Rustiques

commune française du département de l'Aude

Rustiques
Rustiques
Mairie du village.
Blason de Rustiques
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Aude
Arrondissement Carcassonne
Intercommunalité Carcassonne Agglo
Maire
Mandat
Henri Ruffel
2020-2026
Code postal 11800
Code commune 11330
Démographie
Gentilé Rustiquois
Population
municipale
507 hab. (2017 en augmentation de 1 % par rapport à 2012)
Densité 78 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 13′ 01″ nord, 2° 28′ 26″ est
Altitude Min. 90 m
Max. 161 m
Superficie 6,47 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Carcassonne
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton du Haut-Minervois
Législatives Première circonscription
Localisation
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Liens
Site web www.rustiques.fr

Rustiques est une commune française, située dans le département de l'Aude en région Occitanie.

Ses habitants sont appelés les Rustiquois et Rustiquoises

C'est le seul village français portant ce nom.

GéographieModifier

La commune est située dans l'aire urbaine de Carcassonne.se trouve à 10 km à l'est de Carcassonne, ville classée par deux fois au patrimoine mondial de l’UNESCO pour la Cité Médiévale et le canal du Midi.

La commune de Trèbes (6 000 habitants) se trouve à peine à 1,5 km. Cette ville dispose de tous les commerces de proximité (grandes surfaces, commerces, pôles médicaux, pharmacie, collège d’enseignement secondaire).

Limites :

-au nord : Laure- Minervois

-à l'est: Badens

-au sud et à l'ouest : Trèbes

La commune est traversée par la départementale 206.

Superficie : 657 hectares.

Altitude moyenne: 120 m avec le point culminant à 160 m.

Communes limitrophesModifier

Communes limitrophes de Rustiques[1]
Laure-Minervois
  Badens
Trèbes

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Selon la terminologie définie par l'Insee et le zonage publié en 2020, Rustiques est une commune rurale, car elle n'appartient à aucune unité urbaine[Note 1],[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carcassonne, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 115 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[4],[5].

HistoireModifier

HéraldiqueModifier

Grâce aux nombreuses recherches du passionné Jean Nicloux on connaît une partie importante de l'histoire du village.

- Attestation de la présence humaine dès le Néolithique avec la découverte de deux abris de chasseurs et de matériel varié (pointe de flèche, haches polies).

- À partir du Ier siècle av. J.-C., arrivée des Volques-Tectosages qui se sédentarisent et s'installent sur la rive droite du ruisseau de la Chapelle, ils vivent d'agriculture.

- La conquête romaine, dès va romaniser le site avec l'implantation de vétérans : c'est la formation de « villae rustica » ensemble agricole avec maison. On recense les traces de neuf sites avec de nombreux témoignages de cette occupation : pierres, tegulae (tuile plate), imbrices (tuile1/2 ronde), poteries, clous...

- Entre le Ve et le VIIIe siècle, le climat d'insécurité provoqué par les invasions barbares (Wisigoths, Sarrasins, Francs) pousse la population à se regrouper et à choisir un site en hauteur pour pouvoir surveiller les éventuels assaillants. C'est la naissance du Castellum ou Castrum avec la construction d'une tour, de la maison du seigneur et autour les habitations, le tout ceint d'une enceinte percée de deux portes et de meurtrières. Certaines pierres des villae vont servir pour la construction de ce nouveau site qui est sous la férule d'un seigneur.

Dès 1063, un acte atteste de la présence d'un tel castellum à Rustiques. Il est à noter que le château est encore habité bien qu’ayant subi des modifications au cours des siècles.

- En 1180, construction, à l'ouest des fortifications, d'une église dédiée à saint Martin et d'une commanderie dirigée, dans un premier temps, par les Templiers puis par les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dépendant dans un premier temps de commanderie d'Homps puis de celle de Grezan (Hérault). Cet édifice avait pour but de soigner les malades et en particulier les lépreux.

Sur le mur extérieur sud de l'église on trouve deux enfeus (niches funéraires) qui servirent de sépulture aux commandeurs qui dirigeaient l'établissement (cas unique en France).

- La croisade des Albigeois, si dévastatrice dans notre région, n'a pas eu d'impact notoire sur le village si ce qu'en 1209 Simon de Montfort désigne la famille de Bruyère responsable du fief de Rustiques. Il est probable que cette famille venait du Nord de la France et a bénéficié de ce legs pour avoir participé à la reconquête des terres des Albigeois (pratique habituelle de Simon de Montfort). De nos jours, les descendants sont toujours présents et occupent le château.

- En 1629, le village eut à souffrir de l'épidémie de peste comme en témoigne la découverte d'un charnier face à l'église.

- La Révolution de 1789 n'a pas affecté la communauté, comme l'atteste un document qui précise que la châtelaine Marie Christine de Lasset, ses enfants et son père ne furent pas inquiétés, au contraire les paysans les défendirent contre des révolutionnaires venus de Carcassonne.

Jusqu'au XIXe siècle, la vie se continue rythmée par l'agriculture mais les habitants restent à l'abri des remparts gages de sécurité contre l'insécurité ambiante. Le pouvoir politique autorise même la création d'une milice bourgeoise pour se garantir des brigands.

Vers la fin du XIXe siècle, on assiste à une ouverture du village vers l'extérieur car la viticulture a pris une grande place et il faut écouler les récoltes. Des constructions se créent en dehors des remparts en particulier l'école, la tour de l'horloge, la mairie, le presbytère, des maisons particulières, des chais.

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale , malgré l'occupation allemande, en , 550 engagés volontaires (résistants, corps francs, FFI et maquisards) venus pour une bonne partie du Minervois se rassemblent dans les châteaux de Septsérous, Canet et Rustiques (centre d'enregistrement) et forment la seule unité française de volontaires : le Bataillon Minervois sous l'autorité du commandant Henri Bousquet et du capitaine René Piquemal. Ce bataillon va s'illustrer lors de la libération de Colmar, de Mulhouse puis de la prise de Rastat. Il contribue à l'ouverture de la route pour les chars de la 2° DB du général Leclerc en route vers Berlin.

Étymologie

Vient du latin Rusticus (rustique, rural) probablement le nom d'un domaine romain « villae rustica » Ce nom évolue au cours des âges : en 908 on le trouve transformé en Rustuvilla, en 1063 il devient Rusticas, il change encore en 1207 pour devenir Rusticanum. À l'époque moderne il prend la forme définitive Rustiques.

Son blasonnement est : D'argent à la lettre R capitale d'azur.

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2017 En cours Henri Ruffel Divers gauche  
1989 2017 Charles Mourlan PS  
1977 1989 Jean Greffier PS  
1968 1977 Francis Mourlan PS  
1956 1968 Paul Ilhe    

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[7].

En 2017, la commune comptait 507 habitants[Note 3], en augmentation de 1 % par rapport à 2012 (Aude : +2,19 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
150263195181222227241209210
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
200202213204240313280264281
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
276301274321294357310269256
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
243229214231301305418486509
2017 - - - - - - - -
507--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Après la Révolution Française, le village s’ouvre et développe sa population. Au XXe siècle les variations de population sont tributaires des crises viticoles et des guerres mondiales. L’apport de travailleurs étrangers, souvent venus d’Italie et d’Espagne, a été important. En 30 ans, Rustiques a plus que doublé sa population, passant de 230 à 500 habitants. Avec la construction de 8 petits lotissements de petite taille (le plus grand est de 19 lots), le village viticole de 1975 avec ses 214 habitants - où 80 % de la population travaillait au village (le plus souvent dans l’agriculture) - s’est transformé. Cet habitat résidentiel se trouve au nord du village et ne se voit pas en traversant le village : le centre historique a été préservé, ainsi que les vues aux deux entrées, ce qui contribue à conserver l’identité villageoise et agricole du village.

ÉconomieModifier

Lieux et monumentsModifier

Culture

Inauguré en 2001, le musée de Rustiques porte le nom de son fondateur Jean Nicloux.

Il rassemble tous les vestiges archéologiques trouvés sur le territoire par Jean Nicloux sur 9 sites gallo-romains, chaque vitrine étant consacrée à un site. Ils témoignent de l'ancienneté de l'occupation du terroir de Rustiques : poterie sigillée provenant de villas gallo-romaines, éléments d'amphores, enduits peints, monnaies et bijoux, éléments de pavage et de construction, intaille, etc.

Le musée de Rustiques est la mémoire du village, avec des documents sur l’église, la Commanderie, le Tombeau des Commandeurs, le Château et sur l'évolution du village au cours des siècles.

600 visiteurs ont visité le musée en 2014, autant en 2015.

Une partie est consacrée au Bataillon Minervois.

Au musée Jean Nicloux, la vitrine du Bataillon Minervois a été inaugurée en 2015, mettant en valeur l'épopée de ces "Engagés Volontaires". Elle rassemble des textes, des photos, des objets offerts par les membres, les enfants et les sympathisants de ce Bataillon.

Un circuit balisé permet aux visiteurs de découvrir l'histoire du village. Des visites sont organisées, à la demande, par un guide en diverses langues.

Hébergement

Camping La Commanderie sur un terrain arboré avec piscine et restauration.

Chambres d'hôtes au château de Canet et dans le village.

Pour approfondirModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Une commune rurale est une commune n'appartenant pas à une unité urbaine. Les autres communes sont dites urbaines.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. Carte IGN sous Géoportail
  2. « Base des unités urbaines 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 7 novembre 2020)
  3. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 7 novembre 2020)
  4. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 7 novembre 2020)
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc, Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 7 novembre 2020)
  6. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.