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Max Reinhardt (metteur en scène)

acteur autrichien
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Max Reinhardt
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte postale signée de Max Reinhardt de 1911, photographiée par Nicola Perscheid
Nom de naissance Max Goldmann
Naissance
Baden (Autriche)
Nationalité

Drapeau de l'Autriche Autriche

Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès (à 70 ans)
New York
Profession acteur, metteur en scène, réalisateur
Films notables Le Songe d'une nuit d'été

Max Reinhardt ( à Baden - à New York), de son vrai nom Max Goldmann, est un acteur, metteur en scène de théâtre et réalisateur, de nationalité autrichienne puis américaine. Considéré comme l'un des pères de la mise en scène avec Edward Gordon Craig et Adolphe Appia, il a été au début du XXème siècle à la tête d'un vaste empire théâtral (théâtres, cabarets, écoles) en Allemagne et en Autriche.

Sommaire

BiographieModifier

Max Goldmann naît dans une famille de commerçants juifs ruinés. Sa carrière d'acteur commence en 1890, dans un petit théâtre des environs de Schönbrunn. Il décide d'adopter le pseudonyme de Max Reinhardt pour se protéger de l'antisémitisme, particulièrement virulent en Europe à cette époque. Il est d'abord reconnu pour ses interprétations de personnages de vieillards : « Ces rôles me convenaient tout à fait. Je pouvais cacher ma timidité derrière une grande barbe blanche »[1]. En 1893, il est engagé au Théâtre municipal de Salzbourg et y interprète près de cinquante rôles en six mois, avant d'être repéré par Otto Brahm. À l'automne 1894, il quitte l'Autriche pour Berlin où intègre la troupe du Deutsches Theater, dirigée depuis peu par Brahm. Il y obtient ses premier succès de comédien. À partir de 1895, il tourne en été dans les capitales d'Europe de l'Est (Vienne, Prague, Budapest) avec la Secessionsbühne (La Scène sécessionniste), une organisation fondée par de jeunes acteurs berlinois[2].

De 1902 jusqu'à l'arrivée des nazis au pouvoir, en 1933, Max Reinhardt réalise des mises en scène pour divers théâtres berlinois. Il dirige le célèbre cabaret satirique Schall und Rauch avec la complicité du poète Christian Morgenstern. De 1905 à 1930 il dirige également le Deutsches Theater à Berlin. De 1915 à 1918, il est le premier intendant de la Volksbühne am Bülowplatz (aujourd'hui am Rosa-Luxemburg-Platz) et de 1924 à 1933 du Theater in der Josefstadt à Vienne. Par des mises en scènes pleines de puissance et une interaction précise entre la scénographie, la langue, la musique et la danse, Reinhardt donne un nouvel essor au théâtre allemand. En 1920, il fonde le Festival de Salzbourg avec Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal.

En 1914, il fut un des signataires du Manifeste des 93.

Il est invité aux États-Unis en 1912 pour monter Sumurun de Friedrich Freska[3], et en 1924 pour Das Mirakel de Karl Vollmöller. En 1934, il crée son festival californien, marqué par la mise en scène du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, dansé par Nini Theilade, qui donne lieu au film de la Warner Brothers en 1935. En 1936-1937, il fait plusieurs séjours à New York pour préparer The Eternal Road de Franz Werfel, pièce qui raconte sous forme allégorique le destin du peuple juif et les persécutions.

Après la prise de pouvoir des nazis, il s'exile en Angleterre en 1938, puis aux États-Unis où il connaît un grand succès.

ŒuvreModifier

 
Modèle conçu par Karl Walser pour la scène tournante d'Un songe d'une nuit d'été, réalisation de Gustav Knina

Max Reinhardt forge sa conception moderne du théâtre dès ses premières années en Autriche et à Salzbourg. À Vienne, il fréquente le Burgtheater et découvre l'hypnose et la suggestion en suivant les cours du psychiatre Richard von Krafft-Ebing. Arrivé à Berlin, il se familiarise avec l'œuvre de Friedrich Nietzsche (dont le concept de volonté de puissance le marque particulièrement), s'intéresse à Richard Wagner et ses expérimentations d'œuvre d'art totale au Festival de Bayreuth. Habitué à assister aux spectacles depuis le dernier rang du poulailler, il imagine une esthétique théâtrale où la vue, l'ouïe et surtout l'imagination sont constamment sollicités. Cela le conduit à particulièrement lier la musique au théâtre[4].

Au début de sa carrière à Berlin, Max Reinhardt entre en contact avec les deux mouvances artistiques en vogue à l'époque : le naturalisme d'une part, et les mouvements d'avant-garde d'autre part, qui se construisent contre le naturalisme (l'impressionnisme, le symbolisme, le groupe Jeune Vienne). De formation naturaliste, il privilégie par la suite l'avant-garde. Ainsi, plusieurs pièces d'Arthur Schnitzler et de Hugo von Hofmannsthal sont créées au Deutsches Theater sous la direction de Reinhardt[4].

Durant sa carrière, il explore les possibilités scéniques offertes par les innovations technologiques et les inventions de Mariano Fortuny, notamment pour les décors et les lumières. Adepte des scènes circulaires et mobiles, des cyloramas et du théâtre immersif, Reinhardt cherche à produire un effet d'émerveillement pour les sens et l'imagination. Il privilégie un théâtre de masse, destiné à un très grand nombre de spectateurs, provenant de classes sociales variées. Pour lui, le théâtre doit accompagner les changement sociaux de son temps et ne pas être réservé à une élite conservatrice. Il crée ainsi une forme théâtrale moderne et métropolitaine, décrite comme un théâtre festif et religieux pour les masses[4].

Mises en scèneModifier

 
Le cyclorama de Max Kruse pour la mise en scène de Salomé d'Oscar Wilde au Neues Theater

FilmographieModifier

ThéâtresModifier

À partir de 1901, Max Reinhardt fait l'acquisition de plusieurs salles de théâtre, souvent aidé par ses compagnons et des mécènes. Il transforme systématiquement les salles et les scènes, afin de disposer d'un archipel de lieux aux usages spécifiques. Il développe ce projet dans son premier programme esthétique, « Le théâtre tel que je l'imagine », en 1902[2]. Une grande scène devra être utilisée pour les classiques, une plus petite et plus intime pour le théâtre de chambre des auteurs modernes, et enfin une scène en forme d'amphithéâtre, qui fait office de « maison festive » pour un théâtre de masse.

1901 - 1902 : Du cabaret Schall und Rauch au Kleines TheaterModifier

 
Plan de salle du Schall und Rauch, ancêtre du Kleines Theater

1903 : Le Neues Theater (Theater am Schiffbauerdamm)Modifier

 
Plan de salle du Neues Theater

1905 : Le Deutsches TheaterModifier

 
Plan de salle du Deutsches Theater (1912)

1906 : Les Kammerspiele du Deutsches TheaterModifier

 
Plan de salle des Kammerspiele du Deutsches Theater (1912)


1920 : Le Großes SchauspielhausModifier

 
La salle du Großes Schauspielhaus (1920)

DistinctionsModifier

Le 18 novembre 2015, le Friedrichstadt-Palast a érigé solennellement en l'honneur de ses fondateurs Max Reinhardt, Hans Poelzig et Erik Charell le monument de la Friedrichstraße 107.

RéférencesModifier

  1. (de) Max Reinhardt, “Autobiographische Aufzeichnungen [Notes autobiographiques]”, Reinbeck bei Hamburg, Rowohlt, , p. 17.
  2. a et b Jean-Louis Besson, Max Reinhardt, Arles, Actes Sud, , 112 pages p. (ISBN 978-2-7427-9264-1, lire en ligne), p. 5 à 16
  3. Cf. Patricia-Laure Thivat, « Max Reinhardt dirige l’acteur. Une nouvelle forme d’art total », Études théâtrales, série 2006/1, no 35,‎ , p. 46-57 (lire en ligne).
  4. a b et c Marielle Silhouette, Max Reinhardt. L’avènement du metteur en scène, Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne, , 341 p. (ISBN 978-2-84050-989-9), p.17
  5. (en) A Midsummer Night's Dream - IMDb (lire en ligne)

BibliographieModifier

  • Jean-Louis Besson, Max Reinhardt, introduction, choix de textes et de traduction, Arles : Actes Sud, 2010.
  • Marielle Silhouette, Max Reinhardt. L’avènement du metteur en scène, Paris : Presses de l’université Paris-Sorbonne, 2017
  • Marielle Silhouette (dir.), Max Reinhardt. L’Art et la technique à la conquête de l’espace, Berne : Peter Lang, 2017.

Liens externesModifier

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