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PeerTube

plateforme d'hébergement décentralisée, fondée sur un logiciel libre
PeerTube
Description de l'image Logo de PeerTube.svg.
Description de l'image Peertube03.png.
Informations
Développé par FramasoftVoir et modifier les données sur Wikidata
Première version 1.0.0 ()[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Dernière version 2.0.0 ()[2]Voir et modifier les données sur Wikidata
Dépôt github.com/Chocobozzz/PeerTubeVoir et modifier les données sur Wikidata
Écrit en Structured Query Language et TypeScriptVoir et modifier les données sur Wikidata
Système d'exploitation LinuxVoir et modifier les données sur Wikidata
Type Service web
Site d'hébergement de vidéos (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Licence AGPL-3.0+ (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web joinpeertube.orgVoir et modifier les données sur Wikidata

PeerTube /ˈpɪə tjuːb/[3] est un logiciel libre, sous licence AGPLv3.0, d'hébergement de vidéo décentralisé grâce à la diffusion en pair à pair, créé en 2015 et soutenu par Framasoft. Il fonctionne sur le principe d'une fédération d'instances hébergées par des entités autonomes[4]. Son objectif est de fournir une solution alternative aux plateformes centralisées telles que YouTube ou Dailymotion[5],[6].

FonctionnementModifier

Concrètement, une instance PeerTube se présente comme un site web.

Chaque instance est souvent indépendante des autres pour ce qui est de l'aspect du site, la gestion des comptes, abonnements, « bouton j'aime » et actualités. Elles peuvent toutefois partager les mêmes vidéos entre elles en s’accordant sur leurs conditions de diffusions, formant ainsi des fédérations.

Les fédérations sont des groupes d'instances possédant les mêmes vidéos, des lois communes et reposant potentiellement sur le même système monétaire. Les vidéos dans une fédération sont communes mais chaque vidéo est stockée par l'instance qui l'a publiée.

Les fédérations sont indépendantes les unes des autres, ce qui peut permettre l’existence de regroupements variés et plus ou moins spécifiques. L'indépendance des fédérations ou instance isolés ainsi que la répartition des stockages de vidéo de PeerTube et le pair-à-pair permet à PeerTube d'être très décentralisé[7].

HistoriqueModifier

En 2015, ne trouvant pas de plate-forme de remplacement à YouTube, Chocobozzz, alors étudiant, a développé un premier prototype de plateforme décentralisée[8]. En 2017, il a été contacté par Framasoft qui, dans le cadre de sa feuille de route Contributopia[9], cherchait à développer une autre possibilité que les plateformes centralisées et l'a donc embauché. L'association lui a fourni les moyens nécessaires pour développer le projet, notamment au niveau du design (le premier prototype n'étant pas très joli selon son concepteur)[10].

Début 2018, Framasoft lance un financement participatif sur KissKissBankBank[11]. Une première version bêta publique est lancée en et la sortie de la première version stable a eu lieu en octobre 2018.

En juin 2018, quelques mois après la première version bêta, 113 instances sont accessibles sur le web, hébergeant plus de 10 000 vidéos[12].

Fin juin 2018, différentes chaînes vidéos YouTube, dont celle de la Fondation Blender, l'OpenCourseWare du MIT ou encore Human Beatbox, se trouvent bloquées avec un message laissant penser à des problèmes de violation de copyright, Google annonce des changements de licence après la coupure, obligeant les chaînes comportant plus de 100 000 abonnés d'activer la monétisation (par la publicité). D'après la Foundation Blender, Google l'aurait activée automatiquement pour sa chaîne. Cela a poussé la fondation à créer sa propre instance de PeerTube[13],[14],[15]. Le 29 juin, la campagne de financement KissKissBankBank a atteint l'objectif minimal de 20 000 euros, et finit le avec 53 100 euros, au-dessus du second objectif[11],[16].

En novembre 2019, PeerTube passe en v2.0[17].

TechnologiesModifier

Ce service web utilise la technologie WebTorrent. Chaque instance PeerTube comporte un tracker torrent et chaque navigateur web visionnant une vidéo va automatiquement la repartager. Cette méthode permet ainsi de distribuer la charge entre le serveur et les clients ainsi que la bande passante utilisée[18] (principe du P2P).

PeerTube utilise également le protocole ActivityPub, un récent standard du W3C, afin de permettre un fonctionnement compatible avec les autres services décentralisés comme Mastodon ou Diaspora* (par exemple, on peut commenter depuis un compte Mastodon une vidéo publiée sur une instance PeerTube). Cela permet de générer un « écosystème » de plateformes décentralisées en opposition aux systèmes centralisés (cas des GAFAM)[19]. Cet écosystème se veut davantage résistant à la censure et aux attaques sur le réseau, les GAFAM étant considérés comme des points de défaillance.

Chaque serveur PeerTube peut héberger un nombre de vidéos en rapport avec les ressources allouées (espace de stockage en particulier). Tout l'intérêt du système repose sur la fédération des instances PeerTube : chaque serveur peut s'abonner à d'autres serveurs, dont il va redistribuer les vidéos. Cette mise en réseau permet ainsi d'héberger un grand nombre de vidéos sans nécessiter d'infrastructures équivalentes à celles des géants du web.

Version 2, mises à jour 2019Modifier

 
Sepia, mascotte de Peertube.

Peertube a été enrichi entre autres[20] :

  • d’outils de modération pour l’administration d’instances ;
  • d’un historique de visionnage ;
  • d’une reprise automatique de la lecture de vidéos là où on s’était arrêté (si on est connecté·e à son compte) ;
  • d’un système de notifications (nouveaux commentaires, vidéos ou abonnements, mentions, etc.) ;
  • d’un système de listes de lectures (dont une « à regarder plus tard » créée par défaut pour tous les comptes) ;
  • d’un système de quarantaine pour les vidéos envoyées en ligne. Il s’agit d’une option d’administration qui permet à la modération de valider les vidéos manuellement avant de les publier ;
  • d’une gestion facilitée des choix de fédération pour les administrateurs d’instances ;
  • d’une amélioration continue de l’interface d’utilisation (pour mieux distinguer un compte d’une chaîne, mieux voir les miniatures ou mieux retrouver sa bibliothèque vidéo, par exemple) ;
  • d’une gestion des fichiers audios lors de l’upload, que PeerTube transformera en vidéo ;
  • d’une interface traduite en 25 langues.

Les petits plus de Peertube :

  • partage d'un extrait de vidéo avec un bouton « démarrer à » et un bouton « s’arrêter à »,
  • système de plugin : brique logicielle, développée par l'administrateur d'une instance ou partagée par la communauté Peertube que l’on peut ajouter à son installation pour la personnaliser.
  • nouveau lecteur vidéo basé sur la technologie HLS. Il permet par exemple, le streaming en direct (expérimental).

Cette version met l'accent sur la fédération :

  • pour les administrateur·ices d’instances. Ils et elles auront par exemple la possibilité de suivre automatiquement une instance qui les suit, ou de suivre les instances qui s’inscrivent sur l’annuaire public JoinPeertube.
  • aider le public à mieux choisir l’instance PeerTube qui lui correspond grâce à une présentation des instances plus détaillées.

LimitesModifier

Le choix d'un système décentralisé présente un inconvénient majeur. Le moteur de recherche de chaque instance ne recherche que ses propres vidéos ainsi que celles des instances qui lui sont fédérées. Pour trouver une vidéo précise, il peut être nécessaire d'effectuer une même recherche dans un grand nombre d'instances. Cela peut s'avérer hasardeux et fastidieux, surtout pour un néophyte.

RéférencesModifier

  1. « Release 1.0.0 » (consulté le 12 octobre 2018)
  2. « Release 2.0.0 » (consulté le 13 novembre 2019)
  3. Prononciation en anglais britannique retranscrite selon la méthode de l'alphabet phonétique international (API).
  4. Vincent Hermann, « PeerTube : le « YouTube décentralisé » passe en bêta publique », Next Inpact,‎ (lire en ligne, consulté le 16 mai 2018).
  5. Camille Suard, « PeerTube veut devenir l'alternative française et décentralisée à YouTube », sur 01net.com, (consulté le 16 mai 2018).
  6. Dominique Desaunay, « Vidéos à la demande: PeerTube, un anti-YouTube plus libre? », sur rfi.fr, Radio France Internationale, (consulté le 7 juillet 2018).
  7. (en) « Florian Bigard / PeerTube », sur GitLab (consulté le 27 septembre 2018)
  8. Pauline Verge, « PeerTube, une tentative d'alternative française et décentralisée à YouTube », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  9. « Contributopia : dégoogliser ne suffit pas – Framablog », sur framablog.org (consulté le 30 mars 2018).
  10. (en) Hélène Chevallier, « FramaTube, l'alternative libre à YouTube », sur France Inter,
  11. a et b KissKissBankBank, « PeerTube, a free and federated video platform », sur kisskissbankbank.com (consulté le 6 juillet 2018)
  12. « Statistiques PeerTube » (consulté le 20 juin 2018).
  13. (en) Francesco Siddi, « YouTube Blocks Blender Videos Worldwide », sur blender.org, Fondation Blender, (consulté le 7 juillet 2018)
  14. (en) Ernesto, « PeerTube: A ‘Censorship’ Resistent YouTube Alternative », sur torrentfreak.com, (consulté le 7 juillet 2018)
  15. (es) David Onieva, « Cuando YouTube falla para los creadores de contenidos, pueden migrar a otra plataforma que les dé un mayor control », sur adslzone.net, (consulté le 7 juillet 2018)
  16. Bastion Lion, « PeerTube, le « YouTube décentralisé », réussit son financement participatif », sur lemonde.fr, (consulté le 9 juillet 2018)
  17. Vincent Hermann, « PeerTube 2.0 : protocole vidéo HLS, plugins, listes d'extraits et des idées pour la suite », sur www.nextinpact.com, (consulté le 19 novembre 2019)
  18. « PeerTube, une plate‐forme Web de vidéos fédérée utilisant le P2P - LinuxFr.org », sur linuxfr.org, (consulté le 30 mars 2018).
  19. https://www.zdnet.fr/blogs/l-esprit-libre/peertube-l-hebergement-libre-de-videos-est-sur-les-rails-39871579.html
  20. « PeerTube met les bouchées doubles pour émanciper vos vidéos de YouTube – Framablog », sur framablog.org (consulté le 18 novembre 2019)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier