Ouvrir le menu principal

Louis le Jeune (fils de Louis le Germanique)

roi de Francie orientale (et roi de Saxe) de 876 à 882
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Louis III et Louis le Jeune.

Louis III le Jeune
Illustration.
Traité de Fouron (878) entre Louis le Bègue (Roi de Francie occidentale), et Louis le Jeune (Roi de Francie orientale)[1].
Titre
Roi de Francie orientale
Roi de Saxe (incluant la Bavière à partir de 880)
Prédécesseur Louis II de Germanie
et Carloman de Bavière
Successeur Charles III le Gros
Biographie
Dynastie Carolingiens
Date de naissance
Date de décès
Lieu de décès Francfort-sur-le-Main
Père Louis II de Germanie
Mère Emma de Bavière
Conjoint Liutgarde de Saxe
Enfants
  • Hildegarde (?-† 895)
  • Bernhard
  • Louis (877?-† 879)
  • Hugues (850/855?-† 880)
  • Adalhard
  • Louis III dit Louis le Jeune (835-20 février 882), roi de Francie orientale (Germanie) de 876 à 882 , roi de Bavière à partir de 880 et roi de Saxe par son mariage. Fils puîné de de Louis II dit le Germanique et d'Emma de Bavière, et neveu de Charles le Chauve.

    Au partage de Francfort de 865 il obtient la Franconie, la Thuringe et la Saxe, puis se révolte quelques mois plus tard contre son père Louis le Germanique pour accroître son pouvoir. Les deux hommes se réconcilient grâce à la médiation de Charles le Chauve en octobre suivant, à Cologne[2].

    Il épouse en 874 ou vers 876 Liutgarde de Saxe.

    Miniature de la bataille d'Andernach entre Charles le Chauve et Louis le Jeune. (British Library, Royal 16 G VI f. 231v)

    Lorsque Louis le Germanique meurt en 876, Louis le Jeune lui succéda.

    Son oncle Charles le Chauve, méconnaissant le droit du sang, résolut de le dépouiller de ses terres. Prétextant qu'il ne respectait pas les accords passés avec son père, il leva aussitôt un Ost et marcha sur ses terres. Louis eut d'abord recours à la prière, et se soumit à prouver, par trente témoins, qu’il n’avait pas contrevenu à cet accord passé avec son père. Il fit ainsi subir l'épreuve de l'eau froide à dix de ses gens , celle de l'eau chaude à dix autres , et celle du fer chaud à dix autres encore. Ces trente personnes étant sorties saines et sauves de ces épreuves. Ceci eut l'avantage de persuader son armée, moins nombreuse, de la protection du ciel[3].

    Charles le Chauve lui accorda une suspension d’armes pendant laquelle il jura de ne rien entreprendre ; mais continuant sa marche secrètement, il s’avança avec ses troupes pour le surprendre, avec l'intention de lui crever les yeux. Averti de cette perfidie par l’archevêque de Cologne, Louis se tint prêt à combattre, et parvint à infliger une sévère défaite à Charles II le Chauve le à Andernach près de Coblence

    Après la mort de Louis le Bègue (846-879), Louis le Jeune voulut s’emparer du trône de France, sous prétexte que les deux fils du roi, Louis III (roi de Francie occidentale et de Neustrie) et Carloman II (roi d’Aquitaine et de Bourgogne), n’étant pas légitimes, n’y avaient aucun droit. Il envahit la Lorraine qu’il se fait céder par le traité de Verdun. En 879, Louis le Jeune occupe presque entièrement la Lotharingie[4]. Il pénètre dans la Champagne, mais repoussé avec perte, il reprend en désordre la route de la Saxe.

    En 880, apprenant que son frère aîné Carloman, roi de Bavière, était malade, il se rend en toute hâte près de lui, pour le détourner de choisir pour successeur Arnoul, son fils naturel. Il réunit le royaume de Bavière à ses Etats, cède la Carinthie à Arnoul, obligé de s’en contenter.

    À la même époque, les incursions des Normands (Vikings) dans les Flandres et le Brabant menaçaient à la fois Louis le Jeune, et les fils de Louis le Bègue, Louis III roi de Neustrie et la Francie occidentale et Carloman II, roi d’Aquitaine et de Bourgogne. Ils décident d'une part, de faire cause commune contre les Vikings et d'autre part, négocient la neutralité de Louis le Jeune dans le conflit successoral qui les oppose à Hugues, fils de Lothaire II. Par le traité de Ribemont, les fils de Louis le Bègue lui cèdent leur part de la Lotharingie en échange de sa neutralité. Ce traité marquera pour le reste du Moyen Âge, la limite entre Francie Occidentale et Francie Orientale (Germanie).

    La même année, Louis le Jeune rassemble toutes ses forces pour s’opposer aux Vikings. Il remporte sur eux une victoire écrasante en 881, devant la forêt Charbonnière[5] de Thiméon (Thin) (près de Charleroi). Mais Hugues, fils naturel de Louis le jeune, y est fait prisonnier et fut tué malgré une cessation des combats[6], ce qui affecta particulièrement Louis le Jeune . Quelques mois après, il fut à son tour défait à Ebsdorff, dans le pays de Lunebourg.

    Les annales disent que Louis le Jeune mourut de chagrin le 20 février 882, à Francfort, où il s’était rendu pour lever de nouvelles troupes. Il fut inhumé près de son frère Carloman, dans l’abbaye de Lorsch ou Lauresheim.

    Son frère Charles le Gros lui succéda en 882.


    Sommaire

    AscendanceModifier

    Article détaillé : Généalogie des Carolingiens.

    Union et descendanceModifier

    Louis le Jeune épouse Liutgarde de Saxe (sœur d'Otton Ier de Saxe, grand-père d'Otton Ier du Saint-Empire Cf. Liudolfides & Ottoniens) dont il a deux enfants :

    Louis le Jeune a également deux enfants illégitimes :

    RéférencesModifier

    1. (FR 2813) fol. 161v. Grandes Chroniques de France de Charles V. France, Paris, XIVe.
    2. Éric Joseph Goldberg, Struggle for empire: kingship and conflict under Louis the German, 817-876 Cornell University Press, 2006 (ISBN 0-8014-3890-X et 9780801438905).
    3. L'anecdote est tirée de Jacques Albin Simon Collin de Plancy, "Dictionnaire féodal, ou Recherches et anecdotes sur les dimes et les droits féodaux", Tome 2, Paris Imprimerie de Fain, 1819, p. 19
    4. Léon Vanderkindere, La Formation territoriale des principautés belges au Moyen Âge, vol. II, Bruxelles, H. Lamertin, (réimpr. 1981), 88 p. (lire en ligne), p. 8.
    5. Michel Pauly et Hérold Pettiau (éd.), "La forêt en Lotharingie médiévale" / "Der Wald im mittelalterlichen Lotharingien", Actes des 18es Journées Lotharingiennes, Publications de la Section Historique de l’Institut Grand-Ducal, 2016, p. 60 http://www.academia.edu/30483643/La_situation_et_l_%C3%A9tendue_de_la_For%C3%AAt_Charbonni%C3%A8re_au_premier_mill%C3%A9naire_bilan_historiographique_et_retour_aux_sources_in_M._Pauly_et_H._Pettiau_%C3%A9d._La_for%C3%AAt_en_Lotharingie_m%C3%A9di%C3%A9vale._Der_Wald_im_mittelalterlichen_Lotharingien_Luxembourg_2016_p._51-75
    6. Jules Édouard Marie Viard "Les grandes chroniques de France", tome 4, 1920, p. 288 - citant les Chroniques de Réginon de Prüm, (2e partie)

    BibliographieModifier