps des Bourbons : volume publié en hommage à Jean Duron, éd. Bernard Dompnier, Catherine Massip et Solveig Serre (Paris : École des Chartes, 2018), p. 199-211.
  • Bernard Dompnier, « Les motets et le culte : réflexions sur le catalogue des œuvres de Sébastien de Brossard », Musiques en liberté entre la cour et les provinces au temps des Bourbons : volume publié en hommage à Jean Duron, éd. Bernard Dompnier, Catherine Massip et Solveig Serre (Paris : École des Chartes, 2018), p. 35-46.
  • Jean Duron (éd.), Sébastien de Brossard à Versailles. Arles : Actes Sud, 1995, 140 p.
  • Jean Duron (éd.), Sébastien de Brossard musicien [Actes du Colloque Sébastien de Brossard, Royaumont et Versailles, juin 1995]. Paris et Versailles : 1998.
  • Laurent Guillo, « La bibliothèque de musique des Ballard d’après l’inventaire de 1750 et les notes de Sébastien de Brossard », Revue de musicologie 90/2 (2004) p. 283-345 et 91/1 (2005) p. 195-232.
  • Yavor Konov, Sébastien de Brossard et son Dictionnairе de musique (Sofia, Bulgarie: Société Musicale “Vassil Stéphanoff”, 2003, 132 p.)
  • Yavor Konov, Héritage lexicographique, historiographique & bibliographique de Sébastien de Brossard (1655–1730) – prêtre, musicien & érudit (Sofia, Bulgarie: Société Musicale “Vassil Stéphanoff”, 2008, 464 p.), (ISBN 978-954-9425-05-5)
  • Sébastien de Brossard, Dictionnaire de musique (2, 1705). Traduction et commentaires Yavor Konov (Sofia, Bulgarie: Niba Consult, 2010, 656 p.)
  • Panov, Alexei and Ivan Rosanoff, « Sébastien de Brossard’s Dictionnaire of 1701 : a comparative analysis of the complete copy », Early music 43/3 (2015), p. 417-430.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier