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Ligne d'Andelot-en-Montagne à La Cluse

ligne 878 du réseau ferré national Français

Ligne
d'Andelot-en-Montagne à La Cluse
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Carte de la ligne
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Andelot-en-Montagne, Champagnole, Morez, Saint-Claude, Oyonnax, La Cluse
Historique
Mise en service 1867 – 1912
Concessionnaires PLM (1863 – 1937)
SNCF (1938 – 1997)
RFF (1997 – 2014)
SNCF (depuis 2015)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 878 000
Longueur 123 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification Non électrifiée
Nombre de voies Voie unique
Signalisation CAPI,
BAPR entre Brion et Oyonnax
Trafic
Propriétaire SNCF
Exploitant(s) SNCF
Trafic TER
Schéma de la ligne

La ligne d'Andelot-en-Montagne à La Cluse est une ligne de chemin de fer à voie unique du Jura français. Elle reliait l'axe de Dijon à Vallorbe à partir de la gare d'Andelot à la gare de La Cluse sur la ligne de Bourg-en-Bresse à Bellegarde, sur l'axe direct de Paris à Genève. Située à cheval sur les régions Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes, le trafic TER est organisé par chacune des deux régions. La ligne est surnommée « ligne des hirondelles » sur la partie franc-comtoise.

Elle constitue la ligne 878 000 du réseau ferré national.

HistoireModifier

ChronologieModifier

Origine : Andelot à ChampagnoleModifier

Au début des années 1860, des Hauts-Jurassiens, désireux de sortir de leur isolement géographique, ont décidé de participer au financement d'une ligne de chemin de fer[2]. Un embranchement, d'Andelot à Champagnole, de la ligne de Dole à Pontarlier est concédée à titre éventuel à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) par la loi du [3]. Elle est déclarée d'utilité publique le [4] rendant ainsi la concession définitive.

Le premier chantier est ouvert au début de l'année 1865. L'ensemble de la plateforme et des ouvrages d'art sont réalisés pour une voie unique bien que les terrains aient été acquis pour une double voie. Il n'y a qu'une seule gare intermédiaire, située à Vers-en-Montagne[1].

La section est ouverte à l'exploitation le [5].

Ligne du plan FreycinetModifier

La loi du 17 juillet 1879 (dite plan Freycinet) portant classement de 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d’intérêt général retient en no 119, une ligne de « Champagnole à ou près Ambérieu, par la Cluse, avec embranchement sur Morez et embranchement de Verges à Jeurre »[6].

Le 19 juillet 1880[7], une loi a déclaré d'utilité publique à titre d'intérêt général la section de Champagnole à ou près Tancua avec embranchement sur Morez. À cette même date, une autre loi déclare d'utilité publique la section de Saint-Claude à La Cluse[8]. Les sections de Champagnole à Morez et de La Cluse à Saint-Claude sont concédées à titre définitif à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée par une convention signée entre le Ministre des travaux publics et la compagnie le 26 mai 1883. Cette convention est approuvée par une loi le 20 novembre suivant[9].

La section de Morez à Saint-Claude, ainsi qu'une ligne de Verges à Molinges sont concédées à titre éventuel à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée par une loi le 2 août 1886[10]. Toutefois, par une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie le 20 juillet 1891, cette dernière renonce à la concession de la ligne de Verges à Molinges au profit d'une ligne de Lons-le-Saunier à Saint-Jean-de-Losne. Cette convention est approuvée par une loi le 3 février 1893[11].

La section de Champagnole à Saint-Laurent a été ouverte le 10 juillet 1890[12], celle de Saint-Laurent à Morbier le 15 mai 1899 et celle de Morbier à Morez le 1er juin 1900[13].

La section de Morez à Saint-Claude est finalement déclarée d'utilité publique par une loi le 11 janvier 1901, ce qui rend la concession définitive[14].

Dates d'ouverture des autres sections :

D'Andelot à Saint-Claude - La ligne des hirondellesModifier

C'est la section de ligne reliant la gare d'Andelot à la gare de Saint-Claude. Elle dessert les gares intermédiaires de Champagnole, La Chaux-des-Crotenay, Saint-Laurent-en-Granvaux et Morez dans le Jura.

Le nom poétique de cette section de ligne est inspiré de la grâce et de la beauté de ses viaducs. En effet, le relief tourmenté du Haut-Jura a imposé la construction de nombreux ouvrages d'art : 36 tunnels et 18 viaducs[15]. De fait, la réalisation de la ligne a pris plusieurs décennies, entre 1862 et 1912, et a coûté près d'un million de francs-or par kilomètre.

 
Section de ligne
Morez-Saint-Claude

Passage d'un train sur le viaduc du Saillard, après une chute de neige.

Son parcours se caractérise par les éléments suivants :

  • la ligne est longue de 123 km ;
  • son point culminant se situe à 948 m, au niveau de l'ancienne halte de La Savine, peu avant le tunnel du même nom. Établi sous le col de la Savine, il est long de 2 080 m, pour un dénivelé de 46 m ;
  • le tunnel des Frasses, long de 1 044 m, est en forme de fer à cheval presque fermé, dont la sortie se trouve pratiquement en dessous de l'entrée.

La ligne desservait de nombreuses industries : scieries du Grandvaux, aciéries et cimenteries à Champagnole, forges à Syam, horlogeries et lunetteries dans le secteur de Morez. Pendant son premier siècle d'existence, elle a donc joué un rôle économique majeur[2].

Aujourd'hui, sa vocation est essentiellement touristique. Elle assure également le transport de scolaires (notamment des internes du lycée de Champagnole). Elle fait l'objet d'un service TER Franche-Comté qui a reçu le label « train touristique » de la SNCF. La marque « ligne des hirondelles » est une marque déposée de la SNCF. Du mois de juin au mois de septembre, une visite commentée de la ligne est possible. La partie située au sud de Syam traverse le parc naturel régional du Haut-Jura.

L'exploitation est actuellement assurée par des autorails X 73500 ou des X 76500 connus sous le nom d'AGC. Ces derniers ont remplacé en mai 2003 et en décembre 2006 les anciens X 2800[2].

La gare de Morez étant en cul-de-sac, le conducteur de la rame doit changer de cabine après cet arrêt pour repartir dans l'autre sens[15].

Durant le Contrat de plan 2015 - 2020 de la région Bourgogne Franche-Comté, 6 millions d'euros sont prévus pour des travaux de pérennisation. Entre 2020 et 2022, 1.7 million d'euros supplémentaires seront alloués [2]. Mais, après 2022, il en faudra encore 40 millions pour assurer le devenir de ce tronçon, dont la partie Morbier - Morez - Saint-Claude est vraiment pittoresque.

Le tracé de la ligne et les ouvrages d'art entre Morbier et MorezModifier

 
Les ouvrages d'art entre Morbier et Morez
 
Les viaducs, au tout début du XXe siècle
Article détaillé : Viaducs de Morez.

De Saint-Claude à La Cluse (et à Bourg-en-Bresse)Modifier

 
La ligne à Arbent en quittant Oyonnax direction Saint-Claude.

De Saint-Claude à OyonnaxModifier

La ligne a été fermée le 10 décembre 2017. Lors de la fermeture temporaire, durant les travaux de rénovation de la ligne de Bourg-en-Bresse à Bellegarde, de la section au sud d'Oyonnax le 29 août 2005, le point d'arrêt de Molinges a été rouvert. Auparavant, tous les arrêts situés entre Saint-Claude et Oyonnax avaient été fermés à la desserte par fer (desserte maintenue avec un aller-retour quotidien par car).

Il ne restait alors aucune possibilité de croisement sur cette section, les voies d'évitement des gares ayant été déposées. L'exploitation s'effectue donc en navette (canton unique).

En l'absence de travaux de modernisation, RFF a envisagé à l'horizon 2015-2016 la fermeture du tronçon entre Oyonnax et Saint-Claude[16]. Le Contrat de plan État-Région 2015-2020 Rhône-Alpes prévoyait le financement des travaux nécessaires sur plusieurs petites lignes dont celle entre Saint-Claude et Oyonnax, en cohérence avec les actions menées sur la région contigüe de Franche-Comté[17]. Mais le tronçon ferma finalement le 10 décembre 2017, faute de financement pour les travaux de rénovation à engager.[18] En outre l'utilisation était très insuffisante.[réf. nécessaire]

D'Oyonnax à Brion (La Cluse)Modifier

Cette section a été fermée à tout trafic (neutralisée) entre le 29 août 2005 et le 13 décembre 2010 durant les travaux de rénovation de la ligne Bourg - Bellegarde. À cette occasion, la section a été équipée d'un canton de block automatique à permissivité restreinte (BAPR). Des TER en provenance de Bourg-en-Bresse circulent à nouveau sur la ligne depuis le 13 décembre 2010. Cette ligne est désormais grandement menacé vu que Oyonnax est en cul de sac depuis la fermeture de Saint Claude - Oyonnax.

Notes et référencesModifier

  1. a et b François et Maguy Palau, 2004, p. 116
  2. a b c et d http://www.infos-dijon.com/news/bourgogne-franche-comte/bourgogne-franche-comte/bourgogne-franche-comte-l-ensemble-des-lignes-ferroviaires-resteront-ouvertes-jusqu-en-2022.html
  3. Collection complète des lois, décrets, ordonnances, règlements, et avis du Conseil d'État, année 1863, page 677..
  4. Collection complète des lois, décrets, ordonnances, règlements, et avis du Conseil d'État, année 1864, page 678..
  5. Rapports et procès-verbaux des délibérations - Conseil général du Jura, année 1867, page 81..
  6. « N° 8168 - Loi qui classe 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d'intérêt général : 17 juillet 1879 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 19, no 456,‎ , p. 6 - 12 (lire en ligne).
  7. Collection complète des lois, décrets, ordonnances, règlements, et avis du Conseil d'État, année 1880, page 379..
  8. « N° 9648 - Loi qui déclare d'utilité publique l'établissement d'un chemin de fer de Saint-Claude à La Cluse : 19 juillet 1880 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 21, no 551,‎ , p. 272 - 273 (lire en ligne).
  9. « N° 14213 - Loi qui approuve les conventions passées, les 26 mai et 9 juin 1883, entre le ministre des Travaux publics, et la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée : 20 novembre 1883 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 28, no 834,‎ , p. 325 - 333 (lire en ligne).
  10. « N° 17490 — Loi qui concède diverses lignes de Chemins de fer à la Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée : 2 août 1886 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 33, no 1036,‎ , p. 633 - 634 (lire en ligne).
  11. « N° 26273 - Loi qui déclare d'utilité publique, à titre d'intérêt général, le chemin de fer de Lons-le-Saunier à Saint-Jean-de-Losne et approuve une convention passée entre l'État et la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée : 3 février 1893 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 46, no 1541,‎ , p. 597 - 598 (lire en ligne).
  12. Rapports et procès-verbaux des délibérations - Conseil général du Jura, année 1891, page 190..
  13. Rapports et procès-verbaux des délibérations - Conseil général du Jura, année 1900/08, page 376..
  14. « N° 39017 — Loi qui déclare d'utilité publique, à titre d'intérêt général, l'établissement du chemin de fer de Morez à Saint-Claude : 11 janvier 1901 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 62, no 2216,‎ , p. 7 - 8 (lire en ligne).
  15. a et b « Sur la ligne des Hirondelles, entre ciel et TER », Le monde.fr, (consulté le 4 juillet 2011).
  16. « Jura. Train : de lourdes menaces sur la liaison Saint-Claude-Oyonnax », Le Progrès,‎ (lire en ligne).
  17. « Contrat de plan État-Région 2015-2020 Rhône-Alpes – Dossier de presse », .
  18. Courrier de SNCF Réseau au Président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean Cuynet, Histoire du rail en Franche-Comté, La Régordane éditions, , 208 p. (ISBN 978-2906984028),
  • François et Maguy Palau, Le rail en France : Le Second Empire, t. 3 (1864-1870), Palau, , 239 p. (ISBN 2-950-9421-3-X), « 10.12 Andelot-Champagole : 15 juillet 1867 », p. 116,
  • Laurent Poupard, La lignes des Hirondelles : Un chemin de fer entre ciel et terre d'Andelot à La Cluse, Lyon, Éditions Lieux Dits, coll. « Parcours du patrimoine », , 72 p. (ISBN 978-2-914528-56-6),
  • Laurent Poupard, « L’inventaire de la voie ferrée Andelot - La Cluse ou une ligne en quête d’auteur », Revue d’histoire des chemins de fer, no 40,‎ , p. 53-74 (ISSN 0996-9403, lire en ligne, consulté le 2 mars 2016),
  • François Buffard, Chemin de fer de Morez à Saint-Claude : Un siècle après l’ouverture de la ligne, Morez, Buffard, , 40 p. (ISBN 978-2-7466-3748-1),
  • Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau français : lignes 601 à 990, vol. 2, La Vie du Rail, , 239 p. (ISBN 978-2-918758-44-0), « [878/1] et [878/2] », p. 162-163.

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