Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon

Institution intellectuelle lyonnaise créée en 1700

L'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon est une institution intellectuelle lyonnaise, une société savante créée en 1700.

Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon
Image dans Infobox.
Sceau de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon.
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Domaine d'activité
archéologie, arts, histoire de l’art, histoire, littérature et sciences
Siège
Pays
Langue
Organisation
Membres
52 membres élus par leurs pairs[1]
Fondateurs
Claude Brossette, Laurent Dugas, Camille Falconet, Louis de Puget, Thomas Bernard Fellon (d), Antoine de Serre (d), Jean de Saint-Bonnet (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Président
Affiliation
Site web
Identifiants
SIREN

Objectifs de l'institutionModifier

Domaines étudiésModifier

L'académie est spécialisée dans les études à propos des sujets suivants :

Elle publie annuellement les Mémoires de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon[2] et toute une série de publications thématiques dont dernièrement un Dictionnaire historique qui regroupe des notices biographiques et bibliographiques sur 824 académiciens répertoriés depuis 1700. Ce dernier travail s'appuie sur les nombreux manuscrits qu'elle conserve depuis le début du XVIIIe siècle.

Organisation et statutsModifier

L'Académie a défini, ou supprimé au fil du temps, divers type de membres[3] : libres, associés, correspondants, honoraires, d'honneur, d'honneur associés, émules, ordinaires, vétérans, émérites... Seuls les membres ordinaires ont le droit de vote. Les autres grades sont sujets à cotisation ou sont honorifiques.

Les grandes lignes du statut ont été fixées par l'arrêté du préfet lyonnais Verninac de Saint-Maur, le 13 juillet 1800, qui officialisa la renaissance de l'Académie actuelle, les types de membres électeurs et élus, leur nombre, et le mode de renouvellement du bureau[4]. En 2017, après deux siècles d'évolutions diverses, les statuts retiennent les règles suivantes[5] :

  • la compagnie est constituée de deux classes, celle des Sciences composée de 24 académiciens, et celle des Belles-lettres et Art composée de 28 académiciens ;
  • les 52 membres ordinaires sont élus par leurs pairs au sein des membres d'autres grades, et deviennent eux mêmes électeurs ;
  • le président est élu annuellement, alternativement dans l'une des classes. Il est assisté d'un vice-président qui lui succède l'année suivante.

L'académie est l'une des 33 instances de la Conférence nationale des académies des sciences, lettres et arts[6] créée en 1989.

HistoireModifier

PrémicesModifier

Avant le XVIIIe siècle Lyon ne possédait pas d'université, et vit à plusieurs reprises ses autorités essayer de développer un lieu de culture dans leur ville. La précédente tentative la plus notable est un groupe nommé Athenaeum Lugdunense restitutum au XVIe siècle, en référence à la splendeur de l'époque romaine, dont le nom deviendra la devise de la future académie[7]. Un second groupe reprend l'initiative autour de Nicolas de Lange à la fin du siècle, sous le nom d'Académie de Fourvière, ou Académie angélique, sans connaître une longue vie[8]. L'existence de ce dernier groupe reste cependant incertaine[7].

FondationModifier

 
Laurent Dugas, co-fondateur de l'Académie.
 
Confirmation de l'établissement de l'académie des sciences, belles lettres et arts de Lyon, 1724, sous Louis XV

En 1699, sept Lyonnais se réunissent pour disserter des sciences et des lettres[8],[9] :

Dans une lettre écrite à Nicolas Boileau le , Claude Brossette parle d'une « petite académie » qui se rassemble une fois par semaine[9]. La première véritable assemblée a lieu le , et se tient, comme pour les années suivantes, à tour de rôle au domicile d'un des fondateurs[9].

Vie sous l'ancien régimeModifier

En 1704, de nouvelles personnalités prennent part aux réunions : Charles Cheynet (ou Cheinet), président de la Cour des Monnaies, Dominique de Colonia, Nicolas Mahudel et Pierre Aubert.

En 1713, d’autres Lyonnais, conduits par Jean-Pierre Christin, avec Nicolas Bergiron et Ferdinand Delamonce créent une académie qui deviendra la « Société royale des beaux-arts » qui organise des concerts et comprend aussi une classe de physique et une classe de mathématiques.

En 1717, l’archevêque François Paul de Neufville de Villeroy met une salle du palais archiépiscopal de Lyon, proche de la cathédrale St Jean, à la disposition de l’académie[9]. Tout au long du XVIIIe siècle, de nombreuses personnalités, comme l'abbé Pernetti, et plus tard le jeune Nicolas François de Neufchâteau rejoignent l'académie.

En 1758, la « Société royale des beaux-arts » et l'« Académie des sciences et des belles-lettres » fusionnent sous le nom d'« Académie des sciences, belles-lettres et arts »[10].

Comme toutes les autres sociétés savantes, elle est dissoute en 1793.

Vie à l'époque contemporaineModifier

 
Médaille de récompense de la fondation Jean Chazière, par Oscar Roty

L'Académie renaît en 1800, par la volonté du préfet Verninac de Saint-Maur, sous le nom d’« Athénée », avant de reprendre son titre dès 1802.

Elle sera reconnue d’utilité publique par ordonnance royale en 1839, puis par décret le .

L’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon est à l'origine de la Conférence nationale des académies des sciences, lettres et arts, qui, sous l’égide de l’Institut de France, regroupe vingt-huit académies provinciales.

En 1879, le lyonnais Jean Chazière (1821-1885) crée la fondation Jean Chazière qui lègue par testament à l'Académie la somme de 230 000 francs. Avec les revenus de cette somme, l'Académie devait encourager les sciences, l'histoire, la littérature, les beaux-arts, la poésie et l'archéologie et récompenser les actes remarquables de vertu et d’héroïsme.

Elle donne régulièrement au Palais Saint-Jean de Lyon des conférences auxquelles le public peut assister, en compagnie des académiciens, et décerne des prix scientifiques (Prix Thibaud, prix Platet-Mathieu, prix Chermette Mouratille, prix Arloing-Courmont-Institut Pasteur, prix Ernest-Brasseaux), des prix de bienfaisance (Fonds Rosa) et des prix littéraires (Jeux floraux) de manière intermittente. Les prix sont proclamés au cours des dernières séances publiques précédant les vacances d'été, c'est-à-dire fin juin et les vacances de Noël, c'est-à-dire en décembre. Les candidats ayant obtenu un prix ou une mention sont informés personnellement par l'académie et invités à la séance de proclamation. Les prix et mentions sont ensuite publiés dans la presse lyonnaise et sur les sites internet.

Membres notoiresModifier

Anciens présidentsModifier

Le préfet Raymond de Verninac-Saint-Maur, auteur de l'arrêté de renaissance de l'Académie en sera le 1er président en 1800. Edmond Reboul, élu pour l'année 1991, fut le fondateur de la Conférence nationale des académies des sciences, lettres et arts en 1989[6].

AcadémiciensModifier

Plus de 800 académiciens de célébrité très variable se sont succédé sur la période de 1700 à 2016[11].

L'on pourra retenir : André-Marie Ampère savant, Auguste Lumière inventeur du cinéma, Antoine Michel Perrache auteur du quartier portant son nom, Charles-Henri Tabareau premier directeur de La Martinière de Lyon, Tony Garnier architecte et urbaniste, Pierre Gerlier Archevêque de Lyon et cardinal, Édouard Herriot maire de Lyon et ministre.

Par ailleurs, Joseph Mathon de la Cour, Thomas Merle de Castillon, Pierre Antoine Barou du Soleil n'ont pas survécus à la révolution française, et ont tout simplement été guillotinés en 1793[12].

BibliographieModifier

Ouvrages et articlesModifier

  • Louis David (dir.), L'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, 1700-2000 : Trois siècles d'histoire lyonnaise, Lyon, Éditions Lyonnaises d'Art et d'Histoire, , 477 p. (ISBN 2-84147-097-0, notice BnF no FRBNF37114557, lire en ligne).  
  • Patrice Béghain, Bruno Benoit, Gérard Corneloup et Bruno Thévenon (coord.), Dictionnaire historique de Lyon, Lyon, Stéphane Bachès, , 1054 p. (ISBN 9782915266658, notice BnF no FRBNF42001687).  
  • Dominique Saint-Pierre (dir.), Dictionnaire historique des académiciens de Lyon 1700-2016, Lyon, Éditions de l'Académie, , 1369 p. (ISBN 978-2-9559433-0-4, notice BnF no FRBNF45273860).  
  • Francisque Bouillier, « Une Académie de province au XVIIIe siècle - l'Académie de Lyon », Revue des Deux Mondes, no 26,‎ , p. 812-836 (lire en ligne)
  • Pierre Crépel, « Académies et encyclopédies : l’exemple méconnu d’une académie des sciences à Lyon (1736-1758) », Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique, no 136 « Histoire critique des sciences (XVIe-XVIIIe siècles) »,‎ , p. 33-50 (ISBN 978-2-917541-67-8, lire en ligne)
  • Joseph-Florentin Bonnel, Histoire de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon de 1840 à 1891 : concours - fondations - personnel, Lyon, A. Rey, imprimeur de l'Académie, , 272 p. (lire en ligne)
  • Jean-Baptiste Dumas, Histoire de l'Académie Royale des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, t. I, Lyon, Giberton et Brun, , 536 p. (lire en ligne)
  • Jean-Baptiste Dumas, Histoire de l'Académie Royale des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, t. II, Lyon, Giberton et Brun, , 645 p. (lire en ligne)

SourcesModifier

RéférencesModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier