Hildegarde de Vintzgau

épouse de Charlemagne

Hildegarde de Vintzgau[1], née vers 758 et morte le à Thionville, est une noble franque issue d'une famille comtale en Austrasie. Épouse de Charlemagne à partir de 771, elle fut reine des Francs et mère de son successeur, l'empereur Louis le Pieux.

Hildegarde de Vintzgau
Hildegard 1499.jpg
Illustration dans la chronique monastique de Kempten (vers 1499).
Fonction
Roi des Francs
Titres de noblesse
Reine des Francs
Reine consort
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
HildegardeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Hildegarde de Vintzgau
Père
Mère
Fratrie
Conjoint
Enfants
Autres informations
Étape de canonisation

En tant que sainte de l'Église catholique, elle est célébrée le .

BiographieModifier

Hildegarde est la fille de Gérold Ier († vers 784), comte franc en Kraichgau et en Anglachgau sur le Rhin Supérieur, et de son épouse Emma († 798), une fille du duc Nebe d'Alémanie. Son père semble se rattacher à la famille des Agilolfing, la première dynastie régnant en Bavière, mais son ascendance exacte n'est pas assurée. Le frère d'Hildegarde, Gérold le Jeune († 799), après s’être illustré à la guerre, devient praefectus de Bavière. Un frère cadet, Adrien († vers 821), fut comte d'Orléans.

 
Panneaux de Charlemagne et de Hildegarde (1895).

À l’âge d'environ treize ans, en 771, elle devient la troisième épouse de Charlemagne après la répudiation de Désirée (Desiderata), la fille de Didier, le dernier roi des Lombards vaincu en 774. Avec le roi des Francs, Hildegarde a neuf enfants dont Charles le Jeune et Louis le Pieux, le futur empereur d’Occident. Pour Charlemagne, ce mariage était essentiel afin de renforcer sa position dans les domaines des Alamans à l'est du Rhin ayant appartenu à son frère décédé Carloman Ier.

Hildegarde accompagne son époux lors de ses campagnes. Pendant l’expédition au royaume lombard en Italie (773-774), elle est présente lors du siège de Pavie où elle donne naissance à une fille, Adélaïde, qui meurt sur le chemin du retour à travers les Alpes. De même, lors de la campagne vers l'Émirat de Cordoue en 778, elle donne naissance à des jumeaux, Louis et Lothaire, au palais de Chasseneuil en Aquitaine.

Lors d'un voyage à Rome en 780-781, elle offre au pape Adrien Ier une couverture pour l’autel de l’église Saint-Pierre[2]. Le , au cours de la célébration de la fête de Pâques, Charlemagne fait couronner son fils Louis roi d'Aquitaine par le pape[3]. Cette cérémonie voit aussi le baptême du troisième fils, Pépin, né Carloman, et son couronnement en tant que roi d'Italie.

Elle meurt à l’âge de vingt-cinq ans dans la résidence impériale de Thionville, peu de temps après la naissance de sa fille Hildegarde, des suites de ses neuvièmes couches. Elle est inhumée en l’abbaye Saint-Arnould de Metz qui devient la nécropole de la famille de Charlemagne. Celui-ci se remarie cinq mois après sa mort avec Fastrade de Franconie.

VénérationModifier

Hildegarde entretient de bonnes relations avec la future sainte Lioba, une conseillère rassurante qui vient souvent la rencontrer à la cour. Elle fait de nombreuses donations aux églises, en particulier aux abbayes de Saint-Denis et de Saint-Martin de Tours. En 781-783, l’Évangéliaire de Godescalc, un manuscrit enluminé, est réalisé à destination du couple royal.

À sa mort prématurée, un certain nombre d'historiens ont écrit des épitaphes élogieuses, dont Paul Diacre (Epitaphium Hildegardis reginae). Le pape Adrien Ier a exprimé ses condoléances sincères. En tous cas, il paraît que la reine s'est intéressée aux affaires politiques de son mari. Elle a joué un rôle décisif pour la nomination de son frère Gérold au préfet de la Bavière après la destitution du dernier duc agilolfien, Tassilon III, en 788.

 
Blason de l'abbaye de Kempten, à l'effigie de Hildegarde.

Hildegarde, avec son mari, a également fait des dons importants à l'abbaye de Kempten en Alémanie, fondée en 752. À l’église du monastère, elle offrit en 774 les reliques des martyrs Gordien et Épimaque[2]. Grâce à son soutien financier et politique, Kempten devient rapidement une des abbayes les plus importantes de l’Empire carolingien.

GénéalogieModifier

    ┌─ Hado ou Agilulf (?-?). Filiation incertaine (cf Pierre Riché).
┌─ Gérold Ier de Vintzgau (v.725-† v.786), comte de Vintzgau. 
│  └─ Gerniu de Suevie (?-?). 
│
Hildegarde de Vintzgau
│
│  ┌─ X
└─ Emma d'Alémanie (?-?). Fille de Nébi.
    └─ X
Hildegarde de Vintzgau
 ép. en 771 Charlemagne 
 │
 ├─1 Charles le Jeune (v.772/773-†4.12.811)
 ├─2 Adélaïde (v.773/774-†774)
 ├─3 Rotrude (v.775-† 6.6.810). 
 ├─4 Pépin d'Italie (777-† 8.7.810), roi d'Italie (781-810). dynastie des Herbertiens.
 ├─5 Louis Ier dit le Pieux (778-† 20.6.840), roi d'Aquitaine puis empereur d'Occident.
 ├─6 Lothaire (778-†779/780), frère jumeau de Louis
 ├─7 Berthe (v.779-† 824 ou après). 
 ├─8 Gisèle (781-†ap. 800 ou peut être ap. 814)
 └─9 Hildegarde (†783), d'après le moine Paul Diacre elle ne vécut que quarante jours

Bien que Charlemagne avait un fils de son premier mariage, Pépin le Bossu, l'Empire carolingien fut divisé entre les trois fils survivants de Hildegarde par le Divisio regnorum, promulgué à la diète de Thionville en 806. À la mort de son père en 814, Louis le Pieux lui succède sur le trône.

Notes et référencesModifier

  1. (en) Généalogie d'Hildegarde sur le site Medieval Lands
  2. a et b (de) Hildegarde, par Ernst Ludwig Dümmler, dans Allgemeine deutsche Biographie, Duncker & Humblot, Leipzig, p. 406, livre 12, 1880.
  3. Ernest Lavisse, Histoire de France depuis les origines jusqu'à la Révolution, AMS Press, 1969, lire en ligne, p. 292.

BibliographieModifier

TélévisionModifier

Liens externesModifier