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Michel Clemenceau

personnalité politique française
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Michel Clemenceau
Illustration.
Michel Clemenceau en 1909.
Fonctions
Député 1945-1951
Gouvernement Quatrième République
Groupe politique PRL
Biographie
Nom de naissance Michel William Benjamin Clemenceau
Date de naissance
Lieu de naissance Féole, La Réorthe (Vendée, France)
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne, France)
Nationalité Française
Parti politique Parti républicain de la liberté
Père Georges Clemenceau
Mère Mary Plummer
Profession Ingénieur agronome
Homme d'affaires
Résidence Seine-et-Marne

Michel Clemenceau, né le au village de Féole, commune de La Réorthe (Vendée) et mort le à Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne), est un homme d'affaires et homme politique français. Il est le fils de Georges Clemenceau.

Sommaire

BiographieModifier

Jeunesse, formation et carrière d'homme d'affairesModifier

Fils de Georges Clemenceau et de l'Américaine Mary Plummer, il passe une partie de son enfance auprès de son grand-père paternel Benjamin dans le manoir familial de l'Aubraie, située à Féole de La Réorthe (Vendée). Indiscipliné, renvoyé de plusieurs établissements, dont l'école Monge de Paris, vers 1888 il est finalement envoyé par son père à Zurich afin d'y suivre les cours d'un professeur particulier, puis ceux de l'Institut agronomique, dont il sort diplômé ingénieur agronome en 1894.

De retour en France en 1905, il prend part à des affaires[1] plus ou moins régulières qui portent préjudice à son père — qui est accusé de favoriser son fils quand celui-ci traite avec l'intendance militaire — et qui l'associent à un certain Le François, condamné pour escroquerie en 1910. Brouillés en raison de ces mauvais choix, le « Tigre » et son fils ne se réconcilient définitivement qu'en 1914, au moment où Michel part pour la Première Guerre mondiale.

DescendanceModifier

Travaillant en Hongrie, il y épouse en 1901 Ida Michnay (1882-1983), ils auront deux fils[2] :

  • Georges-Michel II (1902-1976), diamantaire, marié le à Louveciennes avec Jane Lucy Rosenau (1901-1985), fille de M. Rosenau et de Mme née Hainemann, d'où deux filles (Françoise et Marie) ;
  • Pierre Clemenceau (1904-1995), négociant, marié le à Paris avec Terka Gross, fille d'Edgar Gross et de Simone Bernhardt, arrière-petite fille de la tragédienne Sarah Bernhardt, d'où :
    • Georges III (1932-), marié avec Isabelle Carlut, d'où deux fils (Tristan[a] et Éric),
    • Jean, marié avec Françoise Brumelot, d'où un fils (Thierry) ;
  • Pierre s'est remarié le à La Nouvelle-Orléans avec Margaret Grunewald , d'où :
    • Paul (1940-), marié avec Lisa Lowrance, d'où deux fils (Benjamin et Georges),
    • Joan Missy, mariée avec Alaric Lueg.

De la Première à la Seconde Guerre mondialeModifier

Lieutenant interprète au corps colonial de la 6e armée, il est blessé le lors d'un affrontement avec un uhlan. Remis de sa blessure, il rejoint l'état-major de son corps d'armée avec le grade de capitaine.

En il fait partie du premier bataillon à entrer dans Saint-Mihiel[3]. À la fin de la guerre, il est promu commandant et nommé officier de la Légion d'honneur.

Grâce à un ami de son père, Nicolas Pietri, il trouve une place d'agent dans la firme anglaise d'armement Vickers, alors contrôlée par le marchand d'armes millionnaire Basil Zaharoff, « le roi secret de l'Europe » (Paul Morand), qui en 1917 offrit à son père, « ès-qualités » de président du Conseil, une Rolls-Royce… que le gouvernement français tient à récupérer lorsque celui-ci quitte le pouvoir en 1920 (mais Michel Clemenceau conserve cette voiture après la mort de son père).

« À mon fils, qui aura des devoirs après ma mort. » (dédicace de Georges Clemenceau à son fils sur un de ses ouvrages, Démosthène, publié en 1925).

De 1927 à 1929 Michel Clemenceau fait construire la maison dite « la Grange-Batelière » à Moret-sur-Loing en Seine-et-Marne, en bord de rivière, au toit recouvert de chaume comme les bourrines des marais vendéens, qu'il destine à la retraite à son père, qui, ayant vendu sa maison de Bernouville (Eure) et n'ayant pas voulu occuper un meublé — même national — resta 34 ans et jusqu'à sa mort () locataire du petit appartement parisien de la rue Franklin, puis de la petite maison de Belébat à Saint-Vincent-sur-Jard en Vendée.

Il meuble et décore cette demeure avec des meubles, objets d'art — dont quelques épaves de la collection d'art asiatique provenant de son père — et divers souvenirs personnels de lui, ce qui permet à sa quatrième épouse, Madeleine Durand (1909-2004) avec qui il se marie en à la mairie du 18e arrondissement de Paris, d'y créer un musée Clemenceau, qui fut dispersé en 250 lots à Fontainebleau le .

Dans les années 1930, l'État français acquit de son propriétaire, Amédée Luce de Trémont, châtelain à Avrillé (Vendée) la maison paternelle de Bélébat à Saint-Vincent-sur-Jard pour en faire le musée national qu'il est resté.

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, il rejoint l'armée, malgré son âge (65 ans), en tant qu'officier d'état-major du Deuxième Bureau chargé du renseignement ; après la défaite de 1940, il s'oppose au gouvernement de Vichy et l'exprime entre autres par une lettre de protestation à Philippe Pétain, chef de l'État français, le . Dans une lettre ouverte en date du adressée à Pierre Laval, chef du gouvernement, il écrit : « Je ressens comme une affreuse injure à sa mémoire, cette tentative d'extraire des écrits de mon père, quelque chose qui ressemble à une approbation de votre politique et de vos agissements ». Il est alors arrêté le et incarcéré à Fresnes puis Romainville, Compiègne et le camp de Royallieu.

Déporté en , il est interné au château d'Itter dans le Tyrol autrichien, et est finalement libéré par les troupes américaines le , ce qui lui permet de revenir en France dès le lendemain de la capitulation allemande.

Carrière politiqueModifier

À la Libération, il est élu sous les couleurs du « Rassemblement social et antifasciste » puis d'un parti de droite, le Parti républicain de la liberté (PRL), pour représenter la Seine-et-Marne à la première puis à la seconde Assemblée nationale constituante (1945-1946). Il vote contre les projets de nationalisation des entreprises et s'oppose aux différents projets de constitution de la Quatrième République. S'étant présenté à la présidence du Gouvernement provisoire en janvier 1946, il est largement devancé par le socialiste Félix Gouin.

Michel Clemenceau est réélu député de Seine-et-Marne à l'Assemblée nationale lors des élections de novembre 1946. Président du PRL, il est le candidat de cette formation politique à l'élection présidentielle de 1947. Il n'obtient cependant que 60 voix sur 883.

En , il est nommé juge titulaire à la Haute cour de justice, où il avait témoigné deux ans plus tôt contre le maréchal Pétain.

Candidat sur la liste du CNI (qui vient d'absorber le PRL), il est battu lors des élections législatives de 1951. Il se retire alors de la vie politique.

DécorationsModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Tristan Clemenceau, arrière-arrière petit-fils du « Tigre », participe à la commémoration du 11-Novembre en 2015 aux côtés du président François Hollande.

RéférencesModifier

  1. « AVIATION La Société de navigation aérienne, fondée par M. Lazare Weiller (père de Paul-Louis Weiller) pour l'exploitation des brevets des frères Wright vient de concéder à M. Michel Clemenceau la vente exclusive de tous ses appareils », Le Figaro, 6 janvier 1909.
  2. Généalogie.
  3. Le Journal des Débats, 15 septembre 1918, p. 2.
  4. Biographie, sur le site de l'Assemblée nationale.
  5. « Le capitaine Michel Clemenceau, fils du président du Conseil, a reçu avant-hier, en présence de son père, la « Military Cross » (croix militaire britannique) que lui a remise, au nom du roi d'Angleterre, sir Douglas Haig », Le Figaro, 5 avril 1919.

BibliographieModifier

Liens externesModifier