Ouvrir le menu principal

Prophètes de l'islam

Arabic albayancalligraphy.svg Cette page contient des caractères arabes. Testez votre navigateur afin de vérifier qu'ils s'affichent correctement. En cas de problème, consultez la page d'aide à l'affichage des caractères Unicode.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Prophète (homonymie) et Prophète de l'islam.

Dans l'islam, les prophètes (ou nabi ; Arabe : نبی, nabī ; Hébreu : נביא, nâbîy ; Grec : προφήτης, prophētēs) sont des hommes chargés de transmettre le message de l'unicité divine et d'un monothéisme adamique pur. Le premier des prophètes de l'islam est chronologiquement Adam, et le dernier est Mahomet, d'où son titre de « sceau des prophètes » (Sourate XXXIII, verset 40).

Adam et quatre prophètes, manuscrit islamique, XVIIe siècle, Metropolitan Museum

L'islam a intégré les prophètes bibliques ainsi que d'autres personnalités comme Alexandre le Grand[1]. Néanmoins, la prophétologie coranique se distingue de la prophétologie biblique et a été influencé par des mouvements comme le manichéisme.

Les prophètes possèdent une place importante pour l'islam, place qui évolue avec le temps. Le dogme de l'impeccabilité des prophètes, ceux-ci étant sensé ne jamais avoir péché, se développe ainsi à partir du IXe siècle, en contradiction avec le texte coranique même.

Prophétologie musulmaneModifier

Le concept de prophète est important pour l'islam. Dans la shahada, si l'unicité de Dieu est première, la croyance du statut prophétique de Mahomet suit immédiatement. A plusieurs reprises dans la Coran, les prophètes sont désignés comme faisant partie des objets de foi[2]. Néanmoins, l'archéologie permet de nuancer historique une approche trop essentialiste. Ainsi, les plus anciennes inscriptions sur stèles funéraires montrent que la première shahada ne contenait que la première partie. La mise en avant de l'aspect prophétique de Mahomet a permis au pouvoir de se différencier des populations soumises au pouvoir musulman. Les premières sources non-arabe contemporaine des débuts de l'islam montrent que Mahomet n'est encore considéré que comme un chef de guerre[2].

Le Coran propose une histoire construite sur le principe qu'Adam aurait possédé l'intégralité du message divin mais que celui-ci se serait dégradé au fur et à mesure des générations. Ces dégradations ont été accompagnées de reprise par les prophètes appelant un retour au monothéisme originel. Ce schéma est devenu systématique chez les hérésiographes[2].

Prophétologie coranique - prophétologie bibliqueModifier

La prophétologie musulmane est à distinguer de la prophétologie biblique. En effet, si la Bible met en garde contre la multiplication des prophètes, pour l'islam, tout personnage ayant joué un rôle important dans l'histoire coranique est considéré comme un prophète. Ce principe rapproche l'islam du manichéisme. Une autre point commun est la notion de "sceau de la prophétie", qui est attribué par l'islam à Mahomet et par le manichéisme à Mani[2].

À la différence des prophètes bibliques, les prophètes coraniques ne prédisent pas l'avenir. Pour Mahomet, les prophéties qui lui sont parfois attribuées, à l'exception de la victoire finale de l'islam, sont des "rattachements a posteriori d'événements à des formules vagues". La prophétie coranique est avant tout la seule transmission d'une révélation[2].

Pour Dye, "On a souvent affaire, dans le Coran, à la même histoire qui se répète : 1) envoi d’un prophète ou d’un messager, qui appelle un peuple à reconnaître le dieu unique, 2) incrédulité du peuple, 3) punition divine, qui anéantit le peuple. [...]. Il semble que la présentation de ces histoires soit adaptée à l’image qui veut être donnée de la carrière prophétique de Muḥammad."[3]

La rédaction du Coran, parfois peu précise sur les récits concernant les prophète "constitue naturellement un argument ex silentio en faveur de la notoriété de l’histoire biblique de Jonas auprès de l’auditoire des révélations coraniques." Cela montre l'importation des récits bibliques, juifs et chrétiens, dans le contexte de naissance du Coran. Cette influence directe se retrouve aussi bien dans les récits que dans certains détails[4]. Ainsi, le récit coranique d'Ibrahim est à l'intersection de plusieurs sources. L'influence biblique est plutôt indirecte et se retrouve par l'influence de textes midrashiques ou intertestamentaires. De même, les traditions anciennes font référence au Testament d'Abraham, à l'Apocalypse d'Abraham, au Livre des Jubilés[5].

Distinction entre Messager et ProphèteModifier

Article détaillé : Messagers de l'islam.

L'islam est une religion qui s'inscrit dans un modèle d'histoire "d’annonces successives transmises par des prophètes à des peuples qui restent globalement sourds à l’invitation qui leur est faite de reconnaître leur Seigneur et de se laisser guider par Lui"[6]. Le premier terme utilisé pour les désigner Nabî est un emprunt à l’araméen et désigne un prophète. Le second terme est celui de Rasul, "messager"[6]. Une distinction peut être faite entre le nabî qui a pour mission de proclamer un message divin et le rasûl qui apporte une législation[2]. Cette polarisation dans les rôles des prophètes existe déjà dans le monde chrétien. Pour Chéno, "une piste pourrait s’ouvrir si on voulait rapprocher l’arabe nabî et rasûl du grec chrétien correspondant, prophètès et apostolos"[7],[8]

Signes de la prophétieModifier

À l'époque de Mahomet, d'autres orateurs prêchaient un enseignement (souvent proche de celui du Coran). L'islam les considére comme des faux prophètes et a créé des critères permettant de distinguer un vrai d'un faux prophète. Certains signe font consensus, comme l'état d'absence, état pendant lequel le prophète semble endormi, étant absorber par le divin. D'autres signes comme l’impeccabilité, l'ascendance noble, les miracles sont rajoutés[2]...

Les traditions populaires ont rajouté d'autres signes. Certains annoncent la naissance du prophète tandis que d'autres permettent de le reconnaître. Ainsi, Mahomet est sensé porter une marque physique sur les épaules[2]. Pour al-Ashari, le prophètes est un homme comme les autres, n'est ni une femme (en raison, pour cet auteur, d'une intelligence moindre que celle d'un homme), ni un esclave. Il ne peut avoir une infirmité[2].

La notion de "sceau des prophètes"Modifier

L'expression "sceau des prophètes" est utilisée une fois dans le Coran pour désigner Mahomet en réaction envers ceux qui critiquaient le fait qu'il n'ait pas de descendance. Ce terme peut signifier à la fois l'idée de clôture mais aussi celui de "confirmation d'identité", déjà présente dans une expression évangélique proche (Jean 6.27)[9].

 
Inscription en style coufique Muḥammad messager d'Allah relative à Mahomet, gravée sur le fût d'une colonne de la Grande Mosquée de Kairouan.

Cette expression apparaît en premier chez Tertullien (apr. 220) pour désigner Jésus et annoncer que sa venue clôt la lignée prophétique, non pas comme étant le dernier prophète mais comme étant celui vers qui dirige tous les prophètes de l'Ancien Testament. Pour lui, Jean-Baptiste est le dernier prophète. A l'inverse, pour l'islam, le terme appliqué à Mahomet signifie qu'il est le dernier prophète[9].

Ce sens est lié à une influence du manichéisme, Mani se déclarant "sceau des prophètes". Il déclarait que son enseignement était le dernier éclairage sur le christianisme, le zoroastrisme et proposait d'en corriger les erreurs... Ce mouvement est aussi le premier à developer l'idée de falsification des écritures, dans la forme qui sera diffusée par l'islam[9].

Pour Gilliot, l'expression "sceau des prophètes" n'avait pas le sens de dernier prophète pour le premier islam mais celui de "témoins des prophètes". Cette notion pourrait provenir du christianisme ou du judéo-christianisme. En effet, il était admis que la capacité prophétique pouvait être héréditaire. Les traditions anciennes évoquent la possible transmission prophétique au fils de Mahomet (si celui-ci n'était pas mort) ou à son fils adoptif. Pour l'auteur, la nouvelle interprétation a prévalu pour des raisons théologiques et a été à l'origine de modifications des principes de l'adoption ou, même, du texte coranique[10].

Les commentateurs musulmans mystiques ont apporté quelques nuances. Pour eux, si Mahomet a obtenue l'intégralité de la Prophétie, elle ne s'est pourtant pas éteinte avec lui[9].

Dogme de l'impeccabilité des prophètesModifier

Article détaillé : Infaillibilité (Islam).

Pour Olivier Hanne, « Les quatorze siècles de l’islam ont construit autour de lui une doctrine cohérente que l’historien perce difficilement. »[11]. La vie de Mahomet racontée par les traditions est donc « une image idéalisée du Prophète à travers le regard des musulmans des VIIIe – Xe siècles »[11].

C'est ainsi, par exemple, que se met en place la doctrine de l’impeccabilité de Mahomet et des prophètes, absente des premières générations de musulmans et contraire, pour ceux-ci, à la formule coranique disant que Mahomet est un « homme comme les autres ». Les écrits plus anciens associent à certains prophètes des « fautes graves »[12]. De même, le Coran évoque des fautes commises par plusieurs prophètes, dont Adam, Moïse, David et Mahomet, lui-même[13]. Cette mise en place a impliqué de « négliger les textes litigieux » et de s'estimer « libre dans l'interprétation »[12].

Le Coran ne donc défend en rien le dogme de l'impeccabilité des Prophètes. La Sunna, elle-même, n'en contient que quelques traces[13]. Cette doctrine est énoncée, pour la première fois clairement, par Ibn Hanbal (855)[12]. Ce dogme entraînera des conflits d’interprétation lorsque la vieille exégèse (y compris dans les écrits attribués à Mahomet) heurtait ce principe d’impeccabilité[14].

Cette notion aurait été importée dans l'islam par le biais de l'islam chiite, à partir de l'influences des croyances orientales et a connue dans la pensée sunnite des évolutions et une mise en place longue[15]. La définition de ce dogme pour l'islam sunnite se construit en réaction à la doctrine de l'impeccabilité appliquée par les chiites aux Imams et, probablement aussi, par comparaison avec le statut de Jésus chez les chrétiens. Hormis certaines positions modernes, c'est l'avis d'Ibn Taymiyya (1328) qui est, aujourd'hui, le plus suivi[12].

Critique de l'idée de prophèteModifier

La place centrale des prophètes pour l'islam a été la cause de critiques sur le concept même de prophète. Entre le IIe et le IV siècle, un certain nombre de penseurs, considérés comme hérétiques, ont défendu qu'un prophète était sa propre justification, que conforme à la raison, il serait inutile et que contraire à celle-ci, il serait nuisible. Un des principaux tenants de cette thèse est Ibn al-Muqaffa. Celui-ci a écrit un pastiche du Coran et défendait que la lecture de son ouvrage (suffisamment longue pour créer une habituation) le rendrait au niveau du Coran, réputé inimitable par les musulmans[2]. De son côté, al-Nazzam considère que la perfection coranique ne vaut que pour un arabophone. Enfin, al-Razzi considère que le prophétisme est contraire à l'idée d'égalité des hommes et étudie l'aspect psychologique du Coran. Celui-ci le considére comme un "enfonceur du cerveau". Ce courant disparaitra au Xe siècle avec la canonisation du dogme de l'inimitabilité du Coran[2].

Une réponse a été apporté par la falsafa. Al-Farabi a intégré le prophétisme dans sa doctrine générale. Celle-ci sera reprise par Avicenne puis al-Ghazali[2].

Liste des prophètesModifier

Le Coran cite plusieurs séries de messagers (rasoul) et de prophètes (nabî), certains sont connus de la Bible comme patriarches et non comme prophètes. Dans les sourates XXI (Les prophètes[16]), IV (Les femmes[17]), et III (ʿImran[18]) un certain nombre sont cités dans une liste de « justes »[19]. Il y a aussi les prophètes inconnus de la Bible[20]. Selon Tabari, il y a eu 124 000 prophètes et 313 ont été rasûl[20].

Adam[21]
آدم, ādam
Énoch[22]
إدريس, idrīs
Idrîs
Noé[23]
نوح, nūḥ
Nuh
Abraham[24]
إبراهيم, ibrāhīm
Ibrâhîm
Ismaël[25]
إسماعيل, ismāʿīl
Ismâʿîl
Loth[26]
لوط, lūṭ
Lût
Isaac[27]
إسحاق, isḥāq
Ishâq
Jacob[25]
يعقوب, yaʿqūb
Yaʿqûb
(surnommé Israël)
Joseph[28]
يوسف, yūsuf
Yûsuf
(fils de Jacob)
Shelah[29]
prophète des Thamud
صالح, ṣāliḥ
Eber[30]
prophète des ʿAd
هود, hūd
Hûd
(dénommé Abir)
Aaron[25]
هارون, hārūn
Hârûn
Moïse[31]
مُوسَى, mūsā
Mûsâ
Jethro[32]
prophète des Madian
شُعَيْب, šuʿayb,
Chuʿayb
Job[25]
أَيّوب, ayyūb
Ayyûb
Jonas[33]
يونس, yūnas
Yûnas
David[25]
داوود, dāwūd
Dâwûd
Salomon[25]
سُلَيْمان, sulaymān
Sulaymân
Élie[34]
إِلْيَاس, ilyās
Ilyâs
Ézéchiel[22]
ذَو الكِفْل, ḏū'l-kifl
Dhû'l-Kifl
Zacharie[35]
زَكَرِيَّا, zakarīyā
Jean le Baptiste[36]
يحْيى, yaḥyā
Yahyâ
Jésus[37]
عِيسى, ʿīsā
ʿIsâ
Mahomet
محمد (صلى الله عليه وسلم)

Notes et référencesModifier

  1. Aboubakr Chraïbi, "Cinq super-héros de l’islam ou le rêve de science et d’éternité" Diogène 2017/1 (n° 257), p 67-88
  2. a b c d e f g h i j k et l "Prophétes, prophétologie" dans Dictionnaire du Coran, 2007, Paris, p. 704 et suiv.
  3. Dye G., "The Qur'an Seminar Commentary - A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages", QS 14 Q 11:25–99
  4. Ida Zilio-Grandi, « Jonas, un prophète biblique dans l’islam », Revue de l’histoire des religions, no 3,‎ , p. 283–318 (ISSN 0035-1423, lire en ligne, consulté le 6 novembre 2019)
  5. Lory P., "Abraham" dans Dictionnaire du Coran, 2007, Paris, p. 9-14.
  6. a et b François Déroche, "Chapitre III - L’enseignement du Coran", dans Le Coran (2017), p. 46 -68.
  7. Rémi Chéno, "Prophétie biblique et prophétie coranique" dans Nouvelle revue théologique 2010/3 (Tome 132), p. 434-447.
  8. Glen Bowersock, « Les anges païens de l’Antiquité tardive. Conférence Michonis », La lettre du Collège de France, no 38,‎ , p. 44 (ISSN 1628-2329, DOI 10.4000/lettre-cdf.1856, lire en ligne, consulté le 12 septembre 2019)
  9. a b c et d "sceau des prophètes" dans Dictionnaire du Coran, 2007, Paris, p.795-796.
  10. Gilliot Cl., "Nochmals: Hieß der Prophet Muḥammad?" dans Gross M., Ohlig K.H., Die Entstehung einer Weltreligion II, Inârah, 6, 2011, p.53-95.
  11. a et b Hanne O. Mahomet, une biographie à plusieurs lectures, Moyen-Orient, 2014, p. 86-91.
  12. a b c et d Urvoy M.-T., Impeccabilité, dans Dictionnaire du Coran, 2007, Paris, p. 416-417.
  13. a et b Pisani E., "Les lectures nouvelles du Coran et leurs implications théologiques - À propos de quelques livres récents", Revue d'éthique et de théologie morale 2009/1 (no 253), p. 29 à 50
  14. Mohammed Hocine Benkheira, « Histoire et anthropologie du droit musulman », Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses. Résumé des conférences et travaux, no 119,‎ , p. 101–102 (ISSN 0183-7478, lire en ligne, consulté le 6 novembre 2019)
  15. Nadjet Zouggar, « L’impeccabilité du Prophète Muḥammad dans le credo sunnite. D’al-Ašʿarī (m. 324/935) à Ibn Taymiyya (m. 728/1328) », Bulletin d’études orientales, no Tome LX,‎ , p. 73–89 (ISSN 0253-1623, DOI 10.4000/beo.296, lire en ligne, consulté le 15 juin 2019)
  16. Le Coran, « Les Prophètes », XXI, (ar) الأنبياء
  17. Le Coran, « Les Femmes », IV, (ar) النساء
  18. Le Coran, « La Famille d’Imran », III, (ar) آل عمران
  19. Les justes, en arabe : aṣ-ṣāliḥīn الصَّالِحِين
  20. a et b Malek Chebel, Dictionnaire des symboles musulmans, Editions Albin Michel, p. 352
  21. Le Coran, « La Famille d’Imran », III, 33, (ar) آل عمران
  22. a et b Le Coran, « Les Prophètes », XXI, 85, (ar) الأنبياء
  23. Le Coran, « El-Araf », VII, 61, (ar) الأعراف
  24. Le Coran, « Marie », XIX, 41, (ar) مريم
  25. a b c d e et f Le Coran, « Les Femmes », IV, 163, (ar) النساء
  26. Le Coran, « Les Poètes », XXVI, 162, (ar) الشعراء
  27. Le Coran, « Les Rangs », XXXVII, 112, (ar) الصافات
  28. Le Coran, « Joseph », XII, (ar) يوسف
  29. Le Coran, « El-Araf », VII, 73, (ar) الأعراف
  30. Le Coran, « El-Araf », VII, 67, (ar) الأعراف
  31. Le Coran, « El-Araf », VII, 104, (ar) الأعراف
  32. Le Coran, « El-Araf », VII, 85, (ar) الأعراف
  33. Le Coran, « Les Rangs », XXXVII, 139, (ar) الصافات
  34. Le Coran, « Les Rangs », XXXVII, 123, (ar) الصافات
  35. Le Coran, « Les Prophètes », XXI, 89, (ar) الأنبياء
  36. Le Coran, « La Famille d’Imran », III, 39, (ar) آل عمران
  37. Le Coran, « La Famille d’Imran », III, 49, (ar) آل عمران

BibliographieModifier

  • "Prophétes, prophétologie" dans Dictionnaire du Coran, 2007, Paris, p. 704 et suiv.
  • Rémi Chéno, "Prophétie biblique et prophétie coranique" dans Nouvelle revue théologique 2010/3 (Tome 132), p. 434-447.
  • Van Reeth, "Le Prophète musulman en tant que nâshir Allâh et ces antécédents", OLA 23, 1992, p. 251-274.

Voir aussiModifier