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Marguerite Bermond
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Marguerite Bermond dite « Marg » est une artiste peintre figurative née le à Arles, morte à Paris en octobre 1991.

Sommaire

BiographieModifier

Pour évoquer Marguerite Bermond, Pierre Mazars remonte à la jeunesse de l'artiste : « Elle a vécu toute son enfance auprès des arènes de Nîmes et cette lointaine, cette profonde imprégnation a servi son art. Elle n'a pas eu à se préserver des côtés anecdotiques, des détails superficiels qui accaparent l'attention des néophytes. Les toreros, elle les connaît depuis toujours; elle sait qu'un costume de lumière, ce n'est pas un collant de satin, mais que cela pèse très lourd »[1]. Marguerite Bermond étudie à l'Ecole des beaux-arts de Nîmes avant d'être l'élève d'Édouard Georges Mac-Avoy à l'Académie de la Grande Chaumière à Paris, puis d'y rejoindre l'Académie Julian. Rendant à son tour hommage aux racines de Marg, Mac Avoy lui écrira : « Vous n'avez pas acquis votre métier dans les ateliers de Paris, mais à Nîmes, petite fille, sans le vouloir, sans le savoir, en jouant sur cette terre solide et sèche où poussent l'austère cyprès, la tomate et l'ail; cependant que les monuments de votre ville auguste, et ceux d'Arles, décidaient de votre beau visage et vous désignaient pour ce qui est noble »[2].

Elle travaille en 1945 et 1946 dans l'illustration de la littérature populaire (voir rubrique Livres illustrés ci-dessous).

Gérald Schurr[3] et Jean-Pierre Delarge[4] s'accordent à reconnaître en Marguerite Bermond une artiste représentative de cette peinture « misérabiliste » qui, dans les années 1950, constituant la suite de Francis Gruber dans le contexte pessimiste de l'après-guerre, « porte la marque de la gravité ». Claude Robert confirme qu'à Montmartre « son atelier vide et désert qu'éclaire un ciel bleu froid n'accueille que la solitude du modèle à côté d'un poêle inutile... Ses toiles reflètent avec âpreté l'angoisse d'une époque »[5].

Sa peinture essentiellement d'atelier n'exclut cependant pas quelques villégiatures que les dates apposées sur certaines œuvres permettent de remettre en chronologie : La Provence en 1954, La Hollande (Amsterdam) en 1955, la Normandie (Étretat) et l'Andalousie en 1963[6].

C'est à partir de 1970 que sa palette s'illumine, sous l'influence, dit-on d'une part, de son travail plus approfondi bde l'aquarelle, mais aussi, dit-on par ailleurs, parce que cette « fille d'Arles », attirée vers le sud par tempérament, s'extériorise en de nombreux voyages qui font qu'elle privilégie désormais la peinture de paysages : Marguerite Bermond visite et peint la Provence (Arles, Avignon, Eygalières, Remoulins, Rochefort-du-Gard, Noves), la Côte d'Azur (Sanary-sur-Mer, Nice, Saint-Tropez), mais aussi l'Italie (Rome, Venise, Propriano, Vérone) , la Grèce (Athènes, Hydra), la Turquie (Pergé), l'Espagne (Cadaques, Tolède, Ronda), la Tunisie et le Maroc. Elle effectue même un grand parcours en bateau sur l'Océan Atlantique : au large des Iles Canaries elle peint le Pic du Teide, à Abidjan les remorqueurs dans le port, à Douala les marchés animés sur les rives du fleuve Wouri.

Marguerite Bermond décède brutalement en octobre 1991, quelques jours avant la vente de son atelier à l'Hôtel Drouot, événement auquel elle était en train de travailler. La Fondation Taylor lui a rendu hommage en créant un « Prix Marguerite Bermond »[réf. nécessaire].

Livres illustrésModifier

  • Jean-Michel Süe : Le chemin de la mer, Office français du livre, Paris, 1945.
  • Jean-Michel Süe : Compagnie fantôme, Office français du livre, Paris, 1946.
  • Wicky Gué : L'enfance de Caroline, Office français du livre, 1946.
  • Charles-Augustin Sainte-Beuve : Volupté, S.E.P.E., Paris, 1947.
  • Docteur Willy et C Jeumont : La sexualité 1, n°59 de la collection Marabout Université, 1964. En couverture, reproduction de la toile Premier Amour de Marguerite Bermond (Photo Peintres témoins de leur temps).

Expositions personnellesModifier

  • Galerie de l'Institut, Rue de Seine, Paris, 1954.
  • Galerie Tedesco, Avenue de Friedland, Paris, octobre 1959.
  • Galerie 113, Rue d'Antibes, Cannes, 1962.
  • Galerie André Weil, Avenue Matignon, Paris, 1963.
  • Galerie Le Nouvel Essor, Rue des Saints-Pères, Paris, 1964.
  • Galerie du Fleuve, Bordeaux, 1964.
  • Galerie Le Parnasse, Rue Saint-Placide, Paris, 1965 et 1967.
  • Galerie Loukas, Rue du Mont-Cenis, Paris, 1966.
  • Azalées, Parcs, jardins et espaces verts de la ville de Paris, Porte d'Auteuil, Paris, 1967.
  • Galerie Raspail, Boulevard Raspail, Paris, mars 1971.
  • Galerie Médicis, Place des Vosges, Paris: Provence, mars-avril 1976; Huiles et aquarelles, mars-avril 1980; Paris et ses environs, mars 1982; Huiles et aquarelles, novembre-décembre 1983.
  • Galerie Varine-Gincourt, Faubourg Saint-Honoré, Paris, 1978.
  • Notre-Dame Galerie, quai de Montebello, Paris, juin 1984.
  • Paysages de Provence, Galerie des Colonnes, Rue du Château, Paris-Montparnasse, février 1987[7].
  • Provence, Galerie Barbizon, Rue des Saints-Pères, Paris, avril-mai 1988.

Expositions collectivesModifier

Collections publiquesModifier

Prix et distinctionsModifier

  • Prix de Tauromachie, Nîmes, 1960.
  • Prix Maurice Pierre (Académie Julian), 1962.
  • Prix d'aquarelles au Salon des Femmes peintres, 1965.
  • Chef d'atelier à l'Académie internationale de Nice, 1964, 1965.
  • Grand Prix international de peinture remis à Genève par l'Association des artistes et écrivains de France et d'Outre-Mer, 1970.
  • Prix Taylor, 1970.
  • Médaille d'argent au Salon des artistes français, 1978.
  • Prix Harry Thompson, 1983.

BibliographieModifier

  • Ouvrage collectif (Jean Cassou, Pierre Courthion, Bernard Dorival, Georges Duby, Serge Fauchereau, René Huyghe, Jean Leymarie, Jean Monneret, André Parinaud, Pierre Roumeguère et Michel Seuphor): Un siècle d'art moderne - L'histoire du Salon des Indépendants, Denoël, 1984.
  • Monographie collective: Marg Bermond, éditions Artspectives, 1985.
  • Joël Millon et Claude Robert, commissaires-priseurs, 5 avenue d'Eylau à Paris; deux catalogues de ventes de l'Atelier Marguerite Bermond à l'Hôtel Drouot, Paris, les lundi 28 octobre 1991 et lundi 27 janvier 1992[11].
  • Patrick-F. Barrer: L'histoire du Salon d'Automne de 1903 à nos jours, Les éditions Arts et Images du Monde, 1992.
  • Gérald Schurr: Le guidargus de la peinture, Les éditions de l'amateur, 1993. Voir pages 146 et 147.
  • André Roussard: Dictionnaire des peintres à Montmartre, édition André Roussard, 1999.
  • Emmanuel Bénézit: Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999. Voir tome 2 page 169.
  • Jean-Pierre Delarge; Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001. Voir page 113.

RéférencesModifier

  1. Pierre Mazars, in : Marg Bermond, Artspectives, 1985.
  2. Édouard Mac Avoy, Lettre à Marg Bermond, reproduite dans Marg Bermond, Artspectives, 1985.
  3. Gérald Schurr : Le guidargus de la peinture, Les éditions de l'amateur, 1993 (Cf. Bibliographie ci-dessus)
  4. Jean-Pierre Delarge : Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 (Cf. Bibliographie ci-dessus).
  5. Claude Robert : Marguerite Bermond ou le retour de la figuration, pages 2 à 5, catalogue de la vente de l'atelier Marguerite Bermond, 28 octobre 1991 (Cf. Bibliographie ci-dessus).
  6. Claude Robert, catalogue de la vente de l'atelier Marguerite Bermond, 27 janvier 1992 (Cf. Bibliographie ci-dessus).
  7. « Marg Bermond », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°6, 6 février 1987, page 16.
  8. Patrick-F. Barrer: L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours (Cf. Bibliographie ci-dessus). Voir page 378.
  9. Monographie collective: Marg Bermond (Cf. Bibliographie ci-dessus).
  10. Ouvrage collectif: Un siècle d'art moderne - L'histoire du Salon des Indépendants (Cf. Bibliographie ci-dessus). Voir page 284.
  11. La gazette de l'Hôtel Drouot (édition du vendredi 24 janvier 1992) indique que l'atelier de Marguerite Bermond a fait l'objet d'une troisième vente à l'Hôtel Drouot, le mercredi 29 janvier 1992 par Maîtres Binoche et Godeau, commissaires-priseurs à Paris.

Liens externesModifier