Pierre de Chevigné

personnalité politique française

Pierre Gabriel Adhéaume de Chevigné, fils du comte François de Chevigné, officier de Marine, né le à Toulon et mort le à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), est un colonel, résistant et homme politique français, qui fut ministre de la IVe République et compagnon de la Libération. C'est le petit-fils de la fameuse comtesse de Chevigné, modèle de la duchesse de Guermantes.

Pierre de Chevigné
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Fonctions
Président
Conseil général des Pyrénées-Atlantiques (d)
-
Ministre de la Guerre
-
Secrétaire d'État
-
Haut-commissaire
Colonie de Madagascar
-
Député
-
Maire d'Abitain (d)
Biographie
Naissance
Décès
(à 95 ans)
Biarritz (France)
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Parti politique
Grade militaire
Conflit
Distinctions

BiographieModifier

Après des études au lycée Saint-Louis-de-Gonzague puis au lycée Saint-Louis à Paris, il entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1927. Il en sort deux ans plus tard dans la promotion "Maréchal Gallieni". Officier d'Infanterie de 1929 à 1934, il quitte ensuite l'armée et devient secrétaire général d'une société familiale et journaliste. À partir de 1935, Pierre de Chevigné est Maire d'Abitain dans les Pyrénées Atlantiques.

Mobilisé comme capitaine de réserve en 1939, il commande une compagnie au 127e RI puis les Corps Francs du Régiment et enfin ceux de la 2e DI. En il reçoit une triple blessure par éclats de grenade et une quadruple blessure en juin, lors des combats de défense de Rethel au cours desquels il a pris la tête de son bataillon. Cité trois fois à l'ordre de l'armée, il est fait chevalier de la Légion d'Honneur au titre de la campagne de France. Évacué sur l'hôpital militaire de Dax, il le quitte avant sa guérison, au moment de la demande d'armistice, et s'embarque à Saint-Jean-de-Luz, le , à bord de l'Ettrick, bâtiment britannique de transport de troupes, pour rejoindre l'Angleterre.

Il est envoyé au Moyen-Orient en pour commander le 1er Bataillon d'Infanterie de Marine (1er BIMa) puis la 1re Demi-Brigade Coloniale, avec laquelle il est de nouveau blessé, par balles et éclats d'obus lors de la campagne de Syrie le . Appelé par le général Catroux, Haut-commissaire de la France libre au Levant, il y dirige son cabinet à Beyrouth et remplit en même temps les fonctions de chef des Services spéciaux au Moyen-Orient.

Pierre de Chevigné est promu colonel en . Nommé, début 1942, chef de la Mission militaire de la France libre à Washington, il rejoint son poste en , après avoir été détaché plusieurs semaines au Combined Operations (commandos de Lord Mountbatten) à Londres et avoir participé à une opération sur Bayonne.

Il prend une part essentielle au ralliement des Antilles en . Nommé chef d'État-major des Forces françaises en Grande-Bretagne sous les ordres du général Koenig en , le colonel de Chevigné débarque en Normandie et dirige les opérations de la tête de pont de Bayeux en .

Nommé commandant militaire des régions libérées, il suit l'avance alliée de Bayeux à Nancy, en passant par Cherbourg, Rennes, Angers, Paris, Chalons. Pierre de Chevigné reprend après la guerre la Mairie d'Abitain qu'il gardera jusqu'en 1965 et devient conseiller général du canton de Sauveterre-de-Béarn (1945-1976).

Il est élu député MRP des Basses-Pyrénées aux élections de 1945-1958. Envoyé par le gouvernement en qualité de Haut-commissaire de la République française à Madagascar de au il mène la pacification, la reconstruction et la réorganisation de la Grande Ile.

Secrétaire d'État à la Guerre de 1951 à 1954 dans les Cabinets René Pleven, Edgar Faure, Antoine Pinay, René Mayer et Joseph Laniel, il est également Ministre de la Défense nationale dans le gouvernement Pflimlin en . Président, de 1964 à 1976, du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, il est aussi gouverneur général honoraire de la France d'Outremer et administrateur de l'Union des Blessés de la Face (Gueules Cassées).

Pierre de Chevigné est décédé le à Biarritz. Il est inhumé au cimetière d'Abitain (Pyrénées-Atlantiques).

  • Grand Croix de la Légion d'Honneur
  • Compagnon de la Libération - décret du
  • Croix de Guerre 39/45 (4 citations)

Il avait épousé d’abord à Paris le , Hélène Théodore Rodocanachi (née à Paris le , et décédée le - sœur de l’ambassadeur André Rodocanachi), puis le , Anne Lefèvre d'Ormesson, née en 1915 et fille de Wladimir d'Ormesson.

États de service militairesModifier

BlessuresModifier

  • avril 1940 : triple blessure par éclats de grenade
  • juin 1940 : quadruple blessure lors des combats de défense de Rethel au cours desquels il a pris la tête de son bataillon ; il est évacué vers l'hôpital militaire de Dax
  • juin 1941 : blessé par balle lors de la campagne de Syrie

DécorationsModifier

Carrière politiqueModifier

Mandats exécutifsModifier

Il est élu député MRP (1945-1958) des Basses-Pyrénées (auj. Pyrénées-Atlantiques) à la Première et à la Seconde Assemblée nationale constituante et à l’Assemblée nationale et siège au Palais-Bourbon pendant treize ans. Il est haut-commissaire à Madagascar de au ,il y rétablit l’ordre après les événements de 1947 ce qui lui vaut les vives critiques des communistes à son retour au Parlement pour les méthodes sanglantes utilisées lors de la répression.

Fonctions gouvernementalesModifier

Au cours de ces fonctions, il s’efforce, malgré les contraintes budgétaires, d’améliorer la condition militaire, l’entretien des bâtiments, le niveau d’équipement et la gestion des arsenaux. Il justifie le déplacement de l’École de Saint-Cyr à Coëtquidan. Il fait approuver l'affectation de la caserne de Fontenoy à l'UNESCO. Il propose l’élévation de Leclerc à la dignité de Maréchal de France. Il critique Pierre Mendès France pour sa politique tunisienne et marocaine mais appuie sa politique en Algérie. Il appuie Guy Mollet lors de l'expédition de Suez et défend les droits d'Israël.

Pierre de Chevigné se prononce en faveur de la construction européenne (traités CECA, CED, CEE). Il s'en prend à Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat contre lui lors des élections de 1956 qui sera cependant aussi élu. En 1958, il vote la confiance à De Gaulle.

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

Article connexeModifier