Mansaku Itami

réalisateur et scénariste japonais
Mansaku Itami
伊丹 万作
Description de l'image Mansaku Itami.jpg.
Nom de naissance Yoshitoyo Ikeuchi (池内 義豊, Ikeuchi Yoshitoyo?)
Naissance
Matsuyama (Japon)
Nationalité Drapeau du Japon Japonais
Décès (à 46 ans)
Kyoto (Japon)
Profession Réalisateur
scénariste
Films notables Le Jeune Homme capricieux
L'Espion Akanichi Kakita
La Légende du géant

Mansaku Itami (伊丹 万作, Itami Mansaku?), de son vrai nom Yoshitoyo Ikeuchi (池内 義豊, Ikeuchi Yoshitoyo?), né à Matsuyama (préfecture d'Ehime) le et mort à Kyoto le , est un réalisateur et scénariste japonais.

BiographieModifier

Au collège de Matsuyama, Mansaku Itami fait la connaissance de Daisuke Itō qui le fera entrer plus tard dans le monde du cinéma et du futur poète Kusatao Nakamura. Tous trois fondent une revue littéraire amateure, Rakuten[1].

En 1920, Mansaku Itami et Daisuke Itō montent à Tokyo et partagent le même appartement. Itami commence à gagner sa vie comme illustrateur de revues. Deux ans plus tard, il retourne à Matsuyama pour y étudier la peinture. Mais n'ayant pas les moyens d'en vivre, Mansaku Itami exerce diverses activités, monte sans succès une affaire de restaurant, et suit une troupe d'acteurs ambulants[1].

En 1927, de retour d'un voyage à Taïwan, Itami est hébergé par Daisuke Itō à Kyoto. Itō, lui-même réalisateur, le recommande à une maison de production qui lui fera écrire ses premiers scénarios. Dès lors, Mansaku Itami a trouvé sa voie et travaille notamment avec Hiroshi Inagaki[1].

Les premiers films de Mansaku Itami ont pour vedette Chiezō Kataoka, pour qui il crée des personnages de films historiques d'un nouveau genre, plus humains et plus ordinaires, ainsi le héros de L'Espion Akanichi Kakita préfère son chat à son sabre et souffre de l'estomac[2]. Dans les années trente, Mansaku Itami, grand amateur de cinéma occidental, contribue donc à renouveler le genre du film historique japonais (jidai-geki). Chez Itami, le film historique devient une comédie satirique qui pose un regard critique sur le système féodal[3]. Ce regard critique lui vaut parfois des déboires, ainsi en 1932 son film Attaquants de nuit (闇討渡世, Yamiuchi tosei?) sera tellement découpé par la censure que l'accueil du public et de la critique sera mauvais, car l'intrigue en était devenue incompréhensible, au grand désespoir d'Itami qui s'est énormément investi dans ce film. Attaquants de nuit conte l'histoire d'un samouraï qui, à la fin de l'ère féodale, se bat pour participer à la modernisation du pays mais doit faire face à des rōnin engagés par un seigneur pour écraser le mouvement[4].

En 1937, Mansaku Itami participe à la première des deux coproductions entre le Japon et l'Allemagne nazie avec le réalisateur Arnold Fanck. Fanck et Itami se sont souvent affrontés pendant le tournage. Il en a résulté deux versions distinctes du film, La Fille du samouraï (Die Tochter des Samurai) côté allemand et La Nouvelle Terre (新しき土, Atarashiki tsuchi?) côté japonais.

En 1938, atteint de tuberculose, Itami doit se résoudre à quitter les plateaux de tournage, sa dernière réalisation est La Légende du géant (巨人伝, Kyojin-den?), une adaptation des Misérables, mais il continue à écrire des scénarios et des essais théoriques et critiques sur le cinéma. À la clinique, il prend sous son aile Shinobu Hashimoto, apprenti scénariste lui aussi malade, qui signera plus tard le scénario de Rashōmon pour Akira Kurosawa[5]. De santé fragile, Mansaku Itami meurt en 1946 à Kyoto à l'âge de 46 ans[1].

Mansaku Itami a écrit 30 scénarios et réalisé 22 films[6]. De ces derniers, peu nous sont parvenus. Il ne subsiste que ses films parlants, Le Jeune Homme capricieux (戦国奇譚 気まぐれ冠者, Sengoku kitan: Kimagure kaja?), L'Espion Akanichi Kakita (赤西蠣太, Akanishi Kakita?), Pays natal (故郷, Kyoko?), Gonya et Sukeju (権三と助十, Gonza to Sukejū?), La Nouvelle Terre (新しき土, Atarashiki tsuchi?) et La Légende du géant (巨人傳, Kyojin-den?). De ses films muets il ne subsiste que des fragments de L'Incomparable patriote (国士無双, Kokushi musō?)[7].

Mansaku Itami est le père de Jūzō Itami.

FilmographieModifier

Sauf indication contraire, les titres en français se basent sur la filmographie de Mansaku Itami dans l'ouvrage Le Cinéma japonais de Tadao Satō[8].

 
L'Incomparable Patriote (1932)
 
Chuji se fait un nom (1935)
  • 1928 : Un flot de vengeance (仇討流転, Katakiuchi ruten?)
  • 1928 : Élégie de l'enfer I (続万花地獄 第一篇, Zoku banka jigoku : Daiippen?)[9]
  • 1930 : Au-delà de la brise printanière (春風の彼方へ, Harukaze no kanata he?)
  • 1930 : L'Apparition de Genji Kozō (源氏小僧出現, Genji Kozō shutsugen?)
  • 1930 : Kodenji en fuite (逃げ行く小伝次, Nigeyuku Kodenji?)
  • 1931 : La Réapparition de Genji Kozō (御存知源氏小僧, Gozonji Genji Kozō?)
  • 1931 : Chikaratarō cousu d'or (金的力太郎, Kinteki Chikaratarō?)
  • 1931 : Feux d'artifice (花火, Hanabi?)
  • 1932 : L'Incomparable Patriote (国士無双, Kokushi musō?)
  • 1932 : Attaquants de nuit (闇討渡世, Yamiuchi tosei?)
  • 1932 : Tatsuji, affûteur de sabres (研辰の討たれ, Tokitatsu no utare?)
  • 1933 : Le Flambeur tatoué (刺青奇偶, Horimono kigū?)
  • 1934 : Cadeau d'un voyageur à Kiso (渡鳥木曾土産, Wataridori Kiso miyage?)
  • 1934 : Grand Combat (武道大鑑, Budo taikan?)
  • 1934 : Les 47 loyaux serviteurs (忠臣蔵 刃傷篇 復讐篇, Chūshingura Ninjō-hen : Fukushū-hen?)
  • 1935 : Le Jeune Homme capricieux (戦国奇譚 気まぐれ冠者, Sengoku kitan : Kimagure kaja?)[10]
  • 1935 : Chuji se fait un nom (忠次売出す, Chūji uridasu?)
  • 1936 : L'Espion Akanichi Kakita (赤西蠣太, Akanishi Kakita?)[11]
  • 1937 : Gonza et Sukejū (権三と助十, Gonza to Sukejū?)
  • 1937 : Pays natal (故郷, Kyoko?)
  • 1937 : La Nouvelle Terre (新しき土, Atarashiki tsuchi?)
  • 1938 : La Légende du géant (巨人傳, Kyojin-den?) adapté des Misérables

Principaux scénariosModifier

 
Le Joueur errant (1928)
 
Feux d'artifice (1931)

Récompenses et distinctionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Grands scénaristes japonais 1er volet : Itami Mansaku & Itō Daisuke, le clair et l'obscur, Maison de la culture du Japon à Paris, , 11 p., p. 8-9
  2. Donald Richie, Le Cinéma japonais, Éditions du Rocher, , 402 p. (ISBN 2-268-05237-0), p. 85 et 343
  3. Tadao Sato, Le Cinéma japonais tome I, Éditions du Centre Pompidou, , 264 p. (ISBN 2-85850-919-0), p. 31-32
  4. Tadao Sato, Le Cinéma japonais tome I, Éditions du Centre Pompidou, , 264 p. (ISBN 2-85850-919-0), p. 136
  5. Julia Benarrous, « Shinobu Hashimoto, scénariste fétiche d'Akira Kurosawa, est mort à 100 ans », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 23 juillet 2018).
  6. (ja) « Filmographie », sur JMDB (consulté le 3 janvier 2018)
  7. Tadao Sato, Le Cinéma japonais tome I, Éditions du Centre Pompidou, , 264 p. (ISBN 2-85850-919-0), p. 160
  8. Tadao Satō, Le Cinéma japonais (tome II), Éditions du Centre Pompidou, , 324 p. (ISBN 2-85850-930-1), p. 263
  9. note : deux autres parties ont été réalisées par Hiroshi Inagaki en 1929
  10. Le Jeune Homme capricieux (1935) : titre français du film lors de la rétrospective « 100 ans de cinéma japonais (1ère partie) » du 26 septembre au 22 octobre 2018 à la Cinémathèque française
  11. L'Espion Akanichi Kakita : titre français du film lors de la rétrospective « Grands scénaristes japonais, 1er volet : Itami Mansaku et Itō Daisuke, le clair et l'obscur » du 13 septembre au 24 septembre 2005 à la MCJP
  12. (ja) « 3e cérémonie des prix du film Mainichi - (1948年) », sur mainichi.jp (consulté le 24 mai 2020)

Liens externesModifier