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Daisuke Itō (réalisateur)

réalisateur japonais
Daisuke Itō
Description de cette image, également commentée ci-après
Daisuke Itō en 1928.
Naissance
Uwajima (Japon)
Nationalité Drapeau du Japon Japonaise
Décès (à 82 ans)
Profession Réalisateur
Scénariste
Films notables Le Journal de voyage de Chuji
Ōshō, le joueur d'échecs

Daisuke Itō (伊藤 大輔, Itō Daisuke?), né le et mort le , est un réalisateur et scénariste japonais qui joue un rôle déterminant dans le développement des formes modernes jidaigeki et chanbara du cinéma japonais.

BiographieModifier

Né à Uwajima dans la préfecture d'Ehime, Daisuke Itō fréquente le collège de Matsuyama où il fait la connaissance de Mansaku Itami, qu'il fera entrer plus tard dans le monde du cinéma, et du futur poète Kusatao Nakamura. Tous trois fondent une revue littéraire amateure, Rakuten[1].

En 1920, Daisuke Itō s'installe à Tokyo et partage le même appartement que Mansaku Itami. Il fréquente l'école d'acteurs de la Shōchiku mais il commence bientôt à écrire des scénarios sur le conseil de Kaoru Osanai[2]. Son premier scénario est écrit pour le film Renaissance (Shinsei) qui est aussi le premier film produit par les studios de la Shochiku à Kamata[3]. Le film est un succès et Daisuke Itō écrit de 1920 à 1923 plus d'une cinquantaine de scénarios pour la Shochiku[4] qu'il finit par quitter, car il aspire à la réalisation.

Il fait ses débuts de réalisation en 1924 à la Teikoku Kinema avec Journal d'ivresse (Shuchū nikki)[2]. Après avoir essayé de créer sa propre société de production, il rejoint la Nikkatsu et se fait connaître en 1927 avec le film en trois parties Le Journal de voyage de Chuji (Chūji tabi nikki), à présent considéré comme l'un des chefs-d’œuvre du jidaigeki[2].

Autour des années 1930, Daisuke Itō est le réalisateur japonais qui connait le plus grand succès tant artistique que commercial[5]. Particulièrement à l'époque du cinéma muet, il est reconnu pour un style très mobile de caméra qui lui vaut le surnom de Idō daisuki (« Aime le mouvement »), qui est un jeu de mots sur son nom. Les héros de ses films, comme Tange Sazen et Kunisada Chūji, sont souvent des insatisfaits et des nihilistes solitaires[6].

À partir des années 1950, Daisuke Itō devient indépendant et offre ses services à diverses sociétés de production. Il est toutefois critiqué pour ne pas avoir su se renouveler. Kenji Mizoguchi dira de lui : « Daisuke Itō, qui plus que tous a codifié le film historique pour des décennies, donnant à ses films une vitalité éblouissante, a trouvé son seul recourt dans la répétition de ses innovations initiales, de façon de plus en plus monotone et stérile »[7].

Bien qu'ayant moins de succès après la venue du cinéma sonore, Itō travaille avec de nombreux grandes vedettes du jidaigeki, en particulier Denjirō Ōkōchi, Kinnosuke Nakamura, Raizō Ichikawa et Tsumasaburō Bandō pour des studios tels que la Nikkatsu, la Daiichi Eiga et la Daiei au cours d'une carrière qui couvre près d'un demi-siècle. Daisuke Itō fait ses adieux au cinéma avec le scénario de La Légende de Musashi : Duel à mort (Shinken shobu) réalisé par Tomu Uchida, son 200e scénario.

En 1991, une copie partielle (96 minutes) de Le Journal de voyage de Chuji (Chūji tabi nikki), longtemps considéré comme un film perdu, est découverte et projetée en public[8].

Daisuke Itō a tourné près de cent films entre 1924 et 1970 et a écrit deux cents scénarios de 1920 à 1971[9].

Filmographie sélectiveModifier

Sauf indication contraire, les titres en français se basent sur la filmographie de Daisuke Itō dans l'ouvrage Le Cinéma japonais de Tadao Satō[10].

 
Les Procès d'Ooka (1928).
 
Machiko Kyō dans La Femme et les pirates (1959).

Principaux scénariosModifier

Notes et référencesModifier

  1. Grands scénaristes japonais 1er volet : Itami Mansaku & Itô Daisuke, le clair et l'obscur, Maison de la culture du Japon à Paris, , 11 p., p. 6-7.
  2. a b et c (ja) « Itō Daisuke », Kōdansha (consulté le 6 septembre 2015).
  3. « Filmographie de la Kamata Shochiku », sur IMDB (consulté le 29 aout 2017).
  4. Tadao Sato, Le cinéma japonais (tome I), éditions du centre Pompidou, , 264 p. (ISBN 2-85850-919-0), p. 79.
  5. Tadao Sato, Le cinéma japonais (tome I), éditions du centre Pompidou, , 264 p. (ISBN 2-85850-919-0), p. 19.
  6. Jonathan Crow, « Daisuke Ito », All Movie Guide (consulté le 6 septembre 2015).
  7. Donald Richie, Le cinéma japonais, éditions du Rocher, , 402 p. (ISBN 2-268-05237-0), p. 164
  8. Donald Richie, A Hundred Years of Japanese Film, New York, Kodansha International, (ISBN 978-4-7700-2995-9), p. 69.
  9. (ja) « Filmographie », sur JMDB (consulté le 26 octobre 2017).
  10. Tadao Satō, Le Cinéma japonais (tome II), éditions du centre Pompidou, , 324 p. (ISBN 2-85850-930-1), p. 288-289.
  11. Le Sabre pourfendeur d'hommes et de chevaux (1929) : titre français du film lors de la rétrospective « 100 ans de cinéma japonais (1ère partie) » du 26 septembre au 22 octobre 2018 à la Cinémathèque française.
  12. Le Chevalier voleur : titre français du film lors de la rétrospective « Grands scénaristes japonais, 1er volet : Itami Mansaku et Itō Daisuke, le clair et l'obscur » du 13 septembre au 24 septembre 2005 à la MCJP.
  13. Le Peigne d'Oroku : titre français du film lors de la rétrospective « Le Cinéma japonais » du 19 mars au 29 septembre 1997 au centre national d'art et de culture Georges-Pompidou.
  14. Ōshō, le joueur d'échecs : titre français du film lors de la rétrospective « Grands scénaristes japonais, 1er volet : Itami Mansaku et Itō Daisuke, le clair et l'obscur » du 13 septembre au 24 septembre 2005 à la MCJP.
  15. Note : la deuxième partie a été réalisée par Masahiro Makino.
  16. Le Palanquin mystérieux : titre français du film lors de la rétrospective « Le Cinéma japonais » du 19 mars au 29 septembre 1997 au centre Georges-Pompidou.
  17. Le Trône du maître de nô : titre français du film lors de la rétrospective « Les Splendeurs de la Daiei, 2e partie : les héritiers du grand maître » du 8 janvier au samedi 29 mars 2014 à la MCJP.
  18. La Tête du serviteur (1955) - MCJP.
  19. Une femme de Meiji (1955) - MCJP.
  20. Les Fourberies de Benten Kozō : titre français du film lors de la rétrospective « Grands scénaristes japonais, 1er volet : Itami Mansaku et Itō Daisuke, le clair et l'obscur » du 13 septembre au 24 septembre 2005 à la MCJP.
  21. Le Conspirateur : titre français du film lors de la rétrospective « Le Cinéma japonais » du 19 mars au 29 septembre 1997 au centre Georges-Pompidou.

Liens externesModifier